Pamela Harriman

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Digby et Harriman.
Pamela Harriman
Fonctions
Ambassadrice des États-Unis en France
58e ambassadeur depuis 1776
19931997
Prédécesseur Walter J. P. Curley (en)
Successeur Felix Rohatyn
Biographie
Nom de naissance Pamela Beryl Digby
Date de naissance 20 mars 1920
Lieu de naissance Farnborough (Angleterre)
Date de décès 5 février 1997 (à 76 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nationalité Britannique
Américaine
Conjoint Randolph Churchill
Gianni Agnelli
Leland Hayward
Profession Diplomate
Ambassadeurs des États-Unis en France

Pamela Harriman, née Pamela Beryl Digby le 20 mars 1920 à Farnborough (Royaume-Uni) et décédée le 5 février 1997 à Paris est une aristocrate britannique. Elle fut ambassadrice des États-Unis en France de 1993 à 1997, la première femme à occuper ce poste.

Elle apprend la politique auprès de son beau-père, Winston Churchill, et fréquente les riches et puissants de ce monde. Femme d’influence et en raison de ses nombreuses aventures amoureuses elle est appelée par certains "la dernière grande courtisane" du XXe siècle et parfois « la grande horizontale »[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Pamela Beryl Digby naît le 20 mars 1920 à Farnborough. Elle est la fille aînée d’Edouard Digby, 11e baron Digby et de Constance Bruce, fille d’Henry Campbell Bruce, 2e baron d’Aberdare et pair du Royaume-Uni

Elle est élevée par des gouvernantes au château de Minterne Magna, dans le comté de Dorset. C'est l'ancienne propriété de sa grand-tante Jane Digby, célèbre pour ses nombreuses aventures amoureuses.

En 1936, elle séjourne en Allemagne.

En 1938, elle s’enfuit à Paris avec un aristocrate anglais, plus âgé qu’elle, et marié. Elle suit pendant quelques mois des cours à la Sorbonne.

La belle-fille Churchill[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Pamela Digby rencontre Randolph Churchill, fils de Winston Churchill, qui la demande en mariage. Pamela Digby accepte et l’épouse le 4 octobre 1939. Elle lui donne un fils qu'elle nomme comme son grand-père, Winston. Pamela et son fils sont photographiés par Cecil Beaton pour une couverture du magazine Life[2].

Randolph Churchill est alors réputé pour boire beaucoup, accumuler les maîtresses et les dettes de jeu. Quand il rejoint son régiment au Caire, elle s’installe au 10 Downing Street avec son beau-père, jouant le rôle de maîtresse de maison et lui tenant compagnie pendant ses longues insomnies.

Elle a alors une liaison avec W. Averell Harriman[3], chef de la mission américaine à Londres et héritier des chemins de fer Union Pacific. Winston Churchill favorise néanmoins cette liaison. En 1943, W. Averell Harriman ayant été nommé ambassadeur à Moscou, elle a une aventure avec le journaliste de la radio américaine CBS, Edward Murrow[3]. Bien que marié, celui-ci l’amène à New York à la fin de la guerre. En 1945, elle divorce de Randolph Churchill.

Le temps des aventures[modifier | modifier le code]

Elle a pendant cette période de nombreuses relations amoureuses, dont notamment avec le pilote automobile Alfonso de Portago, John Whitney, ambassadeur des États-Unis à Londres et William Paley, patron de CBS, lequel la surnomme alors « la plus grande courtisane du siècle[3] », ce qui à ses yeux était plutôt un hommage.

Après la rupture avec Edward Murrow, elle s’installe en France et a une aventure avec le prince Ali Khan[3], qui la quitte pourtant pour Rita Hayworth. En 1948, elle rencontre Gianni Agnelli avec lequel elle vit cinq ans. Espérant l'épouser, elle se convertit au catholicisme et obtient l’annulation par Rome de son mariage avec Randolph Churchill. Elle est alors enceinte mais avorte en Suisse. Gianni Agnelli, qu'elle avait longuement soigné après son grave accident d'automobile, la quitte cependant pour épouser la princesse italienne Marella Caracciolo di Castagneto. Elle rencontre alors Élie de Rothschild mais aurait eu également pendant cette période des liaisons avec Maurice Druon et Stávros Niárchos.[réf. nécessaire]

Les troisième et quatrième mariages[modifier | modifier le code]

En 1960, elle s’installe aux États-Unis et y rencontre Leland Hayward, riche et puissant agent artistique américain qui produisit notamment La Mélodie du bonheur à Broadway. Sa femme Slim, ex-épouse d'Howard Hawks a une liaison avec Ernest Hemingway. Pamela, après avoir proposé sans succès le mariage à Élie de Rothschild épouse Leland Hayward le 4 mai 1960, devenant ainsi sa cinquième femme. Elle restera avec lui jusqu’à sa mort, le 18 mars 1971.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Elle reprend alors contact avec son ancien amant, W. Averell Harriman et ils se re-marient le 27 septembre de la même année. Elle prend alors la nationalité américaine et, grâce à son mari, commence une activité au sein du Parti démocrate notamment pour lever des fonds. Elle participe activement à la campagne de Bill Clinton pour l'élection présidentielle et est nommée ambassadrice en France, en 1993.

Décès et hommages[modifier | modifier le code]

Pamela Harriman décède le 5 février 1997 à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, après avoir fait une crise cardiaque à la piscine de l'Hôtel Ritz.

Le lendemain, le président de la République française Jacques Chirac la décore de la Grand-croix de la Légion d'honneur : elle est alors la première femme ambassadeur à recevoir cette dignité[4]. Le président des États-Unis Bill Clinton enverra, quant à lui, Air Force One pour ramener son corps aux États-Unis.

Elle est inhumée le 14 février 1997, à Arden, la propriété des Harriman à côté de New York.

Titres[modifier | modifier le code]

  • L'honorable Pamela Beryl Digby
  • L'honorable Mrs. Randolph Churchill
  • L'honorable Mrs. Leland Hayward
  • L'honorable Mrs. W. Averell Harriman
  • L'honorable Pamela Churchill Harriman

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Rob Coldstream, Pamela Churchill : le jeu de l'amour et du pouvoir, documentaire, Grande-Bretagne, 2006
  2. n° du 27 janvier 1941 Titre Winston Churchill II and mother
  3. a, b, c et d Life of the Party:the Biography of Pamela Digby Churchill Hayward Harriman, Christopher Ogden, 1994.
  4. Voir l'hommage funèbre en l'honneur de Mme Pamela Harriman par M. Jacques Chirac, alors président de la République française.

Source[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]