Panoramique polyphonique

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La notion de panoramique polyphonique fait référence à un ensemble de techniques liées à la spatialisation sonore. Il s'agit de restituer, lors d'une écoute, la sensation d'espace sonore, c'est-à-dire des variations d'intensité et de contenu sonore selon les directions. L'enregistrement stéréo est un exemple classique de manipulation du son dans ce but — il existe des variantes plus complexes, telles que la quadriphonie. La panoramique sonore est, dans ce contexte, la répartition des sons entre les différentes voies de diffusion du contenu sonore.

Exemples[modifier | modifier le code]

Dans le cas d'un signal stéréo diffusant une musique rock, la sortie (canal) gauche pourrait contenir la totalité du signal associé à la guitare électrique, la sortie droite la totalité du signal de la basse, et les deux sorties une moitié des signaux de la voix et de la batterie. Une telle répartition très tranchée est irréaliste (en général désagréable à l'écoute en raison d'une spatialisation très anisotrope) mais donne une idée simple du concept de panning (anglicisme en usage parmi les audiophiles). Dans le détail, on s'en tiendra à un décalage limité du signal guitare à gauche (par exemple, 20 %), de même pour le signal basse. Si deux guitares jouent de concert, on pourra les séparer plus franchement, surtout si des saturations interviennent.

On peut imaginer un enregistrement d'une pièce classique exécutée par un orchestre, pour laquelle une écoute stéréo pourrait amener l'ingénieur son à répartir les corps d'instruments selon une symétrie gauche-droite du point de vue du chef d'orchestre, placé au centre face à l'ensemble philharmonique. Dans ce cas de figure où de très nombreux instruments cohabitent dans un même espace sonore, avec des polyphonies appuyées, il est crucial de pouvoir séparer les sons pour que l'auditeur les perçoive distinctement et retrouve une sensation de relief sonore agréable.

Dans la plupart des cas, les effets de spatialisation ne doivent pas être trop tranchés, faute de quoi ils apparaissent artificiels, voire déstabilisants. Une utilisation très subtile et très courante de la panoramique est ainsi de dupliquer le signal global avec un très léger délai associé à une répartition stéréo limitée, ce qui permet d'ouvrir le son et de donner un effet d'espace saisissant avec une économie de moyens réelle.

Il ne faut pas oublier que, assez souvent, malgré le développement de l'audio stéréo et l'usage accru de casques ou écouteurs, l'écoute finale est réalisée sur des systèmes à une seule voie de diffusion (une seule enceinte, etc.) et que l'essentiel des apports de la spatialisation est perdu. Un mixage ne doit donc pas être basé sur cette composante, mais ne doit pas la négliger.

Utilisations dynamiques[modifier | modifier le code]

Une panoramique constante consiste à s'en tenir, tout au long de l'écoute, à une seule et même répartition relative du son entre les canaux à disposition. Toutefois, en musique, il est rare que la spatialisation doive être constante, car un morceau présente souvent plusieurs phases aux couleurs variées, avec des relais entre différents instruments, des accentuations, etc. Il est donc courant que le panning évolue en conséquence, pour restituer au mieux la dynamique du son. Par ailleurs, il est possible de jouer avec la répartition des informations sonores pour créer des effets de mouvements, en général rotatifs, entre les canaux. Dans un contexte stéréo, une utilisation fréquente est de donner un effet de glissement alterné d'un soli entre le canal gauche et droit, ce qui donne un effet ondulatoire plus ou moins doux ou agressif selon la vitesse d'évolution de signaux. Associé à des effets complémentaires de réverbération (reverb), chorus ou écho, la panoramique polyphonique dynamique permet des effets très subtils de spatialisation 2D (sensation d'écoute de sons provenant non seulement de la droite et de la gauche, mais aussi de devant et derrière, du fait que des sons joués plus proches de l'audience sonnent relativement plus forts et plus nets que des sons couverts arrières), bien que voraces en temps de réalisation.

Un son mono peut être réparti en stéréo sur le même principe, bien que les possibilités soient moindres du fait que le signal de départ est unique (on pourra essentiellement jouer sur la puissance relative entre les canaux et pas sur la dynamique spatiale). À noter qu'un son stéréo à répartition uniforme en puissance et dynamique sur les canaux d'écoute donne une sensation similaire à la diffusion uniforme en puissance d'un signal mono (pour le cas stéréo, on parle souvent de dual mono).

Lois[modifier | modifier le code]

Dans un contexte stéréo, l'audition est soumise à deux stimuli sonores indépendants. Si les deux canaux d'écoute diffusent le même contenu sonore, l'effet est celui d'une diffusion homogène et isotrope. Si les deux canaux divergent, cette sensation est perdue — ceci étant à la base de l'effet de spatialisation. Un problème survient alors rapidement : les sons centrés sonnent plus fort que les sons externalisés, par effet de recouvrement partiel ; de façon grossière, plus un son est centré, plus il paraît puissant (dans le cas d'une répartition symétrique centrée).

Il est possible de contrecarrer cet effet de bord en adoptant une répartition en puissance des sons qui tienne compte de leurs spatialisation. Cette répartition est nommée loi (pan law) et n'est pas unique. Historiquement, quelques lois classiques ont été conçues pour ajuster au mieux un certain type de contenu sonore (voix, orchestre, son rock, etc.), et chaque mix peut faire intervenir une loi personnalisée. De nombreuses lois sont logarithmiques, notamment la classique « -3 dB au centre. »

Intégration matérielle et logicielle[modifier | modifier le code]

Que l'interface de gestion de la panoramique soit matérielle ou logicielle, elle tend à se présenter sous la forme standard d'un taper pour les contextes stéréo (deux canaux), c'est-à-dire une roulette (éventuellement crantée, à course finie ou non, etc.) ou un élément d'interface graphique qui permet, pour une piste stéréo donnée, d'augmenter ou diminuer l'intensité (dB) relative du signal entrant entre les deux canaux de sortie (qui sont en fait, dans la plupart des cas, des bus). On parle de pan pot pour panoramic potentiometer, c'est-à-dire potentiomètre panoramique.

Il faut bien distinguer cette répartition a priori de celle éventuellement effectuée lors de l'écoute, a posteriori, au moyen d'un contrôle de la balance stéréo. Celle-ci ne concerne que la répartition en puissance des canaux gauche et droite, pas la répartition partagée ; en d'autres termes, la balance permet d'entendre plus ou moins l'un des deux canaux, pas de diffuser tout ou partie de l'un des canaux sur l'autre. La confusion vient souvent du fait que de nombreux systèmes stéréo proposent sous le nom de pan un simple contrôle de la balance.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]