Paku Buwana II

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Paku Buwana II
Titre
Sultan de Mataram
20 avril 172611 décembre 1749
23 ans, 7 mois et 21 jours
Prédécesseur Amangkurat IV
Successeur Paku Buwana III
Biographie
Titre complet Susuhunan
Date de naissance vers 1710.
Date de décès 20 décembre 1749
Père Amangkurat IV
Résidence Kraton de Kartasura
Kraton de Surakarta

Paku Buwana II

Paku Buwana II, parfois orthographié Paku Buwono II ou Pakubuwana II, est le sultan de Mataram qui régna de 1726 à 1749. Il succède à son père Amangkurat IV le 20 avril 1726 à l'âge de 16 ans. La régence est assurée par sa mère la Ratu Amengkurat et sous la grande influence du patih Danureja. En 1732, Paku Buwana II fait exiler le patih.

En 1740, des révoltes éclatent suite au massacre des populations chinoises de Batavia. Si dans un premier temps, Paku Buwana II se range aux côtés des insurgés, il rejoint la compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) en 1742, ce qui lui vaut la prise de sa capitale par les insurgés. La restauration de son pouvoir n'est due qu'à l'action de la VOC et du prince de Madura Cakraningrat IV.

La fin de son règne est marqué par de nouvelles dissensions dans la cour javanaise de Mataram, qui conduisent à la troisième guerre de succession javanaise (1746-1757). Paku Buwana II n'en verra pas la fin puisqu'il cède son royaume à la VOC en 1749 avant de mourir dix jours plus tard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paku Buwana II accède au pouvoir après la mort de son père Amangkurat IV le 20 avril 1726[1]. A son accession au trône, il est mineur (16 ans), et c'est sa mère, la Ratu Amengkurat, qui assure la régence. Le début du règne est marqué par la lutte entre la noblesse de sang et la noblesse de robe (les priyayi)[2] et par l'influence du patih Danureja, un priyayi qui est le véritable homme de pouvoir de cette période[3]. La grand-mère de Paku Buwana II, la Ratu Pakubuwana, prend son petit-fils sous son aile et en fait un souverain symbole de la piété et de la moralité islamique, à hauteur de son ancêtre, le Sultan Agung. Paku Buwana II commence à se libérer de l'influence de Danureja en 1732 et l'année suivante le fait exiler par la compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC)[1].

En 1740, le pogrom des populations chinoises de Batavia (aujourd'hui Jakarta) est l'étincelle d'une grande révolte dans toute l'île de Java. Les loges hollandaises de la côte nord du Java central sont attaquées par les Chinois et dans un premier temps, Paku Buwana II fait partie des troupes hostiles à la VOC[4]. En 1741, Paku Buwana II déplace la cour de Kartasura à Surakarta[5]. Il fait cependant la paix en 1742, rompant son alliance avec les rebelles chinois[3], ce qui lui attire la colère des insurgés sino-javanais et la prise de sa capitale Kartasura en juin 1942. Paku Buwana II fuit vers Magetan, Madiun et Panaraga, avec pour seule alliée la VOC (elle-même alliée à Cakraningrat IV, le prince de Madura, son ennemi) et les insurgés placent sur le trône Mas Garendi de nom de règne Sunan Kuning[4]. Paku Buwana II ne doit la restauration de son trône qu'aux forces de la VOC et de Cakraningrat IV[1].

En 1746, le pangeran Mangkubumi trahit Paku Buwana II pour des questions protocolaires et d'argent avec le gouverneur-général de la VOC Gustaaf Willem baron van Imhoff et entraîne la troisième guerre de succession javanaise (1746-1757)[3]. À la fin de l'année 1749, Paku Buwana II tombe malade et négocie la souveraineté de son royaume avec la VOC. Le 11 décembre 1749, Paku Buwana II cède le sultanat de Mataram à la VOC. Il meurt neuf jours plus tard en le 20 décembre 1749[1].

Influence[modifier | modifier le code]

Paku Buwana II a interdit l'utilisation de l'opium[3],[2].

Afin d'asseoir son pouvoir, le règne de Paku Buwana II, et notamment lors de la régence, relance les rituels à la gloire du souverain et commence à différencier les fêtes et rites royaux de ceux du communs. Par exemple, les danses bedhaya sont à présent réalisées par neuf danseuses lorsque le souverain les organisent, au lieu de sept[3] et surtout subissent un glissement du milieu initialement populaire à un milieu nobiliaire[5]. C'est également le seul souverain javanais à avoir organisé un rampokan macan avec une lionne plutôt qu'un tigre[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Merle Calvin Ricklefs, A History of Modern Indonesia Since C. 1300, Presses universitaires de Stanford,‎ 1993, 378 p. (ISBN 9780804721943, lire en ligne)
  2. a et b Romain Bertrand, « L'ascèse pour la gloire. Trajectoires notabiliaires de la noblesse de robe à Java (XVIIe-XIXe siècles) », Politix, vol. 17, no 65,‎ 2004, p. 17-44 (lire en ligne)
  3. a, b, c, d et e Romain Bertrand, État colonial, noblesse et nationalisme à Java : La tradition parfaite, Éditeur KARTHALA Éditions,‎ 2005, 800 p. (ISBN 9782811139414, lire en ligne)
  4. a et b Claude Guillot, « Le rôle historique des perdikan ou « villages francs » : le cas de Tegalsari », Archipel, vol. 30, no 30,‎ 1985, p. 137-162 (lire en ligne)
  5. a et b Tjan Tjoe Siem, « Masques javanais », Arts asiatiques, vol. 20, no 20,‎ 1969, p. 185-208 (lire en ligne)
  6. Paul Bacot, Eric Baratay, Denis Barbet, Olivier Faure et Mayaud, L'animal en politique, Éditions L'Harmattan,‎ 1er septembre 2003, 386 p. (ISBN 9782296333659, lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Merle Calvin Ricklefs, A History of Modern Indonesia Since C. 1300, Presses universitaires de Stanford,‎ 1993, 378 p. (ISBN 9780804721943)