Pacte de non-agression soviéto-polonais

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Dziennik Ustaw de 1932 no 115 pos. 951. Texte officiel complet du pacte de non-agression soviéto-polonais (en polonais et en russe.

Le pacte de non-agression soviéto-polonais (en polonais: Polsko-radziecki pakt o nieagresji, en russe : Pakt o nenapadenii Mezhdu SSSR i Pol'shey) est un traité international de non-agression signé en 1932 par les représentants de la Pologne et de l'URSS. Le pacte fut rompu unilatéralement par l'Union soviétique le 17 septembre 1939, lors de l'invasion soviétique de la Pologne.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après la guerre soviéto-polonaise, les autorités polonaises poursuivirent une politique «  d’égale distance » entre l'Allemagne et l'Union soviétique. La plupart des hommes politiques polonais, de gauche et de droite, pensaient que la Pologne devait surtout compter sur l'alliance avec la France qui datait de la Première Guerre mondiale et ne devrait pas soutenir l'Allemagne ou l'Union soviétique.

Pour normaliser les relations bilatérales avec l'Union soviétique, des négociations commencèrent en janvier 1926 pour élaborer un pacte de non-agression. Le traité devait consolider les gains polonais obtenus de la paix de Riga et devait être pondéré par un pacte similaire signé avec l’Allemagne. Toutefois, les négociations avec l'Allemagne n'avaient pas débuté, et les pourparlers soviéto-polonais furent interrompues en juin 1927, après la Grande-Bretagne ait rompu ses relations diplomatiques avec l'URSS et que le plénipotentiaire soviétique Piotr Voykov fut assassiné à Varsovie. Au lieu de cela, la Pologne appliqua le pacte Briand-Kellogg de 1928. Les négociations soviéto-polonaises reprirent à Moscou, en 1931. Le pacte fut finalement signé le 25 juillet 1932, valable pendant une durée de trois ans. Les ratifications furent échangées à Varsovie le 23 décembre 1932, et entra en vigueur le jour même. Il fut enregistré dans le recueil des traités de la Société des Nations, le 9 janvier 1933[1]. Le 5 mai 1934, il fut prolongé jusqu'au 31 décembre 1945, sans modification. Parmi d'autres sujets, les deux parties convenait de renoncer à la violence dans leurs relations bilatérales, de résoudre leurs problèmes par des négociations et de renoncer à tout conflit armé ou alliances visant à l'autre partie.

Le 23 septembre 1938, l'Union soviétique envoya une note au gouvernement polonais l'informant que le pacte serait considéré comme nul et non avenu dans le cas d’une participation de la Pologne à l’occupation de la Tchécoslovaquie [ 1 ]. Cependant, cette menace ne fut pas mise à l’exécution, le gouvernement soviétique déclarant le 31 octobre, après la Pologne ait occupée la région de Zaolzie, que le pacte restait en vigueur[2], et cela fut réaffirmé par les deux puissances le 26 novembre 1938[2]. Finalement, le pacte fut rompu par les Soviétiques le 17 septembre 1939, lorsque l'Armée rouge rejoignit les forces de l'Allemagne nazie dans leur invasion de la Pologne, conformément aux protocoles secrets du pacte Molotov-Ribbentrop.

Le pacte avait considéré à l'époque comme un grand succès de la diplomatie polonaise, très affaibli par la guerre commerciale avec l’Allemagne, par le renoncement de certaines parties du Traité de Versailles et par le relâchement les liens avec la France. Il renforça également la puissance de négociation de la Pologne vis-à-vis de l’Allemagne, qui aboutit à la signature du pacte de non-agression germano-polonais dix-huit mois plus tard.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. (en) Oleg Nikolayevich Ken, Moskva i pakt o nenapadenii s Pol’shey ('Moscow and the Non-Aggression Treaty with Poland'), Sankt Petersburg, PIAF of Russian Academy of Sciences,‎ 2003 (ISBN 5-86763-136-2, lire en ligne), p. 129
  2. (en) Oleg Nikolayevich Ken, Collective security or isolation? Soviet foreign policy and Poland, 1930–1935, St. Petersburg, Evropeyski Dom,‎ 1996 (ISBN 5-85733-057-2, lire en ligne), p. 328
  3. (en) Jan Tomasz Gross, Revolution from Abroad, Princeton, Princeton University Press,‎ 2003 (ISBN 0-691-09603-1), p. 396
  4. (en) Edmund Jan Osmanczyk, Encyclopedia of the United Nations and International Agreements, Routledge (UK),‎ 2002 (ISBN 0-415-93923-2), p. 1817

Références[modifier | modifier le code]

  1. League of Nations Treaty Series, vol. 136, p. 42-53.
  2. a et b [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]