Panhard AML 60

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Panhard AML 60/90
Panhard AML 90 au Musée des Blindés de Saumur
Panhard AML 90 au Musée des Blindés de Saumur
Caractéristiques générales
Équipage 3
Longueur 4,15 m
Largeur 1,97 m
Hauteur 2,07 m
Masse au combat 5,5 t
Armement
Armement principal AML 60 : Mortier de 60 mm à chargement par la culasse.

AML 90 : Canon de 90 mm GIAT F1

Armement secondaire 2 mitrailleuses de 7,62 OTAN
Mobilité
Moteur Panhard Model 4 HD 4-cylindres refroidi par air
Puissance 90 ch à 4700 tr/min (66,2 kW)
Vitesse sur route 90 km/h sur route
Puissance massique 16,4 ch/t
Autonomie 600 km

L’automitrailleuse légère (AML) fabriquée par la firme Panhard équipa l’armée de Terre française au cours des années 1960. Elle était proposée avec un mortier (AML 60) ou un canon (AML 90). La France les a aujourd'hui remplacées mais de nombreux pays africains en possèdent encore.

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant les années 1950, l’armée française use de Daimler Ferret en grand nombre. Elle décide ensuite d'adopter une automitrailleuse de conception nationale et Panhard débuta donc la production de l'AML (appelée AML 245 par cette société) en 1960. Panhard avait déjà livré à l'Armée de terre l'AMD 165/175 en 1938/1940 et l'AMD 178 en 1945/1949.

Depuis son adoption, plus de 4 000 véhicules ont été livrés et la fabrication continue pour l'export. À la production française, s'ajoutent 1 300 AML 60/90 construites sous licence par l'Afrique du Sud sous le nom d'Eland Mk7/Eland 60/90.

Au 1er janvier 1989, outre les véhicules des unités d'outre-mer, 439 AML 60 et 188 AML 90 soit 735 véhicules sont sur le territoire métropolitain français. L'ensemble des AML 60 et 188 AML 90 pour les unités de réservistes de la défense opérationnelle du territoire, 72 AML 90 pour la Force d'action rapide et 36 autres dans la 1re armée [1].

Présentation technique[modifier | modifier le code]

La Panhard AML 60/90 est un blindé léger dont la transmission 4x4 permanente lui procure une exceptionnelle mobilité. Elle dispose de deux portes latérales et son moteur est en position centrale arrière. Le conducteur prend place à l'avant et la tourelle abrite le chef de char et le tireur.

Sa garde au sol de 330 mm lui permet un franchissement de 0,8 m.

Armement et équipement[modifier | modifier le code]

L'armement principal de l'AML 60 est un mortier de 60 mm se chargeant par la culasse, associé à une mitrailleuse ANF1 de 7,62 OTAN.

L'armement auxiliaire de ce blindé évolua pour des raisons d'efficacité. Ainsi, la mitrailleuse de 7,62 mm fut remplacée par une Browning M2 de 12,7 mm sur les versions HE 60-12 voire pour l'HE60-7. De même l'AML 60 HE-20 monte un mortier de 60 mm et un canon de 20 mm. Enfin le Venezuela arma ses AML 60 d'une nouvelle tourelle munie d'un bitube de 20 mm pour en faire un véhicule de DCA.

Les AML 90 et 90 Lynx[modifier | modifier le code]

La portée d'un mortier étant limitée, le constructeur français développa ensuite une version à canon de 90 mm. Cette nouvelle AML 90 tout aussi mobile et mieux armée se vendit bien en Afrique où les budgets militaires des pays nouvellement indépendants ne pouvaient absorber l'achat de tanks plus lourds.

L'AML 90 évolua elle aussi donnant naissance à l'AML 90 Lynx. Celle-ci reçut une tourelle de conception Hispano-Suiza comportant un canon de 90 mm GIAT F1, un équipement de vision nocturne et un télémètre laser.

Armées utilisatrices des AML 60/90[modifier | modifier le code]

La liste est longue et comprend : Algérie, Argentine, Bahreïn, Bénin, Bosnie-Herzégovine, Burkina Faso, Burundi, Côte d'Ivoire, Djibouti, Gabon, Guinée Conakry, Émirats arabes unis, Équateur, Espagne, Éthiopie, France, Irak, Irlande, Kenya, Liban, Malaisie, Mauritanie, Mexique, Maroc, Niger, Nigeria, Portugal, Rwanda, Arabie saoudite, Djibouti, Sénégal, Somalie, Afrique du Sud, Salvador, Soudan, Tchad, Togo, Tunisie, Venezuela, Yémen, et Zaïre.

Les Eland MK 7/Eland 60 et Eland 90 sud-africaines[modifier | modifier le code]

Eland MK7 tchadien en 2013.

Au début des années 1960, l'Afrique du Sud adopte l'AML-60 qu'elle importe de France mais rapidement elle en obtient la licence de fabrication. Une firme locale (Reumtech) l'adapte aux dures conditions du combat en Afrique australe en créant l'Eland MK1 en 1962. Depuis, l'AM sud-africaine a connu plusieurs modifications. Ainsi les MK2 à MK4 sont dotées de freins, d'une pompe d'alimentation et d'un embrayage améliorés. La MK 5 (1972) reçoit une motorisation diesel. Adoptée en 1979, l'Eland MK7 dispose enfin d'un groupe turbodiesel d'origine commerciale (facilitant ainsi la logistique pour les mécaniciens des unités). Avant son remplacement par le Rooikat en 1990, elle était utilisée dans deux différentes versions :

  • Eland MK7/Eland 60 version de l'AML 60 HE60-7.
  • Eland 90 - : équivalent de l'AML 90 Lynx.

1 300 Reumtech Eland seront produites et utilisées par la SADF mais aussi par le Lesotho, Malawi et le Maroc et le Tchad. Le Zimbabwe dispose encore de quelques blindés récupérés.

Engagement des AML 60/90 et des AML/Eland[modifier | modifier le code]

Un AML-90 irakien capturé durant la guerre du Golfe.

Les AML 60/90 ont été utilisés lors de la guerre du Liban (1975-1990), en Rhodésie du Sud (1970-1980), lors de la guerre des Malouines (1982), par les rebelles qui prirent Kolwezi en 1978, par l'Irak durant la guerre Iran-Irak et la guerre du golfe de 1991, par les forces gouvernementales tchadiennes lors des guerres civiles au Tchad depuis 2005 et durant l'intervention militaire du Kenya en Somalie de 2011/2012. L'Armée française en a déployé au Tchad (matériel équipant les unités du Régiment d'infanterie chars de marine et du 1er Régiment Etranger de Cavalerie[2]), au Sud-Liban et en Côte d'Ivoire (lors de l'Opération Licorne).

L’Eland sud-africain a été engagé en Rhodésie et en Angola en 1978. Enfin, l'armée royale marocaine a engagé ses AML et ses Eland contre le Front Polisario durant la guerre du Sahara occidental.

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Sources[modifier | modifier le code]

  1. David Delporte, « Ordre de bataille de l’armée de terre au 1er janvier 1989 », sur Armée française en 1989,‎ (consulté le 5 mars 2015).
  2. voir le récit avec photos