Péché contre l'Esprit Saint

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Le péché contre l'Esprit Saint, quelquefois appelé aussi blasphème contre l'Esprit Saint, est un concept doctrinal chrétien issu d'une citation de Jésus commune aux trois évangiles synoptiques[1] : « Mais quiconque aura parlé contre l'Esprit Saint, cela ne lui sera remis ni en ce monde, ni dans l'autre. » (Mt 12, 31–32). C'est un péché irrémissible, c'est-à-dire non pardonnable.

Doctrine catholique[modifier | modifier le code]

Dans son encyclique Dominum et vivificantem[2] sur l'Esprit Saint, le pape Jean-Paul II a abordé explicitement cette question (2ème partie, chap. 6).

Pour faire court, ce péché désigne le refus des non-chrétiens de se convertir après avoir entendu la Bonne Nouvelle. Il est impardonnable parce qu'il consiste en dernière analyse à refuser radicalement le pardon que Dieu rend disponible par l'action de l'Esprit Saint en Jésus Christ. Le changement d'attitude (cesser de refuser le pardon de Dieu) le rend à nouveau accessible. Ce qui est impardonnable est de persévérer dans le refus du pardon. L'Eglise présume qu'il est trop tard pour se convertir dans l'Au-delà.

Cessationnisme[modifier | modifier le code]

Les théologiens adeptes du cessationisme pensent que les dons de l'Esprit Saint n’étaient indispensables que pour la fondation de l’Église chrétienne, puis ont disparu. Le Saint-Esprit est perçu comme un consolateur pour ceux qui avaient connu Jésus et étaient attristés par sa mort (apôtres, disciples et croyants du temps de Jésus)[3]. Ils s'appuient aussi sur 1 Corinthiens 13: 8 pour asseoir leur thèse de temporalité des dons du Saint-Esprit. Selon eux, les dons de l'Esprit Saint ont cessé après la mort des apôtres au 1er siècle.

Au IVe siècle après J-C, Eusèbe de Césarée parlait des cas de possession au sein de l'Eglise chrétienne comme étant une tradition païenne qui n'avait rien a voir avec le christianisme[4]. Les réformateurs tels Jean Calvin et Martin Luther ne croyaient pas plus en la continuité des dons du Saint-Esprit. Dans Institution de la religion chrétienne, Calvin dit explicitement que les dons du Saint-Esprit étaient temporaires. Luther, de son côté, écrit a Melanchton que ceux qui se disent prophètes ne doivent pas être acceptés immédiatement, mais doivent être testés car il n'y a rien que les charismatiques ne font que le Diable ne pourrait faire lui-même[5]. De plus, le cessationisme s'interroge sur la disparition de ces dons pour réapparaitre soudainement quelques siècles plus tard, a chaque fois. Selon eux, le blasphème contre le l'Esprit Saint ou péché contre l'Esprit Saint serait de prétendre avoir le Saint-Esprit, comme le font les Pentecôtistes et les croyants du mouvement Charismatique aujourd'hui[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]