PO-Corrèze

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Réseau du
P.O. Corrèze
Train de voyageurs tracté par une locomotive Mallet série 101 à 104 en gare de  Treignac.
Train de voyageurs tracté par une locomotive Mallet série 101 à 104 en gare de Treignac.
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Tulle - Seilhac - Uzerche - Argentat - Treignac
Historique
Mise en service 1904
Fermeture 1969 – 1970
Concessionnaires Cie du P.O.
SNCF (à partir de 1938)
Caractéristiques techniques
Longueur 95 km
Écartement Voie métrique (1,000 m)
Électrification

Non électrifiée

Schéma de la ligne

Le PO-Corrèze ou POC est un réseau de chemin de fer à voie métrique, disparu, établi dans le département de la Corrèze. Il fut concédé à la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans (P.O), et construit par la Société de construction des Batignolles. Le centre du réseau était situé à Tulle.
Il constituait avec le Chemin de fer du Blanc-Argent et la ligne de Blois à Saint-Aignan-sur-Cher, le réseau à voie métrique du P.O.

Il existait trois lignes :

Histoire[modifier | modifier le code]

La loi du 17 juillet 1879 (dite plan Freycinet) portant classement de 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d’intérêt général retient en n° 100, une ligne « d'Uzerche à Aurillac, par ou près Tulle et Argentat »[1].

Les lignes d'Uzerche à Tulle et de « Tulle à Aurillac » sont concédées à titre éventuel à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans par une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie le 17 juin 1892. L'article 2 de la convention prévoit qu'elle seront construites à voie métrique. Cette convention est approuvée par une loi le 20 mars 1893[2].

La Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans reçoit la concession à titre définitif d'une ligne d'Argentat à Salers par une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie le 20 février 1913. La convention prévoit l'emploi de la voie métrique pour sa réalisation. La convention prévoit aussi l'annulation de la concession de la section d'Argentat à Aurillac de la ligne de Tulle à Aurillac. Cette convention est approuvée par une loi le 7 juillet 1913, qui déclare en même temps la ligne d'Argentat à Salers d'utilité publique[3]. Cette ligne ne sera jamais construite.

L'ensemble des lignes a été ouvert en 1904 et fermé le 3 novembre 1969 au trafic voyageur et le 31 mai 1970, à celui des marchandises.

Le réseau du POC avait été concédé au titre de l'intérêt général. Il était complété par le réseau départemental, d'intérêt local des Tramways de la Corrèze (TC) , auquel il était raccordé en gare de Saint-Bonnet-Avalouze. À partir de cette station, les TC empruntaient la voie du POC jusqu'à Tulle.

La traction à vapeur a été utilisée durant toute la durée de l'exploitation. La traction diesel est apparu dans les années 1930, pour le service voyageur sous forme d'autorails, et en 1962 pour les trains de marchandises.

Tracé[modifier | modifier le code]

Carte du POC.jpg

La voie était entièrement tracée en site propre, sur plate forme indépendante. Le profil difficile des lignes a nécessité la construction de nombreux ouvrages d'art.

Les Lignes[modifier | modifier le code]

Titre de transport de 2e classe entre Treignac et Le Lonzac.
Ligne Tulle - Argentat (33,600km)
Ligne Tulle - Uzerche (31,927km)
Ligne Seilhac-Treignac (29,074km)

Les gares[modifier | modifier le code]

Le centre du réseau était situé à Tulle, où se trouvait la gare principale, les emprises étaient partagées avec la SNCF.
La gare d'Uzerche, était également commune au grand réseau.
La gare de Seilhac sur la ligne d'Uzerche, était une gare de jonction avec la ligne de Treignac.
Les bâtiments étaient construits dans le style de la compagnie d'Orléans, avec un BV (bâtiment voyageur) accolé à la halle marchandise. Le quai était équipé d'un abri.

Les ouvrages d'art[modifier | modifier le code]

Le viaduc d'Uzerche sur lequel passaient les trains
Ligne Tulle - Uzerche 
  • Viaduc de 7 arches de 10m d'ouverture, franchissant la Céronne longueur : 94 mètres
  • Viaduc de 5 arches de 8,5m d'ouverture, franchissant la Céronne longueur : 62 mètres
  • Viaduc de 5 arches de 10m d'ouverture, franchissant la Céronne longueur :75 mètres
  • Viaduc de 4 arches de 10m d'ouverture, franchissant la Vézère : longueur : 55 mètres
  • Viaduc de 11 arches de 10 mètres d'ouverture et une de 12 mètres, franchissant le GC3, longueur 152 mètres
  • Tunnel de Tulle 80 mètres
  • Tunnel de Puy l'Évêque, 60 mètres
  • Tunnel de Sainte Eulalie, 98 mètres
Ligne Tulle - Argentat
  • Pont métallique de 22 mètres d'ouverture, franchissant la Corrèze
  • Viaduc de 4 arches de 10 mètres d'ouverture, franchissant la Corrèze longueur 56 mètres
  • Tunnel de Pandrignes, longueur 1378 mètres
Ligne Seilhac - Treignac 
aucun ouvrage d'art.

Le matériel roulant[modifier | modifier le code]

Locomotives à vapeur[modifier | modifier le code]

La Mallet 101 préservée sur les Voies ferrées du Velay.
Locomotive Mallet 104 préservée au chemin de fer du Vivarais

Les dix premières locomotives livrées à l'ouverture du réseau étaient du type 120 T.

locomotives 120 T
locomotive constructeur
(n°construction)
année observations
61 Batignolles (1471) 1903
62 Batignolles (1472) 1903
63 Batignolles (1473) 1903 détachée au Blanc-Argent de 1947 à 1954
64 Batignolles (1474) 1903 détachée au Meusien de 1914 à 1919
65 Batignolles (1475) 1903
66 Batignolles (1476) 1903 détachée au Meusien de 1914 à 1919
67 Batignolles (1477) 1903 détachée au Meusien de 1914 à 1919
68 Batignolles (1478) 1903 détachée au Meusien de 1914 à 1919
69 Batignolles (1479) 1903 louée au réseau de La Limagne de 1911 à 1918
70 Batignolles (1480) 1903 détachée au Meusien de 1914 à 1919

En 1906 furent livrées quatre locomotives tender du type Mallet 020+020 T.

  • N°101 à 104, construites par les Ateliers du Nord de la France Blanc-Misseron.
locomotives Mallet 020+020 T
locomotive constructeur
(n°construction)
année observations
101 Blanc-Misseron (333) 1906 préservée par la FACS[4]
102 Blanc Misseron (334) 1906
103 Blanc-Misseron (335) 1906 détachée au Meusien de 1916 à 1919
104 Blanc-Misseron (336) 1906 préservée au CF Vivarais

Locomotives diésel[modifier | modifier le code]

Le BB 401 ex-POC en 1976, muté sur les Chemins de fer de Provence.
  • Deux tracteurs de type BB numérotés 401 et 402, d'une masse de 40 tonnes en ordre de marche pour puissance de 414 CV, construits par les ateliers CFD de Montmirail et livrés en décembre 1962.

Autorails[modifier | modifier le code]

L'autorail Verney X 212 préservé sur le Chemin de fer de la baie de Somme.
  • X 211 et X 212, type X 210, construit par Verney en 1951.

Matériel remorqué[modifier | modifier le code]

Fourgon DF-51
  • Voitures voyageurs

38 voitures à deux essieux et plateformes extrêmes

1 voiture salon: AC2f 1

11 de 1ère, troisième classe, 28 places

  • AC 3 2 à 10
  • AC 3f 11 à 12

18 de troisième classe, 39 places

  • AC 4f 21 à 38
  • Fourgons à bagages pour trains de voyageurs.

9 unités,

  • DPf 51 à 59
  • Matériel marchandise

152 wagons couverts, plats et tombereaux.

  • K 96-100, poids 5,5t, 1904, couverts
  • K 101-125, poids 5,5t, 1904, couverts, la série K 101 à 125 a circulé sur le Meusien (1917-18)
  • Kf 126-140, poids 6t , 1906, couverts freinés
  • Kf 141-150, poids 6t , 1908, couverts freinés
  • I 201-225, poids 5t , 1904, tombereaux
  • I 226-230, poids 5t , 1908, tombereaux
  • I 231-245, poids 5t , 1925, tombereaux
  • HH 301-320, poids 4t , 1904, plats
  • HHf 321-35, poids 4t, 1904, plats freinés
  • HHf 336-50, poids 4t, 1912, plats freinés
  • HH 351-56, poids 4t, 1904, plats
  • L 401-402, poids 4t, 1904, plats traverse mobile

Matériel complémentaire[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de véhicules ont complété le parc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « N° 8168 - Loi qui classe 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d'intérêt général : 17 juillet 1879 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 19, no 456,‎ 1879, p. 6 - 12 (lire en ligne).
  2. « N° 26346 - Loi qui concède diverses lignes de chemin de fer à la compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans : 20 mars 1893 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 46, no 1546,‎ 1893, p. 841 - 846 (lire en ligne).
  3. « Loi portant, 1° Déclaration d'utilité publique de diverse lignes de chemin de fer d'intérêt général ; 2° approbation d'une convention provisoire, passée avec la compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, pour la concession d'un certain nombre de lignes d'intérêt général », Journal officiel de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, no 184,‎ 9 juillet 1913, p. 6022 - 6023 (lire en ligne).
  4. « Locomotive Blanc et Misseron N° 101 », sur http://www.asso-vfv.net/ (consulté le 11 octobre 2009)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Sorbiers, « Le PO Corrèze », Chemins de Fer Régionaux et Urbains, vol. 1969-III, no 93,‎ Mai-Juin 1969
  • José Banaudo et Fabrice Lanoue, Sur les rails du Limousin, de Borée,‎ 2003, 160 p. (ISBN 2-844494-204-0[à vérifier : isbn invalide], présentation en ligne, lire en ligne), p. 66-68, 144-149

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]