Pèlerins d'Arès

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Les Pèlerins d'Arès est l'appellation d'un nouveau mouvement religieux[1] fondé en 1974 par le Français Michel Potay. Ce mouvement doit son nom à la localité d'Arès, en Gironde, lieu où Michel Potay aurait reçu des révélations du Christ puis de Dieu. À partir de ces événements, il publie « La Révélation d'Arès », publication qui donne lieu à un pèlerinage, d'abord spontané, puis organisé à partir de 1978. Dès lors, Il s'est créé une soixantaine d'associations liées à cette foi en France, dans une vingtaine de villes françaises. La MIVILUDES, dans son rapport annuel de 2005, définit les Pèlerins d'Arès comme un « mouvement guérisseur d'inspiration religieuse »[2]. L'historien des religions Jean-François Mayer y voit un « monothéisme dans la ligne de la tradition abrahamique »[3]. Les Pèlerins d'Arès se définissent comme étant un mouvement spirituel[4].

Origine des Pèlerins d'Arès[modifier | modifier le code]

Selon son récit autobiographique[5], Michel Potay (aussi communément appelé frère Michel)[6] est né en 1929 à Suresnes, près de Paris. Physicien de formation, d'abord ingénieur en 1955, puis directeur d'usine d'unités de transfert thermique pour l'industrie chimique de 1958 à 1965 à Paris puis à Lyon. Né dans une famille marxiste, il votera lui-même communiste jusqu'en 1988[7]. Au début des années 1960, il commence à douter de l'objectivité et des vérités du marxisme, il décide de prendre un congé sabbatique et se livre à une recherche philosophique dans divers domaines.

Il s'intéresse un temps à l'ésotérisme (voyance occulte), en fondant sa propre pratique basée sur les théories des occultistes de la fin du XIXe siècle et sur les « pouvoirs secrets de l'homme », en faisant référence aux expériences télépathiques menées par la marine américaine. Il ouvre à Lyon, sous le nom de Michael Berkeley, un cabinet d'occultiste et de psychothérapeute où il pratique la voyance, le magnétisme curatif et la télékinésie[8].

Il se marie à Bourges en 1968 avec Christiane Négaret, de cette union naissent trois filles, Nina (1969), Anne (1970) et Sara (1975).

Il se convertit à la foi chrétienne en rejoignant l'Église orthodoxe. En 1971 il se rattache à l'Église vivante proche de l'URSS. Il est ordonné prêtre par cette congrégation, puis consacré évêque d'un diocèse missionnaire. Depuis Bourges, il tente un rapprochement avec d'autres Églises marginales (Église du Christ rénovée de l'antipape Clément XV, chapelle Sainte-Marie de Mgr Maurice Cantor , etc.). En 1973, il abandonne l'Église vivante par refus d'allégeance à l'URSS[8]. Michel Potay s'installe à Arès. Surnommé « le pope », sa réputation de guérisseur fut connue au sein de la population locale[9]. Il souhaite y faire l'expérience de la « Chrétienté originelle », tout en adjoignant à ses références orthodoxes des références orientalisantes (philosophie et acupuncture chinoise) et ésotériques.

« La Révélation d'Arès » décrit deux événements surnaturels qu'aurait vécu Michel Potay : 39 ou 40 apparitions de Jésus du 15 janvier au 13 avril 1974 et 5 théophanies (manifestations directes du Créateur) du 2 octobre au 22 novembre 1977 et publie intégralement les messages transmis sur place à Michel Potay.

En 1974, il édite seul L'Évangile donné à Arès en 12 000 exemplaires[10], Le Livre en 1978, puis l'ensemble en un ouvrage unique pour la première fois en 1983. Selon le blog[11] de Michel Potay, "La Révélation d'Arès en français circule à quelques 330.000 exemplaires actuellement. "

Ces événements surnaturels auraient eu lieu à Arès. Depuis, Les Pèlerins d'Arès s'y rendent en pèlerinage. Selon Michel Potay, ce nom fut d'abord un sobriquet utilisé à leur égard à partir de 1975 par la population locale [12]. Michel Potay quitte l'église et se consacre à la prédication, le mouvement des Pèlerins d'Arès se constitue progressivement un peu partout en France et hors de France.

La Révélation d'Arès[modifier | modifier le code]

Couverture du livre La Révélation D'Arès

La Révélation d'Arès a deux parties : le message qui, selon Michel Potay, lui aurait été donné par Jésus en 1974 et intitulé « L'Évangile Donné à Arès » (première édition 1974), et le message qui lui aurait été donné par Dieu en 1977 et intitulé « Le Livre » (première édition 1978). La foi, les valeurs morales et la mission des Pèlerins d'Arès se fondent sur ce texte. La Révélation d'Arès est diffusée à environ 230 000 exemplaires[10], avant la parution de son édition de 2009, dite "populaire"[réf. nécessaire].

L'ouvrage place la pratique de l'amour du prochain, du pardon, de la paix, de l'intelligence et de la liberté spirituelles au-dessus des valeurs de gouvernement et de loi[13]. Le concept de "pénitence" y perdrait son sens traditionnel de punition ou de remords pour prendre celui de "joie de changer sa vie en Bien"[14] et de re-création de soi par la bonté[15]. La Révélation d'Arès déclare que le salut ne dépend pas de ce que l'on croit, mais du bien que l'on fait : « l'homme qui aime, qui pardonne, qui fuit le mensonge, qui combat ses préjugés envers les autres, bref l'homme, qu'il soit croyant ou non, qui devient bon ou pénitent, crée son âme » (17/4-7 et XXXIX)[16]. L'ouvrage incite à dépasser les systèmes religieux et politiques et à établir une équité universelle par delà les différences de croyances. Selon Michel Potay, le verset central de La Révélation d'Arès est « La Vérité est que le monde doit changer » (28/7)[17].

Le discours de la première partie, « L'Évangile », en français usuel, est attribué à Jésus. Jésus se serait présenté physiquement à Michel Potay, et lui aurait dicté un évangile complet, en une quarantaine de séances nocturnes pendant la période du 14 janvier au 13 avril 1974. La deuxième partie, « Le Livre », attribué à « un bâton de lumière d'où sort la voix du Créateur » lors des nuits des 2, 9, 19 octobre, puis celles des 9 et 22 novembre 1977[18] », est présentée par Michel Potay comme « l'Antidiscours »[19] et qualifie le langage de « lapidaire », car dénué de tout artifice littéraire.

Systématiquement nocturnes, ces rencontres auraient toujours eu lieu sans témoins, Michel Potay expliquant son incapacité à réveiller les membres de sa famille, alors « léthargiques ». Michel Potay raconte avoir cru pendant un temps recevoir une révélation à titre personnel, mais rapidement, il comprit sa responsabilité de prophète. "Potentiellement tous les Pèlerins d'Arès et même tous les hommes de Bien sont des prophètes en puissance…" (Michel Potay)[20]. "Frère Michel ne s'est pas mis au centre et a évité de se faire révérer comme le prophète qui serait le sceau de la révélation de Dieu."[21]

Cette révélation n'aurait pas laissé insensibles de nombreux croyants de confessions musulmane, protestante, catholique ou juive, qui l'ont adoptée pleinement comme un état d’esprit, comme une direction de certitude, et non pas comme une religion au sens littéral ou figé du terme, « La Révélation d’Arès » n’ayant pas pour vocation d’être une religion, c’est-à-dire une foi et un culte régis par une institution[22].

Foi, et pratiques spirituelles[modifier | modifier le code]

Lieu de prière pour les Pèlerins d' Arès.

Principe[modifier | modifier le code]

Le mouvement des Pèlerins d'Arès est présenté par Jean-François Mayer[3] comme un monothéisme associé à la « ligne de la tradition abrahamique ». Ses adeptes croient aux écritures bibliques et coraniques. Leur foi est influencée par l'islam[10], le Coran étant considéré comme l'une des plus récentes révélations divines parmi les écritures monothéistes précédant La Révélation d'Arès. En revanche, ils doutent de l'authenticité de certains livres de la Bible[23] et rejettent l'Évangile de Jean[10]. Ils récusent également le concept de Trinité chrétienne, la filiation de Dieu en Jésus[24] : « Le sang de Jésus sur la croix n’a sauvé personne ; la croix ne fut que l’instrument d’un crime ; l’idée que le père aimant ferait torturer un homme à mort pour être propice aux autres hommes est absurde et païenne. Seule sauve la mise en pratique de la Parole transmise par Jésus et pas tous les prophètes. L’homme se sauve lui-même par l’action dynamique, créatrice de changer sa vie et le monde, actions spontanément soutenues par le Père[25].», ils rejettent le culte des saints[10] mais croient à la virginité de Marie, à l'enfer et à la résurrection des justes[26]. Les Pèlerins d'Arès perçoivent les enseignements divins comme étant livrés aux humains par étapes : un prophète/messager est « suscité » par Dieu pour rappeler aux hommes la parole divine, pour apporter des corrections à l'interprétation des révélations précédentes, et compléter leurs enseignements. La Révélation d'Arès est perçue par les Pèlerins comme étant la version la plus récente des paroles que Dieu ait adressées à l'humanité, et Michel Potay comme le prophète actuel. Très tôt, dans la partie L'évangile, est indiqué que d'autres révélations semblables ont eu lieu dans le passé : « J’ai voulu parler par d’autres en grand nombre mais ils se sont dérobés ; craintifs, ils n’ont pas pu sortir du monde, se distinguer du monde, monter sur Mon Parvis pour s’adresser à lui en Mon Nom, craignant les incrédules et les moqueurs...» (L'Évangile 2/16-18). La Révélation d'Arès demanderait un redémarrage du "christianisme simple et vrai" du Sermon sur la Montagne (Matthieu ch.5 à 7), puisque, selon elle, cet enseignement de Jésus n'a jamais été appliqué à l'échelle sociale. Ce christianisme "pur" - hors de toute religion - est selon les Pèlerins d'Arès : la recréation dynamique et permanente du bien en soi et dans la société[15].

Le croyant rejette tout système de soumission, incluant les structures ecclésiastiques et les systèmes politiques[10], respectivement nommés « le roi blanc », terme qui indique toute puissance religieuse[27], et « le roi noir », sa contrepartie laïque (puissance civile, culturelle, idéologique)[28]. Ces deux entités sont perçues comme ennemies de l'individu[29]."Pas de Bien absolu sans liberté absolue"[30]. Michel Potay définit les pèlerins d'Arès comme « une anarchie de pénitents[31]. ». Selon les croyances des pèlerins d'Arès, Adam n’est pas un individu mais une population d’humains. Eden (ou le Royaume dont parlait Jésus) n'est pas une ère géographique, mais la vie transfigurée. C’est à ce plan édénique qu’Adam aurait renoncé, préférant le monde actuel, qui procure un bonheur éphémère, au prix du mal, de la souffrance et de la mort[32],[33].

Cette théologie est dualiste, opposant le « Bien » au « Mal »[33] ce dernier pouvant se personnifier sous la forme d'« un être invisible maléfique, indépendant[33] », appelé par M. Potay : « un tentateur, le Noir[33]. » Au cours de l'année 1974, il affirme ainsi avoir été « pratiquement chaque jour tourmenté par le démon[3]. » La doctrine arésienne invite donc les hommes à rejeter le mal et à faire le bien[10]. La violence est totalement rejetée[34]. Les Pèlerins d'Arès espèrent convertir un nombre suffisant de personnes pour pouvoir faire « pencher la balance » du côté du bien, et ainsi changer la façon dont la Création évolue et gagner l'immortalité.

Pour les pèlerins d'Arès, l'âme humaine n'est pas innée[35],[32], elle s'acquiert au cours de la vie et croît en fonction des actes, le péché l’abîmant ou la détruisant, la vertu en favorisant la croissance[33]. Dans la foi arésienne, vivre dans la « pénitence » est une notion centrale, quoiqu'elle ne revêt pas le sens de remords et d'autopunition. Elle consiste selon eux à se conformer à des principes et vertus, à faire le bien, par un effort de volonté, à se changer individuellement pour participer au « changement du monde » préconisé[36]. Ainsi, même l'athéisme est préférable à la croyance "nuisible". "Mieux vaut un impie faste qu'un pieu néfaste"[37].

La guérison des malades par l'imposition des mains est un commandement de la Révélation d'Arès : « Ta force guérira les malades. [...] Tu imposeras les mains aux malades. Tu en traiteras de toutes les manières de ton art. » Ceci découle de la conception arésienne selon laquelle l'homme possède un pouvoir d'action sur la création, et rejoint les influences occultistes qui ont imprégné le parcours spirituel de Michel Potay. Ses capacités de guérison ont ainsi été présentées sur les tracts publicitaires que distribuent parfois les pèlerins, signalant « ses travaux quasiment miraculeux pour les malades et les réprouvés[10]. » Cependant si "En 1978 encore, on pouvait lire dans le Pèlerin d'Arès : "Le Frère Michel prie et souffre lui-même pour les souffrants (et si) durant plusieurs années, le périodique comprenait fréquemment une rubrique intitulée "Mais l'évidence des miracles est là ! Cette rubrique a cependant disparu ces dernières années." (Michel Potay et la Révélation d'Arès, Jean-François meyer, Les trois Normes, 1990)[38]

Selon le Guide Almora de la Spiritualté : "La place de la femme dans ces diverses religions (monothéistes) est ici clairement rétablie"[21].Selon Michel Potay, l'aspect maternel du Divin est remis à l'honneur parce que considéré au-delà du sexe[39],[40].

Rites et pratiques[modifier | modifier le code]

Le mouvement a plusieurs rites. Le seul rite très majoritairement pratiqué est la prière Père de l'Univers, version corrigée du Notre Père chrétien, prononcé trois fois par jour et une fois la nuit. Cette prière s'effectue tourné vers Arès, considéré comme nouveau lieu saint après Jérusalem[23]. Le mouvement a tenté l'élaboration de rituels propres aux pèlerins, mais dans cette foi rejetant le dogme[réf. nécessaire], leur diffusion au sein du mouvement rencontre une forte résistance[10], à l'exception de la moisson qui n'est pas un rituel à proprement parler.

La Moisson[modifier | modifier le code]

La moisson désigne l'action de prosélytisme pour diffuser le message donné à Arès[41]. Selon Les Pèlerins d'Arès, l'action de la moisson est d'encourager d'autres hommes à se créer bons afin de rendre la bonté contagieuse et ceci en se basant notamment sur un discours de Jesus : « Nul ne se sauve sans vouloir sauver d'autres hommes»[42]. Le prosélytisme est une activité essentielle pour les Pèlerins d'Arès. La moisson des pénitents, ou moisson tout court, mot qui dans La Révélation d'Arès signifie apostolat, constitue la pratique spirituelle la plus active et la plus répandue, reconnue comme prioritaire. Elle peut se faire de différentes manières comme par le biais de la chanson (groupe français de musique funk : Pious Gens[43] etc), ou par le biais de l'art (Image and Likeness, Peter and Rosie - New Zealand[44] etc.), bien souvent elle se fait par une simple conversation d'individu à individu. La raison invoquée est que la foi générée par La Révélation d'Arès trouve son accomplissement dans la transmission de l'appel lancé par Jésus et Dieu. Les pèlerins reproduisent ainsi ce qu'auraient fait Jésus, et le Créateur, en 1974 et 1977 en rappelant aux hommes qu'ils doivent changer leur vie en bien[45] et que, par le cumul des changements personnels, le monde changera à son tour[46].

La Mémoire du Sacrifice[modifier | modifier le code]

Ce rite rappelle le sacrifice de Dieu à sa création. Le croyant tient table ouverte, soit chez lui, soit au cours d'une réunion d'assemblée. La table du mémorial est dressée, et le pénitent prépare pain, vin et huile pour tous. Ce « partage de la table » représente le « sacrifice du temps libre de chacun à la mission »[3].

Les épousailles[modifier | modifier le code]

Pour les pèlerins d'Arès, les épousailles sont l'engagement que prennent deux fiancés pénitents et moissonneurs, qui s'aiment et qui aiment tous les hommes. Le jour de ses épousailles, le marié fait Mémoire du Sacrifice pour l'assemblée. Les deux fiancés conduisent la prière, s'abstiennent de consommer des boissons alcoolisées, et servent leurs invités. Au travers de cette cérémonie, le couple est uni par Dieu, représenté par l'assemblée qui prie avec eux[47]. Le principe de cette cérémonie est de montrer que seul Dieu est garant de cette union et qu'elle contribue au changement du monde[48]. Des épousailles ont été célébrées dans quelques assemblées locales.

Le baptême[modifier | modifier le code]

Les pèlerins reconnaissent Jean le Baptiste, mais le baptême n'est pas particulièrement prescrit. Ils ne reconnaissent pas les vertus supposées de l'eau bénite, et la dénoncent comme une œuvre de charlatan[49]. Si un pèlerin souhaite être baptisé, de l'eau est utilisée comme symbole d'une eau divine que les élus connaîtront après leur mort[3].

Les funérailles[modifier | modifier le code]

Le « rite » des funérailles est décrit comme une cérémonie pour les vivants, mais qui n'influe pas sur l'âme du mort. Le faste est rejeté. Ceux qui ont commémoré le Sacrifice sont enterrés vêtus de leur tunique et enroulés dans le linceul de la nappe de table qu'ils utilisaient.

la célébration du septième jour[modifier | modifier le code]

Cette célébration se rapporte au 7e jour de la création, dans la genèse, mais elle peut être mobile et pas nécessairement pratiquée le dimanche.

Organisation et taille du mouvement[modifier | modifier le code]

La Révélation d'Arès et le prophète, Michel Potay, sont au centre du mouvement. L'Association pour la diffusion internationale de la Révélation d'Arès (ADIRA)[50] édite la Révélation d'Arès et les membres du mouvement fournissent les librairies et bibliothèques. Divers périodiques : Le pèlerin d'Arès, Frères de l'aube[51],« l’Egala’h », le « Bul’fda »[52] et tracts sont diffusés de la même façon par la structure associative[10].

Mayer note une tendance à la sacralisation de Michel Potay, mais après s'être beaucoup investi dans les conférences et réunions, il se fait plus discret. Selon Chantin, la poursuite du mouvement est donc principalement le fait des croyants eux-mêmes[10].

Selon diverses estimations extérieures et critiques, le mouvement compterait « entre 500 et 2 000 adeptes »[53] ou « 5 000 membres »[54]. Selon une association chrétienne critique du mouvement, « Les Pèlerins d’Arès vivent tantôt isolés, tantôt en groupes ou missions. Légalement, ils forment des assemblées régionales comme « Les Ouvriers de la Moisson », « L’œil s’ouvre » (créée à Bordeaux le 4 mars 1987, dissoute en 2001), « Les Frères de l’Aube », « Les Torrents » (créé à Paris en 1989) ; ou des associations plus larges, comme « L’Œuvre du Pèlerinage d’Arès » ». Toujours selon cette même association, les Pèlerins d’Arès développeraient des missions en Allemagne, en Belgique (Liège), en France, en Grande-Bretagne, en Hongrie, en Irlande, en Pologne, en Russie et en Suisse (Genève, Neuchâtel, Zurich). Le mouvement arésien commencerait à s'étendre en dehors d'Europe, avec des membres en Afrique, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Amérique (États-Unis et Canada)[54].

Les assemblées[modifier | modifier le code]

Les Pèlerins d'Arès se disent croyants libres, se regroupent en «assemblées». Ils créent aussi des associations selon la Loi de 1901 pour leurs différentes activités. La première assemblée fut fondée à Bordeaux, en 1976, suivie par une seconde à Paris en 1978[10]. Il s'est créé une soixantaine d'associations liées à cette foi en France, dans une vingtaine de villes françaises[10].

Le Pèlerinage d'Arès[modifier | modifier le code]

Depuis 1974, le Pèlerinage d'Arès consiste à se rendre à la Maison de la Sainte Parole, le lieu des théophanies, pour y prier et recevoir Le Feu, un renforcement de sa foi[3]. Les Pèlerins d'Arès y pratiquent la prière « libre », qui consiste à psalmodier à mi-voix des extraits des livres sacrés : Bible, Coran et Révélation d'Arès[3],[55]. Le pèlerinage, accessible librement et gratuitement, auquel se consacre entièrement l'association L'Œuvre du Pèlerinage d'Arès[56], a lieu chaque année en été pendant six semaines[3].

Pour y avoir accès, un Pèlerin d'Arès présent à l'accueil, pose trois questions à la nouvelle personne qui entre prier :

  • « Croyez-vous que la Bible, le Coran et la Révélation d'Arès viennent de Dieu ? »
  • « Aimez-vous tous les hommes ? »
  • « Pardonnez-vous les offenses ? »

Elle peut alors pénétrer dans la Maison de la Sainte Parole, en se déchaussant et en revêtant une tunique blanche. S'il le souhaite, le Pèlerin d'Arès peut placer sa main sur le bas du front, et se prosterner pour embrasser le sol[10],[55].

Selon Michel Potay, le Pèlerinage d'Arès est à part. Il abolirait tout ce qu'instrumentalisent les religions dans leurs pèlerinages nombreux sur terre. Selon lui, « La vie spirituelle, la pénitence, le Pèlerinage ne sont pas des actes accomplis à côté de la vie courante. Ils sont la vie courante pour un Pèlerin d'Arès. La vie spirituelle n'est pas comme la religion quelque chose ressortissant de la pensée. C'est la vie tout court. »[57] Le Pèlerinage d'Arès serait ainsi ouvert à tous les humains, de toutes convictions. Un lieu pour penser ou prier : « C'est un pèlerinage au fond de soi, une quête de la nécessité d'aimer, de pardonner, de faire la paix, de se rendre libre du monde extérieur, mais non un pèlerinage à des reliques miraculeuses »[58]. Même si, toujours selon Michel Potay, « des miracles se produisent parfois à Arès comme n'importe où dans le monde, ils sont dus au rayonnement bénéfique et recréateur d'hommes bons concentrés à cet endroit. »

La Maison de la Révélation, quant à elle, est le lieu où Jésus serait apparu en 1974. Il y a une dizaine d'années, au cours du pèlerinage, des colloques et exposés, des missions publiques et des projections de films y étaient organisés[54].

Financement[modifier | modifier le code]

Le mouvement est financé par les dons des pèlerins d'Arès, une demi-dîme, (5 % de leurs revenus), versée directement à Michel Potay[59]. Elle est, selon le mouvement, facultative et laissée à la conscience de chacun[60]. Michel Potay déclare ensuite répartir les dons[61] entre l'entretien des locaux du lieu de pèlerinage à Arès (accessible gratuitement), la diffusion mondiale de l'ouvrage La Révélation d'Arès et les locaux régionaux des Pèlerins d'Arès.

Controverses autour de l'accusation de secte[modifier | modifier le code]

Une des associations, L'Œil S'Ouvre, fondée en 1987 à Bordeaux, a été citée en 1995 dans le rapport de la commission parlementaire sur les sectes en France[53], dans la catégorie « mouvements sectaires de 500 à 2 000 adeptes », parmi les 173 sectes qui présenteraient des caractères de dangerosité[62]. Le rapport classe cette association comme secte de type dominant 'apocalyptique', et de type associé 'guérisseur'. L'association L'Œil S'Ouvre s'est dissoute en 2001[63].

Le rapport annuel de 2005 de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) cite l’exemple des pèlerins d’Arès, dans son chapitre consacré aux «risques induits par les pratiques de soins et de guérison des groupes a caractères sectaires»[64] et constate que le « mouvement guérisseur d’inspiration religieuse, les Pèlerins d’Arès, semble retrouver un regain d’activité dans la capitale via son siège « l’Eau bleue » où se tiennent des conférences régulières avec distribution de tracts promotionnels."[65].

Selon l'UNADFI, dans son magazine Bulles no 65 de 2000[66] : « Si Arès prétend être ni une secte, ni une Église, comment ne pas s’interroger sur la révélation particulière gardée secrète, sur l’utopie d’un rassemblement universel sur terre, sur la violence des critiques relatives à la société actuelle, au religieux et au politique ? ».

Pour Jean-François Mayer : « La Révélation d’Arès ne peut être qualifiée de « secte chrétienne ». Une autre réalité émerge. Si elle survit, elle pourrait devenir une tradition religieuse indépendante.»[67]

Pour Mourad Faher, ces études manqueraient d'objectivité : « Mais avant que cette question de la Révélation d’Arès n’ait pu correctement parvenir à la connaissance du public, pour donner l’occasion à un débat contradictoire et à une analyse objective et non partisane, l’UNADFI s’est empressé de publier, dans un de ses bulletins de liaison pour l’étude des sectes (no 65, 1er trimestre 2000), des informations qui pèchent malheureusement par leur indigence et s’avèrent davantage être une alerte par souci de protection contre les dérives des sectes dont on ne sait plus qui est qui, que le produit d’une étude sérieuse sur les circonstances, le contenu ou la portée de la Révélation d’Arès[22]».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres de Michel Potay[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Jean-François Mayer[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Mayer et Reender Kranenborg, La naissance des nouvelles religions, Genève, Georg Editeur,‎ 23 août 2004, 212 p. (ISBN 2825708771, présentation en ligne), « La Révélation d'Arès, nouvelle voie spirituelle née en France », p. 123-143

Autres auteurs[modifier | modifier le code]

  • Dominique Avon (dir.), Michel Fourcade (dir.) et Jean-Pierre Chantin, Un nouvel âge de la théologie ? 1965-1980 : Colloque de Montpellier, juin 2007, Paris, Karthala, coll. « Signe des Temps »,‎ décembre 2009, 432 p. (ISBN 978-2-8111-0278-4, présentation en ligne), chap. 19 (« Théologies Sauvages ? Les “nouveaux mouvements religieux” et leurs discours sur le divin »)
  • (en) J. Gordon Melton (dir.), Martin Baumann (dir.), David B. Barrett, Donald Wiebe et Diana Eck, Religions of the world : a comprehensive encyclopedia of beliefs and practices, vol. 1 / 4, Santa Barbara, Calif., ABC-CLIO,‎ septembre 2002, relié, lxxx, 1507 p. (ISBN 1576072231, présentation en ligne), « Arès Pilgrims », p. 71-72

Références de la lutte antisectes[modifier | modifier le code]

  • « Circulaire du ministère de l'Intérieur sur la « Lutte contre les agissement répréhensibles des mouvements sectaires » », Courrier Juridique des Affaires sociales, no mai-juin 1998,‎ 20 décembre 1999, p. 2

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les mutations transatlantiques des religions publié par Christian Lerat, Bernadette Rigal-Cellard, p. 270 «Le mouvement des pèlerins d'arès souhaite depuis longtemps diffuser le message arésien aux États-Unis (...) même si des nouveaux mouvements religieux se sentent aussi une vocation à dépasser les frontières de l'ancien monde, leur exportation vers les États-Unis ne semble pas aussi aisée que celle des mouvements américains vers l'Europe»
  2. Rapport au Premier ministre, Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, année 2005 p. 53
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Michel Potay et la Révélation d'Arès, Fribourg (Suisse), Les Trois Nornes, 1990
  4. www.revelation-ares.info
  5. Potay 2001, Mon histoire
  6. http://www.revelation-ares.info/la-revelation-dares/son-temoin/
  7. Mayer 1990, note 61, p. 55
  8. a et b Chantin 2004, p. 93
  9. Mayer, les Trois Nornes, p. 48
  10. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Chantin 2004, p. 94-98
  11. http://www.freesoulblog.net/jNI/jNItv.html - 05nov13 Réponse au commentaire : 149C64
  12. "Les Pèlerins d'Arès… c'est quoi?"
  13. Potay 1992, p. 74-76
  14. très nombreuses références à cette pénitence dans l'Évangile donné à Arès
  15. a et b http://www.revelation-ares.info/son-message/
  16. L'évangile donné à Arès - veillée 17/4-7 et Le Livre XXXIX
  17. Potay, Michel, « Le monde changé »,‎ 2008 (consulté le 2009-06-23)
  18. [1]
  19. Le Livre, Préface de l'édition de 1984
  20. http://freesoulblog.net/jND/jNDtv.html
  21. a et b chapitre "Révélations" : article "La révélation d'Arès", page 320; Guide Almora de la Spiritualté; David Dubois, Docteur en philosophie et Serge Durand, professeur de philosophie, Almora, 2012
  22. a et b Mourad Faher - Approche critique des représentations de l'Islam contemporain - p. 115
  23. a et b Mayer 2006
  24. Mayer 1990, p. 14-15
  25. Mourad Faher - Approche critique des représentations de l'Islam contemporain p. 119
  26. J.P. Chantin, citant J.F. Meyer. Jean-Pierre Chantin 2004, p. 95
  27. Le Livre IX/3-8, XIII/20-23
  28. Le Livre X/6
  29. Firth 2003, p. 33« "The Gospel delivered in Arès" is sharply more explicit and emphatic in condemning, as ennemies of individualism, both the black king (Caesar, the sword) and the white king (institutional religion, the witch doctor.) »
  30. http://michelpotay.info/RevelationdAres2009-evangile.p37.html
  31. Michel Potay, « Le nouveau roi noir de Paris », Blog public Le pèlerin d'Arès,‎ 14 mai 2007 (consulté le 5 janvier 2008) : « À qui me demande : « Que sont, en deux mots, les Pèlerins d'Arès ? » est-ce que je ne réponds pas : « Une anarchie de pénitents » ? », p. 58C26
  32. a et b Potay, Michel, « Fins dernières »,‎ 2008 (consulté le 23 juin 2009)
  33. a, b, c, d et e La R.D’A. 1995, appendice « Nous croyons. Nous ne croyons pas », p. 718–767
  34. http://michelpotay.info/RevelationdAres2009-evangile.p75.html.
  35. « Nous croyons qu’en sortant du ventre de la mère l’humain n’a pas d’âme – l’ha. Il n’a qu’un corps et un esprit. » La R.D’A. 1995, appendice « Nous croyons. Nous ne croyons pas », p. 718–767
  36. Potay, Michel, « Action sur soi »,‎ 2008 (consulté le 23 juin 2009)
  37. http://michelpotay.info/RevelationdAres2009-evangile.p67.html.
  38. http://htba.free.fr/integral/Mayer.pdf
  39. http://michelpotay.info/RevelationdAres2009-evangile.p80.html.
  40. http://michelpotay.info/RevelationdAres2009-evangile.p81.html.
  41. L'Évangile donné à Arès, 38/2-6
  42. http://www.eaubleue.org/eau-bleue.php?page=qui
  43. http://freesoulblog.net/jJG/jJGtv.html
  44. http://peterandrosielaszlo.blogspot.fr/2012/05/garden-never-fades-in-dunedin.html
  45. L'Évangile donné à Arès, 30/11
  46. L'Évangile donné à Arès, 28/7
  47. Le pèlerin d'Arès 1989, Épousailles
  48. L'Évangile donné à Arès, veillée 33
  49. L'Évangile donné à Arès, 20/3,6, et 33/20
  50. A.D.I.R.A. (Association pour la Diffusion Internationale de la Révélation d'Arès)
  51. Un groupe parisien diffuse ainsi, depuis 1988, le périodique Frères de l'aube, « Bulletin d'information et de liaison pour l'émergence d'une humanité nouvelle » P.Chantin
  52. « l’Egala’h », bulletin de liaison entre les pèlerins de France et ceux des pays francophones, le « Bul’fda » bulletin de liaison entre les frères de l‘Aube. prevensectes.com
  53. a et b Rapport no 2468 de la commission parlementaire sur les sectes en France, 1995
  54. a, b et c Vigi-Sectes 2007
  55. a et b Melton 2002, p. 71
  56. Potay, Michel, « Pèlerinage: info pratique »,‎ 2008 (consulté le 2009-06-23)
  57. http://www.freesoulblog.net/jLI/jLItv.html
  58. http://freesoulblog.net/jIG/jIGtv.html
  59. Voir l’Évangile donné à Arès, chapitre 34 verset 6 : « J'établirai pour toi la demi-dîme pour redevance, tes fidèles te la verseront en œuvre pieuse; celui qui recevra cent valeurs t'en remettra cinq, et ce qu'il te versera c'est à Moi qu'il le versera »
  60. Évangile donné à Arès verset 34/6 : "Comme tout ce que recommande le créateur, cette demi-dîme n'est pas obligatoire et est laissée à la conscience de chacun"
  61. http://www.michelpotay.info/Pelerins_Ares_media.html
  62. Les rapports parlementaires n'ont qu'une valeur consultative : circulaire du ministère de l'Intérieur sur la « Lutte contre les agissements répréhensibles des mouvements sectaires »
  63. Déclaration de dissolution de l'association le 11 mai 2001, parution au Journal Officiel no 20010023
  64. MIVILUDES 2005, p. 27-60
  65. MIVILUDES 2005, p. 53
  66. QUE SAIT-ON DE.... ? ARES
  67. Jean-François Mayer, « La naissance de nouvelles religions », Sciences humaines, vol. Les Grands Dossiers, no 5,‎ décembre 2006 (lire en ligne)