Ouandérou

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Macaca silenus • Macaque à queue de lion, Macaque silène

Le macaque à queue de lion[1] ou ouandérou (Macaca silenus) est une espèce de macaque arboricole du sud-ouest de l'Inde[2].

C'est une espèce endémique des forêts pluviales des Ghâts occidentaux dans le Dekkan (ou Deccan), un vaste plateau de l'Inde, s'étendant sur la majeure partie de l'Inde centrale et méridionale.

Caractéristiques générales[modifier | modifier le code]

Macaque ouandérou.

Son pelage, constitué d'une fourrure assez longue, est noir à l'exception d'une imposante crinière grise unique chez les macaques. Sa queue robuste possède à son extrémité, de part et d'autre, des franges de longs poils, eux aussi, atypiques chez les macaques. Le petit naît avec la peau claire et démuni de crinière. Après quelques mois sa peau se pigmente en noir, mais la longue collerette argentée n'apparaît qu'à la maturité sexuelle.

Le macaque à queue de lion, comme le macaque berbère, est considéré comme une forme ancestrale de tous les macaques d'Asie. Il est probablement le descendant direct du premier macaque à avoir atteint le continent asiatique, Macaca paleoindica, il y a presque 5 millions d'années, plus ou moins en même temps que l'évolution humaine. Cet ancêtre, dont des fossiles ont été obtenus aux monts Shiwalik, a probablement gagné l'Asie du sud-est via le sud de l'Inde.

Les changements géoclimatiques survenus durant le Pléistocène, notamment les glaciations et le climat de mousson, ont conduit à l'isolation de la souche ancestrale dans les Ghâts occidentaux, tandis que la souche sud-est asiatique a subi des épisodes de spéciation répétés engendrant la majorité des espèces existantes. Le macaque à queue de lion est donc le descendant de cette souche isolée dans les Ghâts et n'a qu'un lien de parenté éloigné avec les autres espèces de macaques qui ont par la suite recolonisé l'Inde comme le macaque à bonnet et le macaque rhésus.

Habitat[modifier | modifier le code]

Colinnes d'Annamalai (Tiruvannamalai).

Le macaque ouandérou vit dans les forêts tropicales du sud-ouest de l'Inde (Tiruvannamalai) du plateau du Deccan.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La reproduction du macaque à queue de lion est saisonnière avec deux pics de naissances. Un pic majeur de janvier à avril ( 70 % des naissances) et un pic mineur de septembre à décembre ( 19 % des naissances). Ce profil bimodal s'observe aussi bien dans les massifs forestiers comprenant plusieurs groupes que dans les zones où l'habitat forestier est très fragmenté. On n'observe plus cette saisonnalité des naissances chez les individus captifs dans les zoos européens. La disponibilité des ressources, notamment due au régime de mousson joue vraisemblablement un rôle majeur dans la détermination de ce processus en milieu naturel.

Organisation sociale[modifier | modifier le code]

Les macaques à queue de lion vivent en groupes sociaux de 18 individus en moyenne. En habitat non perturbé, la taille des groupes peut varier de 7 à 40 membres tandis que dans les fragments forestiers des monts Anamalai, les groupes peuvent atteindre 65 individus. Dans les forêts préservées, les groupes comprennent généralement un seul mâle adulte et un mâle sub-adulte pour 6 à 7 femelles adultes, les autres membres étant des jeunes. En revanche, les groupes vivant dans des forêts morcelées peuvent compter jusqu'à 4 mâles adultes.

Mensurations[modifier | modifier le code]

Le macaque a queue de lion possède une taille maximale d'une soixantaine de centimètres, pour un poids avoisinant les 6 kg. Sa queue mesure 35 centimètres.

Population[modifier | modifier le code]

Femelle avec son petit.

Une évaluation récente de l'UICN signale 3 000-3 500 spécimens de l'espèce dispersés sur plusieurs zones dans le Kerala[3]. Le macaque à queue de lion se classe parmi les primates les plus rares et les plus menacées. Leur espèce est devenue de plus en plus isolée et fragmentée par la propagation de l'agriculture, notamment la culture du thé, du café, du teck et de la quinquina, la construction de réservoirs d'eau pour l'irrigation et la production d'électricité et les établissements humains pour soutenir ces activités. La destruction de leur habitat et l'évitement de la proximité humaine ont conduit à la diminution drastique de leur population.

De 1977 à 1980, les préoccupations du public sur l'état de « En Danger d'Extinction » du macaque à queue de lion est devenu le point focal de « Save Silent Valley », féroce débat sur l'environnement de l'Inde de la décennie. De 1993 à 1996, quatorze soldats sont allés observer dans le parc Silent Valley National, Kerala, rapportant qu'il s’agissait sans doute d'un des habitats les plus viables et intacts pour l'espèce[4].

Une seule population auto-durable des trente-deux groupes de macaques à queue-de-lion recensé vit et se reproduit à Sirsi-Honnavara, Karnataka, la population la plus septentrionale de l'espèce[5].

Un recensement local, conclu en 2007, menée dans le district de Theni du Tamil Nadu, estime leur nombre à environ 250, chiffre qui a été considéré comme encourageant car jusque-là aucun macaque à queue-de-lion avait été signalé dans ce territoire spécifique[6], l'espèce est également bien représentée dans la partie de Papanasam dans la réserve de tigres Kalakkad Mundanthurai du district de Tirunelveli de Tamil Nadu.

Beaucoup de zoos participent à des programmes de reproduction qui aident à assurer la survie de cette espèce (notamment la ménagerie du jardin des plantes). On ne rencontre pas moins de 338 spécimens de ces macaques vivant dans les zoos[7]. Aujourd'hui, l'espèce n'est plus sur la liste des « 25 espèces de primates les plus menacés dans le monde ». Avec la compilation des données recueillies par les organismes internationaux, il a été déterminé que les gouvernements locaux du sud de l'Inde avaient agi positivement dans la conservation et la protection de l'espèce.

Sauvetage[modifier | modifier le code]

Captivité[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annexes au Journal officiel des Communautés européennes du 18 décembre 2000 : Lire en ligne.
  2. Aire de répartition du ouanderou
  3. Molur S, D Brandon-Jones, W Dittus, A. Eudey, A. Kumar, M. Singh, M.M. Feeroz, M. Chalise, P. Priya & S. Walker (2003). Status of South Asian Primates: Conservation Assessment and Management Plan (C.A.M.P.) Workshop Report, 2003. Zoo Outreach Organization/CBSG-South Asia, Coimbatore.
  4. Ramachandran, K. K.; Joseph, Gigi, K., « Distribution and demography of diurnal primates in Silent Valley National Park and adjacent areas, Kerala, India », Journal of the Bombay Natural History Society, vol. 98, no 2,‎ , p. 191–196 (lire en ligne)
  5. Singh Mewa and Kaumanns Werner, « Distribution and Abundance of Primates in Rain Forests of the Western Ghats, Karnataka, India and the Conservation of Macaca silenus », International Journal of Primatology, vol. 25, no 5,‎ , abstract (DOI 10.1023/B:IJOP.0000043348.06255.7f, lire en ligne)
  6. « Article-Nilgiri Tahr, lion-tailed macaque sighted in Theni district », The Hindu, Chennai, Inde,‎ (lire en ligne)
  7. « World Association of Zoos and Aquariums (WAZA), Virtual Zoo »

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sharma AK, Singh M, Kaumanns W, Krebs E, Singh M, Kumar MA & Kumara HN, 2006. Birth Patterns in Wild and Captive Lion-Tailed Macaques (Macaca silenus). International Journal of Primatology 27 : 1429-1439.
  • Krishna BA, Singh M & Singh M, 2006. Population dynamics of a group of lion-tailed macaques (Macaca silenus) inhabiting a rainforest fragment in the Western Ghats, India. Folia Primatologica 77 : 377-386.
  • Singh M, Krishna BA & Singh M, 2006. Dominance hierarchy and social grooming in female lion-tailed macaques (Macaca silenus) in the Western Ghats, India. Journal of Biosciences 31 : 369-377.
  • Kumara HN & Singh M, 2004. Distribution and Abundance of Primates in Rain Forests of the Western Ghats, Karnataka, India and the Conservation of Macaca silenus. International Journal of Primatology 25 : 1001-1018.
  • Singh M, Singh M, Kumar MA, Kumara HN, Sharma AK & Kaumanns W, 2002. Distribution, population structure, and conservation of lion-tailed macaques (Macaca silenus) in the Anaimalai Hills, Western Ghats, India. American Journal of Primatology 57 : 91-102.
  • Singh M, Kumara HN, Kumar MA & Sharma AK, 2001. Behavioural responses of lion-tailed macaques (Macaca silenus) to a changing habitat in a tropical rain forest fragment in the Western Ghats, India. Folia Primatologica 72 : 278-291.
  • Kurup GU & Kumar A, 1993. Time budget and activity patterns of the lion-tailed macaque (Macaca silenus). International Journal of Primatology 14 : 27-39.
  • Hohmann GM & Herzog MO, 1985. Vocal communication in lion-tailed macaques (Macaca silenus). Folia Primatologica 45 : 148-178.

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

  • Voir notamment l'article Macaque.

Lien externe[modifier | modifier le code]