Paradoxe d’Easterlin

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Le paradoxe d’Easterlin tient son nom de l’économiste qui l’a mis en évidence en 1974 : une hausse du PIB ne se traduit pas nécessairement par une hausse du niveau de bien-être ressenti par les individus. Les explications avancées font notamment appel au paradoxe de l'abondance. Le paradoxe d’Easterlin est l'une des réflexions à la base de l'économie du bien-être.

Richard Easterlin a mis en évidence le fait qu'une fois qu'une société a atteint un certain seuil de richesse, la poursuite de son développement économique est sans influence sur l'évolution du bien-être moyen de sa population. Ou du moins, l'effet n'a cours que sur une partie seulement de cette dernière. L'évolution de ce bonheur est en réalité, selon Easterlin, à mettre en corrélation relative avec celle de la richesse des membres les plus fortunés de la société. En clair, ce sont ces derniers qui sont les plus heureux, mais uniquement parce que l'augmentation de l'inégalité leur permet de progresser économiquement plus vite que le reste de la population ; cela signifie donc qu'un membre d'une société dont l'évolution de la fortune se situe dans la moyenne ne se déclarera pas plus heureux, à l'inverse des éléments qui progressent plus rapidement. C'est donc, plus prosaïquement, le revenu relatif, et non sa progression brute, qu'il convient de prendre en compte. Cette relativité de l'évolution (pourtant existante) du sentiment de bien-être, comparativement à la croissance économique, aboutit donc à un paradoxe[réf. souhaitée].

Le paradoxe a été remis en cause en 2008 par l'étude de Justin Wolfers et Betsey Stevenson, montrant à l'aide de données individuelles collectées dans un grand nombre de pays qu'il existe bien un lien entre le PIB par habitant et le degré de satisfaction des individus[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Justin Wolfers et Betsey Stevenson, « Economic Growth and Subjective Well-Being: Reassessing the Easterlin Paradox », Brookings Papers on Economic Activity, vol. 39, no 1,‎ printemps 2008, p. 1-102 (lien JSTOR?, lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Richard Easterlin, « Does Economic Growth Improve the Human Lot? », dans Paul A. David et Melvin W. Reder, Nations and Households in Economic Growth : Essays in Honor of Moses Abramovitz, New York, Academic Press,‎ 1974
  • (en) Veenhoven et Hagerty, « Wealth and Happiness Revisited : Growing wealth of nations does go with greater happiness », Social Indicators Research, vol. 64,‎ 2003, p. 1-27 (lire en ligne)
  • (en) Richard Easterlin, « Feeding the Illusion of Growth and Happiness : A Reply to Hagerty and Veenhoven », Social Indicators Research, vol. 74, no 3,‎ 2005, p. 429-443 (lire en ligne)
  • (en) Daniel Kahneman, Alan Krueger, D. Schkade et al., « Would you be happier if you were richer? A focusing illusion », Science, no 312,‎ 2006, p. 1908-1910

Voir aussi[modifier | modifier le code]