Otto Marseus van Schrieck

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Otto Marseus van Schrieck

Naissance entre 1614 et 1620
Nimègue
Décès enterré le 22 juin 1678
Amsterdam
Nationalité néerlandaise
Drapeau des Provinces-Unies Provinces-Unies
Activités Peintre
Mouvement artistique Baroque
Mécènes Léopold de Médicis
Influença Willem Van Aelst,
Rachel Ruysch,
Matthias Withoos
Liseron bleu, crapaud et insectes, huile sur toile, 53,7 × 68 cm, 1660 (Staatliches Museum, Gemäldegalerie, Schwerin).
Plantes sauvages et papillons dans un paysage de forêt, huile sur toile, 70,5 × 54,5 cm, 1670.

Otto Marseus van Schrieck (Nimègue, entre 1614 et 1620Amsterdam, inhumé le 22 juin 1678) est un peintre néerlandais (Provinces-unies) du siècle d'or.

Il est surtout connu pour ses natures mortes d'un genre particulier, que l'on pourrait appeler des « natures vivantes », ou donnant l'illusion de la vie, compositions mystérieuses et sombres mélangeant des plantes et des animaux des forêts.

Biographie[modifier | modifier le code]

On connaît peu de choses au sujet des origines et de la formation de Marseus van Schrieck[1]. Il est né à Nimègue, entre 1614 et 1620[2].

En 1643, il aurait séjourné en France, où il aurait été actif à la cour d'Anne d'Autriche[3], épouse du roi Louis XIII. Vers 1648[4], il part pour l'Italie en compagnie de Matthias Withoos et Hendrik Grauw[3]. Le nom d'Otto Marseus van Schrieck est mentionné dans le Status animarum (le « Livre des âmes ») de la ville Rome en 1652, ainsi que comme membre Bentvueghels[5], une société d'entraide regroupant principalement des artistes du Nord venus parfaire leur art dans la ville éternelle. Sans doute du fait qu’il était constamment à la recherche de petits animaux pour mettre dans ses terrariums et les peindre, ses confrères au sein de cette société lui donnent le surnom de « Snuffelaer » (« Fureteur »). Son premier tableau signé, réalisé dans la ville de Rome, date du 10 août 1655[5].

En 1657, le prince Léopold de Médicis l'invite à Florence[5]. Là, Marseus van Schrieck fait la connaissance de Willem Van Aelst dont il devient l’ami.

En 1663[6], Otto Marseus van Schrieck revient aux Pays-Bas en compagnie de Van Aelst et s’établit à Amsterdam, où il vivra jusqu’à sa mort, à l’exception de quelques possibles voyages à l’étranger, mais ceux-ci ont sans doute précédé son retour d'Italie – selon Arnold Houbraken, il aurait également voyagé à travers la France (peut-être en se rendant en Italie ou lors de son voyage de retour) et l’Angleterre (peut-être en 1659)[4]. Il épouse en 1664 Margreta Gijsels, âgée de 20 ans[6]. Trois ans plus tard, il rencontre Cosme III de Médicis, qui séjourne alors aux Provinces-Unies, et lui vend trois tableaux[6].

En 1672, année où il rédige un premier testament en faveur de sa femme, il est appelé à La Haye avec trente-quatre autres peintres, dont Johannes Vermeer, Jan Lievens et Melchior D'Hondecoeter, pour donner son jugement sur une collection de treize toiles vénitiennes que Frédéric-Guillaume, Grand Électeur de Brandenbourg, a acheté au marchand d'art Gerrit Uylenburgh et qui sont suspectées d'être des faux[6].

En 1674, des difficultés financières l'amènent à vendre une ferme – la Waterryck –, sans doute le lieu où il élevait des animaux pour les peindre. Trois ans plus tard, il vend au bourgmestre d'Amsterdam une autre de ses propriétés, un lopin de terre[7].

Otto Marseus Van Schrieck meurt peu après, en 1678. Il est enterré le 22 juin[8] dans la chapelle Nieuwe Zijds[7] à Amsterdam.

Il avait un frère, Evert Marseus van Schrieck (v. 1614-1681), né à Gennep, qui fut peintre de paysage.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il commença par peindre des bouquets de fleurs luxuriants, avant de se consacrer, dans les années 1660, à la représentation de la vie du petit monde animal. Il avait en effet une prédilection pour immortaliser dans ses œuvres des insectes et des reptiles aux couleurs chatoyantes, qu’il conservait dans des terrariums. Ces dernières œuvres lui valurent au début la renommée, et une reconnaissance persistante.

  • Chardons, Ecureuil, Reptiles et Insectes, 102,5 × 136 cm, vers 1660 (Musée des beaux-arts, Quimper).
  • Chardon, reptile et papillons, huile sur toile, 61 × 50,5 cm (Musée de Grenoble, Grenoble).
  • Fleurs, insectes et reptiles, huile sur toile, signé, 69,5 × 52,7 cm, daté 1673 (Fitzwilliam Museum, Cambridge).
  • Fleurs, lézards et papillons, huile sur toile, 63 × 53 cm (Musée des beaux-arts, Bordeaux).
  • Nature morte avec coquelicot, insectes et reptiles, huile sur toile, 68,3 × 52,7 cm vers 1670 (Metropolitan Museum of Art, New York City).
  • Nature morte avec serpent et lézard, huile sur toile, 62,9 × 49,5 cm, vers 1670 (musée des beaux-arts de Boston).
  • Nature morte de fleurs, huile sur toile, 69,8 × 53,3 cm (Fitzwilliam Museum, Cambridge).
  • Plantes, reptiles et insectes, huile sur toile, 36,5 × 26,5 cm (Musée des beaux-arts, Lyon).
  • Serpents et papillons dans un sous-bois, huile sur toile, signé, 55 × 70 cm, daté 1670 (Musée du Louvre, Paris).
  • Serpent, grenouille et papillons, huile sur toile, 61 × 49 cm (Musée des Augustins, Toulouse).
  • Sous-bois avec un serpent, des lézards, des papillons et d’autres insectes, signé, 76 × 62 cm, non daté, entre 1650 et 1678 (Rijksmuseum, Amsterdam).
  • Tronc de bouleau argenté avec rose, lézards, un serpent, des champignons, des papillons et un escargot, huile sur toile, 61,7 × 52,3 cm (Fitzwilliam Museum, Cambridge).

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Otto est son prénom, Marseus van Schrieck son nom de famille.
  2. Toutes les sources indiquent qu’il serait né vers 1619-1620 (en 1664, il déclara être âgé d’environ 40 ans). En 1997, cependant, l’une de ses œuvres a refait surface portant la date de 1632. Pour autant que cette date soit authentique, Otto Marseus van Schrieck devrait être né quelques années la période indiquée, vers 1614-1616 (M. De Kinkelder, cité par le Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie – RKD.)
  3. a et b M. Chiarini, et al. (2006), p. 68.
  4. a et b A. Van der Willigen et F.G. Meijer (2003), p. 139 – Cités par le RKD.
  5. a, b et c M. Chiarini, et al. (2006), p. 69.
  6. a, b, c et d M. Chiarini, et al. (2006), p. 70.
  7. a et b M. Chiarini, et al. (2006), p. 71.
  8. A.D. De Vries, 1 (1883), p. 166-168 – Cité par RKD.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie complémentaire[modifier | modifier le code]

  • (fr) Marcus C.G., « Otto Marseus van Schrieck et les peintres de reptiles, insectes et sous-bois », dans Art et Curiosité, août-septembre 1974, p. 80-83.
  • (nl) Adrianus Daniël De Vries, « Otto Marseus », dans Oud Holland, 1 (1883), p. 166-168.
  • (it) Fausta Franchini Guelfi, « Otto Marseus van Schrieck a Firenze : Contributo alla storia dei rapporti fra scienza e arte figurativa nel seicento toscano, I », dans Antichità viva, 2 (1977), p. 15-26.
  • (it) Fausta Franchini Guelfi, « Otto Marseus van Schrieck a Firenze : Contributo alla storia dei rapporti fra scienza e arte figurativa nel seicento toscano, II », dans Antichità viva, 4 (1977), p. 13-21.
  • (de) Susanna Steensma, Otto Marseus van Schrieck : Leben und Werk, G. Olms, coll. « Studien zur Kunstgeschichte, 131 », Hildesheim - Zürich - New York, 1999 (ISBN 3-487-10930-5[à vérifier : ISBN invalide]).

Voir aussi[modifier | modifier le code]