Péritel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Péritélévision (SCART)
Péritel
Type Connecteur audio et vidéo
Historique de production
Auteur CENELEC, SCART
Date de création 1978
Date de production 1980 à aujourd'hui
Spécifications
Signal audio signal audio stéréo (entrée/sortie)
Signal vidéo signal vidéo composite, RGB, YUV, signaux de synchronisation
Données signal bus D²B, commutation électronique : auxiliaires et « boucle décodeur »
Broches 21
Brochage
Prise Péritélévision.
Prise Péritélévision.
Broche 1 AOR Audio, sortie droite
Broche 2 AIR Audio, entrée droite
Broche 3 AOL Audio, sortie gauche
Broche 4 AGND Audio, masse
Broche 5 B GND Bleu, masse
Broche 6 AIL Audio, entrée gauche
Broche 7 B Bleu, (*) E/S Bleu HD
Broche 8 SWITCH Commutation lente (entrée / source externe)
Broche 9 G GND Vert, masse
Broche 10 CLKOUT D²B, entrée
Broche 11 G Vert, (*) E/S Vert HD
Broche 12 DATA D²B, sortie, (*) E/S Synchro V HD
Broche 13 R GND Rouge/(*)chrominance, masse
Broche 14 DATAGND D²B masse
Broche 15 R Rouge/chrominance (YC), (*) E/S Rouge HD
Broche 16 BLNK Commutation rapide, blanking (Télétexte, sous-titres, décodeur), (*) E/S Synchro H HD
Broche 17 VGND Vidéo/synchro/(*)luminance, masse
Broche 18 BLNKGND Blanking masse
Broche 19 VOUT Vidéo/synchro/(*) sortie luminance
Broche 20 VIN Vidéo/synchro/(*) entrée luminance
Broche 21 SHIELD masse commune (blindage)

les broches marquées (*) peuvent exploiter une évolution de la norme initiale.

Péritélévision ou son abréviation inappropriée mais d'usage courant Péritel (« Péritel » est une marque déposée) désigne un dispositif de liaison et un connecteur audio et vidéo grand public principalement utilisé en Europe. Il permet une connexion simplifiée des appareils qui exploitent des signaux audio et vidéo analogiques au moyen d'un connecteur à 21 broches. Il est aussi connu sous le sigle SCART (Syndicat des Constructeurs d'Appareils Radiorécepteurs et Téléviseurs), Euro-SCART, Euroconector ou encore Euro AV.

Il existe trois types de connectiques Péritélévision : la fiche femelle sur les appareils, le cordon mâle/mâle, et le cordon prolongateur. Des cordons spéciaux ou adaptateurs vers les connecteurs audio-vidéo différents (RCA, Ushiden, DIN…) peuvent également permettre de relier les appareils dépourvus de Péritélévision.

On rencontre le plus souvent les connecteurs Péritélévision sur des équipements commercialisés en Europe.

Dès lors que la télévision analogique est remplacée par le tout numérique et pour permettre l'accès à la haute définition, la Péritélévision est remplacée par la connectique HDMI (Interface Multimédia Haute Définition).

Appareils équipés d'une prise Péritélévision[modifier | modifier le code]

  • les téléviseurs (cathodiques ou écrans plats) ;
  • les enregistreurs vidéo et magnétoscopes ;
  • les consoles de jeux vidéo ;
  • les commutateurs / transcodeurs de signaux ;
  • les démodulateurs, récepteurs ou terminaux câble, satellite, DSL TV (IPTV) ;
  • les décodeurs analogiques pour la télévision payante ;
  • certains micro-ordinateurs des années 1980 (Amiga, Atari, Sony, etc.), généralement en sortie pour une connexion directe à un écran de télévision à la place d'un moniteur, plus onéreux.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette standardisation est définie et rendue publique en 1978. Très courante en Europe, elle est inexistante aux États-Unis, où elle est essentiellement remplacée par des connecteurs de type RCA. En France, elle devient obligatoire sur tous les téléviseurs couleurs commercialisés à partir de 1980. Uniquement sur le territoire métropolitain (extrait du décret de 1980, sur la norme NFC 92250, sur cette prise), ce qui fait que certains téléviseurs bas de gamme vendus dans les DOM-TOM n'en sont pas pourvus. De plus, le décret de 1980 rendait obligatoire la présence de cette prise, sur tous les téléviseurs (couleurs, et noir et blanc) fabriqués au moment de la parution du décret. En pratique, seuls les appareils de TV en couleur en sont dotés, mais aucun appareil noir et blanc, même fabriqué en France n'en a été doté.

La connectique Péritélévision est conforme à la norme européenne EN 50049-1 publiée par le CENELEC. Entre 1978 et 1980, certains téléviseurs en ont été pourvus, à titre de lancement sur les chaines de production. Cependant, les 21 broches n'étaient pas toutes câblées intégralement, d'où le non fonctionnement avec les décrypteurs analogiques de la chaine française Canal+. Ces appareils, de plus, identifiaient la couleur SECAM en trame, ce qui entrainait une image en noir et blanc de la chaine cryptée, au milieu des années 1980, lorsqu'elle était diffusée uniquement en analogique.

Description[modifier | modifier le code]

Les signaux pouvant transiter par ce connecteur sont :

Obligatoirement[modifier | modifier le code]

  • Entrée/Sortie vidéo composite parfois appelée CVBS (Chroma Video Blanking Synchro)
  • Entrée/Sortie son (stéréo ou mono)
  • Signaux de télécommande (sur certains modèles, selon compatibilité)
  • Commutation lente (AV) permet la sélection de source et la commutation du format image (4/3 et 16/9)
  • Commutation rapide (vidéo + RVB, permet l'incrustation vidéo, selon les appareils)

Selon les configurations ou appareils[modifier | modifier le code]

Le plus souvent, on ne retrouve qu'une partie des possibilités offertes par la Péritélévision selon les appareils :

  • Un magnétoscope n'a généralement pas d'entrée, ni de sortie RVB;
  • Un téléviseur n'a généralement pas de sortie RVB ou Y/C;
  • Un récepteur satellite dispose généralement d'une sortie RVB;
  • Un lecteur (CD-V, DVD, BluRay) peut être « transparent » aux signaux Péritélévision (exemple : RVB) mais n'a généralement pas d'entrée.

Par ailleurs, certains de ces signaux empruntent les mêmes broches (Entrée ou Sortie), ce qui interdit de les exploiter simultanément :

  • l'entrée et la sortie RVB sont communes ;
  • le signal de luminance (Y) et de chrominance (C) des entrées /sorties composites (Y-C) partagent également les broches exploitées pour le RVB ;
  • le signal YUV partage également les broches exploitées pour le RVB (synchronisation Y sur la broche du vert)

Note : Y/C, YUV et commutation du format (4/3 ou 16/9) sont des évolutions techniques postérieures à la norme d'origine. les modes Y/C et YUV ne figuraient pas dans la norme d'origine RVB leur étant supérieur.

Enfin, les signaux relatifs aux ordres de télécommande ne sont pas normalisés (pourtant en conformité à une autre norme I2C). Ainsi, les données de commande exploitées varient en fonction du fabricant (sur le principe des télécommandes à infrarouges).

Brochage[modifier | modifier le code]

Voir le tableau ci-contre.

La broche 8 exploite le signal « commutation lente » provenant de la source, laquelle commute l'entrée vidéo ainsi que le type de signaux vidéo à exploiter :

  • 0 V signifie « pas de signal », ou signal interne (exemple : fonctionnement courant du téléviseur) ;
  • +6 V signifie : sélection de l'entrée audio/vidéo auxiliaire et format d'image 16:9 (évolution technique postérieure à la norme d'origine) ;
  • +12 V signifie : sélection de l'entrée audio/vidéo auxiliaire et format 4/3.

La broche 16 est un signal provenant de la source, qui indique si le signal est en RVB ou composite :

  • 0 V - 0,4 V composite ;
  • 1 V - 3 V (nominal 1 V crête) RVB seulement.

La broche 16 est dénommée « commutation rapide » à juste titre. Elle peut en effet être utilisée pour incruster le signal RVB au sein d'un autre signal vidéo : Télétexte et sous-titrages. La bande passante vidéo admise sur la commutation rapide s'élève à 6 MHz.

Autres signaux non normalisés[modifier | modifier le code]

Un protocole de données de commande « multi-maître », destiné à un usage domotique a été initialement développé par Philips dans les années 1970. Le D2B (Domestic Digital Bus) est un bus de communication série défini dans la norme CÉI.

Les broches 10 et 12 ne sont généralement pas exploitées en conformité à la norme. Ainsi, la no 10 est utilisée isolément pour certaines liaisons domotiques (Quantum Link, TV Links, Megalogic, Easy-Link, etc.). Elles facilitent par exemple le transfert de réglages ou de mémorisation de chaînes d'un appareil à l'autre.

Sur certains récepteurs satellite (numériques ou analogiques) ces deux broches sont utilisées pour des fonctions particulières :

  • envoi et retour de données et de réglages (en parallèle avec le port RS-232 sur les appareils numériques)
  • sortie vidéo « non clampée » et « non filtrée » (nécessaires à certains décodeurs analogiques comme BSKYB et D2MAC durant les années 1990)

Limites de la prise Péritel[modifier | modifier le code]

L'utilisation de cette prise n'a d’intérêt que pour les écrans pouvant se satisfaire d'une faible définition (environ 800x600). Pour les écrans à plus haute définition, elle est utile pour y brancher tous les produits dépourvus d'une prise HDMI (par exemple un magnétoscope analogique, type VHS). Pour les appareils numériques haute-définition, il faut bien vérifier qu'ils aient une sortie HDMI (lecteur DVD, console de jeux avec lecteur de disques, récepteur numérique), car le branchement par la péritel amène des pertes : Conversion Numérique/analogique à la source, puis opération inverse dans le diffuseur vidéo à écran plat, alors que la liaison HDMI véhicule le signal totalement numérique, de la source vers l’écran sans altération préjudiciable à la qualité de l'image.

Non adaptée au numérique[modifier | modifier le code]

La connectique ne permet pas de véhiculer les signaux numériques vidéo ou audio. Cependant, la TVHD en 1250 lignes RVB était possible grâce à une norme adoptée par le projet européen EUREKA qui a vu la création de la péritel « or » : RVB large bande avec synchronisation verticale sur la broche 12 et synchronisation horizontale sur la broche 16. Cette prise était présente sur un nombre réduit de téléviseurs haut de gamme entre 1990 et 1996 qui étaient capables de restituer la HD (Thomson essentiellement). Cette configuration est similaire à celle d'une prise VGA, prise vidéo analogique des PC (RVB, SyncH, SyncV). L'abandon de la norme HDmac (TVHD analogique européenne) n'a pas permis l'exploitation grand public de cette ultime évolution de la prise Péritélévision.

Taille des cordons Péritélévision[modifier | modifier le code]

Au-delà de trois mètres, un cordon prolongateur Péritélévision ne peut véhiculer efficacement les faibles et multiples signaux analogiques qu'il exploite sans que des perturbations ne surviennent (affaiblissement, variations d'impédance, bruit de fond, etc.). Sans traitement spécifique (amplificateur vidéo, filtre audio) donc non-respect de la norme d'origine, les liaisons Péritélévision plus longues sont à déconseiller.

Branchements incorrects[modifier | modifier le code]

  • Si la fiche mâle du cordon est mal enfoncée dans la prise femelle de l'appareil et selon l'extrémité de la prise, l'image ou le son pourront être perturbés voire non restitués.
  • Si les réglages d'un appareil externe ou sa compatibilité ne sont pas conformes, l'image pourra être en noir et blanc (PAL ou SECAM, RVB incomplet, Y/C, YUV…) voire défiler verticalement (NTSC).
  • Si la source est au format 16/9, la commutation lente ne permet pas à certains téléviseurs anciens de reconnaître le signal. De même avec certains décodeurs externes.

Limites d'interconnexions[modifier | modifier le code]

Il existe des cordons Péritélévision ne véhiculant que les signaux vidéo composite et audio (stéréo ou mono), sans RVB, YUV ou Y/C. Dans ce cas, le signal RVB ne peux pas être restitué car seul son signal de synchronisation sera véhiculé, en YUV seul le vert sera présent (restitué en noir et blanc) de même pour le signal Y/C (image en noir et blanc). De même, en cas d'appareils intermédiaires (magnétoscope, lecteur DVD, décodeur…), la commutation de format, la stéréophonie, l'affichage du Télétexte ou des sous-titres peuvent être « bloqués ».

Liens externes[modifier | modifier le code]