Osques

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le peuple osque. Pour la langue osque, voir Osque.
Les peuples dans la péninsule italienne au début de l'âge du fer :

Les Osques (latin Osci ou Opsci) étaient un peuple de l'Italie ancienne dont l'origine reste inconnue et qui ont occupé la partie méridionale de la péninsule. Leur nom d'Opsci vient du nom de la déesse de la fertilité Ops.

Origines[modifier | modifier le code]

On pense que le peuplement de la péninsule italienne par les Indo-Européens s'est fait en deux vagues : une première au IIe millénaire avant J-C (les Italiotes, qui fondent entre autres la civilisation des Terramares ou terramaricole) et une seconde vague vers -1000 (civilisation dite villanovienne). La première vague correspondrait linguistiquement au sous-groupe de langues italiques latin-falisque-Sicule, la seconde au groupe osque-ombrien, ce qui explique les écarts constatés entre l'osque et le latin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Campaniens.

Établis en Campanie pré-romaine vers la fin du Ve siècle av. J.-C., ils adoptent l'alphabet étrusque et pendant le Ve siècle av. J.-C. ils sont soumis par les Samnites Ils seront avec eux, incorporés à la République romaine après la Bataille de Sentinum suite aux guerres samnites.

Usages et coutumes[modifier | modifier le code]

L'organisation familiale devait être de type patriarcal. Les osques habitaient des cabanes et utilisaient des vases d'argile, faits à la main, cuits au soleil ou au feu. Ces vases étaient parfois décorés avant leur cuisson de dessins linéaires tracés à la pointe ou à l'aide d'autres objets permettant l'impression ou l'incision. Ces céramiques rudimentaires sont le témoignage de techniques remontant à l'ère néolithique[1].

Leur principale activité économique était l'agriculture. Ils utilisaient des moyens primitifs et cultivaient de petites parcelles, proches des cabanes. L'unité de mesure de la surface était le vorsus, il équivalait à 8640 pieds carrés romains. Cette information a permis à Heinrich Nissen d'évaluer le pied osque à 0,2749 mètres[2]. L'élevage devait aussi être pratiqué, ainsi que la pêche le long des côtes et dans les rivières. On retrouve trace de la pêche grâce à la découverte d'assiettes décorées suite aux dernières découvertes archéologiques[3].

Pour leurs défunts, les osques pratiquaient l'inhumation. Les tombes étaient en tuf, à cercueil, en terre cuite, ou à cabane. Il manquait le concept de nécropole. De ce fait elles s'alignaient le long des sentiers qui reliaient les diverses habitations[4]. La religion devait être très simple. Basée sur le culte des éléments naturels comme la terre et le soleil connectés à la vénération de la Mater Matuta déesse de la fécondité, visible au Museo Campano di Capoue[5]. La vie des Osques commença à évoluer à partir du VIIIe siècle av. J.-C., quand les colonies grecques commencèrent à se développer sur côtes, La pénétration de la civilisation grecque fut pacifique et progressive. Les échanges entre les deux civilisations développa l'activité économique (essentiellement agricole) et les Osques adoptèrent des méthodes et des outils grecs évolués[6].

Les produits manufacturés grecs, très raffinés et sophistiqués, finirent par rentrer dans la vie quotidienne des Osques et les poussa à créer des agglomérations urbaines : Linterne, près de la mer, afin de faciliter les échanges commerciaux ; Atella, dans la région agricole à proximité du fleuve Clanio, pour la récolte ; et Capoue).

La Tabula Bantina, conservée au Musée de Naples, constitue un autre témoignage de la civilisation osque. Cette table contient d'un côté en langue osque et en latin, les ordonnances de la ville de Bantia et de l'autre côté une loi romaine remontant à la période des romains. Citons aussi la Tabula di Agnone visible au British Museum qui indique des particularités concernant une enceinte sacrée.

L'état osque[modifier | modifier le code]

On ne peut pas parler d'un état osque proprement dit. En effet on ne trouve aucune trace d'un pouvoir politique central, mais plutôt de fédérations osques (au nombre de trois). La ville de Capoue, vers l'an 216 av. J.-C. fut une ville de fort rayonnement qui pendant un temps domina la fédération osque et surpassait à ce moment même Rome[7].

La langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Osque.

Les Osques parlaient la « langue osque », qui fait partie des langues italiques, (incluant le latin, l'Ombrien, le Falisque et le volsque), d'origine indo-européenne. Il reste encore des inscriptions en caractères grecs, étrusques et latins en Campanie.

Des inscriptions osques figurent encore sur quelques façades de maisons et d'édifices de Pompéi. Ces écritures ont été mises au jour pendant les fouilles archéologiques de Pompéi. Dans cette ville, durant l'époque de la République romaine les habitants parlaient encore l'osque.

Une riche collection d'inscriptions osques est conservée dans la section épigraphie au Musée archéologique national de Naples.

De nombreuses paroles dialectales, encore aujourd'hui utilisées dans de nombreuses zones de la Campanie sont de source osque ou grecque.

Dans l'alphabet osque, les voyelles « a » et « e » étaient absentes. Elles étaient remplacées respectivement par le « e » et le « u » : dans beaucoup d'idiomes parlés en Campanie, on trouve la même substitution. (Par exemple on remplace « meno » par « mano », « fuoss » pour dire « fosso »).

En plus, dans le grec ancien, le terme « apothèke » employé pour désigner un magasin, est aujourd'hui encore utilisé en dialecte, transformé en « a puteca », désignant le magasin de vente de denrées alimentaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. O. Mascoli, Opicia, linee di storia campana, Napoli, 1952, pag. 15.
  2. J. Beloch, Campania, op. cit., pp. 357-358.
  3. E. Di Grazia, Le vie osche nell’agro aversano, op. cit., pag. 24.
  4. P. Barocelli, « Popolazioni dell’età preistorica » in Guida allo studio della civiltà romana antica, Napoli, 1959, par. 5.
  5. J. Beloch, Campania, op. cit., pp. 399-402; F. von Duhn, Osservazioni capuane in “Bull. Ist.”, 1876, pag. 177, e 1878, pp. 13-31.
  6. G. Alessio, L’adresse “Wörter und Sachen” appliqué aux problèmes étymologiques du travail, Napoli, 1964, p. 13: cas particulier cité (caracutium) avec de grandes roues, idéal pour traverser des terrains marécageux.
  7. G. de Sanctis, Histoire des Romains, vol. III, par. 2°, Firenze, 1968, pag. 208.

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]