Pangolin

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Les pangolins[1] (du malais pang goling : « celui qui s’enroule ») ou Manidés (Manidae) sont une famille des mammifères insectivores édentés dont le corps allongé est en grande partie recouvert d'écailles ce qui leur vaut aussi d'être appelés fourmiliers écailleux. Ils vivent dans les régions tropicales et équatoriales d'Afrique et d'Asie du Sud-Est. La première étude faite autour des pangolins semble être celle de Francis Banguet figurant dans son inventaire non-exhaustif de la faune d'Afrique centrale daté de 1935.

Avec ses écailles soudées, on peut le confondre avec les membres de la classe des reptiles.

Description[modifier | modifier le code]

Le pangolin possède des similarités extérieures avec l'oryctérope et le tatou. Selon les espèces, le corps, brunâtre et allongé, mesure entre 30 et 80 cm de long. Il est prolongé par une queue parfois plus longue encore. Le pangolin géant, le plus grand, pèse jusqu'à 35 kg et mesure 1,5 m. La tête est étroite et allongée. Les pattes, courtes, se terminent par cinq doigts griffus. Les écailles, entre lesquelles poussent quelques poils, s'imbriquent pour recouvrir les surfaces supérieures et latérales du corps, queue comprise ; seuls le museau, le ventre et l'intérieur des pattes en sont dépourvus. La langue est très longue et mesure jusqu'à 30 cm chez le pangolin géant.

Habitat[modifier | modifier le code]

Les pangolins peuplent les forêts et les savanes des régions tropicales et équatoriales d'Afrique et d'Asie du Sud-Est. Ils préfèrent les sols sableux ou terreux dans lesquels ils peuvent fouir afin de trouver leur nourriture.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le pangolin se nourrit essentiellement de fourmis et de termites mais aussi d'autres invertébrés[2] grâce à sa langue visqueuse sur laquelle les insectes restent collés. Il fouille les termitières, les excréments d'éléphant, les feuilles à terre, les base de troncs, l'herbe et les buissons à la recherche de ses proies[3].

Éthologie[modifier | modifier le code]

Le pangolin est généralement nocturne et reste à l'abri durant la journée, mais certains sont plutôt diurnes[4]. Il peut passer 12 à 20 % de son temps à se nourrir selon l'habitat[3].

Les espèces terrestres creusent un terrier et les espèces arboricoles — telles le pangolin à petites écailles — utilisent leur queue pour grimper et s’enrouler autour des branches. La vue médiocre est compensée par un bon odorat et une ouïe fine.

En cas de danger, à l'instar des tatous, le pangolin rabat sa tête entre ses pattes antérieures et s'enroule sur lui-même. Il peut blesser l'attaquant en contractant ses puissants muscles afin de hérisser ses écailles.

Le pangolin étant solitaire, le mâle et la femelle ne se rencontrent que pour s'accoupler. La femelle ne donne généralement naissance qu'à un petit, dont les écailles ne durcissent qu’après quelques jours. Lors du déplacement, les petits s’accrochent sur le dos ou à la queue de la mère.

Liste des genres[modifier | modifier le code]

  • Cryptomanis Gaudin, Emry & Pogue, 2006
  • Eomanis Storch, 1978
  • Eurotamandua Storch, 1981
  • Necromanis Filhol, 1893
  • Patriomanis Emry, 1970
  • Manis Linnaeus, 1758 divisé en cinq sous-genres (Manis (Manis), Manis (Phataginus), Manis (Uromanis), Manis (Paramanis) & Manis (Smutsia))

Espèces actuelles[modifier | modifier le code]

Il existe huit espèces de pangolins, 4 en Afrique et 4 en Asie.

Élevage[modifier | modifier le code]

Le pangolin est un des seuls mammifères[5] à être quasiment impossible à élever en captivité, pour des raisons liées à son alimentation, à sa santé et à son comportement ; son espérance de vie ne dépasse pas, en général, quelques mois en zoo[6],[7] ou dans toute autre forme d'élevage. Seuls quelques zoos d'Asie ont su l'élever (comme celui de Taipei[8]), et, exceptionnellement, le reproduire (zoo de Nandankanan en Inde[9]).

Statut de protection[modifier | modifier le code]

Les pangolins, notamment les trois espèces asiatiques (M. crassicaudata, M. javanica et M. pentadactyla), figurent sur la liste des espèces de l'annexe II de la CITES (Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora, i.e. Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, dite de Washington).

Le Pangolin de Chine est au bord de l'extinction à force d'être chassé pour ses écailles ou sa chair, ce qui menace indirectement la survie de tous les autres pangolins du monde[10].

Culture[modifier | modifier le code]

Symboles et croyances[modifier | modifier le code]

Dans certaines tribus d'Afrique centrale le pangolin occupe une place symbolique particulière et est l'objet de chasses rituelles[11].

Dans certains pays d'Asie, le pangolin est supposé augmenter la virilité. Il est aussi censé favoriser la santé des femmes allaitantes, mais ces effets n'ont jamais été prouvés et ne sont étayés par aucune justification[12].

Selon certaines pratiques médicales ancestrales asiatiques, le pangolin pourrait également guérir certaines allergies. Raisons pour lesquelles l'espèce donne lieu à un braconnage important.

Définitions humoristiques[modifier | modifier le code]

« Le pangolin ressemble à un artichaut à l'envers avec des pattes, prolongé d'une queue à la vue de laquelle on se prend à penser qu'en effet, le ridicule ne tue plus. »

Il s'excusera néanmoins de ses attaques envers cette « bête formidable », à l'occasion d'une de ses Chroniques de la haine ordinaire[14], louant tour à tour ces « supers écailles » et ces « supers griffes ».

  • Le Chat de Philippe Geluck le définit de façon « originale » dans son calendrier Le tour du chat en 365 jours, au 29 septembre :

« Pangolin (n.m). Poisson triste de la mer Morte. Pourquoi est-il si triste ? Eh bien ! Parce que sa mer est morte. »

Héros de fiction[modifier | modifier le code]

  • Dans le dessin animé Les Mondes engloutis, deux des personnages principaux sont des pangolins très… futuristes : Bic et Bac. Comme dit dans la Gigue de Bic et Bac : « Nous sommes deux Pangolins/Qui se carapatent/Nous sommes deux gros malins/Donnons-nous la main »
  • Dans le jeu vidéo Pokémon et le manga du même nom, Sablaireau ressemble à un pangolin[15].

Informatique[modifier | modifier le code]

  • Le nom de code de la version 12.04 du système d'exploitation libre Ubuntu est « Precise Pangolin ».

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Sites de référence taxinomiques :

Photo :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annexes au Journal officiel des Communautés européennes du 18 décembre 2000. Lire en ligne.
  2. C. W. Yang, « History and dietary husbandry of pangolins in captivity », Zoo biology, vol. 26, no 3,‎ 2007, p. 223–230 (lire en ligne)
  3. a et b R. Richer, « Foraging behaviour and ecology of the Cape pangolin (Manis temminckii) in north-western Zimbabwe », African Journal of Ecology, vol. 35, no 4,‎ 1997, p. 361–369 (lire en ligne)
  4. Coulson, I.M. (1989) The pangolin (Manis temminckii smuts, 1835) in Zimbabwe. Afr. J. Ecol. 27, 149–155.
  5. Taipei Zoo classifies its recipe for pangolins
  6. Pangolin arboricole d'Afrique
  7. Requiem For A Pangolin | Los Angeles Metblogs
  8. Des pangolins bien nourris
  9. KalingaTimes.com: Successful breeding of pangolin in Orissa zoo
  10. (en)Daniel W. Challender, The most traded wild mammal - the Pangolin - is being eaten to extinction publié en juillet 2013 sur le site de l'UICN, consulté en mars 2014.
  11. Wauthier de Mahieu, Qui a obstrué la cascade?: analyse sémantique du rituel de la circoncision chez les Komo du Zaire, Cambridge University Press, 1985. Page 200.
  12. http://www.guardian.co.uk/environment/2013/apr/15/chinese-vessel-philippine-reef-illegal-pangolin-meat
  13. Pierre Desproges, Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis, le Seuil, 1997
  14. Chroniques de la haine ordinaire de Pierre Desproges sur France Inter en 1985
  15. Sabelette dans le Pokédex

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luc de Heusch, « La capture sacrificielle du pangolin en Afrique centrale », Systèmes de pensée en Afrique noire, Paris, CNRS-EPHE, no 6 « Le sacrifice V »,‎ 1983, p. 131-147 (ISSN 02947080)