Parc de Samara

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Parc de Samara
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Reconstitution d'habitat préhistorique
Ouverture 1988
Superficie 30 ha
Pays Drapeau de la France France
Département Somme
Commune La Chaussée-Tirancourt
Propriétaire Conseil général de la Somme
Type de parc Archéosite
Site Web samara.fr
Coordonnées
géographiques
49° 56′ 51″ N 2° 10′ 36″ E / 49.9476306, 2.1767138949° 56′ 51″ Nord 2° 10′ 36″ Est / 49.9476306, 2.17671389

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Parc de Samara

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Parc de Samara
Parc de Samara
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Subdivision administrative Picardie (Somme)
Commune La Chaussée-Tirancourt
Superficie 30 ha
Caractéristiques
Création 1988
Personnalité(s) Bruno Lebel
Lieux d'intérêts marais, jardin botanique, arboretum
Gestion
Propriétaire Conseil général de la Somme
Protection Logo affichant deux demies silhouettes d'arbre Jardin remarquable
Localisation
Coordonnées 49° 56′ 47″ N 2° 10′ 43″ E / 49.94639, 2.17864 ()49° 56′ 47″ Nord 2° 10′ 43″ Est / 49.94639, 2.17864 ()  

Le Parc de Samara, situé à La Chaussée-Tirancourt dans la Somme en Picardie à une quinzaine de kilomètres à l'ouest d'Amiens, est à la fois un parc de loisirs traitant de la Préhistoire, de la Protohistoire et de la période gallo-romaine, c'est-à-dire un archéosite, et un parc paysager et botanique.

Le domaine de Samara : nature et archéologie[modifier | modifier le code]

Le parc permet de parcourir un vaste site naturel et paysager à travers plus de 600 000 ans d'histoire, via des reconstitutions d'habitats (tente magdalénien|magdalénienne, maisons néolithiques, des âges du bronze et du fer, …) et des démonstrations par des artisans concernant la taille de silex, la poterie, le tissage, la vannerie, le travail de la pierre, du bois, du bronze, du fer et de la mosaïque, etc.

Il permet également de découvrir différents espaces "naturels": arboretum, jardin botanique, marais, larris...

Le pavillon des expositions, à l'architecture en coupoles représentant le plan symbolique d'un corps humain, propose des expositions et des scènes de vie reconstituées des différentes périodes de la Préhistoire à la période gallo-romaine.

Histoire du site[modifier | modifier le code]

Le parc de reconstitutions archéologiques est installé au Camp César sur un versant de la vallée de la Somme (Samara), au pied de l'ancien oppidum gaulois (50 après J.-C.) de La Chaussée-Tirancourt. Le site est historique, fortifié - éperon barré -, par des défenses naturelles en un éperon du plateau calcaire d'environ 35 hectares entre vallée de la Somme et vallon de l'Acon et, le fossé Sarrazin, creusé. En bas de versant, une petite départementale traverse le site qui se prolonge sur les terrasses alluviales de la Somme et jusqu'aux abords des marais. Sur les terrasses qui ont livré lors de l'implantation du parc, un des plus importants sites mésolithiques du Nord de la France, sont installés un arboretum et une collection de plantes en un jardin inspiré du labyrinthe de la cathédrale d'Amiens (voir Land art).

La prospection aérienne archéologique a permis une redécouverte du site comme d'autres sites détruits, arasés, enfouis. À la faveur de certaines conditions microclimatiques, les traces archéologiques sont révélées par des variations de couleurs dans les labours ou de différences de teintes et de hauteur des cultures. Roger Agache, un des pionniers de l'archéologie aérienne a ainsi contribué au recensement de bon nombre de sites picards[1].

Historique du "projet Samara"[modifier | modifier le code]

Le projet Samara est né de la rencontre de Jacques Kadecka (directeur du Crédit Agricole d'Amiens) et Bruno Lebel (Premier Grand prix de Rome de sculpture) inspirés par l'Archéodrome de Beaune. En 1982, B. Lebel est chargé par le Conseil Général du département de la Somme de l'étude d'un complexe culturel « Samara » comprenant l'aménagement du site archéologique de l'oppidum de la Chaussée-Tirancourt et de la construction d'un musée archéologique (le futur dôme des expositions). Après avoir réalisé les dessins de l'architecture du musée et du parc (arboretum et labyrinthe) et assuré le suivi des travaux, en 1994, il est nommé directeur du Domaine de Samara. Dessiné par B. Lebel, le dôme des expositions (1 200 m2) a été conçu à l'image du corps de l'homme et se compose de 25 coupoles selon le principe un système de construction des sculptures habitables et réalisé par l'entreprise amiénoise L.F. Vergne.

Le plan et la conception du site[modifier | modifier le code]

Structure et organisation[modifier | modifier le code]

Les paysages[modifier | modifier le code]

Les terrasses alluviales de la Somme[modifier | modifier le code]

Des systèmes de terrasse alluviales ou fluviatiles (nappes alluviales) se sont mis en place au Pléistocène. La formation d'une terrasse fluviatile correspond à un schéma connu et répétitif. Lors des premières phases de crise climatique, la dynamique fluviatile se modifie : l'érosion fluviale active permet à la rivière de creuser le lit, accompagné d'un déplacement latéral du cours d'eau.

Durant la période froide, la rivière charrie des sédiments de forte granulométrie issus en partie de l'érosion des versants.

Lors les radoucissements du Tardiglaciaire, la dynamique fluviatile change à nouveau : le cours encore anastomosé (en tresses) charrie des sédiments plus fins. À la fin du Tardiglaciaire, la rivière prend un cours en méandres.

Durant l'Interglaciaire, l'érosion fluviale est très faible. On parle de phase de biostasie (phase de plus grand développement de la végétation qui ralentit ainsi le processus d'érosion).

Le système des terrasses et les formations fluviatiles pléistocènes de la Somme, entre Amiens et Abbeville, est constitué par un ensemble de nappes alluviales étagées à couverture limoneuse bien développée. Les différentes accumulations alluviales sont fortement asymétriques et essentiellement localisées au niveau des confluences avec les vallées adjacentes en liaison avec une accumulation de dépôts alluviaux graveleux et de la dynamique de déplacement latéral du système.

Le système est constitué par un ensemble de 10 nappes alluviales étagées entre + 5/6 et + 55 m d'altitude relative par rapport à l'incision maximale de la vallée actuelle. Chaque nappe alluviale correspond à un Glaciaire|cycle Glaciaire-Interglaciaire et se caractérise par une séquence suivante constituée par des dépôts de versants interstratifiés avec des dépôts fluviatiles (en début de Glaciaire mais rarement conservés), des graviers fluviatiles grossiers mis en place dans un système de chenaux en tresses (au Pléniglaciaire), des limons fluviatiles de fin de séquence déposés en bordure d'un système à méandres (du Tardiglaciaire à l’Interglaciaire), localement recouverts par de petits sols organiques – éventuellement tourbeux – et/ou des dépôts de tufs en lentilles (voir sédimentologie).

Le Parc paysager[modifier | modifier le code]

Logo affichant deux demies silhouettes d'arbre Jardin remarquable

Les larris, des pelouses calcaires pâturées[modifier | modifier le code]

En picard, des larris correspondent aux pâtis à moutons sont (larris, larri, larriz, etc.). Le terme provient de la racine germanique lar signifiant clairière, lande. Le mot prend une valeur de toponyme écologique. Les larris sont des pelouses sur terrains calcaires à sol maigre. Autrefois boisés, les versants furent défrichés. Les pentes fortes, le sol très peu épais de type rendzine, relativement impropre à la culture, conduisirent à utiliser ces versants pour y faire paître les moutons. Les bergers et leurs troupeaux sont donc en grande partie à l'origine de cet écosystème anthropique et aujourd'hui faisant l'objet de mesures de gestion conservatoire en raison d'une riche flore calcicole caractéristique.

La vallée de l'Acon[modifier | modifier le code]

Site protégé par un arrêté de biotope.

La vallée d’Acon - petit affluent de la Somme[2] - offre un paysage d’une grande diversité. L’Acon serpente dans une prairie humide constellée de mares. Sur la rive gauche, un coteau calcaire est occupé par une végétation d’herbes rases et de buissons : le larris. Une faune et une flore diversifiées s’y épanouissent. Le site protégé d'environ 9,4 ha de la « Vallée d'Acon » se situe sur la commune de la Chaussée-Tirancourt, à 13 km au Nord-Ouest d'Amiens, sur la rive droite de la basse vallée de la Somme et bénéficie d'un arrêté de protection de biotope (APB) depuis le 26 septembre 1994.

La vallée d'Acon incise fortement le plateau crayeux et suit un cours régulier et sinueux qui présente un fond de vallée plat et deux versants dissymétriques. Le fond de vallée est inondable et occupé par une prairie humide avec quelques mares ponctuelles, le coteau pentu héberge une pelouse sèche calcicole (larris) plus ou moins couverte par des broussailles et arbustes pionniers avec quelques feuillus et pins. La diversité des milieux permet de distinguer 16 unités écologiques différentes.

Le site fait partie de la Zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) n° 80 VDS 111 (Vallée d'Acon à la Chaussée-Tirancourt)[3]. Il est également retenu comme SIC (Basse Vallée de la Somme de Pont-Rémy à Breilly), dans le cadre du réseau européen Natura 2000[4]. La vallée est également située à proximité d'un autre site bénéficiant d'un APB : le Marais communal de la Chaussée-Tirancourt et s'insère ainsi dans les liens de la trame écologique locale.

Des inventaires floristiques (1997-1998) ont répertorié 268 taxons de Spermaphytes, 2 Ptérydophytes, 1 Charophyte et 2 Bryophytes. Les éboulis crayeux hébergent le Sisymbre couché et les pelouses, l'Acéras homme-pendu, deux espèces rares et vulnérables en Picardie (haute valeur patrimoniale). En fond de vallée, le Pigamon jaune, le Potamot de Berchtold, la Prêle des bourbiers et plusieurs Orchidées sont présents, comme la Céphalanthère à grandes fleurs ou l'Orchis moucheron.

86 espèces d'oiseaux y ont été recensées. En fond de la vallée, des oiseaux nicheurs typiques des milieux humides (Poule d'eau, Foulque macroule, Bruant des roseaux, Phragmite des joncs, …). Le coteau abrite également quelques espèces nicheuses et protégées en France comme le Bruant jaune ou le Pipit des arbres.

Le site est réglementé. Les visiteurs doivent rester sur les sentiers de découverte, sans ni franchir les clôtures, ni cueillir les plantes. Ils sont invités à tenir les chiens en laisse, observer les animaux à distance et respecter la propreté des lieux et des équipements.

Les paysages dessinés par l'homme[modifier | modifier le code]

Les marais[modifier | modifier le code]

D'anciennes fosses de tourbage étaient exploitées jusqu’au début du XXe siècle.

Le parcours des marais comprend 9 étapes qui évoquent l’évolution du marais.

L'arboretum[modifier | modifier le code]

Il a été dessiné par Bruno Lebel sous la forme d'un poisson. Il renferme, sur 4 ha, 80 essences d'arbres différentes.

Le jardin botanique[modifier | modifier le code]

Sous la forme d'un labyrinthe de 50 ares, il est riche de 600 espèces végétales.

Les reconstitutions archéologiques[modifier | modifier le code]

Les reconstitutions d'habitats préhistoriques s'inspirent des fouilles archéologiques essentiellement effectuées dans la région. La restitution des habitats et des structures s'appuient sur une réflexion issue de l'archéologie expérimentale. Elles ont été dirigées par Gérard Fercocq (archéologue départemental). Grâce aux artéfacts (objets ou restes d'objets archéologiques) trouvés en fouille, des représentations de la vie quotidienne sont proposées et expliquées par des guides.

Selon la Charte internationale pour la gestion du patrimoine archéologique (1990) : "les reconstitutions répondent à deux fonctions fonctions importantes, étant conçues à des fins de recherches expérimentales et pédagogiques". Ainsi les reconstitutions sont un moyen de faire accéder le grand public à la connaissance des origines et du développement des sociétés modernes (Cf. Icomos).

La tente magdalénienne[modifier | modifier le code]

La tente circulaire probablement recouverte de peaux et avec une armature en bois illustre l'habitat d'un campement de chasseurs de rennes il y a environ 15 000 ans.

La maison danubienne[modifier | modifier le code]

La reconstitution d'une maison danubienne à Samara est inspirée des fouilles du site néolithique de Cuiry-lès-Chaudardes (Aisne). Lors de la fouille, on distingue les trous de poteaux et les cloisons palissadées et à partir du plan de fouille et des évaluations technologiques de l'époque, on reconstitue un édifice. Les murs en bois sont recouverts de torchis et le toit est en chaume.

Arrivés il y a quelques milliers d'années, par vagues successives depuis l'Europe centrale, les premiers paysans-colons cultivent le blé amidonnier et l'engrain, l'orge, les petits pois, les lentilles et les vesces et élèvent des bœufs, des porcs, des moutons, des chèvres. Ils chassent le sanglier, l'aurochs, le cerf, le chevreuil et plus rarement, l'ours brun, le loup, le castor, le lièvre et des oiseaux. Ils fabriquent des céramiques et utilisent des outils en silex (grattoirs, lames de faucilles, haches polies, herminettes, etc.).

La maison de l'âge du bronze[modifier | modifier le code]

La maison - torchis et chaume - de l'âge du bronze a été reconstituée d'après les fouilles de Choisy-au-bac (Oise). Le site expose également la métallurgie et une embarcation de cette période[5].

La maison de l'âge du fer[modifier | modifier le code]

La maison - torchis et chaume - de l'âge du fer (voir La Tène) a été reconstituée d'après les fouilles de Villeneuve-Saint-Germain (Aisne). Le site présente également l'artisanat de cet âge du fer, un grenier (restitué à une plus grande échelle) et une cave[6].

"L'oppidum"[modifier | modifier le code]

Un sentier aménagé conduit au site archéologique de ce que l'on a coutume d'appeler l'oppidum ou le camp de César, longtemps décrit comme contemporain de la conquête romaine. Outre la très belle levée de terre et le fossé Sarrazin (structure archéologique), une vue remarquable s'offre sur le plateau calcaire et céréalier, les marais et les villages de la vallée de la Somme et le site même de Samara.

En majorité, les oppida sont situés sur des hauteurs et bénéficient d'un relief naturellement défensif. Les Gaulois comme d'autres peuples, choisissaient des collines faciles à défendre, protégées sur une bonne partie de leur pourtour par de forts abrupts naturels. C'est le cas de La Chaussée-Tirancourt, de Bracquemont près de Dieppe et d'Incheville sur la Bresle (Seine-Maritime), de Pommiers (Aisne) qui sont des sites défensifs de confluence en éperon barré, reliés au reste du plateau par un espace puissamment fortifiée grâce au creusement d'un fossé parfois deux et l'édification d'une levée de terre. Le bassin de la Somme est ainsi riche en collines fortifiées, d'est en ouest : Cappy, Chipilly, La Chaussée-Tirancourt, L'Étoile, Liercourt-Erondelle et Mareuil-Caubert à la pointe de l'estuaire.

Dans le Nord de la France, la quasi-totalité des sites archéologiques ont été nivelés par l’agriculture, sauf dans de rares cas où le relief subsiste comme au Camp de César de La Chaussée-Tirancourt avec sa levée de terre doublée d’un fossé disposé en un arc de cercle. Selon l'archéologue J.-L. Brunaux, cet éperon barré typique longtemps considéré comme un oppidum celtique, a été édifié pendant la conquête de Jules César. Une série de fouilles récentes ont montré que la fortification est postérieure à la Guerre des Gaules, puisqu’elle est datée de 40 à 25 av. J.-C.. Il s’agirait alors d’un camp romain construit par des ingénieurs gaulois utilisant leurs techniques dont l’efficacité avait étonné les militaires romains. Plus récemment encore, d'autres archéologues proposent une autre analyse des dates et place au contraire l'édification du site à 60 av. J.-C. ce qui replace le site dans la perspective de la conquête de la Gaule.

Manifestations thématiques et saisonnières[modifier | modifier le code]

La Préhistoire, une science née dans la Somme[modifier | modifier le code]

C'est au milieu du XIXe siècle que Jacques Boucher de Perthes découvre des silex taillés et des restes d'animaux fossiles dans les carrières d'Abbeville. Pour lui, il s'agit de la preuve indéniable de l'existence de l'homme "avant le Déluge", de l'homme préhistorique. Boucher de Perthes est aujourd'hui considéré par les préhistoriens comme le premier d'entre eux.

Un peu plus tard, au milieu du XIXe siècle, l'archéologie moderne va connaître une avancée importante dans un faubourg d'Amiens, à Saint-Acheul.

Alors que la ville s'étend au-delà de ses anciennes fortifications, de grandes carrières sont ouvertes pour extraire la terre utilisée pour la fabrication des briques. Au cours de ces travaux effectués à la main, les ouvriers découvrent de grandes quantités de silex taillés. Entre 1855 et 1910, de nombreuses études sont menées, entre autres, par le Docteur Rigolot, Albert Gaudry et Victor Commont. En 1872, Gabriel de Mortillet propose d'appeler « acheuléens » tous les outils comparables à ceux trouvés dans ce faubourg d'Amiens. Les outils de Saint-Acheul ont été datés d'environ 450 000 ans ; les plus vieux outils acheuléens, découverts en Afrique, datent eux de 1,6 million d'années.

C'est l'histoire géologique de la Somme qui explique en partie l'occupation humaine dans la région. Le fleuve a creusé sa vallée progressivement depuis environ 1 million d'années tout en se décalant. L'un des versants de la vallée a ainsi été creusé en terrasses alluviales, elles-mêmes recouvertes à chaque période glaciaire par les lœss, de fines particules de terre arrachées par le vent (régulièrement plus de 8 mètres dans la région). Ces lœss ont protégé les traces laissées par les hommes préhistoriques.

L'occupation des terrasses alluviales de la Somme[modifier | modifier le code]

Les premières occupations remontent au maximum à environ 500-450 000 ans et sont représentées par des industries acheuléennes déjà évoluées (Cf. début du stade isotopique 12).

Au cours du dernier cycle climatique Glaciaire-Interglacaire, l'occupation est discontinue et influencée par les modifications climatiques et environnementales avec un maximum de vestiges au cours du début-Glaciaire et quelques occupations pendant les Pléniglaciaires inférieur et moyen et de rares incursions juste avant le Dernier Maximum Glaciaire (DMG), un abandon total de la région entre 23 et 13 000 ans (DMG au Tardiglaciaire) puis une recolonisation au début de l'amélioration climatique du Tardiglaciaire.

Au cours du Pleistocène moyen, le modèle du dernier cycle climatique peut correspondre à celui de la fin du Saalien (occupations humaines lors du la fin du stade isotopique 7 ou de transition 7/6 et abandon de la région lors du maximum de froid du stade isotopique 6). Lors de la période 500/450-200 000 ans, les sites existent préférentiellement lors des périodes de transition climatique (début-Glaciaire ou tardiglaciaires).

D'une manière générale, le peuplement du bassin semble donc s'être effectué d'une manière nettement discontinue et avoir été fortement influencé par les conditions climatiques et environnementales

Le gisement mésolithique de La Chaussée-Tirancourt[modifier | modifier le code]

À l'occasion de la découverte de pointes de flèches en silex dans la tourbe lors des travaux d'installation du jardin botanique et de terrassements du parking, en 1988, à la confluence de la Somme et de l'Acon, le site mésolithique du Petit Marais a fait l'objet de fouilles de sauvetage qui ont été analysées dans le cadre de la thèse de Thierry Ducrocq[7].

La récente découverte de nombreux gisements dans le bassin de la Somme a profondément renouvelé les connaissances sur le Mésolithique du Nord de la France. En effet, en une vingtaine d’années, les connaissances sur les habitats mésolithiques de plein air en particulier dans la moitié septentrionale de la France se sont enrichies en particulier grâce à l’archéologie préventive. De plus en plus de gisements bien préservés se prêtent à une analyse paléoethnographique des derniers chasseurs de l’Holocène (Interglaciaire) replacée dans les séries chrono-typologiques qui se précisent de plus en plus.

Pendant les quelque 45 siècles mésolithiques, l’évolution des paysages a été importante entraînant des changements dans le mode de mobilité et la façon d’occuper les sites. Trois situations d'occupation étaient privilégiées par les Mésolithiques : la butte sableuse, le rebord de plateau et le sol limoneux sec le long d'un cours d'eau. La préservation dans les fonds de vallées, comme la Somme, dépend directement du temps qui sépare l'occupation préhistorique du recouvrement du niveau archéologique par la tourbe.

Quelque 100 m2 sur plusieurs milliers couverts du site ont montré le caractère exceptionnel du gisement. La qualité et la richesse des niveaux archéologiques - la présence de sépultures - ont permis une reconstitution assez précise de l'environnement, du mode de vie des chasseurs-cueilleurs. Il y a environ 8 000 ans, les derniers chasseurs-cueilleurs régionaux parcouraient les forêts du Nord de la France. La plupart des sites correspondent à des haltes assez brèves marquées par la taille du silex liée aux activités domestiques (boucherie, travail des peaux, du bois, …). La production de petits silex finement retouchés (microlithes) enchâssés dans des hampes en bois illustrent la fabrication de flèches. Les Mésolithiques chassaient surtout le sanglier, le cerf, le chevreuil et l'aurochs.

Le campement de la Chaussée-Tirancourt livre le même type de vestiges mais diffère par une densité d'objets très importante, témoignage d'une occupation longue ou d'une succession de haltes. Le Petit Marais se singularise également par de nombreux restes d'oiseaux (canard colvert, buse variable…) et de poissons qui correspondent à une diversification des ressources alimentaires. De plus, une hémi-mandibule atteste la présence du chien près de 2 000 ans avant l'apparition des premiers herbivores domestiqués en Picardie par les Néolithiques. Plusieurs grandes fosses semblent liées à un rituel funéraire. Deux sépultures différentes ont été trouvées : les restes d'une incinération dispersés dans une petite fosse en cuvette et une inhumation secondaire où les os longs sont disposés horizontalement au fond d'une toute petite fosse, le crâne placé au-dessus et les os pairs furent disposés symétriquement, côtes et vertèbres furent placées près du bord de la fosse. Le mobilier funéraire initial comportait probablement une partie des centaines d'éléments de parures retrouvés dans toute la couche archéologique (objets percés : gastropodes fossiles ou holocènes, coques et dents d'herbivores).

La sépulture mégalithique de la Chaussée-Tirancourt[modifier | modifier le code]

Découverte en 1967, l'allée couverte consistait en une fosse de 15 m de long sur 3,50 m de large regroupait des ossements. Le plancher à 1,70 m du sol a été creusé dans la craie. Des dalles de grès délimitent l'espace funéraire de 11 m sur 3 m et deux blocs placés en travers marquent l'entrée. La fosse un peu plus large que l'allée couverte elle-même laissait ainsi une sorte de couloir périphérique. La sépulture mégalithique de la Chaussée-Tirancourt appartenait à la civilisation de Seine-Oise-Marne (Néolithique final-Chalcolithique). Elle a livré les restes de quelque 400 individus. Stratigraphiquement, ces restes osseux se répartissent en sept sous-couches correspondant au total à une durée de quelques siècles. On a distingué des secteurs plus ou moins autonomes et, des cellules d'inhumation dites "cases" qui sont autant de petites sépultures collectives à l'intérieur de la grande[8].

Le couloir périphérique est resté fonctionnel pendant toute la durée de l'utilisation funéraire du monument mégalithique, et n'a été définitivement comblé qu'à la fin de celle-ci. Deux orthostates ont été extraits par les hommes de la Préhistoire avant le dépôt de la principale couche d'inhumation. Le système d'accès à la sépulture a été modifié au moins une fois et plusieurs incendies sont intervenus en cours d'utilisation. Enfin une couche charbonneuse et un lit régulier de plaquettes de grès éclaté ont été établis sur l'ensemble du monument[9].

Une reconstitution photographique de la sépulture est présentée au pavillon des expositions.

Le site du Camp César : un oppidum en éperon barré[modifier | modifier le code]

Lieu de promenade colonisé par les pins lorsque les larris ont été abandonnés, le site était appelé localement "Camp César".

Entre 58 et 51 av. J.-C., suite de la première conquête du Sud de la Gaule entre 125 et 120 av. J.-C., César repousse en 58 av. J.-C. les migrants Helvètes dans leurs pays d'origine, à la demande des Eduens du Morvan, il entre en 57 av. J.-C. en Gaule Belgique et avec l'alliance des Rèmes, retranchés dans leur oppidum de Bibrax (le Vieux-Laon à St-Thomas, Aisne), il bat les peuples belges coalisés, au cours de différentes batailles dans l'Aisne. Il s'empare ensuite de l'oppidum de Pommiers (Noviodunum), près de Soissons, puis de celui de Bratuspantium et il rentre chez les Ambiens qui se rendent la même année. La première campagne de César en 57 av. J.-C. en Picardie est donc rapide. Les Belges obligent les Romains à mener une nouvelle campagne, six ans plus tard, pour mettre un terme à un soulèvement dans le Beauvaisis. Les peuples belges se révolteront régulièrement contre l'autorité romaine pendant les vingt années suivantes. En 46 av. J.-C., une rébellion est réprimée chez les Bellovaques et dans les années 30 av. J.-C., les Romains utilisent la Somme comme base arrière pour lutter contre les Morins (Boulonnais), période qui correspondrait au camp romain de La Chaussée-Tirancourt.

Les levées de terre qui gardent les oppida ont généralement résisté à l’usage du temps sans doute en raison de leur mode de construction. Jules César a décrit comment était édifié ce type de murus gallicus dont les fouilles ont confirmé la présence. La terre et les pierrailles étaient tassées dans des coffrages en grosses poutres verticales et horizontales maintenues entre elles par d'énormes clous ou par des fiches métalliques. La remarquable cohésion de ces remparts a permis la résistance aux machines de guerre, d'autant qu'un parement extérieur les renforçait parfois, comme à La Chaussée-Tirancourt. Cependant, la prospection aérienne a révélé une seconde enceinte, totalement arasée.

Les « archéologues » des XVIIe -XVIIIe siècle s'intéressaient particulièrement à ces ensembles fortifiés. Les oppida frappaient l'imagination par leur ampleur et les artistes de ces époques n'hésitaient pas à en accentuer l'énergie dans leurs représentations. Beaucoup des oppida sont antérieurs à la conquête de la Gaule. Il peut arriver qu'ils se superposent à des retranchements de l'âge du bronze comme à Vieux-Moulin (Oise). Les fouilles récentes confirment une édification antérieure à la conquête romaine à comme à La Cheppe (Marne) mais on sait que les Romains ont réoccupé par la suite certains sites.

Les recherches récentes semblent montrer qu'ils les ont parfois renforcés et, peut-être même dans de rares cas, édifiés. Ainsi, à La Chaussée-Tirancourt, il semble que ce soit les Romains qui aient adopté les techniques sophistiquées et efficaces du murus gallicus. La chronologie des oppida pose encore des problèmes, certains sont contemporains de la Guerre des Gaules d'autres postérieurs. Au Camp César, la réoccupation de l'oppidum se prolonge jusque vers les années 20 av. J.-C.

Dans le récit de la Guerre des Gaules, le rôle des oppida est essentiel puisque leur prise entraîne la soumission de la peuplade concernée. Leur rôle n'était pas exclusivement militaire, à la fois, centres commerciaux et politiques. Les grandes assemblées, les marchés, les foires s'y tenaient. La majorité des oppida du Nord de la Gaule, à l'opposé de ceux du Sud, n'étaient pas encore des villes ou même des habitats collectifs permanents, mais vraisemblablement, quelques artisans et négociants y résidaient régulièrement.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fercoq du Leslay G. - Le camp de César. Un camp militaire romain du Ier siècle av. J.-C. à la Chaussée-Tirancourt, Somme. Ed. Conseil général de la Somme, 64 p.
  • Paul G. Bahn (dir.), Archéologie. Le guide de nos origines, Ed. Delachaux & Niestlé, 432 p.
  • Romain Pigeaud, Comment reconstituer la Préhistoire, EDP Sciences, Coll. Bulles de sciences, 2007, 182 p.
  • Enrico Pozzi et al., Les Magdaléniens : Art, civilisations, modes de vie, environnements, Ed. Jérôme Million, coll. L’homme des origines, 2003, 368 p.
  • René Desrosses, Janus Kozlowski, Les habitats préhistoriques, Ed. Cths - Comité des Travaux, Format 45, 2001.
  • André Leroi-Gourhan, Michel Brézillon, L'habitation magdalénienne no 1 de Pincevent près de Montereau (Seine-et-Marne). Gallia Préhistoire, 9/2, CNRS, 1966, 263-385 p.
  • André Leroi-Gourhan, Michel Brézillon, Fouilles de Pincevent : essai d'analyse ethnographique d'un habitat magdalénien : la section 36. Suppl. Gallia Préhistoire, 7, Ed. CNRS, 1972, 353 p.
  • Gilles Gaucher, Pincevent, musée de site préhistorique. Museum international, 1981, 33,4, 211-217
  • Les derniers chasseurs-cueilleurs d'Europe occidentale (13000 -5500 av. J.-C.). Actes du Colloque international de Besançon, 23-25 oct. 1998, coll. Annales litt., PU Franche-Comté, Besançon, 2000.
  • François Djindjian, Janusz Koslowski, Marcel Otte, Le paléolithique supérieur en Europe, Ed. A. Colin, 1999, 474 p.
  • Marcel Otte et al., La protohistoire, Ed. De Boeck, 2008, -- p.
  • Dominique Sacchi, Le Magdalénien : Apogée de l'art quaternaire, Ed. La maison des roches, coll. Histoire de la France préhistorique, 2003, 128 p.
  • Pascal Depaepe, La France du Paléolithique, Ed. La découverte, Coll. Archéologies de la France, 2009, 180 p.
  • Jean-Pierre Mohen & Yvette Taborin, Les sociétés de la Préhistoire, Ed. Hachette supérieur, 1998, 320 p.
  • Jean Guilaine (dir.), Premiers paysans du monde. Naissances des agricultures, Ed. Errance, coll. des Hespérides, 2000, 319 p.
  • François Malrain, Véronique Matterne, Patrice Méniel, Les paysans gaulois, Ed. Errance, coll. des Hespérides, 2002, 236 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr) Site officiel du Parc de Samara Site officiel du parc de Samara
  • Camille Daval, Histoire pour tous, page : Parc archéologique de Samara [1]
  • Pincevent : site magdalénien [2]
  • Ministère de la culture, les grands sites archéologiques : [3]
  • INRAP, Institut national de recherches archéologiques préventives : [4]
  • Archéosite et musée d'Aubechies-Beloeil (Belgique) : [5]
  • Villeneuve-d'Ascq, site municipal, page : Parc de reconstitutions archéologiques d'Asnapio [6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Agache R., 2005 - Empreintes du passé. Introduction à l'archéologie aérienne. DVD, Scérén CRDP Académie d'Amiens
  2. Sandre, « Fiche cours d'eau - Acon (E6430700) » (consulté le 9 novembre 2013)
  3. « ZNIEFF 220013451 - VALLÉE D'ACON À LA CHAUSSÉE-TIRANCOURT », sur inpn.mnhn.fr (consulté le 9 novembre 2013)
  4. « La Vallée d'Acon », sur sitespedagogiquessomme.cpie-picardie.org (consulté le 9 novembre 2013)
  5. Blancquaert G., Bostyn F., Desfosses Y., Lanchon Y., Talon M. et al., 1992 - Habitats et nécropoles à l'âge du Bronze sur le Transmanche et le TGV Nord. Études et travaux de la Société Préhistorique française, 89, 10-12 : 291-489
  6. Blanchet J.-C., 1984 - Les premiers métallurgistes en Picardie et dans le Nord de la France. Mémoires de la Société Préhistorique française, 17, 608 p.
  7. Ducrocq T., 2001 - Le Mésolithique du bassin de la Somme : insertion dans un cadre morpho-stratigraphique, environnemental et chronoculturel. Publ. Du CERP(USTL), 7, 1-253 - INIST-CNRS - Cote INIST : 22738, 35400010108935.0010
  8. Masset C., 1979 - La population de la Chaussée-Tirancourt: approche méthodologique. In Anthropologie et Archéologie : le cas des premiers âges des Métaux. Actes du Symposium de Sils-Maria, 25-30 septembre 1978. Archives Suisses d'Anthropologie Générale, Genève, 43, 2 : 223-230
  9. Leclerc J., Masset C., 19 - Construction, remaniement et condamnation d'une sépulture collective néolithique : La Chaussée-Tirancourt (Somme). Bull. de la Soc. Pr fr. CR des Séances Mensuelles Paris, 77, 2 : 57-64