Pávlos de Grèce

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Pávlos de Grèce
(el) Παύλος της Ελλάδας

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Le diadoque Pávlos et son épouse.

Titres

« Diadoque de Grèce »[N 1]

Depuis le 1er juin 1973
(41 ans, 3 mois et 16 jours)

Prédécesseur Lui-même

Diadoque de Grèce

20 mai 19671er juin 1973
(6 ans, 0 mois et 12 jours)

Prédécesseur Alexía
Successeur Lui-même
Biographie
Titulature « Diadoque de Grèce »[N 1]
« Duc de Sparte »[N 2]
Prince de Danemark
Dynastie Maison de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksburg
Nom de naissance Pávlos tis Elládas
Naissance 20 mai 1967 (47 ans)
Tatoï (Grèce)
Père Constantin II
Mère Anne-Marie de Danemark
Conjoint Marie-Chantal Miller
Enfants María Olympía de Grèce
Konstantínos de Grèce
Akhilléas de Grèce
Odysséas de Grèce
Aristídis de Grèce
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Princes héritiers de Grèce

Pávlos (ou Paul) de Grèce (en grec moderne : Παύλος της Ελλάδας / Pávlos tis Elládas ou aussi Παύλος ντε Γκρέτσια / Pávlos de Grecia[N 3]) est né le 20 mai 1967 à Tatoï, au moment où la Grèce était une monarchie. Fils aîné de l’ex-roi Constantin II de Grèce, il était alors diadoque de Grèce, prince de Danemark et duc de Sparte. Il continue à faire usage de ces titres pour signifier qu'il reste l'héritier du trône depuis l'abolition de la monarchie. C'est également un homme d'affaires qui travaille dans la finance.

Famille[modifier | modifier le code]

Pávlos de Grèce est le fils aîné et le deuxième enfant du roi Constantin II de Grèce (1940) et de son épouse la princesse Anne-Marie de Danemark (1946). Il est donc à la fois le petit-fils des rois Paul Ier de Grèce (1901-1964) et Frédéric IX de Danemark (1899-1972)[1]. En tant que descendant de la « grand-mère » et du « beau-père de l'Europe », Pávlos est par ailleurs apparenté à la plupart des monarques du vieux continent.

Le 1er juillet 1995, le prince épouse, à la cathédrale orthodoxe Sainte-Sophie de Londres, la roturière anglo-américaine Marie-Chantal Miller, fille du multimillionnaire américain Robert Warren Miller (1933) et de son épouse l'équatorienne María Clara Pesantes (1940)[2].

De ce mariage, naissent plusieurs enfants[1] qui portent les titres de courtoisie de « princes de Grèce et de Danemark » :

  • María Olympía de Grèce (1996)
  • Konstantínos Aléxios de Grèce (1998)
  • Akhilléas Andréa de Grèce (2000)
  • Odysséas Kímonas de Grèce (2004)
  • Aristídis Stávros de Grèce (2008)

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et baptême[modifier | modifier le code]

La naissance du prince Pávlos, le 20 mai 1967, fait perdre à sa sœur Alexia, alors âgée de trois ans, le statut d'héritière du trône hellène[3].

Lors de son baptême, le prince reçoit pour parrains sa grand-mère, la reine douairière Frederika, et l’ensemble des membres de l'Armée grecque[4]. Un tel choix n’est pas exceptionnel puisque plusieurs autres membres de la famille royale grecque (comme la princesse Catherine[5]) ont également eu des militaires pour parrains[4].

Malgré tout, cette décision n’est pas anodine dans la mesure où la Grèce vit, depuis le 21 avril 1967, sous la Dictature des colonels et que le choix du roi peut être considéré comme une marque de reconnaissance du pouvoir militaire. C'est d’ailleurs ainsi qu’est perçue la cérémonie à l'étranger et aucun membre de la famille royale danoise ne peut assister au baptême du fait de l'opposition du gouvernement de Copenhague au régime en place à Athènes[6].

Exil[modifier | modifier le code]

Le 13 décembre 1967, le roi Constantin II organise un contre-coup d’État contre le régime militaire. Mais sa tentative échoue et la famille royale doit quitter la Grèce tandis qu'une régence est mise en place à Athènes[7]. Âgé de seulement quelques mois, le prince Pávlos part en exil en Italie : il ne revoit pas son pays avant 1981, date à laquelle il assiste aux funérailles de sa grand-mère, la reine douairière Frederika[N 4],[8].

À Rome, la famille royale réside d'abord à l'ambassade de Grèce car, même exilé, Constantin II conserve son statut royal. Puis, Pávlos, ses parents, sa sœur Alexía et son frère Nikólaos, s'installent dans un hôtel particulier, au no 13 de la Via di Porta Latina[9].

Après le référendum grec du 29 juillet 1973 et la mise en place d'une république dominée par les militaires, la situation financière de l'ancienne famille royale s’aggrave et Constantin II choisit de quitter l'Italie pour le Danemark. Mais, après presque une année passée au palais d’Amalienborg, le monarque détrôné et sa famille établissent finalement leur résidence au Royaume-Uni, à Chobham (en) puis à Hampstead[10].

Mais à la chute du régime des colonels, en juillet 1974, la monarchie est abolie. Un nouveau référendum, en décembre, confirme en effet le maintien du régime républicain en Grèce. C'est pourquoi les titres de Pávlos de Grèce sont surtout de nos jours des titres de courtoisie qui ne préjugent pas de sa situation vis-à-vis de l'État grec.

Formation[modifier | modifier le code]

Étendard personnel du diadoque de Grèce

Jusqu’en 1980, l'éducation de Pávlos est confiée à des professeurs particuliers grecs. Mais, à cette date, l'ex-roi Constantin II fonde, à Londres, où il a établi sa résidence en exil, le Collège hellénique de Londres (en) et c’est dans cette institution privée que le diadoque et ses frères et sœurs poursuivent leurs études aux côtés d’enfants de la diaspora grecque[4].

En 1984, Pávlos est envoyé poursuivre ses études au Armand Hammer United World College of the American West (en), l'une des rares écoles de la planète à suivre encore les préceptes éducatifs de Kurt Hahn. C’est dans cette école que le prince obtient son baccalauréat international en 1986[4].

Après cette date, et jusqu'en 1990, il sert comme Lieutenant dans l’armée britannique et complète sa formation militaire à l'Académie de Sandhurst[4]. En 1987, cependant, il est victime d'un grave accident de voiture qui l'immobilise durant quelque temps[11].

En 1990, le prince revient aux États-Unis où il intègre l’Université de Georgetown aux côtés de son cousin germain, le prince des Asturies. Là, il obtient un diplôme en relations internationales, en droit, en économie et en organisation internationale[4].

Fiançailles et mariage[modifier | modifier le code]

En 1993, Pávlos rencontre sa future épouse, Marie-Chantal Miller, lors d'une fête privée à La Nouvelle-Orléans. La jeune femme est la fille du multimillionnaire américain Robert Warren Miller, qui a bâti sa fortune dans le duty free[4], et la belle-sœur du millionnaire Christopher Getty (petit-fils de Jean Paul Getty) et du prince Alexander von Fürstenberg (en) (fils d'Egon (en) et de Diane von Fürstenberg)[12].

Rapidement, Pávlos et Marie-Chantal tombent amoureux et se fiancent. Les portes de la Grèce leur étant fermées, ils se marient à Londres le 1er juillet 1995[13] et 2 500 personnes (dont une douzaine de députés grecs issus de la Nouvelle démocratie) sont invitées[14]. Mais, malgré la distance, leur union provoque un grave scandale politique à Athènes. Le gouvernement grec fait en effet pression sur le Royaume-Uni pour qu’il interdise que le mariage ait lieu sur son sol et demande aux monarques européens de ne pas assister à l'événement, sans succès[N 5],[15],[16]. Dans le même temps, une télévision privée grecque achète le droit de retransmettre la cérémonie du mariage, ce qui accentue la colère du gouvernement socialiste[14]. En définitive, quarante-neuf chaînes du monde entier (dont plusieurs grecques) ont diffusé les épousailles de Pávlos et Marie-Chantal[14].

Activités professionnelles[modifier | modifier le code]

Peu après son mariage, Pávlos de Grèce s'installe à New York où il intègre la Charles R. Weber Company, une importante compagnie maritime. En 1997, il fonde sa propre société, Gryphon Asset Management, qui gère des capitaux[13], et, en 1998, il crée avec son beau-frère, Alexander von Fürstenberg[17], le Ivory Capital Group, qui s'occupe d’importants investissements à caractère privé[13].

Depuis 2003, Pávlos et sa famille résident principalement à Londres[18].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Ricardo Mateos Sainz de Medrano, « Pablo, el prίncipe heredero » dans La Familia de la Reina Sofίa, La Dinastίa griega, la Casa de Hannover y los reales primos de Europa, La Esfera de los Libros, Madrid, 2004, p. 383-386 (ISBN 84-9734-195-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Titre de courtoisie depuis 1973.
  2. Titre de courtoisie, sans reconnaissance officielle en Grèce.
  3. Une polémique oppose l’ancienne famille royale de Grèce et la République hellénique à propos du patronyme royal. Pávlos et sa famille considèrent qu’ils n’ont jamais eu d’autre nom de famille que « de Grèce », (en grec moderne : της Ελλάδας). Mais les républicains veulent interdire à l’ex-famille royale de porter ce nom. C’est pourquoi ils ont longtemps confisqué aux princes de Grèce leurs passeports et nomment Pávlos et sa famille « de Grecia » (en grec moderne : ντε Γκρέτσια), qui vient de l'espagnol « de Grèce », ou même parfois Glücksbourg (en grec moderne : Γλύξμπουργκ).
  4. Mais la famille royale n'est alors autorisée à rester en Grèce qu'une journée et c'est vraiment en août 1993 que Pavlos peut découvrir sa terre natale. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 378.
  5. Au contraire, la reine Élisabeth II prête aux nouveaux époux le palais de Hampton Court pour qu'ils y organisent l'événement. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 385.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Fiche généalogique de Pavlos sur The Peerage.Com.
  2. Fiche généalogique de Marie-Chantal Miller sur The Peerage.Com
  3. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, La Familia de la Reina Sofίa, La Dinastía griega, la Casa de Hannover y los reales primos de Europa, La Esfera de los Libros, Madrid, 2004, p. 365 et 387.
  4. a, b, c, d, e, f et g Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 384.
  5. John van der Kiste, Kings of the Hellenes: The Greek Kings, 1863-1974, Sutton Publishing, 1994, p. 81-82.
  6. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 367 et 384.
  7. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 370.
  8. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 378.
  9. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 371.
  10. Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 374 et 37.
  11. « Pablo de Grecia se encuentra en estado estacionario », El Pais, 30 juin 1987.
  12. Jean-Sébastien Stehli, « Les dessous de la jet set » dans L'Express du 5 juillet 2001.
  13. a, b et c Ricardo Mateos Sainz de Medrano, op. cit., p. 385.
  14. a, b et c « “Royal Wedding” reveals deep divisions in Greece », Reuters, 25 juin 1995 (archives sur le site des Sœurs Miller)
  15. « Is This Huge Greek Wedding A Royal Plot? » dans Newsday du 30 juin 1995.
  16. « A Royal Wedding » dans Royalty Magazine Volume 14#1, juillet 1995.
  17. Bob Colacello « A Royal Family Affair » dans Vanity Fair de février 2008, p. 3.
  18. Sabine Durrant, « Marie-Chantal: Grecian earner » dans The Telegraph du 19 octobre 2008