Ouragan Hugo

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Ouragan Hugo
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Ouragan Hugo
Ouragan Hugo

Apparition 9 septembre 1989
Dissipation 25 septembre 1989

Catégorie maximale Ouragan catégorie 5
Pression minimale 918 hPa
Vent maximal
(soutenu sur 1 min.)
260 km/h (160 mi/h)

Dommages confirmés 16 à 18 milliards USD (2005)
Morts confirmés Au moins 100 morts
Blessés confirmés n/d

Zones touchées Guadeloupe,
Montserrat,
Dominique (pays),
Îles Vierges américaines,
Porto Rico,
États-Unis d'Amérique (Caroline du Sud, Caroline du Nord et côte Est,
Est du Canada

Parcours de l'ouragan Hugo
Parcours de l'ouragan Hugo
Échelle de Saffir-Simpson
D T 1 2 3 4 5
Saison cyclonique 1989 dans l'océan Atlantique Nord

L'ouragan Hugo de 1989 est l'un des plus violents cyclones tropicaux qu'ont connus les Antilles depuis que des observations scientifiques sont réalisées. L'ouragan, de catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson, a tué plus de 100 personnes et fait 56 000 sans abris dans les îles de Guadeloupe, Montserrat, Porto Rico, Sainte-Croix (Îles Vierges américaines) et dans les États américains de la Caroline du Sud et la Caroline du Nord.

Issu d'une onde tropicale au large de la côte africaine le 9 septembre, la tempête se dirigea d'abord vers l'ouest et devint une tempête tropicale le 11, puis un ouragan le 13. Hugo atteignit son maximum d'intensité dans les Antilles et toucha terre en Caroline du Sud avec encore la force d'un ouragan de catégorie 4. Les dommages qu'il a causés ont été évalués à 10 milliards $US en 1989 (soit 16,3 milliards $US en 2006), soit le plus dévastateur jusqu'au passage de l'ouragan Andrew en 1992.

Suite aux dégâts et aux morts causés, l'Organisation météorologique mondiale a retiré le nom Hugo des listes futures de noms pour les ouragans du bassin Atlantique.

Évolution météorologique[modifier | modifier le code]

L'ouragan Hugo à son pic d'intensité

Le 9 septembre, un amas d'orages au large de la côte de l'Afrique tend à s'organiser et se dirige vers l'ouest. Ce système devient une dépression tropicale le 10 au sud-est des Îles du Cap-Vert et une tempête tropicale le 11 septembre en plein océan Atlantique[1]. Le 13 septembre à 01H TU, la tempête se renforce et devient officiellement un ouragan baptisé Hugo alors qu'il se trouve à 1 100 milles marins à l'est des Îles Sous-le-Vent[1].

L'ouragan contourne une dépression se situant près de Porto Rico et prend une trajectoire ouest-nord-ouest. Le 17 septembre à 05h TU, 01h locale, l'œil de l'ouragan Hugo passe en plein sur la Guadeloupe[1]. La pression atmosphérique relevée au niveau de l'œil du cyclone est de 941 hPa et le vent moyen est de 230 km/h[2],[3]. Les rafales de vent atteignent les 280 km/h et plus de 300 km/h est relevé au Raizet (aéroport), Hugo a ainsi atteint la catégorie 4 et tourne vers le nord-ouest en décélérant[3].

Hugo passe ensuite sur l'île Sainte-Croix et Porto Rico le 18 septembre où l'on rapporte des rafales de vent de 200 km/h. Le 19 septembre, l'ouragan se trouve au nord de Porto Rico et accélère quand les conditions de cisaillement des vents en altitude deviennent plus favorables[1]. Le 21 septembre, Hugo passe à quelques centaines de kilomètres à l'est de la Floride et tourne vers le nord à l'approche d'une importante dépression extratropicale. Il touche terre le 22 septembre à 04 TU, minuit local, en Caroline du Sud près Charleston[1]. Des vents de 217 km/h ont été signalés à ce dernier endroit, ainsi qu'une onde de tempête de 1,5 mètre qui a inondé une bonne partie de la ville. La plus forte onde de tempête, 5,1 mètres, a été signalée dans la ville de McClellanville (Caroline du Sud)[4].

Hugo perd ensuite rapidement de sa force en passant sur terre. À 12h TU le 22 septembre, il est déclassé au rang de tempête tropicale à l'ouest de Charlotte[1],[5]. Le système se passe ensuite dans l'extrême nord-ouest de la Virginie, en Virginie-Occidentale, en Ohio. Il devient une dépression extratropicale près d'Erie vers 00h TU le 23 septembre. Il poursuit ensuite son chemin vers le nord-est, traversant l'est du Canada et se dissiper dans l'Atlantique le 25.

Préparatifs[modifier | modifier le code]

Vu l'intensité de cet ouragan, le gouverneur Carroll Campbell de la Caroline du Sud ordonna l'évacuation obligatoire de la côte épargnant ainsi de nombreuses vies. Savannah fut également évacué avant l'arrivée d'Hugo mais l'ouragan passa trop loin et n'y donna que des averses légères.

Impacts[modifier | modifier le code]

Mortalité par région
(estimée)
[6],[7]
Région Morts directes
États-Unis 35
Porto Rico 12
Guadeloupe 7 à 11
Montserrat 22
Îles Vierges américaines 6
Antigua-et-Barbuda 10
Saint-Christophe-et-Niévès 11
Total 104 à 107

L'ouragan Hugo a causé pour 7 milliards $US de dommages aux États-Unis, 1 milliard à Porto Rico et 2 milliards dans différentes autres îles des Antilles (dollars de 1989)[8].

Il fut le plus coûteux des systèmes tropicaux à frapper les États-Unis jusqu'au passage de l'ouragan Andrew en 1992. Il est toujours en 2008 au sixième rang. Les sources divergent quant au nombre de morts directs laissés dans ce pays par cet ouragan, l'American Meteorological Society rapporte 49 directes, le National Hurricane Center 56 et d'autres sources gouvernementales seulement 32[9].

Antilles[modifier | modifier le code]

Guadeloupe[modifier | modifier le code]

Les rafales de vents ont dépassé les 300 km/h, ravageant la majeure partie de l'archipel, détruisant plus de 60 % de la récolte de canne à sucre, 100 % de la récolte de bananes causant pour 466 millions de francs (1989) de dommages et 152 millions de dommages à l'industrie hôtelière[7],[10]. Le secteur de la pêche a été sinistré à 100 %, les cultures vivrières et maraîchères à 85 %[10]. Le coût total des réparations s'élèvera à plus de 4 milliards de francs (1989)[10].

Il laisse aussi 25 000 personnes sans abri et 35 000 sinistrés[10]. Hugo fait 107 blessés et cause directement entre sept et onze décès selon différentes sources, dont un rapport de Météo-France[6],[7],[10]. Neuf autres ont péri dans l'écrasement d'un hélicoptère de secours (deux jours après le passage du cyclone) au large de La Désirade[11].

Montserrat[modifier | modifier le code]

Montserrat fut durement touchée alors que 90 % des infrastructures et édifices furent détruits sur ce territoire britanniques outre-mer, incluant l'hôpital et la plupart des 12 000 résidences. Les industries touristiques et agricoles ont grandement souffert et on estime entre 100 et 300 millions $US les pertes, forçant l'île à demander l'aide extérieur pour survivre[12],[13]. La population de chauve-souris perdit jusqu'à 90 % de ses effectifs et l'espèce Chiroderma improvisum, endémique à l'île, est probablement disparue[14].

Porto Rico[modifier | modifier le code]

Accumulations de pluie à Porto Rico et aux îles Vierges américaines[15].
(En pouces, 1 pouce = 25,4 mm)

Les dommages causés à Porto Rico ont été plus importants dans la partie Est. Les récoltes furent détruites, en particulier celles de bananes et de café. Les pluies torrentielles ont causé des inondations autour de la capitale, San Juan et plusieurs routes furent emportées[13]. L'accumulation maximumale de 447 mm a été mesurée à Rio Blanco[15].

On rapporte douze décès directement causés par Hugo, dont six dans la ville de Guayamam dans le sud, où certains résidents furent électrocutés par des fils tombés[6]. Près de 28 000 personnes furent laissés sans abris[13].

Îles Vierges américaines[modifier | modifier le code]

Après le passage d'Hugo, 90 % des infrastructures ont été touchées à l'Île Sainte-Croix, une dépendance des États-Unis. L'électricité et le téléphone ont été coupés et la population se livra à de nombreux pillages. Le président George H.W. Bush, à la suite de la demande du gouverneur du territoire, dû envoyé des troupes pour rétablir l'ordre dans l'Opération Hawkeye. Ce fut la première fois que le nouveau National Disaster Medical System (NDMS) eut à intervenir en envoyant l'antenne médicale stationnée au Nouveau-Mexique[8].

États-Unis[modifier | modifier le code]

Caroline du Sud[modifier | modifier le code]

Maisons mobiles détruites par l'onde de tempête de Hugo
Maisons détruites au bord de la plage
Accumulations de pluie sur l'est des États-Unis en pouces[16].
(1 pouce = 25,4 mm)

Tout le long de la côte de la Caroline du Sud, l'onde de tempête a emportée les infrastructures et les maisons; les bateaux se sont retrouvés pêle-mêle. Le centre-ville de Charleston a subi des dommages très importants mais c'est en banlieue nord, à Mount Pleasant (en), Sullivan's Island et Isle of Palms, que les dommages ont été les plus grands. Les deux îles mentionnées ont été coupées du continent lorsque les ponts qui les y relient ont été emportés.

Les vents les plus intenses et l'onde de tempête la plus haute ont été signalés entre les petites villes de Awendaw et McClellanville, au nord de Charleston. À McClellanville, une petite communauté de pêcheurs, la montée des eaux a a foncé les gens qui s'étaient réfugiés dans une école à monter en vitesse au grenier dans le noir total pour survivre. L'onde de tempête la plus importantes, 5,1 mètres, s'est produite entre Cape Romain et Bulls Bay. Les arbres matures de la Francis Marion National Forest ont été déracinés dont plusieurs sections ancestrales de pin des marais, une essence très importantes pour de nombreuses espèces menacées.

La région de Myrtle Beach, Surfside Beach, Garden City et Murrells Inlet ont subi l'action combinée de l'onde de tempête et de la marée haute pour voir le niveau de la mer être de plus de 4 mètres au-dessus de la normale. Les maisons sur la plage ont été déplacées au milieu du boulevard Ocean alors que les maisons plus à l'intérieur des terres furent épargnées. Les poteaux téléphoniques furent retrouvés avec un angle de 45 degrés sur le boulevard et il était couvert de plus d'un mètre de sable.

Selon le gouverneur de l'État, Carroll Campbell, 3 000 tornades ont été répertoriées avec le passage d'Hugo, ce qui expliquerait les forts dommages à l'extérieur de la zone de passage de l'œil du cyclone. Cependant, plusieurs de celles-ci sont probablement dues à des rafales descendantes ou à une canalisation des vents du vortex de l'ouragan.

Toujours selon le gouverneur, assez d'arbres ont été perdus pour construire une maison à chaque famille de Virginie-Occidentale. Pour essayer de minimiser ces pertes, un programme de ramassage a permis de transformer en pâte à papier ceux qui était irrécupérables autrement, et en planches ou contreplaqués pour les autres, avant qu'ils ne pourrissent sur place.

Finalement, les dégâts ne se sont pas limités à la côte. Les forêts, les récoltes de coton et de nombreuses maisons ont été détruites à l'intérieur des terres par les vents et la pluie. À cause du mouvement rapide d'Hugo une fois sur terre, les précipitations ont été moindres que ce que l'on se serait attendu. Le maximum d'accumulations a été enregistré à Edisto Island avec 260 mm[16].

Caroline du Nord[modifier | modifier le code]

La côte de Caroline du Nord a également souffert d'importants dommages sur ses plages faisant face au sud, incluant le comté de Brunswick et les Outer Banks. Hugo a causé des dommages dans tout l'ouest de l'État également. Lorsqu'il a atteint Charlotte, 320 km à l'intérieur des terres, il était toujours de catégorie 1. Normalement un endroit où les gens de la côte cherche refuge, Charlotte a subi de nombreux dommages. Les vents d'Hugo étaient en effet, assez puissant pour renverser arbres et des poteaux électriques, endommager les maisons et des tornades ont été rapportées également. Plusieurs sont restés sans électricité plusieurs jours et des écoles ont été fermées durant deux semaines.

Neuf comtés de Caroline du Nord ont été déclarés zone sinistrées, permettant une aide directe du gouvernement fédéral. Les dommages se montèrent dans l'État à 1 milliard $US (1989) [17].

Midwest[modifier | modifier le code]

La dernière victime d'Hugo a été signalée à East Aurora, près de Buffalo quand un arbre est tombé sur une voiture.

Épilogue[modifier | modifier le code]

Dévastation à Charleston

La Croix-Rouge, l'Armée du salut et différentes églises ont fourni une bonne partie des secours aux victimes. Le 20 septembre, les troupes envoyées pour calmer les troubles à l'Île Sainte-Croix sont arrivées et la police militaire a imposé un couvre-feu du coucher au lever du soleil durant deux mois. Les avions de ravitaillement apportèrent nourriture, médicaments, hôpitaux mobiles et autres fournitures. Ils offrirent l'évacuation vers le continent à tous ceux qui le voulaient.

En Caroline du sud, État le plus touché aux États-Unis, l'Agence fédérale des situations d'urgence (FEMA) a été lente à réagir. Le sénateur Fritz Hollings les traita de « Bande d'ânes bureaucratiques » (« a bunch of bureaucratic jackasses ») durant un discours au Sénat. Une enquête sur les événements recommanda des changements aux procédures opérationnelles de FEMA qui se comporta ainsi de meilleure façon lors de l'ouragan Andrew en 1992.

Retrait[modifier | modifier le code]

À cause du nombre de morts et des importants dégâts causés par cet ouragan, le nom Hugo a été retiré des listes futures par le comité des cyclones tropicaux de l'Organisation météorologique mondiale. Il a été remplacé par Humberto qui a lui-même été utilisé en 1995, 2001 et 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) NHC, « Hurricane Hugo Preliminary Report », NOAA,‎ 1989 (consulté le 2008-08-06), p. 1
  2. (en) Lawrence Miles, « Hurricane Hugo Preliminary Report », National Hurricane Center,‎ 15 novembre 1989 (consulté le 2010-05-24)
  3. a et b (fr) Frédéric Leone et Françoise Pagney, Les Antilles, terres à risques, KARTHALA Editions,‎ 1999, 19-39 p. (ISBN 2865379728 et 9782865379729, lire en ligne)
  4. (fr) Centre canadien de prévision d'ouragan, « L'ouragan Hugo », Service météorologique du Canada,‎ 18 septembre 2003 (consulté le 2008-08-06)
  5. (en) NHC, « Hurricane Hugo Preliminary Report », NOAA,‎ 1989 (consulté le 2008-08-06), p. 2
  6. a, b et c (en) Michael A. Grammatico, « Hurricane Hugo - September 22, 1989. », Géocities.com,‎ avril 2006 (consulté le 2008-08-06)
  7. a, b et c Françoise Pagney, « Genèse et dynamique de l'ouragan Hugo sur la Guadeloupe », Annales de géographie, no 558,‎ 1991, p. 152-165 (lire en ligne).
  8. a et b (en) National Hurricane Center, « Costliest U.S. Hurricanes 1900-2004 (unadjusted) », NOAA,‎ 1e août 2005 (consulté le 2008-08-06)
  9. (en) National Hurricane Center, « The Deadliest Atlantic Tropical Cyclones, 1492-1996 », NOAA,‎ 1e août 2005 (consulté le 2008-08-06)
  10. a, b, c, d et e M. Daniel Marbouty (Météo-France), « L'aléa météorologique, section 4. La Prévention », Rapports de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, Assemblée nationale (consulté le 24 mars 2009).
  11. « Le cyclone Hugo », sur guadeloupe-fwi,‎ 3 juin 2012 (consulté le 24 juillet 2012).
  12. (en) « United Kingdom - Montserrat », Commonwealth Secretariat - Montserrat (consulté le 2008-08-06)
  13. a, b et c (en)Michael York, « WeatherPost - "Deadly Hugo Slams Puerto Rico, Virgin Islands" », Washington Post,‎ septembre 1989, A01 (lire en ligne)
  14. (en) Scott C. Pedersen, « Blown in, Blown off, and Blown up: the Bats of Montserrat, BWI. », Sustainable Ecosystems Institute,‎ 2000 (consulté le 2008-08-06)
  15. a et b (en) Hydrological Prediction Center, « Hurricane Hugo - September 17-20, 1989 », NOAA,‎ 21 juin 2007 (consulté le 2008-08-07)
  16. a et b (en) Hydrological Prediction Center, « Hurricane Hugo 21-24 September 1989 », NOAA (consulté le 2008-08-06)
  17. (en) Coastal Services Center, « NHC North Carolina hazards: Hugo », NOAA (consulté le 2008-08-06)

Source[modifier | modifier le code]