Paprika (film d'animation, 2006)

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Paprika

Description de l'image  PaprikaLogo.jpg.
Titre original パプリカ (Papurika)
Réalisation Satoshi Kon
Scénario Satoshi Kon
Seishi Minakami
Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Sortie 2006
Durée 90 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Paprika (パプリカ, Papurika?) est un long métrage d'animation japonaise de science-fiction réalisé par Satoshi Kon sorti en France le 6 décembre 2006 d'après le roman Paprika de Yasutaka Tsutsui. Le film relate l'invention de machines permettant d'entrer dans les rêves des gens ; initialement destinées à améliorer les traitements psychothérapeuthiques, les machines sont rapidement volées et détournées de leur usage par des manipulateurs cherchant à contrôler les gens en entrant dans leur inconscient. Le film est bien accueilli par la critique et reçoit plusieurs récompenses dans divers festivals à travers le monde.

Résumé[modifier | modifier le code]

Un nouveau traitement psycho-thérapeutique nommé PT est inventé. Grâce à une machine, la DC Mini, un type de casque amplificateur qui rend possible l'analyse des rêves et de rentrer dans les rêves des patients, et de les enregistrer sous forme de films afin de sonder les tréfonds de la pensée et de l'inconscient, ce qui permet de mieux comprendre les traumatisme subis par les patients. Pour utiliser la DC Mini, le thérapeute et le patient doivent tous les deux être endormis en tous cas dans un premier temps. La DC Mini a été inventé conjointement par le Dr. Kōsaku Tokita, un inventeur en surpoids dont la personnalité est restée très puérile, mais qui s'est révélé un génie scientifique, et par sa collègue, le Dr. Atsuko Chiba, une femme réservée et rationnelle très proche de Tokita. Chiba teste d'ores et déjà les DC Mini pour soigner ses patients ; elle navigue dans les rêves de ses patients sous la forme de son alter ego, Paprika, une jeune femme rousse dont le caractère facétieux contraste avec la personnalité de Chiba dans le monde réel. Le processus est toujours dans sa phase de test, et l'emploi de l'invention à des fins thérapeutiques n'a pas encore été officiellement autorisé. Chiba soigne en particulier le commissaire Toshimi Konakawa, qui ne parvient pas à se défaire d'inquiétudes liées à une amitié passée et à ses enquêtes présentes. Cette thérapie a été conseillée à Konakawa par le Dr. Toratarō Shima, un homme âgé membre de l'équipe qui est un ami de faculté du commissaire. Chiba/Paprika utilise son site web, le Radio Club, pour entrer en contact avec ses patients.

Alors que les tests sont encore en cours, trois prototypes de la DC Mini sont volés, suscitant l'inquiétude des scientifiques ayant développé l'invention. Dans de mauvaises mains, une telle invention pourrait avoir des résultats dévastateurs, d'autant que le Dr. Tokita n'avait pas encore développé de système de contrôle d'accès : cela signifie que toute personne employant une DC Mini a la possibilité d'entrer dans les rêves de n'importe qui et de les manipuler. Les incidents commencent lorsque Toratarō Shima est subitement pris, en plein jour, d'une crise de folie qui se termine par un geste suicidaire (il se jette par la fenêtre et manque se tuer). Le Président, un vieil homme handicapé en chaise roulante, hostile de longue date au projet, interdit tout emploi des DC Mini. Mais Tokita et Chiba décident de continuer à les employer afin de retrouver le ou les voleurs et de les arrêter. La situation s'aggrave rapidement à mesure que d'autres membres de l'équipe scientifique sont pris de folie : le manipulateur a visiblement la possibilité d'influer sur les rêves et l'inconscient de ses victimes même lorsqu'elles sont éveillées.

Les soupçons de Chiba et de Shima se portent d'abord sur l'un des assistants du Dr. Tokita, Himuro, qui a disparu : le vol et les agressions pourraient être justifiés par la jalousie professionnelle de Himuro envers Tokita. Chiba, explorant les rêves des victimes sous sa forme de Paprika, rencontre un rêve récurrent qui semble être celui de Himuro : une parade colorée d'animaux musiciens, d'objets du quotidien animés, de poupées et de robots. Ce rêve s'immisce dans les rêves d'autres personnes, notamment de Konakawa et de Tokita. Mais en explorant les profondeurs du rêve, Paprika se rend compte que la conscience de Himuro a été détruite, soit par un résidu de rêve devenu incontrôlable, soit par un autre manipulateur. En confrontant les éléments de ce rêve au passé de Himuro, l'équipe finit par retrouver Himuro dans un parc d'attraction abandonné : le scientifique, victime d'une réaction anaphylactique à sa DC Mini, n'est plus qu'un légume dans le coma, une coquille vide en quelque sorte.

Cependant les incidents dans la réalité se multiplient et s'aggravent. Paprika, en explorant les rêves, finit par démasquer le manipulateur : il n'est autre que le Président lui-même, assisté par l'un des scientifiques du projet, Morio Osanai. Osanai a accepté de vendre son corps au Président afin que ce dernier dispose d'un organisme en pleine santé ; en échange, Osanai s'est associé à lui afin d'asseoir son emprise sur les rêves de toute la population. Le Président se présente comme le « défenseur du monde des rêves », mais a sombré en réalité dans un délire mégalomane. Le Président et Osanai finissent par capturer Paprika. Osanai, visiblement attiré par sa captive, déchire littéralement Paprika en deux pour atteindre, en dessous, le corps de Chiba. Au moment où Osanai se laisse guider par son désir pour sa collègue, le Président intervient et l'incite au contraire à la tuer sans se laisser leurrer par sa beauté : une lutte répugnante s'engage entre les deux personnalités pour le contrôle du corps d'Osanai. Dans le même temps, le commissaire Konakawa réussit à surmonter ses angoisses oniriques grâce au Radio Club, et finit par retrouver Paprika/Chiba au moment où les deux acolytes sont sur le point de la tuer : il la sauve et s'enfuit dans ses propres rêves. Au terme d'une longue poursuite, Konakawa finit par tuer Osanai dans le rêve, ce qui le tue également dans la réalité. Osanai sombre dans la mort, retenu désespérément par la forme onirique du Président.

Tout semble rentrer dans l'ordre, mais l'inquiétude des scientifiques renaît vite lorsqu'ils constatent des intrusions persistantes des rêves dans la réalité : la mort réelle d'Osanai, tué dans ses rêves, en est un exemple inquiétant. Soudain, la parade du rêve de Himuro fait irruption dans la réalité, et une poupée géante issue de ce rêve attaque l'immeuble abritant le projet scientifique. Les rêves et la réalité semblent avoir entièrement fusionné. Les scientifiques luttent pour comprendre ce qui se passe et reprendre le contrôle de la situation. Chiba, stupéfaite, voit son alter ego Paprika courant à ses côtés dans la réalité, dotée d'une personnalité propre. Le Dr. Tokita, quant à lui, a pris la forme qu'il avait dans le rêve de Himuro, celle d'un robot géant : il détruit ainsi la poupée qui attaquait l'immeuble, mais semble incapable de se concentrer longtemps sur une activité quelconque. Chiba, Paprika, Konakawa et Shima découvrent avec horreur, au beau milieu de la ville, un gigantesque gouffre paraissant mener au néant ; ce gouffre est semblable à celui dans lequel Osanai a sombré à sa mort et où le Président paraissait avoir sombré avec lui. Le Président surgit soudain du gouffre, doté d'un corps de ténèbres semblable à celui d'Osanai : debout sur ses jambes, il grandit jusqu'à atteindre une taille gigantesque, et se déclare maître de la réalité, des rêves et de la mort. Chiba tente de raisonner Tokita pour l'inciter à lutter ; malgré la laideur du professeur, ses voyages oniriques ont permis à Chiba d'admettre les sentiments qu'elle a pour lui. Mais le robot-Tokita avale Chiba, puis poursuit Paprika et la dévore à son tour. Au moment où tout semble perdu, une petite fille s'extrait du robot-Tokita et va affronter le Président géant ; elle semble dotée du pouvoir d'avaler le rêve, et grandit au fur et à mesure qu'elle l'absorbe, jusqu'à devenir une femme semblable à Chiba. Lorsque le Président s'en prend à elle, elle aspire son bras, puis l'avale tout entier. Soudain les rêves s'évanouissent, ne laissant derrière eux que la ville dévastée : les rêves et la réalité sont à nouveau distincts et tout rentre dans l'ordre. Chiba va épouser Tokita. Le commissaire Konakawa, quant à lui, s'est réconcilié avec ses souvenirs de cinéaste amateur.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Le film reçoit un accueil critique très favorable en Europe et dans les pays anglo-saxons. En France, le site AlloCiné confère au film une moyenne de 3,9 sur une échelle de 5, fondée sur 22 titres de presse[1]. Aux États-Unis, l'accueil est également très favorable : le site agrégateur de critiques Metacritic lui confère une moyenne de 81 sur 100, fondée sur 26 critiques parues dans la presse, toutes positives[2]. Le site Rotten Tomatoes, autre agrégateur de critiques anglo-saxon, lui confère une moyenne de 83 % fondée sur 86 critiques, dont 15 négatives[3].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Au Japon, Paprika remporte le prix du Meilleur long-métrage d'animation sorti au cinéma lors du Tokyo International Anime Fair en 2007[4].

Au Canada, le film remporte le prix du public lors du Festival du Nouveau cinéma (FNC) à Montréal, en 2006[5]. Au Portugal, en 2007, le film reçoit le prix de la critique (Prêmio da Crítica) lors du festival de cinéma fantastique Fantasporto à Porto[5]. Aux États-Unis, le film remporte le prix du Meilleur film au Festival du film de Newport Beach en 2007, et le prix Chlotrudis remise par la Chlotrudis Society for Independent Film, dans le Massachusetts, en 2008[5]. En Italie, le film fait partie des candidats en compétition pour le Lion d'or à la Mostra de Venise en 2006, mais n'obtient pas le prix[5].

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Dans le Radio Club, il y a deux barmen. C'est Satoshi Kon (le réalisateur du film) qui fait la voix du grand mince au cheveux bouclés et c'est Yasutaka Tsutsui (l'auteur du livre Paprika) qui fait la voix du petit gros avec la petite moustache. À noter que les deux barmen ont certains traits qui ressemblent à leurs interprètes.
  • Dans la scène du train, lorsque le rêve se déchire la bande son est le générique de Paranoia Agent.
  • À la fin du film, Paprika recommande au policier Konakawa d'aller voir le film Les enfants qui rêvent. Lorsque Konakawa se rend au guichet, on peut remarquer les affiches en présentation des trois films précédents de Satoshi Kon, soit Perfect Blue, Millennium Actress et Tokyo Godfathers.

Postérité[modifier | modifier le code]

Selon le site de critique Excessif, Nolan cite Paprika comme l'une de ses influences principales pour le scénario de son film Inception, sorti en 2010[6]. Outre le thème commun de l'intrigue, plusieurs similarités dans le scénario ainsi que certaines scènes (principalement la scène de l'ascenseur) ont été remarquées par les critiques à la sortie du film[7],[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Page Critiques de presse du film sur AlloCiné. Page consultée le 27 novembre 2011.
  2. Critic Reviews for Paprika sur le site Metacritic. Page consultée le 27 novembre 2011.
  3. Critiques de presse de Paprika sur Rotten Tomatoes. Page consultée le 27 novembre 2011.
  4. « Results of the 6th annual Tokyo International Anime Fair », article sur Anime News Network le 19 mars 2007. Page consultée le 27 novembre 2011.
  5. a, b, c et d Page Awards du film sur l'Internet Movie Database anglophone. Page consultée le 27 novembre 2011.
  6. « Christopher Nolan le cite (le film Paprika) comme l'une des principales influences et s'est inspiré du personnage principal pour peaufiner le personnage joué par Ellen Page, une architecte de l'esprit qui se prénomme Arianne (en théorie, la référence saute aux yeux). ». « Inception par Christopher Nolan : Interview, références, indices... », article de Romain Le Vern sur Excessif.com le 15 juillet 2010. Page consultée le 27 novembre 2011.
  7. Inception et sa pincée de Paprika, article de Martin Gignac sur Lecinema.ca. Page consultée le 27 novembre 2011.
  8. « RIP, Satoshi Kon: Will 'Inception' director speak now for 'PAPRIKA's' dreamy magic? », article de Michael Canva dans sa chronique sur le site du Washington Post le 25 août 2010. Page consultée le 27 novembre 2011.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Positif, n° 549, novembre 2006, p. 27, (Festival de Venise)
  • (fr) Positif, n° 550, décembre 2006, p. 52 (article de Hubert Niogret)
  • (fr) Jean-Philippe Tessé, « Je rêve que je rêve », Cahiers du cinéma, n° 618, décembre 2006, p. 29.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]