Parabole de l'ami importun

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L'ami importun (John Arthur Millais, 1864)

La parabole de l'ami importun est une parabole enseignée par le Christ juste après qu'il eut appris à ses disciples la prière du Notre Père. Cet épisode est raconté dans l'Évangile selon Luc XI, 5-8, et précède l'enseignement de l'efficacité de la prière.

Texte[modifier | modifier le code]

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc, chapitre 11, versets 5 à 8:

« Il leur dit encore: Si l'un de vous a un ami, et qu'il aille le trouver au milieu de la nuit pour lui dire: Ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n'ai rien à lui offrir, et si, de l'intérieur de sa maison, cet ami lui répond: Ne m'importune pas, la porte est déjà fermée, mes enfants et moi sommes au lit, je ne puis me lever pour te donner des pains, je vous le dis, même s'il ne se levait pas pour les lui donner parce que c'est son ami, il se lèverait à cause de son importunité et lui donnerait tout ce dont il a besoin. »

Traduction d'après la Bible Louis Segond.

Explication[modifier | modifier le code]

Le Christ explique lui-même le sens de cette parabole sur la prière: « Demandez et on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et on vous ouvrira, car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et à qui frappe, on ouvrira. »

Interprétation[modifier | modifier le code]

L'interprétation traditionnelle de cette parabole est celle de l'efficacité de la prière, le Christ étant représenté par l'ami importun qui arrive à une heure indue. Elle suggère aussi que le milieu de la nuit est aussi la fin de la vie et que l'homme se sent plus enclin à la bonté et à la nécessité des derniers sacrements, mais de manière plus générale elle enseigne que tout homme peut se laisser fléchir à l'initiative de Dieu. Les trois pains peuvent aussi symboliser la Trinité, ou bien le pain qui guérit le corps, l'âme et l'esprit.

Saint Bède le Vénérable qui vivait au VIIIe siècle a écrit, entre autres, ceci sur cette parabole: « Voilà pourquoi, mes frères, il nous faut faire des demandes pressantes et des prières incessantes. Prosternons-nous devant Dieu, versons des larmes en présence du Seigneur qui nous a faits (cf. Ps 94,6). Et pour mériter d'être exaucés, examinons soigneusement comment celui qui nous a faits veut que nous vivions, et ce qu'il nous a ordonné de faire. Cherchons le Seigneur et sa puissance, recherchons sans trêve sa face (cf. Ps 104,4). Et pour mériter de le trouver et de le voir, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l'esprit (2Co 7,1), car, au jour de la résurrection, seuls ceux qui auront gardé leur corps chaste monteront au ciel, et seuls ceux qui auront le cœur pur contempleront la gloire de la majesté divine ...Et si nous désirons savoir ce que le Seigneur veut que nous demandions, écoutons cette parole de l'Évangile: Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît (Mt 6,33). Or, chercher le Royaume de Dieu et sa justice, c'est désirer les dons de la patrie céleste et s'employer sans cesse à découvrir par quelles saintes actions nous devons les obtenir. Craignons que, si nous venions à nous écarter du chemin qui y mène, nous ne puissions jamais parvenir au but auquel nous tendons[1]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Homélie de saint-Bède le vénérable sur saint Luc [1]