P. D. James

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P. D. James

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P. D. James en 2013

Nom de naissance Phyllis Dorothy James
Activités Romancier
Naissance 3 août 1920
Oxford , Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Décès 27 novembre 2014 (à 94 ans)
Londres, Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Langue d'écriture Anglais britannique
Genres Roman policier
Distinctions Grand prix de littérature policière 1988

Œuvres principales

  • Un certain goût pour la mort
  • Cycle Adam Dalgliesh
  • Cycle Cordélia Gray

Phyllis Dorothy James dite, P. D. James, née le 3 août 1920 à Oxford et morte le 27 novembre 2014 (à 94 ans) à Londres, est une célèbre écrivaine britannique, auteur de romans policiers. Son premier roman, Cover Her Face (À visage couvert), paraît en 1962, son dernier Death Comes to Pemberley (La mort s'invite à Pemberley) en 2011.

Elle obtient le grand prix de littérature policière en 1988 pour son roman A Taste for Death (Un certain goût pour la mort). Elle est anoblie en 1990 par la reine, qui la fait baronne James of Holland Park.

Biographie[modifier | modifier le code]

Phyllis Dorothy James, dite P. D. James, naît à Oxford le 3 août 1920[1], mais connaît une enfance itinérante. Aînée d'une famille de trois enfants, Phyllis fréquente l'école religieuse, puis la Cambridge High School for Girls. Élève brillante, elle est pourtant contrainte de quitter l'école à seize ans par un père traditionaliste qui considère qu'il n'est pas nécessaire pour une fille de pousser plus avant ses études. Son père, qui travaille dans le service public, la fait entrer dans le service des impôts. À vingt et un ans, elle épouse Connor Bantry White, qui sert dans le corps médical de la Royal Army, et dont elle aura deux filles en 1942 et 1944.

Elle quitte son emploi pour élever ses enfants. Malheureusement, son mari revient traumatisé des Indes, et jusqu'à sa mort en 1964, il partage sa vie entre les hôpitaux psychiatriques et sa maison. Pour nourrir ses deux filles et assurer la vie quotidienne, Phyllis doit reprendre le travail. D'abord employée de bureau à l'hôpital de Paddington, elle suit les cours du soir pour gravir les échelons de l'administration médicale.

Par ailleurs, elle souhaite écrire depuis longtemps. Menant tout de front, elle s'attelle alors à la tâche, tous les matins entre six et huit heures. Elle envoie son premier manuscrit Cover Her Face en 1962 à Faber & Faber, qui l'accepte immédiatement[1]. « Je me demande encore comment j'ai pu trouver le temps, en 1961, d'écrire mon premier livre, À visage couvert, qui fut heureusement un succès. Malgré la mort, les maladies, les tragédies, j'estime que j'ai eu beaucoup de chance, que la vie m'a gâtée », confie l'auteur [Quand ?].

Il s'agit d'un roman à énigme assez classique, mais dans lequel P.D. James s'attache déjà à la psychologie de son personnage, Adam Dalgliesh, qui tiendra le rôle principal dans toute son œuvre, sauf deux romans, dans lesquels Cordélia Gray, jeune détective privée, lui volera la vedette.

Sa détermination et son intelligence lui permettent d'accéder à un poste de cadre supérieur au ministère de l'Intérieur : de 1968 à 1979, elle travaille au département judiciaire (service de la médecine légale), puis occupe la fonction de magistrat jusqu'en 1984 (section juridique de la brigade criminelle), ce qui enrichit sa connaissance du système policier et juridique. Tout ce temps, elle écrit et bâtit pas à pas son œuvre littéraire, dans laquelle elle décrit avec raffinement la société qui l'entoure.

C'est Shroud for a Nightingale (Meurtres en blouse blanche) qui assoit définitivement sa réputation. Chacun de ses romans s'écoule à plus de 300 000 exemplaires en Grande-Bretagne[1]. Grâce à son succès, elle voyage à travers le monde, donne de nombreux cours et conférences sur le métier d'écrivain, conseillant aux apprentis-écrivains : « Lisez les meilleurs auteurs anglais et essayez d’apprendre ce que c’est d’être humain »[1]. Sacrée nouvelle reine du crime, elle est lauréate du Silver Dagger Award, ainsi que, en France, du grand prix de littérature policière en 1988 pour son roman le plus célèbre A Taste for Death (Un certain goût pour la mort), ex æquo avec Andrew Vachss pour La Sorcière de Brooklyn (Strega).

P. D. James est anoblie en 1990 par la reine, qui la fait baronne de Holland Park ; membre éminent (fellow) de la société des auteurs britanniques, elle appartient aussi à la commission liturgique de l’Église d'Angleterre, institution qu’elle présente dans Death in Holy Orders' (Meurtres en soutane) en 2001, peuplée de prêtres pédophiles et de prélats pervers}[1] et siège à la Chambre des Lords sur les banc du Parti conservateur[1]. Jusqu'à la fin de sa vie elle continue d'assurer elle-même la promotion de ses livres, en particulier aux États-Unis où chacun de ses nouveaux romans est un best-seller.

Le dernier roman de P. D. James parait en 2011. C'est Death come to Pemberley, traduit en français chez Fayard, en mai 2012. Dans La mort s'invite à Pemberley elle associe sa profonde admiration pour Jane Austen, de qui elle a appris, disait-elle, « une vertu essentielle à son art : la nécessité d'asseoir toute intrigue romanesque sur une structure narrative concertée, solide et stricte »[2], à son talent d’auteur de romans policiers pour imaginer une suite à Orgueil et Préjugés et composer une intrigue à suspense.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Cycle Adam Dalgliesh[modifier | modifier le code]

Adam Dalgliesh est héros de 14 romans. Inspecteur puis commissaire au Metropolitan Police Service du New Scotland Yard, poète à ses heures, il est veuf depuis plus de dix ans lorsque débute le premier roman, marqué par la perte de son fils et de son épouse morte en couches. Comme ses prédécesseurs, Hercule Poirot, Lord Peter Wimsey, Albert Campion, Adam Dalgliesh appartient à la catégorie des gentlemen detectives. Sensible et cérébral, il peut se montrer provocateur, mais il est surtout patient[1]. Dans tous ses romans, P. D. James respecte le même « pacte de lecture » : elle donne à son lecteur les mêmes indices à découvrir qu’au détective menant l’enquête.

  1. À visage couvert ((en) Cover Her Face, 1962) (ISBN 2213023123)
  2. Une folie meurtrière ((en) A Mind to Murder, 1963) (ISBN 2213021902)
  3. Sans les mains ((en) Unnatural Causes, 1967) (ISBN 2213024588)
  4. Meurtres en blouse blanche ((en) Shroud for a Nightingale, 1971) (ISBN 2213022461)
  5. Meurtre dans un fauteuil ((en) The Black Tower, 1975) (ISBN 2213620474)
  6. Mort d'un expert ((en) Death of an Expert Witness, 1977) (ISBN 2213022623)
  7. Un certain goût pour la mort ((en) A Taste for Death, 1986) (ISBN 2213620504)
  8. Par action et par omission ((en) Devices and Desires, 1989) (ISBN 2213024790)
  9. Péché originel ((en) Original Sin, 1994) (ISBN 2213594627)
  10. Une certaine justice ((en) A Certain Justice, 1997) (ISBN 2213601054)
  11. Meurtres en soutane ((en) Death in Holy Orders, 2001) (ISBN 2213609454)
  12. La Salle des meurtres ((en) The Murder Room, 2003) (ISBN 2213619921)
  13. Le Phare ((en) The Lighthouse, 2005) (ISBN 2213628335)
  14. Une mort esthétique ((en) The Private Patient, 2008) (ISBN 2213643024)

Cycle Cordélia Gray[modifier | modifier le code]

Autres romans[modifier | modifier le code]

Autobiographie[modifier | modifier le code]

Ses Mémoires se présentent sous la forme d'un journal intime rédigé pendant un an, entre le 3 août 1997, jour de son 77e anniversaire, et le 3 août 1998, sa façon, disait-elle, de contrer « tous les biographes qui se piqueraient d’écrire le récit de sa vie »[1]. Le titre, Il serait temps d'être sérieuse ((en) Time To Be in Earnest, 1999) est à prendre comme une boutade tant elle a su concilier thriller et qualité d’écriture, elle qui s’est efforcée toute sa vie d’imposer le roman policier comme un genre majeur[1].

Œuvres réunies en volumes en France[modifier | modifier le code]

  • Les Enquêtes d'Adam Dalgliesh, vol. 1 / préf. René Reouven. Paris : Le Livre de poche, coll. « Classiques modernes », no 3208, 1992, 1 984 p. (ISBN 2-253-06091-7)
  • Les Enquêtes d'Adam Dalgliesh, vol. 2. Paris : Le Livre de poche, coll. « Classiques modernes », no 3210, 1992, 1 119 p. (ISBN 2-253-06142-5)
  • Romans. Paris : Le Livre de poche, coll. « Classiques modernes » no 3213, 1993, 918 p. (ISBN 2-253-06313-4)
  • P. D. James, vol. 1. Paris : Librairie des Champs-Élysées, coll. « Les intégrales du Masque », 2002, 1 092 p. (ISBN 2-7024-3102-X)
  • P. D. James, vol. 2. Paris : Librairie des Champs-Élysées, coll. « Les intégrales du Masque », 2003, 1 256 p. (ISBN 2-7024-3111-9)
  • P. D. James, vol. 3. Paris : Librairie des Champs-Élysées, coll. « Les intégrales du Masque », 2003, 1 914 p. (ISBN 2-7024-3179-8)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Chronique nécrologique », sur Le Monde (consulté le 29 novembre 2014)
  2. Nathalie Crom, « Roman policier », sur Télérama (no 3255),‎ 2 juin 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]