Périphérie

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Le mot périphérie vient du grec peripheria qui signifie circonférence. Plus généralement la périphérie désigne une limite éloignée d'un objet ou d'une chose.

Par exemple :

  • périphérie d'une ville : quartiers extérieurs de la ville ;
  • périphérie d'un cercle : circonférence du cercle ;
  • périphérie du Système solaire : zone où l'attraction du Soleil est la plus faible, c'est-à-dire la zone à la limite du Système solaire ;
  • la vision périphérique fait référence à la capacité de voir en bordure du champ de vision (voir Œil).

Économie[modifier | modifier le code]

En économie la périphérie désigne l'ensemble des pays en voie de développement, par opposition au centre, les pays industrialisés avancés.

Le couple Centre/Périphérie est donc un modèle explicatif des relations entre deux espaces. Il est une approche hiérarchisée entre un lieu qui se (s'auto)proclame(?) Centre et son environnement qui est stigmatisé comme une Périphérie. L'approche géographique légitime la dissymétrie existante ou alors la consacre. Ce schéma explicatif apparaît chez les économistes en 1902 avec Werner Sombart (Le capitalisme moderne). Il sera repris par les économistes du développement dans les années 60 qui s'en servent pour décrire les relations des empires coloniaux et post-coloniaux. On rattache ces économistes au courant marxiste. Parmi eux, citons Raúl Prebisch (1901-1986), H. Wolfgang, Arghiri Emmanuel (1911-2001), L’échange inégal (1968), Samir Amin (1973), Le développement inégal ou encore Immanuel Wallerstein, The Modern World-System (1974, 1980, 1989).

Géographie[modifier | modifier le code]

Les géographes utilisent cette notion à partir des années 80, où Alain Reynaud l’applique à la géographie dans son ouvrage Société, Espace et Justice (1981). Le modèle Centre/Périphérie devient alors incontournable.

Le centre est le lieu où « tout se passe » contrairement à une périphérie perçue comme immobile et en retard. Le centre se positionne face à une périphérie, un ailleurs, un au-delà et peut être ainsi qualifié parce qu'il polarise l'espace qui l'entoure, celui de ses périphéries, dans un double mouvement d'attraction et de rayonnement[1]. On peut également distinguer le centre d'un espace géographique par sa complexité différentielle avec l'espace environnant : aussi bien d'un point de vue quantitatif que qualitatif, le centre tranche d'avec ses périphéries, ce qui lui permet de les dominer et de les placer dans sa dépendance[1]. Dans sa typologie, Alain Reynaud distingue, au-delà des périphéries, des angles morts (comme le Sahel, les Andes, l'Himalaya), « délaissés par les centres », ou des isolats « comptant sur leur propre force » (Corée du Nord).

Histoire[modifier | modifier le code]

Déjà dans sa thèse, Fernand Braudel approchait ce modèle avec son Économie monde, en « voulant indiquer par cette formule que la mer du XVIe siècle était un monde en soi, un seul univers économique débordant largement et dans toutes les directions la ligne interminable de ses rivages, vers l’intérieur de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique ». Son approche typologique précisait trois régions : 1. Zone centrale, 2. Régions intermédiaires, et, enfin, 3. Marges/Périphéries

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Thérèse Saint-Julien, « L'approche spatiale », in Annette Ciattoni et Yvette Veyret (dir), Les fondamentaux de la géographie, Armand Colin, 2003, p. 18

Voir aussi[modifier | modifier le code]