Pénestes

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Les Pénestes (en grec ancien οἱ Πενέστης / hoi Penéstês) sont une population de dépendants thessaliens dont le statut est comparable à celui des Hilotes de Sparte.

Les terres thessaliennes sont riches et étendues, les lots de terre sont de bonne dimension. Le versement de la contribution laisse supposer que les Pénestes disposent librement du reste et qu'ils peuvent posséder des biens. Ainsi, Archémaque, auteur cité par Athénée au Livre VI du Banquet des Deipnosophistes note que beaucoup sont plus riches que bien des Thessaliens. Certains Pénestes, nommés « latreis », occupent des fonctions de domestiques. Les Pénestes reçoivent en échange un salaire, et appartiennent aux familles nobles de Thessalie, descendants des Doriens. L’historien Staphylos de Naucratis au Livre III de son ouvrage Sur l’Éolie[1] explique qu’ils sont également appelés « Thessalicètes  », et Denys d'Halicarnasse dit[2] qu’ils sont battus quand ils regimbent à obéir et que de manière générale, ils sont traités comme des esclaves achetés. Ils semblent avoir été bien moins nombreux que les Thessaliens libres.


Statut[modifier | modifier le code]

Dans une critique politique que fait Platon dans son Livre VI Des Lois, leur statut n’est pas comparable à celui des Hilotes ; Aristote, se débarrassant de la hiérarchisation platonicienne, les met au même niveau (le critère principal étant leur docilité et non leurs avantages). La tradition en fait les descendants d’Achéens soumis par de nouveaux arrivants originaires de Thesprotie, soumis par les Héraclides par la génération qui suit directement Thessalos. Archémaque, auteur du IIIe siècle av. J.-C., estime pour sa part qu’il s’agit de Béotiens[3],[4] :

« [Ils] se livrèrent aux Thessaliens pour servir comme esclaves par une convention stipulant que ceux-ci ne les emmèneraient pas hors du territoire [thessalien] et qu'ils ne les tueraient pas, et qu'eux-mêmes cultiveraient le territoire à leur profit en leur versant des contributions »

Notes[modifier | modifier le code]

  1. nom antique de la Thessalie
  2. II, 9
  3. Cité par Garlan, p. 106-107
  4. Banquet des Deipnosophistes (VI, 264 a-b)

Références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edmond Lévy, La Grèce au Ve siècle de Clisthène à Socrate, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire / Nouvelle histoire de l'Antiquité »,‎ 1995 (ISBN 2-02-013128-5), p. 190-192.
  • Jean Ducat, Les Pénestes de Thessalie, Les Belles Lettres, coll. « Centre de recherches d'histoire ancienne », 1994 (ISBN 2251605126).
  • Yvon Garlan, Les Esclaves en Grèce ancienne, La Découverte, coll. « Textes à l'appui », 1989 (ISBN 2-7071-2475-3), p. 106-107.
  • Tout Platon, sous la direction de Luc Brisson, Paris, Garnier-Flammarion, 2008. (pages 827 et 2167)