Paolo Dall'Oglio

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Paolo Dall'Oglio
Image illustrative de l'article Paolo Dall'Oglio
Paolo Dall'Oglio décembre 2012 en Irak.
Biographie
Naissance 17 novembre 1954
Rome, Italie
Ordre religieux Compagnie de Jésus (SJ)
Ordination sacerdotale 1984
Abbé de l’Église catholique
Supérieur du monastère Mar Mûsa
Depuis le 1991

Blason

Paolo Dall'Oglio SJ, né le 17 novembre 1954 à Rome, est un prêtre jésuite italien, refondateur dans les années 1980 du monastère catholique syriaque de Mar Mûsa (monastère de Saint Moïse l'Abyssin), dans le désert au nord de Damas, en Syrie. Il est très engagé dans le dialogue islamo-chrétien. À la suite de sa dénonciation ouverte des crimes commis par le régime de Bachar el-Assad dans le contexte de la Guerre civile syrienne, il est expulsé du pays le 12 juin 2012. En juillet 2013, il retourne en Syrie dans la partie Nord contrôlée par les rebelles, où il est enlevé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Entré dans la Compagnie de Jésus en 1975, Paolo Dall’Oglio fait son noviciat en Italie avant de commencer des études universitaires en langue arabe et en études de l'islam à l'université Saint-Joseph de Beyrouth au Liban, et à Damas, en Syrie.

En 1982 il découvre les ruines de l'ancien monastère catholique syriaque de Mar Mûsa, bâti au XIe siècle autour d'un ancien ermitage occupé dès le VIe siècle par saint Moïse l'Abyssin. Il y trouve un endroit de solitude religieuse pour se retirer du monde.

En 1984, il est ordonné prêtre en rite syriaque catholique. La même année, il obtient des diplômes en langue arabe et en études de l'islam de l'Université de Naples - L'Orientale et en théologie de l'Université pontificale grégorienne. En 1986, il obtient un autre diplôme de l'Université pontificale grégorienne en missiologie.

En 1989, il est promu docteur de l'Université pontificale grégorienne, ayant écrit son mémoire de thèse sur le sujet « L'espérance en Islam ».

En 1992, il fonde une communauté religieuse œcuménique mixte (ce qui est normalement contraire au XXe canon du deuxième concile de Nicée[1]), la Communauté al-Khalil (« l'ami de Dieu », en arabe), nom biblique et coranique du patriarche Abraham, ce qui prône le dialogue islamo-chrétien), qui s'installe d'abord au Deir Mar Mûsa dont il a relevé les murs.

En 2009, il reçoit un doctorat honoris causa double de l'université catholique de Louvain et de la Katholieke Universiteit Leuven[2].

Il collabore régulièrement à la revue Popoli, la revue missionnaire internationale des jésuites italiens, fondée en 1915.

Expulsion de la Syrie en 2012[modifier | modifier le code]

En 2011, Paolo Dall’Oglio écrit un texte - La démocratie consensuelle, pour l’unité nationale - publié le 27 juillet 2011 sur le site officiel du monastère de Deir Mar Musa al-Habashi[3], dans lequel il propose une solution pacifique aux problèmes posés par les soulèvements populaires qui ont éclaté en Syrie depuis le début de l'année, en indiquant le chemin d'une transition politique vers l'instauration d'institutions démocratiques, fondées sur le consensus entre les différentes composantes de la sensibilité sociale et religieuse, qui cohabitent dans le pays[4]. La publication de ce texte a été suivie par une réaction immédiate du régime de Bachar el-Assad, impliqué dans la répression féroce des manifestations, qui a déclaré le père Dall'Oglio personna non grata et a décrété son expulsion de la Syrie[4]. N'ayant pas accepté l'arrêté d'expulsion, Paolo Dall'Oglio a continué à vivre en Syrie. À la suite d'une lettre ouverte à l'envoyé spécial des Nations unies, Kofi Annan, il quitte la Syrie le 12 juin 2012 en obéissance à son évêque[5].

Enlèvement en 2013[modifier | modifier le code]

Le 27 juillet 2013, Paolo Dall'Oglio, de retour en Syrie, après avoir traversé la frontière turque[6], se rend à Rakka, fief de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL)[7], afin de négocier la libération de journalistes retenus en otages[8] et malgré les avertissements de son entourage, car plusieurs enlèvements de personnalités ont été signalés dans cette ville[6].

Deux jours plus tard, le lundi 29 juillet 2013, des hommes de l'EIIL, après avoir tué un accompagnateur du père[8], enlèvent ce dernier[6],[9]. Depuis, son sort est incertain[8],[10].

Écrits[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guyonne de Montjou, Mar Moussa, un monastère, un homme, un désert, Albin Michel, 2006
  • Paolo dall'Oglio, Amoureux de l'islam, croyant en Jésus, Les Éditions de l'Atelier, avec Églantine Gabaix-Hialé, préface de Régis Debray, 2009.
  • Manoël Pénicaud, Paolo Dall'Oglio, le père bâtisseur, article in Le Monde des religions, no 49, septembre-octobre 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]