Palais Rohan (Strasbourg)

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Palais Rohan
Image illustrative de l'article Palais Rohan (Strasbourg)
Vue prise du haut de la cathédrale
Période ou style classique
Type Palais
Architecte Robert de Cotte
Début construction 1732
Fin construction 1742
Propriétaire initial Maison de Rohan
Destination initiale Palais épiscopal
Destination actuelle Musées
Protection Logo monument historique Classé MH (1920, palais)
Coordonnées 48° 34′ 52″ N 7° 45′ 07″ E / 48.581, 7.75248° 34′ 52″ Nord 7° 45′ 07″ Est / 48.581, 7.752  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Basse-Alsace
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Commune Strasbourg

Géolocalisation sur la carte : Strasbourg

(Voir situation sur carte : Strasbourg)
Palais Rohan

Géolocalisation sur la carte : Bas-Rhin

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Palais Rohan

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Palais Rohan

Le palais Rohan se situe dans le centre-ville de Strasbourg, Bas-Rhin, à côté de la cathédrale. Il abrite aujourd'hui trois musées, le musée des arts décoratifs, le musée des beaux-arts et le musée archéologique.

Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 20 janvier 1920[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Illumination du palais le 5 octobre 1744 pour l'arrivée de Louis XV

Ce bâtiment du XVIIIe siècle a été construit entre 1732 et 1742[3] par l'architecte Robert de Cotte pour le prince-évêque Armand Gaston Maximilien de Rohan pour remplacer le précédent palais épiscopal. Il est bâti dans le style classique, devenu à la mode après la conquête française de Strasbourg.

Dès 1704, Armand Gaston de Rohan fait acheter plusieurs immeubles proches de la cathédrale. En 1727, il fait démolir les vieux bâtiments sur les bords de l'Ill et fait construire le palais. Robert de Cotte élabore les plans, Laurent Gourlade conduit les travaux. Il sera remplacé plus tard par Joseph Massol. Les bâtiments commencés en 1732 seront finis dix ans plus tard.

Pendant la Révolution française, le bâtiment sert de lieu de détention. Le 21 décembre 1794 consacre l’ouverture solennelle de l’École impériale du Service de santé militaire de Strasbourg destinée à former des Officiers de Santé. Les cours ont lieu au Palais Rohan. Après la défaite de 1870, l’école est transférée à Lyon.

Le 3 avril 2009 en marge du sommet de l'OTAN Strasbourg-Kehl 2009 la première rencontre du président de la République française Nicolas Sarkozy et du président américain Barack Obama, nouvellement élu, a eu lieu au palais Rohan.

Origine du nom actuel[modifier | modifier le code]

Le palais a pris le nom de « palais Rohan » car quatre prince-évêques issus de la famille de Rohan, se sont succédé au XVIIIe siècle au diocèse de Strasbourg :

Architecture[modifier | modifier le code]

Le visiteur pénètre dans la cour d’honneur en passant par un portail monumental en arc de triomphe surmonté de statues représentant la Clémence et la Religion. La cour d’honneur donne à gauche et à droite sur les bâtiments administratifs et utilitaires du palais. Le corps principal est à deux étages, le rez-de-chaussée était réservé à l’évêque, l’étage à son personnel.

La façade principale est à dix sept axes, entourant un corps central à quatre colonnes engagées et coiffé d'un fronton triangulaire. À l'ouest se trouve une grande bibliothèque à grande baie appareillée qui atténue la symétrie de l'ensemble. La façade sur cour est plus intime et s'anime de pilastres. Deux ailes courtes en retour abritent les vestibules d'entrée. Au nord, face à la cathédrale, le monumental portail à colonnes s'ouvre entre deux somptueux pavillons d'angle. On estime le coût de l'ensemble à un million de livres, le mobilier à trois cents mille.

Intérieurs[modifier | modifier le code]

Grands appartements[modifier | modifier le code]

La salle du synode

Ce sont les appartements de parade réservés au roi ou aux hôtes de marque que le cardinal recevait en son nom. Ils sont orientés au sud, vers la terrasse donnant sur l'Ill.

Salle du Synode 
la salle du Synode réunit en réalité deux salles jumelles, la Salle des gardes et la Salle à manger séparées par des arcades. Les deux vases à couvercle, en porcelaine de Chine à décor bleu et blanc, datent de la fin de l'époque Ming, soit du milieu du XVIIe siècle, et témoignent, parmi d'autres œuvres présentées, du goût du cardinal pour les arts d'Extrême-Orient.
Salon des évêques 
à la manière du salon de l'Œil-de-Bœuf de Versailles, le Salon des évêques joue le rôle de seconde antichambre avant la chambre du roi[4]. Dans les boiseries blanc et or assez simples étaient enchâssés les portraits des sept prédécesseurs du cardinal et le sien propre. Seul celui-ci a été conservé, les autres ont été détruits en 1793 et furent remplacés en 1776 par des allégories dues à Joseph Melling[4]. Le palais ayant été transformé en hôtel de ville et le salon des évêques en salle des séances du conseil municipal, elles incarnent six vertus civiques : La Prudence, La Paix, L'Immortalité, La Concorde, Le Zèle et La Félicité publique[5]. Pour les uns, les couleurs froides et le dessin très sobre marquent l'évolution du peintre – élève de Boucher – vers un style néo-classique[5], alors que d'autres jugent ces œuvres « fades »[4]. Contrairement aux tableaux, les huit bustes d'empereurs romains – des copies du XVIIe siècle – ont conservé leur emplacement d'origine voulu par le cardinal[6].
Chambre du roi 
connue sous le nom de chambre du Dais sous l'Ancien Régime, c'est une pièce de prestige dont la fonction s'inspire directement de l'étiquette en usage au château de Versailles : servir de cadre à la cérémonie du lever et du coucher du prince[4]. Elle se distingue par ses boiseries en chêne sculpté, peint et doré, et son plafond en stuc de style rocaille. Dans le fond de la pièce, l'alcôve royale fait face aux trois fenêtres donnant sur l'Ill. Elle est encadrée par des colonnes cannelées peintes en faux marbre, surmontées de chapiteaux corinthiens et reliées par une balustrade blanc et or. Trois tapisseries faisant partie de L'Histoire de Constantin – une suite de huit tapisseries d'après des cartons de Rubens présentes dans l'ensemble des grands appartements – ornent le fond de l'alcôve[4]. Acquises par le cardinal de Rohan en 1738, elles sont issues des ateliers parisiens du Faubourg Saint-Marcel. Les tableaux des trumeaux d'entre-fenêtres sont des originaux de Pierre-Ignace Parrocel, un peintre issu d'une grande famille d'artistes avignonais que le cardinal ramena en 1740 de Rome où le jeune homme se formait. Ces œuvres représentent Jésus et la Samaritaine et La Tentation du Christ.
Salon d'Assemblée 
la grande tapisserie murale fait partie de la suite des huit tapisseries L'Histoire de Constantin décorant les grands appartements, elle représente La Bataille du Pont-Molle (ou bataille du pont Milvius).
Bibliothèque 
quatre autres tapisseries illustrant la vie de Constantin représentent Le Mariage de Constantin, L'Apparition du Chrisme, Sainte Hélène et la Vraie Croix et Le Baptême de Constantin[4]. Deux portraits de monarque en costume de sacre – Louis XIV et Louis XV se font face. Ce sont des copies d'œuvres de Hyacinthe Rigaud, réalisées par Pierre Legendre. Le buste est celui du cardinal de Rohan, exécuté par Edmé Bouchardon en 1730.
Chapelle 
la chapelle est contiguë à la bibliothèque. Elle est dotée d'un décor de scagliola polychrome et de trois copies d'après Le Corrège confiées à Robert de Séry (1686-1733) : La Nativité, La Vierge avec saint Jérôme et sainte Madeleine et Le repos pendant la fuite en Égypte (1724). Le tapis, d'inspiration turque, a été achevé par la manufacture d'Aubusson en 1743. Il porte les armes du cardinal de Rohan.

Petits appartements[modifier | modifier le code]

Les appartements du prince-évêque sont orientés vers le nord, du côté de la cour d'honneur.

Antichambre du prince-évêque 
Cette pièce a servi d'antichambre à l'appartement privé sous les cardinaux, puis de petite salle à manger sous l'Empire. Sévèrement endommagée lors du bombardement de 1944, elle a fait l'objet d'importants travaux de restauration et n'a pas conservé son mobilier. En particulier, l'ancien poêle a été remplacé par un poêle en faïence analogue, en forme d'obélisque, issu de la manufacture strasbourgeoise Acker vers 1771.
Chambre à coucher de Napoléon Ier 
D'abord cabinet du prince-évêque, cette pièce prit le nom de « chambre à coucher de Napoléon Ier » sous l'Empire. Plusieurs hôtes de marque y auraient séjourné : Napoléon en 1805, 1806 et 1809 ; Charles X du 7 au 8 septembre 1828 ; le roi-citoyen Louis-Philippe du 18 au 21 juin 1831. Du nouveau mobilier conçu par Jacob-Desmalter en 1807 il ne subsiste que le lit[6]. En 1809 l'ébéniste parisien réalisa également les sièges qui meublèrent d'abord le salon de compagnie de l'impératrice au premier étage[6]. Selon la même source, l'empereur n'aurait de fait jamais occupé cette chambre[6].
Cabinet de l'hôtel Oesinger 
Restaurées, les boiseries proviennent du premier étage de la maison habitée au XVIIIe siècle par l'industriel François-Daniel Oesinger au 140, Grand-Rue. La cheminée est celle du salon de la maison où vécut le professeur Christophe-Guillaume Koch au 8, quai Finkwiller. Le tapis fut confectionné en Anatolie de l'Est au XVIIe siècle. Le portrait est celui de Nicolas François Coliny (1710-1776), médecin à Strasbourg. Il fut exécuté par Charles-Alexis Huin (1735-1796) à Strasbourg en 1773.

Les pièces principales de cette suite épiscopale sont complétées par des garde-robes, des lieux d'aisance et un escalier de dégagement qui communique avec la chapelle.

Musées[modifier | modifier le code]

Le palais abrite aujourd’hui trois musées différents en sus du palais en lui-même, permettant de visiter les appartements et les salles d’apparat :

  • Le Musée des arts décoratifs, qui présente une collection de céramiques, de pièces d'orfèvrerie et de mobilier, ainsi qu'une salle d'horlogerie présentant des vestiges de la première ou de la seconde horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg.
  • Le Musée des beaux-arts, qui présente une très belle collection de peintures du XIVe siècle au XIXe siècle (Botticelli, Giotto, Memling, El Greco, Canaletto, Le Corrège, Corot, Van Dyck, Goya, Rubens…).
  • Le Musée archéologique, installé depuis la fin du XIXe siècle dans le sous-sol du palais Rohan. Ce musée est un des plus riches de France dans son domaine, celui des « Antiquités nationales ». Rouvert en 1992 après un réaménagement muséographique complet de ses collections, il propose de découvrir le passé le plus lointain de l’Alsace, de la préhistoire (- 600 000 ans) à l’aube du Moyen Âge (800 après J.-C.).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. « Notice no PA00085184 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. P.J. Fargès-Méricourt, Description de la ville de Strasbourg, Levrault, Strasbourg, 1840, p. 57
  4. a, b, c, d, e et f Roland Recht, Jean-Pierre Klein et Georges Foessel (dir.), Connaître Strasbourg : cathédrales, musées, églises, monuments, palais et maisons, places et rues, Alsatia, 1998 (nouvelle édition remaniée), p. 72 (ISBN 2-7032-0207-5)
  5. a et b Gérard Voreaux, Les Peintres lorrains du XVIIIe siècle, Messene, Paris, 1998, p. 184
  6. a, b, c et d Site officiel du palais Rohan [1]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jean-Daniel Ludmann, Le Palais Rohan de Strasbourg, Éditions des Dernières Nouvelles d'Alsace, Strasbourg, tome 1, 1979 ; Tome 2, 1980 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Claude Fauveau, Le Prince Louis cardinal de Rohan-Guéméné ou les diamants du roi, L'Harmattan, 2007
  • Étienne Martin, Le Palais Rohan. Musée des Arts décoratifs, Éditions Musées de Strasbourg, Strasbourg, 1998, 68 p. (ISBN 2-901833-41-1) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]