Pékin-Paris

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La course Pékin-Paris est considérée comme le premier grand raid automobile.

La carte du parcours eurasiatique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Organisée par le journal français Le Matin, son départ fut donné de Pékin le 10 juin 1907.

Il y avait quarante préinscriptions pour cette compétition, mais seulement cinq équipes firent livrer leur véhicules à Pékin. Devant le faible nombre de participants le Comité d'organisation de course décida d'annuler purement et simplement l'épreuve, mais les cinq "téméraires" décidèrent malgré tout de se disputer le challenge, sans règles clairement bien établies au départ, ni aucune assistance, ni carnets de route, ni même de cartes routières le plus souvent. Le seul prix prévu à l'arrivée parisienne étant un simple magnum de champagne Mumm.

Cinq concurrents prirent ainsi part aux réjouissances.
Quatre arrivèrent à Paris (abandon du tricycle guidé Contal (cyclecar français) d'Auguste Pons), après avoir parcouru plus de 16 000 km, en 44 jours pour le premier:

  • 1er: Drapeau de l'Italie Prince Scipion Borghèse (1871-1927) avec le mécanicien Ettore Guizzardi (1874-1947) et le journaliste Luigi Barzini Sr. (1861-1946), sur Itala 4 cylindres de 7 433 cm3, le 10 août en 44 jours;
  • 2e: Drapeau : Pays-Bas Charles Godard avec Jean du Taillis, sur Spyker en 64 jours;
  • 3e: Drapeau : France Georges Cormier, sur De Dion-Bouton;
  • 4e: Drapeau : France Victor Collignon, également sur De Dion-Bouton.

Des chameaux transportèrent préalablement le carburant à répartir en des points réguliers tout le long du trajet asiatique. L'itinéraire suivi était empiriquement le même que celui du télégraphe, pour assurer une bonne couverture médiatique dans les journaux de l'époque. Chaque voiture avait un journaliste embarqué comme passager, qui envoyait ainsi ses impressions de voyage à chaqune des haltes télégraphiques.

La route entre Pékin et le lac Baïkal avait alors uniquement été parcourue antérieurement à cheval.

L'équipage italien favori était si confiant en ses chances de victoire que le Prince se permit même le luxe d'un détour de Moscou vers Saint-Pétersbourg pour un dîner avec ses coéquipiers, avant de réintégrer la course en région moscovite.

L'événement n'était pas censé être une réelle compétition au départ, mais il l'est rapidement devenu en raison de son caractère très novateur et surtout de la supériorité technologique de la voiture italienne.

Le second au classement final était pratiquement sans un sou dès son arrivée à Pékin, si bien qu'il dut demander aux autres équipes de lui fournir gratuitement le carburant pour sa Spyker... dont il n'était même pas le propriétaire. Il fut d'ailleurs arrêté un temps pour fraude en fin de course.

Ravins, boues, sables mouvants, et fragiles ponts sur rivières non conçus pour de tels véhicules étaient à leur programme. Le cyclecar Contal s'enlisa dans le désert de Gobi et ne put repartir, Auguste Pons ayant eu la chance d'être secouru à temps par la population locale.

Le journaliste Barzini publia le récit de toute cette aventure dès 1908, des centaines de photos à l'appuie.

Photothèque[modifier | modifier le code]

Versions ultérieures de la course[modifier | modifier le code]

1990[modifier | modifier le code]

  • Naissance du premier London To Peking Motor Challenge, organisé par la Société Jules Verne durant le printemps dans la direction opposée à celle du raid originel. Pékin s'appelle désomais officiellement Beijing, mais l'ancien nom est conservé. Le départ s'organise depuis Marble Arch (Londres) avec le soutien personnel du petit-fils de Luigi Barzini. Les équipages traversent le Channel sur un P&O Ferry. De là le parcours est libre jusqu'au point de réunification à Istamboul. La Turquie et la Georgie sont alors traversées, ce dernier pays autorisant pour la première fois des voitures privées occidentales à emprunter ses routes. Un nouveau ferry permet alors la traversée de la mer Caspienne, les pilotes poursuivant leur trajet à travers le Turkménistan, l'Ouzbékistan et le Kirghizistan, avant l'entrée en Chine. Après la traversée du désert de Gobi, Pékin est à son tour atteinte le 4 juin 1990. L'expédition est alors un simple Goodwill Tour, sans enjeu réel à la clé. Sont acceptés des véhicules anciens dits "vintage", des motos avec ou sans side-car et des 4x4 modernes. Sur les 20 équipages préinscrits, 19 ont effectué le trajet. Un reportage d'une heure narré par l'acteur Cliff Robertson est diffusé par la suite sur la chaine américaine télévisée ESPN.

1997[modifier | modifier le code]

  • Départ du Second Peking to Paris Motor Challenge, avec alors 94 véhicules uniquement "vintage" qui empruntent un itinéraire plus au sud, à travers le Tibet, l'Inde, le Pakistan, l'Iran, la Turquie, la Grèce, l'Italie et enfin la France, par conséquent dans le vrai sens est-ouest cette fois. Les anglais Phil Surtees et John Bayliss remportent ce qui devenu une vraie course, sur Willys Jeep de 1943. L'écrivaine britannique Rosie Thomas prend part à l'aventure et relate cette expérience en détail dans son ouvrage Border Crossing.

2005[modifier | modifier le code]

  • Le 18 avril 2005, une Fiat 500 R de 1973 spécialement préparée démarre de Bari direction Turin, pour effectuer seule le trajet vers Beijing le lendemain[1]. Le but est de relier entre elles les deux ville olympiques à venir (hiver 2006, et été 2008)[2]. Elle parvient à parcourir les 9900 miles, soit 16 000 km, en traversant toute la Russie jusqu'à Vladivostok pour rallier ensuite la place Tiananmen. L'équipage est composé de Danilo Elia et de Fabrizio Bonserio, qui prennent soin de respecter une grande partie du trajet d'origine. Les deux hommes effectuent un raid de 90 jours, arrivant à bon port le 18 juillet[3]. Elia écrit à son tour un livre à propos de cette expédition en solitaires, avec Susanne Meyerhöfer, La bizzarra impresa, traduit en 2009 par le National Geographic Deutschland sous le titre de Echt Abgefahren[4].
  • Moins de un mois plus tard, le 15 mai 2005, cinq voitures emmenées par Lang Kidby quittent à leur tour Bejing[5], toutes fortement similaires aux modèles originaux: une Spyker de 1907, une Itala de 1907, deux De Dion-Bouton (l'une de 1907 et l'autre de 1912), ainsi qu'une réplique du tricycle-voiture Contal français. L'Australian Broadcasting Corporation tire de l'évènement un documentaire télévisé en quatre parties intitulé Peking to Paris - The Great Expedition, présenté par Warren Brown l'un des deux pilotes de l'Itala et par un dessinateur du journal The Sydney Daily Telegraph. La traversée transcontinentale fait passer aux divers équipages 59 jours sur la route. Ils découvrent ainsi 10 pays et parcourent au total 14000 kilomètres au volant[6].

2007 à 2010[modifier | modifier le code]

  • En 2007 l'Endurance Rally Association organise un rassemblement pour célébrer le centenaire de la course originelle de 1907, le Peking to Paris Motor Challenge. Contrairement à l'édition de 1997 également organisée par Philip Young, cet événement-ci renoue plus fidèlement avec le parcours emprunté par le Prince Borghese en 1907 dans l'Itala gagnante, l'ensemble du trajet asiatique se situant désormais beaucoup moins au sud. De Beijing, les concurrents vont au nord jusqu'à la frontière mongole à Zamyn-Üüd puis, comme dans l'itinéraire initial de 1907, ils rallient Oulan-Bator et arrivent en Russie par Tsagaannuur (Bayan-Ölgii) en Sibérie, se dirigeant alors vers Moscou. De là ils vont à Saint-Pétersbourg où ils festoient comme ils se doit 100 ans après le Prince, puis ils transitent par les États baltes pour finir à Paris. 126 modèles anciens "vintage" ont répondu présents, le plus vieux étant une Mercedes de 1903. La difficulté majeure du rallye-raid s'est avérée être la confrontation avec le désert de Gobi et ses chemins caillouteux encore et toujours défoncés. 106 équipages parviennent malgré tout au but parisien au bout de 36 jours. La course a couvert 10000 miles, soit 16 000 km. Les éditions de 2008 à 2010 sont par la suite bâties selon le même principe.

2013[modifier | modifier le code]

  • Après une interruption de deux ans, l'épreuve Peking to Paris Motor Challenge est relancée le 28 mai 2013, mais un décès féminin britannique est à déplorer en Sibérie à Tyumen suite à une collision entraînant également la mort de deux autres personnes[7]. La durée de cette édition est de 33 jours.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article Danilo Elia and Fabrizio Bonserio finally reached the City of Beijing on 18th july 2005, sur www.italiaspeed.com;
  2. Turin to Beijing: a Fiat 500 on the road to the Olympics;
  3. Beijing - Torino: Fiat 500;
  4. Echt Abgefahren - mit dem Fiat 500 nach Péking, Danilo Elia et Susanne Meyerhöfer, Frederking & Thaler, Piper Verlag Gmbh, décembre 2009;
  5. Article Expedition leader Lang Kidby, OAM sur www.abc.net.au;
  6. Peking to Paris - The Great expedition, 4e et dernier épisode, le 4 juin 2006 sur ABC;
  7. Article Peking to Paris Rally Briton killed in Siberia car crash, site officiel BBC News UK.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) La metà del mondo vista da un automobile - da Pechino a Parigi in 60 giorni, Luigi Barzini, éd. Ulrico Hoepli, 1908 (Milan); rééd. L. Touring Club Italiano, 2006);
  • (it) Quei temerari della Pechino Parigi, Allen Andrews, Selezione dalla Reader's Digest, 1983;
  • (it) Pechino-Parigi: sulla strada con l'Itala, Guy Mandery, éd. Fabbri, 1989;
  • (en) Peking to Paris - The Ultimate Driving Adventure, éd. Veloce Publishing;
  • (en) The Great Peking to Paris Expedition, éd. Harper Collins, 2005.

Liens externes[modifier | modifier le code]