Ossétie du Sud

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42° 14′ 00″ N 43° 58′ 00″ E / 42.23333333, 43.96666667 ()

Ossétie du Sud

Республикӕ Хуссар Ирыстон (os)

სამხრეთ ოსეთის რესპუბლიკა (ka)

Республика Южная Осетия (ru)

Drapeau
Drapeau de l'Ossétie du Sud
Blason
Armoiries de l'Ossétie du Sud
Description de l'image  Location of South Ossetia in Europe3.png.
Hymne national Respublikæ Hussar Irystony Paddzahadon Gimn
Administration
Forme de l'État République semi-présidentielle
Revendiqué par Drapeau de la Géorgie Géorgie
Reconnu par Russie et trois autres États membres de l'ONU[1]
Président Leonid Tibilov
Premier ministre Domenty Kulumbegov
Langues officielles ossète, géorgien, russe
Capitale Tskhinvali

43° 01′ N 41° 02′ E / 43.017, 41.033 ()

Géographie
Superficie totale 3 900 km2
Fuseau horaire UTC +3
Histoire
Démographie
Gentilé Sud Ossètes
Population totale (2007) 70 000 hab.
Densité 18 hab./km2
Économie
Monnaie Lari
Rouble russe
Divers
Code ISO 3166-1
Carte topographique de la Ciscaucasie. L'Ossétie du Sud se situe au sud de la carte.
Carte d'Ossétie du Sud.

L'Ossétie du Sud, en forme longue la République d'Ossétie du Sud, (en ossète Xussar Iryston, Хуссар Ирыстон et Respublikæ Xussar Iryston, Республикӕ Хуссар Ирыстон, en russe Ioujnaïa Ossetiïa, Южная Осетия et Respoublika Ioujnaïa Ossetiïa, Республика Южная Осетия, en géorgien Samkhret Osseti, სამხრეთ ოსეთი, ou Samachablo, სამაჩაბლო) est un territoire situé dans le Caucase, en Europe au statut contesté (la Géorgie et la grande majorité de la communauté internationale placent la république dont elles ne reconnaissent pas le statut dans la province de Shida Kartli, tandis que la Russie a reconnu son indépendance en 2008). L'Ossétie du Sud a fait unilatéralement sécession de la Géorgie en 1992.

Sa capitale est Tskhinvali et son président est Leonid Tibilov depuis le 19 avril 2012.

Le plus grand lac d'Ossétie du Sud est le lac Kelistba.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Ossétie du Sud.

Le peuple ossète, descendant des Alains chassés par les invasions mongoles, s'installe dans le Caucase au VIIe siècle. Les Ossètes deviennent chrétiens au Moyen Âge sous l'influence des Géorgiens. Ils forment trois entités territoriales : Digor à l'ouest, Iron au nord, et Tualläg qui devient l'Ossétie du Sud.

L'oblast autonome d'Ossétie du Sud est créé en 1922 au sein de la République socialiste soviétique de Géorgie, qui fait partie de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). La République de Géorgie devient indépendante le 9 avril 1991 et révoque l'autonomie de l'Ossétie du Sud.

Les tensions nationalistes entre Ossètes et Géorgiens s'accroissent, et un conflit armé a lieu entre janvier 1991 et juin 1992. Il oppose des milices ossètes qui réclament l'unification de l'Ossétie du Sud avec l'Ossétie du Nord qui fait partie de la Russie, et l'armée géorgienne qui veut garder le contrôle de la région. Un traité de paix est signé entre la Russie et la Géorgie le 26 juin 1992. Des forces de maintien de la paix composées de troupes russes, ossètes et géorgiennes sont introduites en Ossétie du Sud et une commission trilatérale est créée pour décider du statut de cette région.

En 1992, l'Ossétie du Sud proclame son indépendance et fait sécession de la Géorgie sur la base d'un référendum qui n'est pas reconnu par la communauté internationale. Un deuxième référendum sur l'indépendance est organisé par les autorités sud-ossètes qui contrôlent la région en novembre 2006, où le oui est largement majoritaire. Il est reconnu seulement par la Russie, qui ne reconnaît cependant pas l'indépendance de l'Ossétie du Sud.

En août 2008, la Géorgie déclenche une offensive armée pour reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud. Les forces armées de la Fédération de Russie contre-attaquent avec succès, repoussant l'armée géorgienne hors de l'Ossétie du Sud et occupant même une partie du territoire géorgien. La Russie reconnaît l'indépendance de l'Ossétie du Sud. Elle est suivie par le Nicaragua, le Venezuela, et plus tard par les îles Nauru, Vanuatu et Tuvalu. Cependant, après une période de déclarations contradictoires, le Vanuatu a officiellement rétracté cette reconnaissance en juillet 2013, lorsqu’il a établi des relations diplomatiques avec la Géorgie et signé avec elle un protocole reconnaissant son intégrité territoriale[2]. Les Tuvalu ont fait de même en mars 2014, également à l’occasion de l’établissement de relations diplomatiques avec la Géorgie[3],[4].

Géographie[modifier | modifier le code]

L'Ossétie du Sud est un territoire situé dans le Caucase. Elle est considérée par la Géorgie, dont les frontières sont reconnues par la majorité de la communauté internationale, comme une partie de son territoire principalement située dans la région de Shida Kartli(Karthlie intérieure). Son gouvernement, soutenu par la Russie, la considère comme une république indépendante enclavée entre la Russie au nord et la Géorgie au sud.

Sa capitale est Tskhinvali. Les autres villes principales sont Akhalgori, Kvaisi et Kurta.

Le volcan sans nom (0104-04-) est situé en Ossétie du Sud.

Reconnaissance de l'indépendance[modifier | modifier le code]

Au même moment, la Biélorussie annonce qu'elle allait reconnaître prochainement l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie[5], ce qu'elle n'a toujours pas fait en 2013. L'OTSC, l'OCS et l'ALBA ont annoncé leur soutien à la décision de la Russie sans pour autant lui emboîter le pas. Pour la Serbie, qui observe la même attitude, les indépendances de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie sont comparables à celle du Kosovo. Les puissances occidentales ont immédiatement réagi en annonçant qu'elles ne reconnaissaient pas l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. La Géorgie a dénoncé « une annexion » par la Russie.

L'indépendance de l'Ossétie du Sud est reconnue par Nauru, qui reçoit en échange 10 millions d'euros de la Russie. Cette dernière tente de convaincre également les îles Fidji. Elle est en compétition avec la Géorgie, qui leur offre une aide au développement en échange de la non-reconnaissance de l'Ossétie du Sud[6].

Outre l'Ossétie du Sud, la Russie a également reconnu directement ou indirectement l'indépendance de la Transnistrie, de la Crimée, du Haut-Karabagh et de l'Abkhazie.
  •      Russie
  •      anciennes Républiques socialistes soviétiques
  •      territoires post-soviétiques ayant déclaré leur indépendance et reconnus par la Russie
  •      territoires post-soviétiques ayant déclaré leur indépendance et reconnus seulement par des territoires devenus indépendants eux-mêmes reconnus par la Russie

Le 25 août 2008, le Parlement de la Fédération de Russie vote une motion invitant Moscou à reconnaître l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Le lendemain, le président Medvedev signe les décrets reconnaissant l'indépendance de ces deux régions[7].

États ayant reconnu l'indépendance[modifier | modifier le code]

États statuant sur l'indépendance[modifier | modifier le code]

Territoires non-reconnus ayant reconnu l'indépendance[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

L'Ossétie du Sud est une République dont l'indépendance est contestée[16].

Économie[modifier | modifier le code]

Le PIB de l'Ossétie du Sud est estimé à 15 millions de dollars (250$ par habitant) en 2002[17]. Les emplois et les matières premières y sont rares. Par ailleurs, la Géorgie a coupé l'approvisionnement en électricité de la région, ce qui a forcé le gouvernement d'Ossétie du Sud à construire un câble électrique transitant par l'Ossétie du Nord. La majorité de la population survit grâce à l'agriculture de subsistance. Pratiquement le seul atout économique important de l'Ossétie du Sud est le tunnel de Roki qui permet de la relier à la Russie et la Géorgie, sur lequel le gouvernement sud-ossète peut percevoir des droits de douane sur le trafic de fret. Avant la guerre en Ossétie du Sud de 2008, le secteur secondaire sud-ossète était composé de 22 petites usines, avec une production totale de 61,6 millions de roubles en 2006. En 2007, seulement 7 usines fonctionnaient et ont besoin de réparations. Même les usines prospères ont une pénurie de travailleurs, sont endettées et ont un manque de fonds de roulement. Une des plus grandes entreprises sud-ossètes est l'usine Emalprovod, qui emploie 130 personnes.

Les autorités sud-ossètes ont l'intention d'améliorer les finances en augmentant la production locale de farine et donc en réduisant les besoins d'importation de farine. À cet effet, la superficie de champs de blé a été multiplié par dix en 2008, passant de 130 hectares à 1 500 hectares. La récolte de blé de 2008 devait être de 2500 tonnes de céréales. Le ministère de l'Agriculture d'Ossétie du Sud a également importé des tracteurs en 2008 et attendait la livraison de plus de machines agricoles en 2009[18].

Le président Edouard Kokoïty a admis que son pays était dépendant de l'aide économique russe[19]. La Russie a ainsi versé 10 milliards de roubles au gouvernement sud-ossète afin de reconstruire le pays après la guerre d'Ossétie du Sud de 2008[20].

Démographie[modifier | modifier le code]

Avant le conflit géorgiano-ossète, la population de l'Ossétie du Sud était composée d'environ deux-tiers d'Ossètes et 25-30 % de Géorgiens. La composition actuelle de la population est inconnue, certaines estimations parlent de 45 000 Ossètes et de 17 500 Géorgiens en Ossétie du Sud en 2007[21]. En août 2008, plus de 70 % des citoyens de l'Ossétie du Sud avaient la citoyenneté russe. 54,5 % de ces 70 % ont la double citoyenneté (géorgienne et russe), du fait des circonstances prises en compte par les ambassades.

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1926 1939 1959 1970 1979 1989
Ossètes 60 351 (69,1 %) 72 266 (68,1 %) 63 698 (65,8 %) 66 073 (66,5 %) 65 077 (66,4 %) 65 200 (66,2 %)
Géorgiens 23 538 (26,9 %) 27 525 (25,9 %) 26 584 (27,5 %) 28 125 (28,3 %) 28 187 (28,8 %) 28 700 (29,0 %)
Russes 157 (0,2 %) 2 111 (2,0 %) 2 380 (2,5 %) 1 574 (1,6 %) 2 046 (2,1 %)
Arméniens 1 374 (1,6 %) 1 537 (1,4 %) 1 555 (1,6 %) 1 254 (1,3 %) 953 (1,0 %)
Juifs 1 739 (2,0 %) 1 979 (1,9 %) 1 723 (1,8 %) 1 485 (1,5 %) 654 (0,7 %)
Autres 216 (0,2 %) 700 (0,7 %) 867 (0,9 %) 910 (0,9 %) 1 071 (1,1 %) 5 100 (4,8 %)
Total 87 375 106 118 96 807 99 421 97 988 99 000

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Reconnue au niveau international par la Russie, le Nicaragua, le Venezuela, Nauru ainsi que par d'autres républiques sécessionnistes telles que l'Abkhazie et la République moldave de Transnistrie
  2. (en) « Georgia, Vanuatu Establish Diplomatic Ties », sur Civil.ge,‎ 15 juillet 2013 (consulté le 6 mai 2014)
  3. (en) « Tuvalu Retracts Abkhazia, S. Ossetia Recognition », sur Civil.ge,‎ 31 mars 2014 (consulté le 6 mai 2014)
  4. « Le Vanuatu établit des relations diplomatiques avec la Géorgie », sur Radio Australia,‎ 2 avril 2014 (consulté le 6 mai 2014)
  5. http://fr.rian.ru/world/20080908/116616030.html
  6. « Jeu d'urnes dans un confetti caucasien », Le Monde, 8 décembre 2011.
  7. a et b Moscou reconnaît l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, Le Figaro, 26 août 2008.
  8. L'Ossétie du Sud et Nauru établissent des relations diplomatiques RIA Novosti, 16 décembre 2009.
  9. Le Nicaragua reconnaît l'Ossétie, Le Figaro, 3 septembre 2008.
  10. Le Venezuela reconnaît l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, RIA Novosti, 10 septembre 2009.
  11. http://news.xinhuanet.com/english/2008-08/29/content_9731534.htm
  12. Équateur
  13. http://themoscowtimes.com/news/article/370554.html
  14. http://french.ruvr.ru/2012_05_27/76119816
  15. La Transnistrie reconnaît l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, Le Point, 31 août 2008.
  16. (fr) « L’Ossétie du Sud, dépendance du Kremlin dans le Caucase ? », Alexandre Predal, Le Journal International, 21 août 2013
  17. http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?id=3128&l=1
  18. (en) A Testing Ground for Modernization and a Showcase of Success, Russia in Global Affairs, 8 mars 2009
  19. http://washingtonexaminer.com/world/ap/48687607.html
  20. A Testing Ground for Modernization and a Showcase of Success, Russia in Global Affairs, 8 mars 2009
  21. The Permanent Committee on Geographical Names for British Official Use. Georgia: a toponymic note concerning South Ossetia

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tracey C. German (traduit de l’anglais par Benjamin Bloch), « Le conflit en Ossétie-du-Sud : la Géorgie contre la Russie », Politique étrangère, no 1, 2006, IFRI/Armand Colin.
  • Samuel Lussac, Géopolitique du Caucase. Au carrefour énergétique de l'Europe de l'Ouest, Éditions Technip, Paris, 2009. (ISBN 9782710809395)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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