Ouvrage du Chesnois

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Ouvrage du Chesnois
Type d'ouvrage Gros ouvrage d'artillerie
Secteur
└─ sous-secteur
secteur fortifié de Montmédy
└─ tête de pont de Montmédy
Année de construction 1934-
Régiment 155e RIF et 169e RAP
Nombre de blocs 5
Type d'entrée(s) Entrée mixte
Effectifs 328 hommes + 8 officiers
Coordonnées 49° 34′ 37″ Nord 5° 20′ 00″ Est / 49.57694, 5.33333  

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Ouvrage du Chesnois
Ouvrage du Chesnois

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Ouvrage du Chesnois
Ouvrage du Chesnois
Localisation de l'ouvrage
Localisation de l'ouvrage

L'ouvrage du Chesnois est un ouvrage fortifié de la ligne Maginot, situé sur la limite entre les communes de Signy-Montlibert et de Thonne-le-Thil, dans le département des Ardennes.

C'est un gros ouvrage d'artillerie, comptant six blocs. Construit entre 1934 et 1938, il a été épargné par les combats de mai et de juin 1940, mais il est saboté puis ferraillé.

Position sur la ligne[modifier | modifier le code]

Faisant partie du sous-secteur de la tête de pont de Montmédy dans le secteur fortifié de Montmédy, l'ouvrage du Chesnois est intégré à la « ligne principale de résistance » entre les casemates CORF d'intervalle de Sapogne à l'ouest et du Christ à l'est, à portée de tir des canons des casemates STG[1] d'artillerie de Villy Est plus à l'ouest et de Villecloye plus à l'est (limite de portée)[2].

Description[modifier | modifier le code]

L'ouvrage est composé en surface de cinq blocs de combat et d'une seule entrée mixte (une des deux vraies entrées mixtes du Nord-Est, avec celle de Vélosnes. Ailleurs, les entrées mixtes sont des entrées des munitions servant également aux hommes), avec en souterrain des magasins à munitions (plusieurs M 2), une usine (avec quatre groupes électrogènes SMIM de 90 chevaux) et une caserne, le tout relié par des galeries profondément enterrées.

De type « nouveaux fronts », la seule tourelle d'artillerie est une tourelle de 75 mm R modèle 1905 récupérée et modifiée. Une seconde tourelle de 75 mais modèle 1933 aurait dû consolider l'ouvrage (bloc 6), mais ne fut pas installée faute de crédits[3].

Le bloc 1 est une casemate d'infanterie flanquant vers l'est en même temps qu'un bloc-tourelle. Il est armé avec un créneau mixte pour JM/AC 47 (jumelage de mitrailleuses et canon antichar de 47 mm), un autre créneau pour JM, une tourelle pour deux armes mixtes, deux cloches GFM B (guetteur et fusil mitrailleur, dont une sert d'observatoire avec un périscope) et une cloche lance-grenades.

Le bloc 2 est une casemate cuirassée d'infanterie, avec une cloche d'arme mixte (tirant vers l'est) et une cloche GFM B.

Le bloc 3 est une casemate d'infanterie flanquant vers l'ouest, avec un créneau JM/AC 47, un autre créneau JM, une cloche pour arme mixte (tirant vers le nord) et deux cloches GFM B.

Le bloc 4 est une casemate d'infanterie flanquant vers l'ouest, avec un créneau JM/AC 47, une cloche d'arme mixte (tirant vers le nord) et deux cloches GFM B.

Le bloc 5 est un bloc-tourelle d'artillerie, armée avec une tourelle pour deux canons de 75 mm R modèle 1905 et une cloche GFM B.

Le bloc 7 est une entrée mixte par puits. Il est armé d'un créneau JM/AC 47 et de deux cloches GFM B.

Particularités[modifier | modifier le code]

L'entrée mixte est coiffée, en retrait des cloches GFM de défense, de cloches GFM modifiées. Ces dernières sont dévolues à l'évacuation des gaz d’échappement des moteurs de l'usine de production électrique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire de la ligne Maginot.

En juin 1940, la tourelle intervient en faveur de La Ferté mais sans succès, sa tourelle de 75/05 étant en limite de portée. L'ouvrage évitera toutefois pareil sort aux casemates voisines.

Saboté en 1940 par son équipage avant de l'abandonner, il est par la suite quasi intégralement ferraillé pendant l’Occupation.

L'ouvrage aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Malmené par les opérations de ferraillage pendant l’Occupation, puis laissé à l'abandon, l'ouvrage, cédé par l'Armée, est encore visible de nos jours et une association a entrepris sa revalorisation extérieure.

Des aménagements ont été effectués au niveau de la partie intérieure, dont l'accès n'est plus possible actuellement, afin de permettre la préservation d'espèces trouvant ordinairement refuge dans ces structures abandonnées, notamment certaines espèces de chauves-souris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le niveau de protection d'une casemate de la ligne Maginot dépend de son modèle et de sa période de construction. De 1928 à 1935 sont construits les modèles les plus puissamment protégés : les casemates et ouvrages CORF (Commission d'organisation des régions fortifiées), avec des murs et dalles épais jusqu'à 3,5 mètres de béton). Puis viennent à partir de 1935 les blockhaus MOM (main-d'œuvre militaire), avec de 0,60 à 1,5 m de béton, avec des modèles très variés selon la région : RFM (région fortifiée de Metz), RFL (région fortifiée de la Lauter), 1re, 2e, 20e et 7e RM (région militaire). Les MOM les plus protégés sont appelés FCR (fortification de campagne renforcée). De 1937 à 1940, le STG (Service technique du Génie) standardise les constructions, avec une protection de 1,50 à 2 m de béton.
  2. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 75.
  3. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 74-75.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel, Jacques Sicard et François Vauviller (ill. Pierre-Albert Leroux), Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 1, Paris, éditions Histoire & collections, coll. « L'Encyclopédie de l'Armée française » (no 2),‎ 2000 (réimpr. 2001 et 2005), 182 p. (ISBN 2-908182-88-2).
    • Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 2 : Les formes techniques de la fortification Nord-Est,‎ 2001, 222 p. (ISBN 2-908182-97-1).
    • Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 3 : Le destin tragique de la ligne Maginot,‎ 2003, 246 p. (ISBN 2-913903-88-6).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Descriptions et photos

Articles connexes[modifier | modifier le code]