Pèlerins d'Arès
Les Pèlerins d'Arès est l'appellation d'un nouveau mouvement religieux fondé en 1974 par le Français Michel Potay. Ce mouvement doit son nom à la localité d'Arès, en Gironde, lieu où Michel Potay aurait reçu des révélations du Christ puis de Dieu. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), dans son rapport annuel de 2005, définit les Pèlerins d'Arès comme un « mouvement guérisseur d'inspiration religieuse »[1]. L'historien des religions Jean-François Mayer y voit un « monothéisme dans la ligne de la tradition abrahamique »[2].
Sommaire |
Origine des Pèlerins d'Arès [modifier]
Michel Potay est né en 1929 à Suresnes, près de Paris. Physicien de formation, d'abord ingénieur en 1955, puis directeur d'usine de 1958 à 1965 à Paris puis à Lyon, il décide ensuite de quitter l'industrie. Né dans une famille marxiste[3], il votera lui-même communiste jusqu'en 1988[4]. Au début des années 1960, il commence à douter de l'objectivité et des vérités du marxisme, et se livre à une recherche philosophique dans divers domaines.
Il s'intéresse un temps à l'ésotérisme (voyance occulte), en fondant sa propre pratique basée sur les théories des occultistes de la fin du XIXe siècle et sur les « pouvoirs secrets de l'homme », en faisant référence aux expériences télépathiques menées par la marine américaine. Il ouvre à Lyon, sous le nom de Michael Berkeley, un cabinet d'occultiste et de psychothérapeute où il pratique la voyance, le magnétisme curatif et la télékinésie[5]. Il entame ensuite une démarche religieuse et rejoint en 1969 le clergé de l'Église vivante (unique église orthodoxe reconnue officiellement auparavant en Russie entre 1922 et 1946 puis interdite dans ce pays par le dictateur Staline car jugée "trop progressiste", lequel restaura l'Eglise orthodoxe russe (actuelle) pour son "patriotisme")[6]).
En 1971 il se rattache à l'Église vivante proche de l'URSS. Il est ordonné prêtre par cette congrégation, puis consacré évêque d'un diocèse missionnaire en 1971. Depuis Bourges, il tente un rapprochement avec d'autres Églises marginales (Église du Christ rénovée de l'antipape Clément XV, chapelle Sainte-Marie de Maurice Cantor, etc.). En 1973, il abandonne l'Église vivante par refus d'allégeance à l'URSS[5]. Michel Potay s'installe à Arès. Surnommé « le pope », il souhaite y faire l'expérience de la « Chrétienté originelle », tout en adjoignant à ses références orthodoxes des références orientalisantes (philosophie et acupuncture chinoise) et ésotériques.
En 1974, il publie L'Évangile donné à Arès, édité en 12 000 exemplaires[7], Le Livre en 1978, puis l'ensemble en un ouvrage unique, La Révélation d'Arès intégrale pour la première fois en 1983. « La Révélation d'Arès » décrit deux évènements surnaturels qu'aurait vécu Michel Potay : 39 ou 40 apparitions de Jésus du 15 janvier au 13 avril 1974 et 5 théophanies (manifestations directes du Créateur) du 2 octobre au 22 novembre 1977[8], et publie intégralement les messages transmis sur place à Michel Potay.
Ces évènements surnaturels auraient eu lieu à Arès. Depuis, les croyants s'y rendent en pèlerinage. Leur nom de Pèlerins d'Arès fut d'abord un sobriquet utilisé à leur égard à partir de 1975 par la population locale [9]. Michel Potay quitte l'église et se consacre à la prédication.
La Révélation d'Arès [modifier]
La Révélation d'Arès est composée de deux parties : le message qui, selon Michel Potay lui aurait été donné par Jésus en 1974 et intitulé « L'Évangile Donné à Arès » (première édition 1974), et le message qui aurait été donné par Dieu en 1977 au même Michel Potay qui l'intitula « Le Livre » (première édition 1978). Sur ce texte se fondent la foi, les valeurs morales et la mission des Pèlerins d'Arès. La Révélation d'Arès s'est diffusée à environ 230 000 exemplaires[7], avant la parution de son édition de 2009, dite "populaire".
L'ouvrage propose de placer la pratique de l'amour du prochain, du pardon, de la paix, de l'intelligence et de la liberté spirituelles au-dessus des valeurs de gouvernement et de loi[10]. Cette pratique étant appelée "pénitence" non au sens traditionnel de punition ou de remords, mais de "joie de changer sa vie en Bien"[11]. Il incite également à dépasser les systèmes religieux et politiques et à établir une équité universelle par delà les différences de croyances. Selon Michel Potay, le verset central de La Révélation d'Arès est « La Vérité est que le monde doit changer » (28/7)[12].
Le discours de la première partie, « L'Évangile », en français usuel, est attribué à Jésus. Jésus se serait présenté physiquement à Michel Potay, et lui aurait dicté un évangile complet, en une quarantaine de séances nocturnes pendant la période du 14 janvier au 13 avril 1974. La deuxième partie, « Le Livre », attribué à « un bâton de lumière d'où sort la voix du Créateur » lors des nuits des 2, 9, 19 octobre, puis celles des 9 et 22 novembre 1977[13] », est présentée par Michel Potay comme « l'Antidiscours »[14] et qualifie le langage de « lapidaire », car dénué de tout artifice littéraire. Dans cet ouvrage, il est reproché aux humains d'avoir fait usage abusif du don de la parole abstraite, « une lame à double tranchant », et de l'avoir corrompue en bruit, ayant élaboré des subtilités de l'idiome à des fins douteuses, voire malhonnêtes[15].
Systématiquement nocturnes, ces rencontres auraient toujours eu lieu sans témoins, Michel Potay expliquant son incapacité à réveiller les membres de sa famille, alors « léthargiques ». Michel Potay raconte avoir cru pendant un temps recevoir une révélation à titre personnel, mais rapidement, il comprit sa responsabilité de prophète. (Mais) "Frère Michel ne s'est pas mis au centre et a évité de se faire révérer comme le prophète qui serait le sceau de la révélation de Dieu." (source : chapitre "Révélations" : article "La révélation d'Arès", page 320; Guide Almora de la Spiritualté; David Dubois, Docteur en philosophie et Serge Durand, professeur de philosophie, Almora, 2012).
Foi, et pratiques spirituelles [modifier]
Principe [modifier]
Le mouvement des Pèlerins d'Arès est monothéiste, associé à la « ligne de la tradition abrahamique par Jean-François Mayer[16]. » Ses adeptes croient aux écritures bibliques et coraniques, mais émettent des réserves sur l'authenticité de certains livres de la Bible[17], et l'Évangile de Jean est rejeté[7]. Ils récusent le concept de la Trinité chrétienne, la filiation de Dieu en Jésus[18], rejettent le culte des saints[7], et croient à la virginité de Marie. Des notions comme l'enfer et la résurrection des justes sont conservées[19]. La foi arésienne est influencée par l'islam[7], le Coran étant considéré comme l'une des plus récentes révélations divines parmi les écritures monothéistes précédant La Révélation d'Arès. Les Pèlerins d'Arès perçoivent les enseignements divins comme étant livrés aux humains par étapes : un prophète/messager est « suscité » par Dieu pour rappeler aux hommes la parole divine, pour apporter des corrections à l'interprétation des révélations précédentes, et compléter leurs enseignements. La Révélation d'Arès est perçue par les Pèlerins comme étant la version la plus récente des paroles que Dieu ait adressées à l'humanité, et Michel Potay comme le prophète actuel. Très tôt, dans la partie L'évangile, est indiqué que d'autres révélations semblables ont eu lieu dans le passé, « en grand nombre », mais elles n'auraient pas abouti, principalement par manque de courage du témoin choisi (L'Évangile 2/16-18).
Le croyant rejette tout système de soumission, incluant les structures ecclésiastiques et les systèmes politiques[7], respectivement nommés « le roi blanc », terme qui indique toute puissance religieuse[20], et « le roi noir », sa contrepartie laïque (puissance civile, culturelle, idéologique)[21]. Ces deux entités sont perçues comme ennemies de l'individu[22]."Pas de Bien absolu sans liberté absolue".[23]. Michel Potay définit les pèlerins d'Arès comme « une anarchie de pénitents[24]. »
Selon les croyances des pélerins d'Arès, Adam n’est pas un individu mais une population d’humains. Eden (ou le Royaume dont parlait Jésus) n'est pas une ère géographique, mais la vie transfigurée. C’est à ce plan édénique qu’Adam aurait renoncé, préférant le monde actuel, qui procure un bonheur éphémère, au prix du mal, de la souffrance et de la mort[25],[26].
Cette théologie est dualiste, et oppose le « Bien » au « Mal »[27] qui peut se personnifier sous la forme d'« un être invisible maléfique, indépendant[27] », appelé par M. Potay : « un tentateur, le Noir[27]. » Au cours de l'année 1974, il affirme ainsi avoir été « pratiquement chaque jour tourmenté par le démon[28]. » La doctrine arésienne invite donc les hommes à rejeter le mal et à faire le bien[7]. La violence est totalement rejettée.[29] les Pèlerins d'Arès espèrent convertir un nombre suffisant de personnes pour pouvoir faire « pencher la balance » du côté du bien, et ainsi changer la façon dont la Création évolue et gagner l'immortalité.
Pour les pèlerins d'Arès, l'âme humaine n'est pas innée[30],[25], elle s'acquiert au cours de la vie et croît en fonction des actes, le péché l’abîmant ou la détruisant, la vertu en favorisant la croissance[27]. Et seules les âmes « complètes » au jour de la mort formeraient les « élus ». Dans la foi arésienne, vivre dans la « pénitence » est une notion centrale, quoiqu'elle ne revêt pas le sens de remords et d'autopunition. Elle consiste selon eux à se conformer à des principes et vertus, à faire le bien, par un effort de volonté, à se changer individuellement pour participer au « changement du monde » préconisé[31]. Ainsi, même l'athéisme est préfèrable à la croyance "nuisible". "Mieux vaut un impie faste qu'un pieu néfaste".[32]
La guérison des malades par l'imposition des mains est également un commandement de la Révélation d'Arès : « Ta force guérira les malades. [...] Tu imposeras les mains aux malades. Tu en traiteras de toutes les manières de ton art. » Ceci découle de la conception arésienne selon laquelle l'homme possède un pouvoir d'action sur la création, et rejoint les influences occultistes qui ont imprégné le parcours spirituel de Michel Potay. Ses capacités de guérison ont ainsi été présentées sur les tracts publicitaires que distribuent parfois les pèlerins, signalant « ses travaux quasiment miraculeux pour les malades et les réprouvés[7]. » Cependant si "En 1978 encore, on pouvait lire dans le Pèlerin d'Arès : "Le Frère Michel prie et souffre lui-même pour les souffrants (et si) durant plusieurs années, le périodique comprenait fréquemment une rubrique intitulée "Mais l'évidence des miracles est là ! Cette rubrique a cependant disparu ces dernières années." (Michel Potay et la Révélation d'Arès, Jean-François meyer, Les trois Normes, 1990)[33]
Quant à la place de la femme dans la spiritualité exposée dans l'ouvrage La Révélation d'Arès, selon le Guide Almora de la Spiritualté : "La place de la femme dans ces diverses religions (monothéistes) est ici clairement rétablie". (source : chapitre "Révélations" : article "La révélation d'Arès", page 320; Guide Almora de la Spiritualté; David Dubois, Docteur en philosophie et Serge Durand, professeur de philosophie, Almora, 2012). L'aspect maternel du Divin est remis à l'honneur parce que considéré au-delà du sexe.[34] [35]
Rites et pratiques [modifier]
Le mouvement a plusieurs pratiques, comme la Mémoire du Sacrifice, le baptême ou les funérailles. Des épousailles ont été célébrées dans quelques assemblées locales. Le pèlerinage auquel se consacre entièrement l'association L'Œuvre du Pèlerinage d'Arès[36], a lieu chaque année en été pendant six semaines, le manque de moyens et de personnel ne permettant pas d'ouvrir le pèlerinage toute l'année[37]. Le seul rite très majoritairement pratiqué est la prière Père de l'Univers, une version corrigée du Notre Père chrétien, prononcé trois fois par jour et une fois la nuit. Lors de cette prière, certains choisissent de se tourner vers Arès, considéré comme nouveau lieu saint après Jérusalem[17].
Leprosélytisme est une activité essentielle pour les pèlerins. La moisson des pénitents, ou moisson tout court[38], constitue la pratique spirituelle la plus active et la plus répandue, reconnue comme prioritaire. Elle peut se faire de différentes manières comme par le biais de la chanson (groupe français de musique funk : PIOUS GENS etc). La raison invoquée est que la foi générée par La Révélation d'Arès trouve son accomplissement dans la transmission de l'appel lancé par Jésus et Dieu. Les pèlerins reproduisent ainsi ce qu'auraient fait Jésus, et le Créateur, lors de sa venue en 1974 et 1977 en rappelant aux hommes qu'ils doivent changer leur vie en bien[39] et que, par le cumul des changements personnels, le monde changera à son tour[40].
Le mouvement a tenté l'élaboration de rituels propres aux pèlerins, mais dans cette foi rejetant le dogme, leur diffusion au sein du mouvement rencontre une forte résistance[7], à l'exception de la moisson qui n'est pas un rituel à proprement parler :
La Moisson [modifier]
La moisson désigne l'action de prosélytisme pour diffuser le message donné à Arès[41]. Le terme Moisson est utilisé en opposition aux Semailles, qui désigne l'enseignement des Écritures[42] effectuées par les précédents prophètes et religions issues de la Bible et du Coran. Le territoire que les pèlerins moissonnent comprend les terres occupées par les chrétiens, juifs, et musulmans[43]. La Moisson s'accomplit principalement sur la voie publique.
La Mémoire du Sacrifice [modifier]
Ce rite rappelle le sacrifice de Dieu à sa création. Le croyant tient table ouverte, soit chez lui, soit au cours d'une réunion d'assemblée. La table du mémorial est dressée, et le pénitent prépare pain, vin et huile pour tous. Ce « partage de la table » représente le « sacrifice du temps libre de chacun à la mission »[44].
Les épousailles [modifier]
Pour les pèlerins d'Arès, les épousailles sont l'engagement que prennent deux fiancés pénitents et moissonneurs, qui s'aiment et qui aiment tous les hommes. Le jour de ses épousailles, le marié fait Mémoire du Sacrifice pour l'assemblée. Les deux fiancés conduisent la prière, s'abstiennent de consommer des boissons alcoolisées, et servent leurs invités. Au travers de cette cérémonie, le couple est uni par Dieu, représenté par l'assemblée qui prie avec eux[45]. Le principe de cette cérémonie est de montrer que seul Dieu est garant de cette union et qu'elle contribue au changement du monde[46].
Le baptême [modifier]
Les pèlerins reconnaissent Jean le Baptiste, mais le baptême n'est pas particulièrement prescrit. Ils ne reconnaissent pas les vertus supposées de l'eau bénite, et la dénoncent comme une œuvre de charlatan[47]. Si un pèlerin souhaite être baptisé, de l'eau est utilisée comme symbole d'une eau divine que les élus connaîtront après leur mort[48]« L'eau grasse », Le Livre, Ⅻ/16</ref>.
Les funérailles [modifier]
Le « rite » des funérailles est décrit comme une cérémonie pour les vivants, mais qui n'influe pas sur l'âme du mort. Le faste est rejeté. Ceux qui ont commémoré le Sacrifice sont enterrés vêtus de leur tunique et enroulés dans le linceul de la nappe de table qu'ils utilisaient.
la célébration du septième jour [modifier]
Cette célébration se rapporte au 7e jour de la création, dans la genèse, mais elle peut être mobile et pas nécessairement pratiquée le dimanche.
Organisation et taille du mouvement [modifier]
La Révélation d'Arès et le prophète, Michel Potay, sont au centre du mouvement. L'Association pour la diffusion internationale de la Révélation d'Arès (ADIRA)[49] édite la Révélation d'Arès et les membres du mouvement fournissent les librairies et bibliothèques. Divers périodiques : Le pèlerin d'Arès, Frères de l'aube[50],« l’Egala’h », le « Bul’fda »[51] et tracts sont diffusés de la même façon par la structure associative[7].
Mayer note une tendance à la sacralisation de Michel Potay, mais après s'être beaucoup investi dans les conférences et réunions, il se fait plus discret. Selon Chantin, la poursuite du mouvement est donc principalement le fait des croyants eux-mêmes[7].
Selon diverses estimations extérieures et critiques, le mouvement compterait « entre 500 et 2 000 adeptes »[52] ou « 5 000 membres »[53]. Selon une association chrétienne critique du mouvement, « Les Pèlerins d’Arès vivent tantôt isolés, tantôt en groupes ou missions. Légalement, ils forment des assemblées régionales comme « Les Ouvriers de la Moisson », « L’œil s’ouvre » (créée à Bordeaux le 4 mars 1987, dissoute en 2001), « Les Frères de l’Aube », « Les Torrents » (créé à Paris en 1989) ; ou des associations plus larges, comme « L’Œuvre du Pèlerinage d’Arès » ». Toujours selon cette même association, les Pèlerins d’Arès développeraient des missions en Allemagne, en Belgique (Liège), en France, en Grande-Bretagne, en Hongrie, en Irlande, en Pologne, en Russie et en Suisse (Genève, Neuchâtel, Zurich). Le mouvement arésien commencerait à s'étendre en dehors d'Europe, avec des membres en Afrique, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Amérique (États-Unis et Canada)[53].
Les assemblées [modifier]
Les Pèlerins d'Arès se disent croyants libres, se regroupent en «assemblées». Ils créent aussi des associations selon la Loi 1901 pour leurs différentes activités. La première assemblée fut fondée à Bordeaux, en 1976, suivie par une seconde à Paris en 1978[7]. Il s'est créé une soixantaine d'associations liées à cette foi en France, dans une vingtaine de villes françaises[7].
Le pèlerinage [modifier]
Depuis 1974, le pèlerinage consiste à se rendre à la Maison de la Sainte Parole, le lieu des théophanies, pour y prier et recevoir Le Feu, un renforcement de sa foi[54]. Les pèlerins y pratiquent la prière « libre », qui consiste à psalmodier à mi-voix des extraits des livres sacrés : Bible, Coran et Révélation d'Arès[55],[56].Pour avoir accès à la Maison de la Sainte Parole, chaque pèlerin doit répondre à trois questions :
- « Croyez-vous que la Bible, le Coran et la Révélation d'Arès viennent de Dieu ? »
- « Aimez-vous tous les hommes ? »
- « Pardonnez-vous les offenses ? »
Le pèlerins peuvent alors pénétrer dans la Maison de la Sainte Parole, en se déchaussant et en revêtant une tunique blanche. Il place ensuite sa main sur le bas du front, et se prosterne pour embrasser le sol[7],[56].
La Maison de la Révélation, quant à elle, est le lieu où Jésus serait apparu en 1974. Au cours du pèlerinage, des colloques et exposés, des missions publiques et des projections de films y sont organisés[53].
Financement [modifier]
Le mouvement est financé par les dons volontaires des pèlerins d'Arès, qui versent une demi-dîme (5 % de leurs revenus)[6] directement à Michel Potay qui répartit ensuite notamment les dons entre l'entretien des locaux du lieu à Arès où eurent lieu les supposées "théophanies" (accessible gratuitement), la diffusion mondiale de l'ouvrage La Révélation d'Arès et les locaux régionaux des Pélerins d'Arès.
Controverses autour de l'accusation de secte [modifier]
Une des associations, L'Œil S'Ouvre, fondée en 1987 à Bordeaux, a été citée en 1995 dans le rapport de la commission parlementaire sur les sectes en France[52], dans la catégorie « mouvements sectaires de 500 à 2 000 adeptes », parmi les 173 sectes qui présenteraient des caractères de dangerosité[57]. Le rapport classe cette association comme secte de type dominant 'apocalyptique', et de type associé 'guérisseur'. L'association L'Œil S'Ouvre s'est dissoute en 2001[58].
Le rapport annuel de 2005 de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) cite l’exemple des pèlerins d’Arès, dans son chapitre consacré aux «risques induits par les pratiques de soins et de guérison des groupes a caractères sectaires»[59] et constate que le « mouvement guérisseur d’inspiration religieuse, les Pèlerins d’Arès, semble retrouver un regain d’activité dans la capitale via son siège « l’Eau bleue » où se tiennent des conférences régulières avec distribution de tracts promotionnels. Parmi les cas de dérives avérées au sein de communautés pratiquant des rites de guérison par la prière, les communautés qui allient spiritualité et prétention thérapeutique pseudoscientifique sont certainement les plus sujettes à caution »[60].
Selon l'UNADFI, dans son magazine Bulles n° 65 de 2000[61] : « Si Arès prétend être ni une secte, ni une Église, comment ne pas s’interroger sur la révélation particulière gardée secrète, sur l’utopie d’un rassemblement universel sur terre, sur la violence des critiques relatives à la société actuelle, au religieux et au politique ? ».
Pour Jean-François Mayer : « La Révélation d’Arès ne peut être qualifiée de « secte chrétienne ». Une autre réalité émerge. Si elle survit, elle pourrait devenir une tradition religieuse indépendante.»[62]
En Belgique, la Révélation d'Arès n'a pas été citée comme secte dans le dernier rapport établi lors d'une enquête parlementaire.[63]
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
Livres de Michel Potay [modifier]
- Frère Michel Potay, La Révélation d'Arès, Arès, France, Maison de la Révélation, 2009, broché, 160 p. (ISBN 978-2-9700584-1-0) [lire en ligne] [présentation en ligne]
- Frère Michel Potay, La Révélation d'Arès intégrale, Arès, France, Maison de la Révélation, 1984 (réimpr. 1987, 1989), broché, 350 p. (ISBN 2-901821-00-6, 2-901821-02-2 et 2-901821-03-0) [présentation en ligne].
L'absence de copie numérisée disponible sur Internet est expliquée ici
- (en) Frère Michel Potay, The Revelation of Arès [« La Révélation d'Arès »], Arès, France, Maison de la Révélation, 1995, relié, 777 p. (ISBN 2-901821-07-3) (OCLC 36797899) [présentation en ligne]
- Mon histoire, sur http://www.freespirituality.net/MP-RdA/index.html Site web personnel de Michel Potay: Un pasteur pas comme les autres, mai 2001. Consulté le 2007-12-24
- Frère Michel Potay, Et ce que tu auras écrit, Arès, France, Maison de la Révélation, coll. « Le pèlerin d'Arès », 1989, broché, 370 p. (ISBN 2-901821-04-9)
- Frère Michel Potay, Et ce que tu auras écrit, Arès, France, Maison de la Révélation, coll. « Le pèlerin d'Arès », 1991-1992, broché (ISBN 2-901821-06-5)
Ouvrages de Jean-François Mayer [modifier]
- [PDF] Jean-François Mayer, Michel Potay et la Révélation d'Arès, Fribourg (Suisse), Les Trois Nornes, 1990, broché, 63 p. (ISBN 2-88210-004-3) [lire en ligne] [présentation en ligne].
trad. italienne : « Michel Potay e la rivelazione di Arès », in Massimo Introvigne (dir.), Le nuove rivelazioni, Leumann (Torino), Editrice Elle Di Ci, 1991, pp. 87-122
- Jean-François Mayer, « La naissance de nouvelles religions », Sciences humaines, no 5, décembre 2006 - février 2007 [résumé]
- Jean-François Mayer, « La « Révélation d'Arès » : naissance d'un pèlerinage dans la France contemporaine », Social Compass, vol. 48, no 1, 1er mars 2001, p. 63-75 (ISSN 0037-7686) [résumé, lien DOI]
- Jean-François Mayer et Reender Kranenborg, La naissance des nouvelles religions, Genève, Georg Editeur, 23 août 2004, 212 p. (ISBN 2825708771) [présentation en ligne], « La Révélation d'Arès, nouvelle voie spirituelle née en France », p. 123-143
Autres auteurs [modifier]
- Jean Vernette et Claire Moncelon, Dictionnaire des groupes religieux aujourd'hui, Presses universitaires de France, 2001 [présentation en ligne]
- Jean-Pierre Chantin, Des sectes dans la France contemporaine : 1905-2000, contestations ou innovations religieuses, Toulouse, Privat, coll. « Hommes et communauté », 2004, 157 p. (ISBN 978-2-7089-6855-4) [présentation en ligne]
- Dominique Avon (dir.), Michel Fourcade (dir.) et Jean-Pierre Chantin, Un nouvel âge de la théologie ? 1965-1980 : Colloque de Montpellier, juin 2007, Paris, Karthala, coll. « Signe des Temps », décembre 2009, 432 p. (ISBN 978-2-8111-0278-4) [présentation en ligne], chap. 19 (« Théologies Sauvages ? Les “nouveaux mouvements religieux” et leurs discours sur le divin »)
- (en) J. Gordon Melton (dir.), Martin Baumann (dir.), David B. Barrett, Donald Wiebe et Diana Eck, Religions of the world : a comprehensive encyclopedia of beliefs and practices, vol. 1 / 4, Santa Barbara, Calif., ABC-CLIO, septembre 2002, relié, lxxx, 1507 p. (ISBN 1576072231) [présentation en ligne], « Arès Pilgrims », p. 71-72
- (en) Brian W. Firth, The Firm League of Friendship, Oakland, Oregon, USA, Elderberry Press, mars 2003, broché, 348 p. (ISBN 1930859589) [lire en ligne] [présentation en ligne], chap. 5 (« Society and the individual »)
Références de la lutte antisectes [modifier]
- Les Pèlerins d’Arès, l'association Vigi-Sectes. Consulté le 21 décembre 2007
- [PDF] MIVILUDES, « Rapport au Premier ministre », 2005
- « Circulaire du ministère de l'Intérieur sur la « Lutte contre les agissement répréhensibles des mouvements sectaires » », Courrier Juridique des Affaires sociales, no mai-juin 1998, 20 décembre 1999, p. 2
Notes et références [modifier]
- Rapport au Premier ministre, Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, année 2005 p. 53
- Michel Potay et la Révélation d'Arès, Fribourg (Suisse), Les Trois Nornes, 1990
- Potay 2001, Mon histoire
- Mayer 1990, note 61
- Chantin 2004, p. 93
- Vernette & Moncelon 2001, p. 22
- Chantin 2004, p. 94-98
- Une voix, sortie d'un bâton de lumière, lui dicte un long message
- "Les Pèlerins d'Arès… c'est quoi?"
- Potay 1992, p. 74-76
- très nombreuses références à cette pénitence dans l'Evangile donné à Arès
- Potay, Michel, « Le monde changé », 2008. Consulté le 2009-06-23
- [1]
- Le Livre, Préface de l'édition de 1984
- Potay 1995, Le Livre, ch. Ⅶ
- Michel Potay et la Révélation d'Arès, Fribourg (Suisse), Les Trois Nornes, 1990
- Mayer 2006
- Mayer 1990, p. 14-15
- J.P. Chantin, citant J.F. Meyer. Jean-Pierre Chantin 2004, p. 95
- Le Livre IX/3-8, XIII/20-23
- Le Livre X/6
- Firth 2003, p. 33« "The Gospel delivered in Arès" is sharply more explicit and emphatic in condemning, as ennemies of individualism, both the black king (Caesar, the sword) and the white king (institutional religion, the witch doctor.) »
- http://michelpotay.info/RevelationdAres2009-evangile.p37.html
- Michel Potay, « Le nouveau roi noir de Paris », Blog public Le pèlerin d'Arès, 14 mai 2007. Mis en ligne le 7 mai 2007, consulté le 5 janvier 2008. « À qui me demande : « Que sont, en deux mots, les Pèlerins d'Arès ? » est-ce que je ne réponds pas : « Une anarchie de pénitents » ? », p. 58C26
- Potay, Michel, « Fins dernières », 2008. Consulté le 23 juin 2009
- La Révélation d'Arès, éd.1995, M. Potay, appendice « Nous croyons. Nous ne croyons pas ». p. 718 à 767
- La Révélation d'Arès, éd.1995, M. Potay, appendice « Nous croyons. Nous ne croyons pas ». pp. 718 à 767.
- Michel Potay et la Révélation d'Arès, Fribourg (Suisse), Les Trois Nornes, 1990
- http://michelpotay.info/RevelationdAres2009-evangile.p75.html.
- « Nous croyons qu’en sortant du ventre de la mère l’humain n’a pas d’âme – l’ha. Il n’a qu’un corps et un esprit. » La Révélation d'Arès, éd.1995, M. Potay, appendice « Nous croyons. Nous ne croyons pas ». pp. 718 à 767.
- Potay, Michel, « Action sur soi », 2008. Consulté le 23 juin 2009
- http://michelpotay.info/RevelationdAres2009-evangile.p67.html.
- http://htba.free.fr/integral/Mayer.pdf
- http://michelpotay.info/RevelationdAres2009-evangile.p80.html.
- http://michelpotay.info/RevelationdAres2009-evangile.p81.html.
- Potay, Michel, « Pèlerinage: info pratique », 2008. Consulté le 2009-06-23
- Michel Potay et la Révélation d'Arès, Fribourg (Suisse), Les Trois Nornes, 1990
- mot qui dans La Révélation d'Arès signifie apostolat
- L'Évangile donné à Arès, 30/11
- L'Évangile donné à Arès, 28/7
- L'Évangile donné à Arès,, 38/2-6
- L'Évangile donné à Arès,, 5/1
- Michel Potay et la Révélation d'Arès, Fribourg (Suisse), Les Trois Nornes, 1990
- Michel Potay et la Révélation d'Arès, Fribourg (Suisse), Les Trois Nornes, 1990
- Le pèlerin d'Arès 1989, Épousailles
- L'Évangile donné à Arès,, veillée 33
- L'Évangile donné à Arès,, 20/3,6, et 33/20
- Michel Potay et la Révélation d'Arès, Fribourg (Suisse), Les Trois Nornes, 1990
- A.D.I.R.A. (Association pour la Diffusion Internationale de la Révélation d'Arès)
- Un groupe parisien diffuse ainsi, depuis 1988, le périodique Frères de l'aube, « Bulletin d'information et de liaison pour l'émergence d'une humanité nouvelle » P.Chantin
- « l’Egala’h », bulletin de liaison entre les pèlerins de France et ceux des pays francophones, le « Bul’fda » bulletin de liaison entre les frères de l‘Aube. prevensectes.com
- Rapport no 2468 de la commission parlementaire sur les sectes en France, 1995
- Vigi-Sectes 2007
- Michel Potay et la Révélation d'Arès, Fribourg (Suisse), Les Trois Nornes, 1990
- Michel Potay et la Révélation d'Arès, Fribourg (Suisse), Les Trois Nornes, 1990
- Melton 2002, p. 71
- Les rapports parlementaires n'ont qu'une valeur consultative : circulaire du ministère de l'Intérieur sur la « Lutte contre les agissements répréhensibles des mouvements sectaires »
- Déclaration de dissolution de l'association le 11 mai 2001, parution au Journal Officiel no 20010023
- MIVILUDES 2005, p. 27-60
- MIVILUDES 2005, p. 53
- QUE SAIT-ON DE .... ? ARES
- La naissance de nouvelles religions Dans scienceshumaines.com
- http://www.vigi-sectes.org/rapport/rapport_belge_enquete_parlementaire.html