Période romaine de l'Égypte

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

28° 46′ N 30° 52′ E / 28.76, 30.87

L'Égypte dans l'Empire romain, vers 120

L'Égypte passe sous la domination romaine en -30. Elle conserve un statut particulier durant tout l'Empire romain. Le pays reste un des principaux greniers à blé pour Rome, et la religion égyptienne continue de rayonner dans l'ensemble du bassin méditerranéen. Le pays bénéficie de la Pax Romana pendant plusieurs dizaines d'années.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après la mort de Cléopâtre VII, l'Égypte devient une province de l'Empire romain, gouvernée par un préfet choisi par l'empereur, et non par un gouverneur de l'ordre sénatorial[1]. L'héritage des Ptolémées n'est cependant pas totalement effacé : le grec reste une langue courante dans l'administration. Il n'y a pas de colonisation massive de l'Égypte par les Romains. Ces derniers respectent et même adoptent le panthéon et le culte égyptiens, même si le culte de l'empereur et de Rome est progressivement introduit.

Les premiers préfets romains en Égypte :

Après la destruction du temple de Jérusalem par les Romains en 70, Alexandrie devient l'un des grands centres d'immigration et d'études juives. Sous Trajan, une révolte des Juifs d'Alexandrie entraîne la suppression de leurs privilèges.

Hadrien visite plusieurs fois l'Égypte et fonde la ville d'Antinoupolis, en mémoire de son jeune amant Antinoüs qui s'était noyé dans le Nil. Sous Marc Aurèle, une importante révolte éclate, attribuée aux boukoloi, les bouviers du delta du Nil. Cette révolte trouve sans doute ses causes en partie dans les difficultés que connaît la province. Les crues du Nil ont été faibles, l'épidémie dite de la « peste antonine » touche la province et l'on assiste à la fuite de nombreux paysans face aux exigences fiscales. La révolte éclate vers 169, et semble culminer en 172, elle fut suivie de plusieurs répressions de la part des Romains, mais aussi d'une remise d'impôt. On a pu voir dans cette période la fin de la prospérité égyptienne. En 175, Avidius Cassius, qui a dirigé les forces romaines durant la révolte, se déclare lui-même empereur et est reconnu par les armées de Syrie et d'Égypte. L'usurpateur est finalement abattu, et l'empereur rétablit la paix après une visite à Alexandrie. Une autre révolte éclate en 193 lorsque Pescennius Niger est proclamé empereur à la mort de Pertinax. Plus tard, l'empereur Septime Sévère donne une constitution à la ville d'Alexandrie.

L'empereur Caracalla (211 à 217) accorde la citoyenneté romaine aux Égyptiens libres, comme à tout autre habitant de l'Empire.

Le IIIe siècle est marqué par une série d'usurpations et de guerres, en Égypte comme dans l'ensemble de l'Empire romain. En 272, la reine de Palmyre, Zénobie conquiert temporairement l'Égypte. Deux généraux basés en Égypte, Probus et Domitius Domitianus, mènent des révoltes et deviennent empereurs. L'empereur Dioclétien reprend l'Égypte en main, et réorganise la province à la fin du IIIe siècle.

Les empereurs romains[modifier | modifier le code]

Temple de Dendour, construit sur ordre d'Auguste, conservé au Metropolitan Museum of Art de New York

À la chute des Ptolémées, les traditions égyptiennes sont restées en usage et la religion pharaonique est toujours respectée du pharaon Djéser à l'empereur Hadrien.

Si l'Égypte est importante aux yeux des Romains, c'est avant tout parce que le pays, avec la Tunisie, est le grenier à blé de l'empire. L'Égypte appartient personnellement à l'empereur et non au Sénat. L'époque romaine est une période assez honteuse pour les Égyptiens, considérés comme des personnes de basse catégorie. Ils endurent des conditions de vie difficiles.

Des temples sont construits, ou bien les Romains embellissent ou achèvent les temples commencés par les Ptolémées. L'art de cette époque est grossier et sans comparaison avec l'époque de Séthi. Ainsi sont construits la ville d'Antinoupolis, par le Romain Hadrien, le kiosque de Trajan à Philæ, le temple de Dendérah embelli par Auguste, plusieurs mammisi, etc.

Le pharaon est le fils des dieux, sans lequel il n'y a que désordre en Égypte. L'empereur romain va se représenter, comme les Ptolémées, à la mode égyptienne, il doit se soumettre spirituellement au peuple, dont il se moque bien de respecter la tradition, hormis quelques exceptions.

Après 391, date de fermeture des temples païens, de grands bouleversement religieux apparaissent : le christianisme prend son essor, mais ne séduit vraiment le pays qu'à partir du Ve siècle voire du VIe siècle.

L'Empire romain d'Occident s'effondre en 476, date de l'abdication de Romulus Augustule. Il ne reste alors que celui d'Orient, dont le centre est Byzance, ou Constantinople, civilisation mêlant tradition grecque et romaine, bien qu'une tendance orientale se forme définitivement à partir du VIIe siècle.

L'Égypte est alors dirigée par un préfet envoyé par Byzance, qui gouverne depuis Alexandrie.

Après la fin du culte d'Isis sur Philæ, la civilisation égyptienne meurt, son histoire tombe dans l'oubli. La redécouverte de cette période faste de l'Égypte pharaonique ne se fit qu'après l’expédition d’Égypte de Bonaparte, accompagné de nombreux scientifiques et archéologues en 1798.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tacite, Histoires, I, 11[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Sartre, L’Orient romain. Provinces et sociétés provinciales en Méditerranée orientale d’Auguste aux Sévères (31 av. J.-C. – 235 apr. J.-C.), Paris, Seuil,‎ 1991 (ISBN 2020127059) ;
  • Dominique Valbelle et J.-Y. Carrez-Maratray, Le camp romain du Bas-Empire à Tell el-Herr, Paris, Errance,‎ 2000 (ISBN 2877722074).
  • (en) Naphtali Lewis, Life in Egypt under Roman Rule, Oxford, Clarendon Press, 1983.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]