Palais Ficquelmont (Saint-Pétersbourg)

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Article connexe : Palais Ficquelmont.
Palais Ficquelmont
Image illustrative de l'article Palais Ficquelmont (Saint-Pétersbourg)
Période ou style Architecture classique
Début construction XIXe siècle
Propriétaire initial Comtes de Ficquelmont
Coordonnées 59° 56′ 46″ N 30° 19′ 50″ E / 59.946189, 30.3304759° 56′ 46″ Nord 30° 19′ 50″ Est / 59.946189, 30.33047  
Pays Drapeau de la Russie Russie
Commune Saint-Pétersbourg

Géolocalisation sur la carte : Saint-Pétersbourg

(Voir situation sur carte : Saint-Pétersbourg)
Palais Ficquelmont

Le Palais Ficquelmont est un célèbre palais classique de Saint-Pétersbourg qui fut la résidence russe des comtes de Ficquelmont.

Le Palais[modifier | modifier le code]

Le Palais et les Ficquelmont[modifier | modifier le code]

Vue intérieure du Palais
Vue du portique du Palais

En 1829, le comte Charles-Louis de Ficquelmont est nommé ambassadeur d'Autriche à Saint-Pétersbourg. Il y acquiert le palais Saltykov, devenu Ficquelmont, au 4 quai du palais afin d'en faire sa résidence. Le palais servit alors également d'ambassade à l'Empire d'Autriche.

Le comte est une grande figure de l'aristocratie européenne du XIXe siècle. Descendant de l'une des plus grandes familles de la haute noblesse lorraine, émigré à la Révolution, il entra dans l'armée impériale autrichienne en 1793 et s'y illustra : devenu général de division, il reçut notamment la capitulation de Lyon en 1815. À l'issue des guerres napoléoniennes, il s'établit définitivement dans l'Empire d'Autriche ; diplomate et grand homme d'État, il en fut le second Ministre-Président.

En 1821, le comte épouse la comtesse Dolly von Tiesenhausen, grande aristocrate et essayiste, elle est la fille du comte Ferdinand von Tiesenhausen, aide-de-camp d'Alexandre Ier mort à Austerlitz[1] et de la princesse Élisabeth (surnommée Lisa ou Élisa) Koutouzova, fille du maréchal Koutouzov. La sœur de la comtesse Dolly est la comtesse Catherine von Tiesenhausen, dame d'honneur au portrait et figure éminente de la Cour impériale russe.

À Saint-Pétersbourg, le comte Charles-Louis de Ficquelmont fut le plus important relais de la politique du prince de Metternich. Défendant la Sainte-Alliance et la proximité de vue entre la Cour impériale russe, l'élite pétersbourgeoise et la politique conservatrice autrichienne. Grand russophile, le comte fut également considéré comme l'un des meilleurs défenseur de la Russie auprès de l'aristocratie et des milieux politiques en Autriche et dans le reste de l'Europe Occidentale. Cette influence devint particulièrement forte après la publication de deux ouvrages Le côté religieux de la Question d'Orient et La Politique de la Russie et les principautés danubiennes[2].

Le comte, chevalier de la Toison d'Or, fut décoré par les tsars des Ordres russes de Saint-André, de Saint-Alexandre Nevski, de Saint-Vladimir et de Sainte-Anne.

Le palais dans le monde[modifier | modifier le code]

Dolly de Ficquelmont, par Piort Sokolov

Sous l'impulsion des Ficquelmont, le palais devient l'un des lieux les plus courus du grand monde pétersbourgeois.

D'une part, le palais bénéficie de l'immense succès de l'ambassade du comte de Ficquelmont. En effet, le comte Charles-Louis pour lequel l'Empereur Alexandre Ier s'était déjà pris d'amitié en 1823 -au point que le tsar et son épouse l'impératrice Elisabeth furent les parrains de sa fille unique, la princesse Elisabeth-Alexandrine de Ficquelmont- devint un des proches de l'Empereur Nicolas sur lequel il parvint à acquérir un grand ascendant. Ainsi la résidence du comte devient l'un des cœurs de la vie politique de la capitale russe. On y reçoit la famille impériale, la Cour, le corps diplomatique et les principaux ministres de l'Empire.

D'autre part, la comtesse Dolly et sa mère, la princesse Khitrovo, tiennent des salons de si grande renommée que le palais devient le véritable cœur de la vie mondaine et intellectuelle pétersbourgoise. Ses familiers se nomment Tourguéniev, Pierre Wiazemsky, Ivan Kozlov ou encore Pouchkine qui fréquente assidûment les salons du palais qui seront décrit par le prince Wiazemsky comme étant un lieu de sagesse et d'esprit[3]. Dans un essai sur la vie de la haute société russe du XIXe siècle, Simon Dixon écrit « [Le Palais Ficquelmont de Saint-Pétersbourg] était le cadre des deux salons les plus fameux des années 1830, que dominait la figure de la comtesse de Ficquelmont (petite-fille du prince Koutouzov) »[4] ce qui résume à merveille l'influence et la vogue du palais et de ses occupants durant cette période.

Le Palais dans la littérature[modifier | modifier le code]

Portrait de Pouchkine par Oreste Kiprensky (1827, galerie Tretiakov)

Pouchkine est souvent invité au palais Ficquelmont.

Des liens d'amitié se tissent entre le grand poète, la comtesse Dolly et sa mère, la princesse Khitrovo. Lorsque le philologue Mstislav Tsiavlovski publie en 1922 les écrits du poète Nachtchokine (ami de Pouchkine), selon les notes de Barteniev, il est fait mention d'une réflexion de Pouchkine à propos d'une dame du grand monde tenant un brillant salon à Saint-Pétersbourg, vis-à-vis de laquelle il éprouve une amitié romantique. Bien que son nom ne soit pas mentionné, il s'agit sans doute de la comtesse de Ficquelmont.

Ainsi, le palais Ficquelmont aurait aussi servi de modèle pour le palais de la vieille comtesse de La Dame de pique et Pouchkine aurait dépeint ses propres sentiments envers la comtesse en évoquant la nostalgie d'Hermann vis-à-vis de Lise. Cependant Leonid Grossman estime que Pouchkine aurait plus joué le rôle d'un nouveau Boccace à l'égard de cette nouvelle. D'autre part, l'entente de la comtesse et de son époux était parfaite.

Célèbres résidents[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sa mort inspira à Tolstoï l'épisode d'André Bolkonski dans Guerre et Paix.
  2. publiés à Vienne en 1854
  3. Au début des années 1820 la comtesse lit en version originale Salluste, Cicéron, Virgile, Térence, Dante, Pétrarque, Manzoni, Goethe, Byron, Schiller, Jean Paul, Hofmann, Milton, Fénelon, La Rochefoucauld, Madame de Genlis, Chateaubriand, Madame de Staël, Lamartine, Victor Hugo, Benjamin Constant, Lamennais, Montalembert, etc. d'après l'étude de N. Kauokhtchichvili qui prépara la première édition des extraits de son Journal en traduction russe.
  4. dans : Simon Dixon, Personnality and Place in Russian Culture, Essays in Memory of Lindsey Hughes, 2010, History Voir le texte source.