Pablo Christiani

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Pablo Christiani (en catalan: Pau Cristià; en espagnol: Pablo Christiani; en latin: Paulus Christianus), qui a vécu au XIIIe siècle, naquit dans une famille juive pieuse, qui lui donna le nom de Saul[1]. Par la suite il se convertit au christianisme et se fit dominicain.

Biographie[modifier | modifier le code]

On croit qu'il fut d'abord étudiant auprès de Rabbi Eliezer de Tarascon[2]. Il épousa une femme juive et en eut des enfants. Après sa conversion au christianisme il les lui enleva et les fit chrétiens[3]. Il rejoignit ensuite l'Ordre dominicain[4]. Avant la Dispute de Barcelone de 1263, il était connu pour avoir suivi l'exemple de Nicolas Donin en tentant de faire interdire le Talmud. Ses arguments étaient centrés sur le matériel « irrationnel » que contenait le texte[5]. Sa participation à la Dispute de Barcelone avec Nahmanide visait à mettre à l'épreuve sa nouvelle technique missionnaire pour amener des juifs au christianisme.

La Dispute fut évidemment un dialogue de sourds mais cela ne découragea pas Christiani. Muni grâce à Raymond de Peñafort de lettres de protection du roi Jacques Ier d'Aragon, il partit dans des voyages missionnaires, obligeant partout les Juifs à écouter ses discours et à répondre à ses questions, que ce fût dans leurs synagogues ou partout où il lui en prenait l'envie. Ils étaient même tenus de rembourser les frais de sa mission.

En dépit de la protection que lui accordait le roi, Christiani ne rencontra pas le succès auquel il s'était attendu, il se rendit donc auprès du pape Clément IV et dénonça le Talmud, affirmant qu'il contenait des passages injurieux envers Jésus et Marie. Le pape écrivit donc à l'évêque de Tarragone (1264), lui ordonnant de soumettre tous les exemplaires du Talmud à l'examen des dominicains et des franciscains. Une commission dont Christiani faisait partie fut alors nommée par le roi pour censurer le Talmud, dont elle fit retirer tous les passages qui lui semblaient hostiles au christianisme. En 1269 Christiani intercéda auprès du roi Louis IX de France et obtint de lui qu'il promulguât un édit canonique obligeant les juifs à porter des signes distinctifs.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Kobak, Jeschurun
  • Isaac Lattes, « Kiryat Sefer » in Medieval Hebrew Chronicles II

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Cet article reprend le texte de la Jewish Encyclopedia de 1901-1906, publication tombée dans le domaine public.
  1. Joseph Kobak, p. 238
  2. Isaac Lattes, p. 238
  3. Joseph Kobak, pp. 21-22
  4. Joseph Kobak, p. 21
  5. Joseph Kobak, pp. 1-15