Paradisier gorge-d'acier

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Paradisier gorge-d'acier

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Ptiloris magnificus par Bowdler Sharpe

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Paradisaeidae
Genre Ptiloris

Nom binominal

Ptiloris magnificus
Vieillot, 1819

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 01/07/75

Le Paradisier gorge-d'acier (Ptiloris magnificus) est une espèce de paradisier des forêts tropicales de Nouvelle-Guinée et du nord-est d'Australie.

Cette espèce est inscrite sur l'annexe II de la CITES.

Distribution[modifier | modifier le code]

Discontinue, en taches plus ou moins importantes à travers toute la Nouvelle-Guinée et l’extrême nord de l’Australie.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

  • P. m. magnificus (Vieillot, 1819) : Nouvelle-Guinée sauf le sud-est.
  • P. m. alberti Elliot, 1871 : île Albany et, de façon sporadique, sur la pointe du cap York dans le nord-est de l’Australie.
  • P. m. intercedens Sharpe, 1882 : tout le sud-est à partir de l’aire d’Adelbert jusqu’à la baie de Milne. Frith & Beehler (1998) et Frith & Frith (2009) considèrent cette forme comme une simple sous-espèce mais Irestedt et al. (2009), dans leurs récentes analyses génétiques, la traitent comme une espèce distincte.

Habitat[modifier | modifier le code]

Le ptiloris à gorge d’acier fréquente toute une gamme d’habitats boisés : les forêts de plaines, de collines et de moyennes montagnes, les forêts exposées à la mousson, les boisements marécageux, les forêts-galeries, les lisières de forêts et, occasionnellement, les mangroves et les plantations de bois de construction. L’altitude varie entre 0 et 700 m mais peut atteindre 1450 m localement (Frith & Beehler 1998, Frith & Frith 2009).

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le régime alimentaire se compose de fruits (surtout à capsules) et d’invertébrés (insectes, araignées, myriapodes) avec une prédominance de nourriture animale mais les proportions varient selon les saisons (Frith & Frith 2009). Beehler (1983) a comptabilisé 16 individus se nourrissant sur Chisocheton weinlandii, 8 sur Homalanthus novoguineensis, 7 sur Gastonia spectabilis, 2 sur Ficus odoardi, 1 sur Schefflera sp. et 1 sur Cissus hypoglauca avec une nette prépondérance (24) pour des fruits à capsules. Ottaviani (2012) a montré, photo à l’appui, une femelle ayant capturé un insecte xylophage.

Mœurs[modifier | modifier le code]

Il déploie une grande agilité à se déplacer, à grimper verticalement sur les grosses branches ou même à se suspendre dans des positions variées pour capturer des invertébrés dans les frondaisons et sur l’écorce des arbres. Il lui arrive même de marteler et de creuser le bois mort en quête d’insectes xylophages, tel un pic. Il se joint parfois aux bandes de jaseurs néo-guinéens Pomatostomus sp. et de pitohuis Pitohui sp. (Gilliard 1969). Il évolue surtout dans la canopée en quête de fruits et dans l’étage inférieur à la recherche d’invertébrés, s’accrochant aux troncs d’arbres morts pour en extraire les insectes. Des individus constituent parfois des groupes lâches en nourrissage dans des arbres portant des fruits mûrs. Ils peuvent aussi former des groupes mixtes incluant des pitohuis et d’autres espèces de paradisiers. Les ptiloris en plumage femelle sont généralement plus nombreux que ceux en livrée de mâle adulte (Frith & Frith 2009).

Voix[modifier | modifier le code]

Les mâles des différentes populations possèdent des cris de signalement différents. En Australie et dans l’ouest et le centre de la Nouvelle-Guinée, l’appel est un woiiieet-woit clair et sonore. Dans le sud-est, il est transcrit comme un hrraah-hraoou avec la première syllabe montante et la seconde descendante. Dans les montagnes Kumawa, la tonalité est plus basse et le son plus guttural, rappelant davantage un ululement. Les cris les plus puissants peuvent porter jusqu’à un kilomètre (Frith & Frith 2009).

Parade nuptiale[modifier | modifier le code]

L’arbre de parade, généralement l’un des plus hauts du secteur (30 m), est richement recouvert de vignes grimpantes et pourvu de plantes épiphytes. Le mâle solitaire, perché à une vingtaine de mètres, lance un double wheeow clair et grinçant, la première note plus haute et plus sonore. Les deux sexes émettent un appel similaire mais celui du mâle est plus puissant. Il passe de longs moments à faire retentir son appel. A l’approche d’une femelle, il déploie amplement ses ailes arrondies en rejetant la tête en arrière puis il les ouvre et les referme rapidement en produisant un froissement audible jusqu’à une centaine de mètres. Une deuxième forme de la parade consiste à étaler largement les ailes, rejeter la arrière et de côté, exhiber son plastron irisé et se figer dans cette position. Une troisième forme a été décrite : le mâle déploie les ailes, rejette la tête en arrière pour exhiber son plastron tout en se balançant de droite à gauche. La femelle, qui lui fait face, déploie également ses ailes et imite ses gestes. Enfin, le mâle poursuit la femelle à travers les arbres puis ils s’accouplent (Gilliard 1969, Ottaviani 2012).

Nidification[modifier | modifier le code]

Le nid consiste en une grosse coupe de sarments de vignes et de feuilles mortes lâchement assemblés, avec parfois des frondes de fougères épiphytes, tapissée intérieurement de fines fibres de feuilles. Les emplacements de nid inventoriés en Australie peuvent être aussi la base des palmes d’un pandanus ou des frondes d’une fougère épiphyte ou encore dans la cépée d’un tronc brisé entre 0,5 et 16 m de hauteur. La ponte compte un ou deux œufs, le plus souvent deux (Ottaviani 2012).

Statut, conservation[modifier | modifier le code]

L’espèce est très commune et semble même manifester une certaine tolérance aux forêts exploitées par l’homme. Elle n’est donc soumise à aucune menace dans un proche avenir (Frith & Frith 2009).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Beehler, B. M. (1983). Frugivory and polygamy in Birds of Paradise. The Auk 100: 1-12.
  • Frith, C. B. & Beehler, B. M. (1998). The Birds of Paradise: Paradisaeidae. Oxford University Press, New York.
  • Frith, C. B. & Frith, D. W. (2009). Family Paradisaeidae (Birds of Paradise). In del Hoyo, J. Elliott, A. & Christie, D. Handbook of the Birds of the World. Bush-shrikes to Old World Sparrows. Volume 14. pp. 404-459. Lynx Edicions, Barcelona.
  • Gilliard, E. T. (1969). Birds of paradise and Bowerbirds. Weidenfeld & Nicolson, New York.
  • Irestedt, M., Jønsson, K. A., Fjeldså, J., Christidis, L. & Ericsson, P. G.-P. (2009). An unexpectedly long history of sexual selection in birds-of-paradise. BMC Evolutionary Biology 9: 235-246.
  • Ottaviani, M. (2012). Les Oiseaux de Paradis – Histoire Naturelle et photographies, 320 pages. Editions Prin, France.

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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