Pères de l'Europe

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Robert Schuman, un des Pères de l'Europe.

Pères de l'Europe est une expression figurée utilisée pour évoquer les pères fondateurs de l'Union européenne, c'est-à-dire les principaux promoteurs de la construction européenne au XXe siècle[1] en identifiant l'Union européenne à l'Europe.

Ce surnom a été attribué par la presse et l'historiographie[2],[3] à un groupe historiquement défini de sept personnalités politiques qui ont joué un rôle fondateur en œuvrant de façon déterminante à la mise en place de la CECA et de la CEE, institutions aux origines de l'actuelle Union européenne. Il s'agit de l'Allemand Konrad Adenauer, du Luxembourgeois Joseph Bech, du Néerlandais Johan Willem Beyen, de l'Italien Alcide De Gasperi, des Français Jean Monnet, Robert Schuman et du Belge Paul-Henri Spaak.

D'autres personnages marquants ont eu également un rôle notoire dans l'histoire de la construction européenne comme Robert Marjolin.

Quelques précurseurs reconnus ont ainsi fait œuvre de pionniers de la cause d'une fédération européenne, en prônant l'idée, à défaut d'avoir pu contribuer à sa réalisation effective : dans les années 1920, des personnalités comme Aristide Briand, Richard Nikolaus de Coudenhove-Kalergi et Louis Loucheur. On peut également citer Winston Churchill qui, dans son « discours à la jeunesse étudiante » à l’université de Zurich en 1946, exprima à sa manière sa vision d’une Europe unie (bien qu'il en excluait la Grande-Bretagne).

Quelques acteurs ont ensuite été des protagonistes essentiels pour le rôle majeur qui fut le leur dans les avancées de la construction européenne : on place parmi eux l’Allemand Walter Hallstein, premier président de la Commission européenne, l’Italien Altiero Spinelli, auteur du Manifeste de Ventotene pendant la guerre et inspirateur d’un projet de « traité sur l’Union européenne » en 1984, ou encore le Français Jacques Delors, président de la Commission européenne de 1985 à 1995.

Liste[modifier | modifier le code]

L'Union européenne considère que ses pères fondateurs sont[4] :

D'autres sources sont plus restreintes[5].

Les motifs de l’engagement européen[modifier | modifier le code]

L'engagement des « Pères de l'Europe » au début des années 1950 est motivé par leur convergence autour d'un certain nombre d'objectifs communs et de valeurs partagées qui n'allaient pas nécessairement de soi au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

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Par ailleurs, en juillet 2000, l'administration Clinton a été contrainte par la législation américaine de publier les documents classés confidentiels des années 1940, 1950, et 1960. Dans "The Daily Telegraph" du 19 Septembre 2000, un article explique : "Des documents secrets du gouvernement américain qui viennent d'être dé-classifiés montrent que la communauté des services secrets américains a mené une campagne tout au long des années 50 et 60 afin de promouvoir une unification européenne. Les dirigeants du mouvement européen Frettinger, le visionnaire Robert Schuman, l'ancien premier ministre belge Paul-henri Spaak, étaient tous traités comme des employés par leurs parrains américains. [...] Le rôle des États-Unis fut camouflé comme pour une opération secrète, l'argent provenait des fondations Ford et Rockefeller, ainsi que des milieux d'affaires ayant des liens étroits avec l'état américain."

Une note émanent de la direction Europe du ministère américain des affaires étrangères, datée du 11 juin 1965, conseille au vice-président de la CEE Robert Marjolin de poursuivre de façon subreptice l'objectif d'une union monétaire. Cette note recommande « d'empêcher tout débat jusqu'au moment ou l'adoption de telles propositions deviendrait virtuellement inévitable »[6].

Grâce aux nombreux documents dé-classifiés, il est démontré que le gouvernement des États-Unis d'Amérique était très précocement favorable à l'émergence d'une Europe fédérale libérale et anticommuniste ; directement, quoique secrètement, les Américains mirent à contribution leur puissance financière pour soutenir les différents projets de construction européenne portés par les futurs pères de l'Europe.

Une volonté commune de réconciliation des Européens[modifier | modifier le code]

Robert Schuman.
Jean Monnet.
Alcide De Gasperi.

Les Pères de l’Europe partagent une même volonté de pacification de l’Europe non pas par l’équilibre des puissances, comme après le Congrès de Vienne de 1815, mais par la réconciliation des nations européennes.

Nombre d’entre eux ont grandi à proximité de frontières, parfois mouvantes, comme Robert Schuman, né Allemand à Luxembourg qui devient Français après le rattachement de la Moselle à la France, ou Alcide de Gasperi, qui commence sa carrière politique au parlement autrichien d’Innsbrück pour la terminer comme président du Conseil des ministres italien. Joseph Bech, Paul-Henri Spaak et Johan Willem Beyen dirigent les pays du Benelux, une union douanière constituée pour repousser les frontières trop étroites de ses membres. Enfin, Konrad Adenauer est originaire de Cologne, la grande ville la plus à l’ouest d’Allemagne, proche de la Sarre et de la Ruhr, des régions qui furent sujet de disputes entre les pays d’Europe au lendemain des deux conflits mondiaux.

De plus, tous ont subi et combattu le totalitarisme nazi ou la dictature fasciste. L'Italien Alcide de Gasperi est emprisonné pour son opposition à Mussolini en 1927, sort que subissent également, face au nazisme, l'Allemand Konrad Adenauer en 1934 et 1944 et le Français Robert Schuman en 1940. Le Luxembourgeois Joseph Bech est contraint à l’exil avec son gouvernement, de même que le Néerlandais Johan Willem Beyen qui prend la route de l’exil en 1940 à la suite de ses relations conflictuelles avec l’administration nazie lorsqu’il occupe la fonction de directeur d’Unilever. Il en est de même pour le Belge Paul-Henri Spaak qui part avec le gouvernement du premier ministre Hubert Pierlot (qui sera le signataire, en pleine guerre du traité du Benelux, cette première ébauche de l'Europe unie entre les gouvernements libres de Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg).


De cette période, les Pères de l’Europe retirent une conviction : la paix passera par la réconciliation des peuples. Dès 1946, Konrad Adenauer, dans une Allemagne défaite, sans Etat, toujours divisée en zones d’occupation, pense la place du peuple allemand dans l’Europe nouvelle : « L’Europe ne sera possible que si une communauté des peuples européens est rétablie, dans laquelle chaque peuple fournit sa contribution irremplaçable, insubstituable à l’économie et à la culture européennes, à la pensée, la poésie, la créativité occidentales » (Konrad Adenauer, Discours de Cologne, 24 mars 1946, devant l’Union chrétienne-démocrate de la zone d’occupation britannique).

Cette même idée que l’unité des Européens est une nécessité pour le maintien durable de la paix est au cœur de l’acte fondateur de la construction européenne, la Déclaration du 9 mai 1950 : « La contribution qu'une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques » (Robert Schuman, Déclaration du 9 mai 1950).

Alcide De Gasperi, faisant face aux sénateurs communistes italiens, opposés au projet, l’énonce encore : « La raison [de ce projet] est le besoin de trouver une façon d’arrêter la menace d’un retour du militarisme allemand et corriger l’erreur faite à l’époque de Poincaré quand on pensait qu’occuper la Ruhr était la solution » (Alcide De Gasperi, Discours devant le Sénat italien, 15 mars 1952).

Enfin, en 1952, quelques semaines après la mise en place des institutions de la CECA, Jean Monnet explique à la presse américaine : « Aussi longtemps que l'Europe restera morcelée, elle restera faible, et sera une source constante de conflits. […] Avec le plan Schuman et avec l'armée européenne[7], nous avons posé les fondations sur lesquelles nous pourrons construire les États-Unis d'Europe, libres, vigoureux, pacifiques et prospères. » (Jean Monnet, Discours devant le National Press Club, 30 avril 1952, Washington)

Une Europe unie sera une Europe prospère[modifier | modifier le code]

Dès l’entre-deux-guerres, l’idée d’une union économique de l’Europe est avancée, notamment par les milieux industriels. Créer une union douanière européenne serait pour les industries une manière d’obtenir de nouveaux débouchés, permettant de produire en plus grande quantité et donc à moindre coût (économies d’échelles). La solution envisagée est l’organisation de cartels internationaux sectoriels, comme l'Entente internationale de l’Acier, créée en 1926. L’idée d’union douanière est portée en particulier par la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas, qui ont déjà mis en place ce type d’organisation entre eux : l’Union économique belgo-luxembourgeoise (UEBL), créée en 1921 entre la Belgique et le Grand-duché, avec levée des frontières et parité des monnaies, et le Benelux. Cette union douanière entre l'Union économique belgo-luxembourgeoise et les Pays-Bas avait été négociée pendant la guerre par les gouvernements en exil à Londres. Les principaux négociateurs belges étaient Paul-Henri Spaak, ministre des Affaires étrangères, et Camille Gutt, ministre des finances. La convention créant le Benelux est signée le 5 septembre 1944, avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, et alors que des parties des territoires des signataires ne sont pas encore libérées de l'occupation allemande.

L’expérience de Joseph Bech en particulier sera précieuse lors des négociations du traité de Paris en 1951 puis des traités de Rome en 1957. Ayant dû, lors de son premier mandat de chef du gouvernement, en 1925, gérer les conflits causés par les dysfonctionnements techniques de l’UEBL, il envoie pour négocier les traités des délégations composées de praticiens et d’industriels autant que de diplomates ; les négociations ne perdent pas de vue le besoin essentiel des entreprises : élargir les marchés à la fois pour l’écoulement des marchandises et l’approvisionnement en matières premières.

Le diagnostic reste le même après le second conflit mondial : le protectionnisme est vu comme le responsable des rivalités économiques et comme l’un des facteurs de la marche vers la guerre. « Nous avons acquis, par la démonstration des faits, que les nations, loin de pouvoir se suffire à elles-mêmes, sont solidaires les unes des autres ; que le meilleur moyen de servir son pays est de lui assurer le concours des autres par la réciprocité des efforts et par la mise en commun des ressources »[8]. Ainsi, si la rivalité pour les ressources économiques, notamment dans les bassins industriels du nord de la France et de la Ruhr, a mené à l’affrontement d’abord diplomatique puis militaire, leur mise en commun mènera à la coopération, d’abord industrielle, puis politique.

Enfin, le choix du marché commun en Europe de l’Ouest est presque concomitant avec l’instauration en Europe de l’Est du modèle d’économie planifiée, sous l’empire de l’Union soviétique, symbolisée par la création en 1949 du Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM, ou COMECON). Ce modèle d’économie centralisée et planifiée agit sur les gouvernements occidentaux comme un repoussoir au moment de réorganiser les économies, et le protectionnisme n’étant plus une option, le libre-échange apparaît comme le seul modèle économique viable.

Des Pères fondateurs unis par une tendance politique dominante : la démocratie chrétienne[modifier | modifier le code]

Les partis démocrates chrétiens dans les différents pays d’Europe ont joué un rôle majeur dans la fondation de l’Europe unie. Issue de l’universalisme chrétien, l’idée d’unification, en particulier celle de l’Europe, traverse toutes leurs conceptions concernant la politique extérieure. La démocratie chrétienne invite au dépassement du fait national avec l’objectif d’éliminer les conflits engendrés par leurs divisions. Dès l’entre-deux-guerres, des initiatives de coopération sont lancées entre les formations démocrates chrétiennes des pays d’Europe, comme le Secrétariat international des partis démocratiques d’inspiration chrétienne (SIPDIC). Dans les années 1945-1950, la démocratie chrétienne joue un rôle majeur car elle apporte une réponse à deux menaces : celle de la guerre, dont le souvenir est encore douloureux, en répondant notamment à la question allemande ; et celle du communisme, se posant en alternative à l’internationalisme socialiste. Au début des années 1950, ces atouts font des partis démocrates chrétiens des forces politiques majeures dans les systèmes politiques des six Etats adhérant à la CECA.

Cette puissance politique est ce qui a donné aux fondateurs les moyens d’agir : « les pères fondateurs […] sont les véritables metteurs en scène de l’unité européenne sur la scène publique parce qu’ils ont pu accéder au cercle magique du pouvoir qui leur a donné la force de transformer la vie politique »[9]. On peut dire que le succès de la proposition de Robert Schuman, membre du MRP, le 9 mai 1950, alors que celle d’Aristide Briand avait échoué en 1929, tient aussi au fait qu’il a adressé cette proposition à des responsables qui, comme lui, se réclamait de la démocratie chrétienne, notamment Konrad Adenauer, chef de file de la CDU et Alcide De Gasperi, fondateur de la Démocratie chrétienne italienne.

Au-delà de la seule intégration économique, Adenauer, De Gasperi et Schuman partageaient une vision fédérale de l’Europe, de même que leurs partis. La démocratie chrétienne fut ainsi la première force politique à se doter d’un groupe parlementaire uni au sein de l’Assemblée de la CECA, manifestant ainsi l’importance qu’elle accordait aux institutions supranationales. Le projet de Communauté européenne de défense est une occasion pour les dirigeants démocrates-chrétiens d’avancer leur projet d’intégration politique. Ainsi De Gasperi défendit-il, le 10 décembre 1951, un programme d’unification politique fédéraliste, devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, pourtant présidée par un social-démocrate, le Belge Paul-Henri Spaak. Ce programme fut soutenu par Adenauer et Schuman, mais fut rejeté par les Premiers ministres belge Paul van Zeeland et français Georges Bidault.

« L’enterrement de la CPE et l’échec de la CED peuvent apparaître comme une défaite de la démocratie chrétienne à laquelle ces Communautés s’identifient plus que les autres réalisations des années 1950. »[10] Les dirigeants démocrates-chrétiens seront cependant les principaux acteurs de la relance de la construction européenne lors de la Conférence de Messine de 1955, qui aboutira à la signature des Traités de Rome du 25 mars 1957 et à la création de la Communauté économique européenne (CEE) et de la Communauté européenne de l'énergie atomique (CEEA ou EURATOM).

Conclusion[modifier | modifier le code]

Nombreux sont les facteurs qui ont amené les Pères de l’Europe à se retrouver dans la proposition de Robert Schuman le 9 mai 1950. Tous partagent une même expérience des guerres, des effets négatifs et pervers du protectionnisme et de la politique d’affaiblissement de l’Allemagne portée par le Traité de Versailles de 1919. Tous partagent aussi une même vision du chemin à suivre pour que l’Europe renoue avec la prospérité, et une orientation politique proche, chez chacun d’entre eux, des idéaux universalistes de la démocratie chrétienne. Ces expériences communes ont implanté chez ces hommes d’Etat la vision d’une Europe unifiée par l’économie vecteur de paix, organisée par la coopération entre les Etats et les peuples et un jour achevée par l’unité politique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Férréol (dir.), Jean-Yves Beloeil-Benoist, Marc Blanquet, Dominique Breillat et Noël Flageul, Dictionnaire de l'Union européenne, p. 86-93.
  2. Paul F. Smets et Mathieu Ryckewaert (dir.) : Les Pères de l'Europe : cinquante ans après, perspectives sur l'engagement européen.
  3. G. Bossuat : Les fondateurs de l'Europe Unie.
  4. Les pères fondateurs de l’UE, sur le site de l'Union européenne.
  5. Smets, Paul F.; Ryckewaer, Mathieu, eds. (2001). Les pères de l'Europe: 50 ans après : perspectives sur l'engagement européen : actes du Colloque international des 19 et 20 mai 2000, Bruxelles, Palais d'Egmont Bibliothèque de la Fondation Paul-Henri Spaak Emile Bruylant. ISBN 9782802714439. Bossuat, G. (2001). Les Fondateurs de l'Europe Unie. Belin. ISBN 978-270112962-4.
  6. Euro-federalists financed by US spy chiefs
  7. Le traité sur la Communauté européenne de défense (CED) est signé le 27 mai 1952 et sera abandonné après son rejet par l’Assemblée nationale française en 1954, sous l’effet d’un double vote négatif des députés gaullistes et communistes.
  8. Robert Schuman, Pour l’Europe, 5ème édition Paris, Fondation Robert Shuman - Nagel, 2010.
  9. Gérard Bossuat, Les fondateurs de l’Europe unie, Paris, Belin, 2001.
  10. Anne Dulphy, « Démocrates-chrétiens (Europe des) », in Yves Bertoncini, Thierry Chopin, Anne Dulphy, Sylvain Kahn, Christine Manigand (dir.), Dictionnaire critique de l’Union européenne, Paris, Armand Colin, 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Gerbet (dir.), Gérard Bossuat, Thierry Grosbois, Dictionnaire historique de l’Europe unie, Paris, André Versaille Éditeur, 2009.
  • Sylvain Schirmann (dir.), Robert Schuman et les Pères de l'Europe - Cultures politiques et années de formation, Publications de la Maison de Robert Schuman Vol. 1, Bruxelles, Frankfurt am Main, PIE Peter Lang, 2008. (ISBN 978-90-5201-423-4).
  • Yves Bertoncini, Thierry Chopin, Anne Dulphy, Sylvain Kahn, Christine Manigand (dir.), Dictionnaire critique de l’Union européenne, Paris, Armand Colin, 2008.
  • Gérard Bossuat, Les fondateurs de l’Europe unie, Paris, Belin coll. Belin sup, 2001 (ISBN 978-2701129624).
  • Paul F. Smets et Mathieu Ryckewaert (dir.), Les Pères de l'Europe : cinquante ans après, perspectives sur l'engagement européen, Emile Bruylant, coll. Bibliothèque de la Fondation Paul-Henri Spaak, Bruxelles, 2001 (ISBN 978-2802714439)
  • Gilles Férréol (dir.), Jean-Yves Beloeil-Benoist, Marc Blanquet, Dominique Breillat et Noël Flageul, Dictionnaire de l'Union européenne, Armand Colin, coll. Dictionnaires, Paris, 2000 (ISBN 978-2200261122).
  • Christophe Réveillard, Sur quelques mythes de l'Europe communautaire, François-Xavier de Guibert, Paris, 1998.
  • Jean-Dominique Durand, L’Europe de la démocratie chrétienne, Bruxelles, Complexe, 1995.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]