Palmares

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

9° 10′ 14″ S 36° 05′ 02″ O / -9.17056, -36.08389

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Palmares (homonymie).

Palmares fut, durant la plus grande partie du XVIIe, le plus organisé et le plus durable des territoires autonomes d'esclaves marron, ou quilombo en portugais, du Brésil. Il parvint, pendant près d'un siècle, à tenir en échec les expéditions militaires hollandaises et portugaises, constituant ainsi la révolte d'esclaves la plus longue de l'histoire.

Un quilombo constitué en royaume[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIe siècle, des esclaves noirs travaillant sur les plantations de canne à sucre dans la capitainerie du Pernambouc, dans le Nordeste du Brésil, se révoltent et s'enfuient dans les montagnes. C'est alors qu'ils fondent Os Palmares, A Angola Janga ou Nova Angola, aux alentours de la montagne Barriga, un territoire autonome d'esclaves libres où vivaient aussi des Indiens, des Mulâtres et de nombreux Blancs. Ces derniers étaient des soldats déserteurs ou des paysans sans terre.

Peu à peu, ce mouvement entraîne une multitude de rébellions d'esclaves dans les régions avoisinantes. De plus en plus d'entre eux se libèrent et se joignent à la communauté de Palmares. Celle-ci devient une sorte de terre promise pour les esclaves et ne cesse de s'agrandir, comptant jusqu'à 30 000 membres. Les esclaves libérés y reproduisent un mode de vie en communauté, semblable à celui que pratiquaient leurs ancêtres sur les terres d'Afrique. Chacun joue son rôle et travaille pour la collectivité. Il n'y existe pas d'organisation hiérarchique entre les membres, seuls quelques chefs de guerre servent de guides et de stratèges pour les actions de défense.

On y pratique des cultures multiples, une céréaliculture variée inspirée des traditions africaines : manioc, haricots noirs, maïs..., quasiment inexistante chez les colons. En effet, les Portugais se concentraient sur la culture de produits rentables car facilement exportables vers l'Europe, en produisant presque uniquement du sucre de canne. Cette variété des productions restera une grande richesse dans la région.

La répression portugaise[modifier | modifier le code]

Domingos Jorge Velho

De violentes attaques de l'armée portugaise tentent d'éradiquer les Palmares, mais en vain. Les guerillas menées par les insurgés dans la jungle ont raison de l'expérience des soldats de la couronne portugaise.

Aux alentours de 1630, les Hollandais, qui tentent de prendre le Brésil aux Portugais, progressent, depuis les côtes, dans le nord du pays. Ils essaient à leur tour de détruire le quilombo, mais ils sont violemment repoussés. En 1654, ils sont définitivement chassés du continent par les Portugais.

En 1678, Pedro de Almeida, gouverneur du Pernambouc, qui est plus favorable à une soumission des membres du quilombo qu'à leur destruction, propose une trêve à un des chefs de guerre de Palmares, Ganga Zumba, en lui assurant que les insurgés seront pardonnés et non exécutés. Celui-ci accepte.

Le chef de guerre qui restera le plus célèbre, Zumbi Dos Palmares, pressent que cette offre portugaise vise à mettre fin à la rébellion et refuse catégoriquement que son peuple se rende. Il prend, en 1680, la tête de la résistance contre l'ennemi portugais. Quinze années durant, les troupes royales seront déconcertées par la vigueur de l'imprenable quilombo.

En 1694, appuyés par une lourde artillerie, les commandants portugais Domingos Jorge Velho et Bernardo Vieira de Melo mènent l'assaut final contre la Cerca do Macaco, principal centre du territoire autonome. Zumbi réussit à s'enfuir et à se réfugier dans la Serra Dois Irmãos, mais mourra finalement au combat le 20 novembre 1695.

Les survivants de Palmares s'enfuirent vers la capitainerie de Paraíba, ou se fondirent dans les forêts de la région, créant de nouveaux quilombos.

Commémorations[modifier | modifier le code]

Le 15 novembre 2007, un Parc mémorial Quilombo dos Palmares a été inauguré sur le site de la Serra da Barriga dans l'État d'Alagoas, la terre natale de Zumbi dos Palmares.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • O quilombo dos Palmares, Edison Carneiro, 1949.
  • Sociedade brasileira - Uma História através dos movimentos sociais, Rubem Santos Leão Aquino et autres, Record – (1999), Rio de Janeiro, pp. 123-130.
  • Benjamin Péret, « Que fut le quilombo des Palmares ? », 1955 ; La Commune des Palmares, Syllepse, 1999.

Voir aussi[modifier | modifier le code]