Osman Hamdi Bey

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Osman Hamdi Bey
Archéologue
Image illustrative de l'article Osman Hamdi Bey
Osman Hamdi Bey
Surnom Osman Hamdi
Naissance 30 décembre 1842
Istanbul
Décès 24 février 1910 (à 67 ans)
Galatasaray (quartier Galata d’Istamboul)
Nationalité Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman
Parents İbrahim Edhem Pacha
Conjoint Marie X...
Découvertes principales sarcophage d'Alexandre
Expéditions principales Bagdad, Sidon (Liban)
Autres activités peintre
Osman Hamdi et sa fille Nazlı.
Le Musée archélogique (Müze-i Humayun, à gauche) et l'ancien bâtiment de l'École des Beaux-Arts (Sanayi-i Nefise Mektebi, à droite) ; photo de 2006
« Le dresseur de tortue » (Kaplumbağa Terbiyecisi, 1906)

Osman Hamdi Bey (né le 30 décembre 1842 à Istamboul; † 24 février 1910 dans sa villa de l’île de Galatasaray) est un peintre et archéologue turc, fondateur du musée d’Istamboul.

En tant que peintre, il s’est imposé comme le fondateur d’une école de peinture originale ; en tant qu’archéologue, il fut le grand pionnier de la promotion de l’histoire ancienne et de l’archéologie sur le sol turc. Il créa le premier musée archéologique de Turquie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Osman Hamdi était le fils aîné du Sadrazam (Grand vizir) İbrahim Edhem Pacha, un ingénieur et homme politique de culture occidentale. Son fils montra très jeune des dispositions artistiques, avec un don particulier pour le dessin et la peinture. Quoiqu'issu d'une famille de la classe supérieure de la société, il fréquenta l'école publique de Beşiktaş puis, à partir de 1856, la faculté de droit (Maarif-i Adliye) de Constantinople. En 1860, son père l'envoya parfaire ses études juridiques à Paris, pour qu'il prenne un vernis de culture occidentale. Là-bas, il en profita pour perfectionner sa technique picturale, étudiant sous la direction de Jean-Léon Gérôme, de Louis Boulanger et de Fausto Zonaro.

En 1864, il épousa une Française prénommée Marie, dont il eut deux filles, Fatma et Hayriye. Ce couple dura dix années: en 1873, il rencontrait lors d'une foire internationale à Vienne une autre française du nom de Marie, celle-là âgée de seulement 17 ans. Osman Hamdi l'appelait Naile ; il l’épousa. Ils eurent quatre filles : Melek, Leïla, Edhem et Nazlı.

Peintre reconnu, il possède un vaste atelier où il reçoit des peintres étrangers venus découvrir l'Orient. Parmi ceux-ci, le peintre français Max Leenhardt auquel il fit découvrir la culture ottomane et la luminosité extraordinaire du Bosphore.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Ses études terminées, Osman Hamdi rentra en 1869 en Turquie, et fut recruté par les services diplomatiques de l’Empire ottoman comme responsable des affaires protocolaires du Palais et responsable des affaires étrangères pour la Province ottomane de Bagdad. C'est là-bas que, prenant part à un chantier de fouilles, il commença à se passionner d’histoire et d’archéologie.

Il dirigea lui-même les premières recherches d'antiquités et les premières fouilles archéologiques à la tête des équipes turques de chercheurs à Sidon au Liban. Il y mit au jour plusieurs sarcophages (dont celui qu'on a appelé depuis le « sarcophage d'Alexandre ») qui passent encore de nos jours pour des merveilles archéologiques.

Pour doter ces vestiges d'un lieu de conservation et de présentation au public, il entreprit dès 1881 la fondation d'un musée archéologique, qui ouvrit finalement le 13 juin 1891 ; Hamdi Bey devint ainsi le directeur du premier musée de Turquie, qu'il baptisa Müze-i Humayun (« Musée de l’Empire »), situé dans le quartier Sultanahmet d’Istamboul, et qui est l'actuel Musée archéologique.

Sa construction fut confiée à un architecte levantin, Alexandre Vallaury (1850–1921). La façade évoque la forme du sarcophage d’Alexandre. L'édifice offre un bel exemple d’architecture néoclassique à Istamboul.

En 1883, Osman Hamdi fit construire juste en face du musée l’École Sanayi-i Nefise Mektebi (Institut des Beaux-Arts), qui fut la première institution turque consacrée aux arts contemporains. Le bâtiment abrite de nos jours le musée de l’Orient Ancien. Toujours en 1883, le gouvernement chargea « Osman Hamdi Bey, directeur du musée impérial ottoman, et Osgan Efendi, professeur de l’Académie des Beaux-Arts, … de se rendre à Nemrut pour y inventorier exhaustivement tous les édifices et les inscriptions et d’y recueillir autant de vestiges que possible »[1]. Après les fouilles de Nemrut Dağı suivit encore un projet à Lagina.

Osman Hamdi Bey fut aussi l'un des artisans du projet de Loi sur la protection du patrimoine culturel (Asar-ı Atika Nizamnamesi), finalement adoptée en 1884, et qui faisait de tous les vestiges découverts sur le territoire des biens de l'Empire Ottoman, les objets mis au jour lors de fouilles devant impérativement rejoindre les collections du Musée archéologique. Cette loi fut en son temps d'une importance considérable puisqu'elle devait mettre un terme au trafic d'antiquités vers l'Occident. Par là, le musée de Hamdi Bey obtenait quasi-officiellement le rang d'un musée d'État bénéficiant d'un monopole de la Couronne[2].

La Maison d’Osman Hamdi Bey à Eskihisar

Il n'en poursuivait pas moins ses activités picturales : il fit construire en 1884 un pavillon d'été à Eskihisar, village de la banlieue de Gebze où son père possédait déjà une résidence, pour en faire son atelier. C'est aujourd'hui une propriété de l’État, devenue depuis 1987 musée sous le nom de Maison d’Osman Hamdi Bey (Osman Hamdi Bey evi) : on peut y voir des objets ayant appartenu au célèbre archéologue, des photos d'époque, et des copies de ses tableaux (pour l'essentiel des compositions figuratives aux thèmes orientalisants), car les originaux sont détenus par des collectionneurs privés ou de grands musées à travers le monde.

Il partagea ses dernières années entre l'embellissement et l'enrichissement du Musée, et la peinture. Il mourut le 24 février 1910 dans sa villa sur le Bosphore à Istamboul-Kuruçesme.

Œuvres picturales (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Le four à torréfier, 1879
  • Le Harem, 1880
  • Deux jeunes musiciennes, 1880
  • La jeune fille lisant le Coran, 1880
  • Vieil homme devant des tombeaux d'enfants, 1903, Musée d'Orsay, Paris[3]
  • Le dresseur de tortues, 1906
Ce tableau, peint en 1906, a battu un record lors des ventes aux enchères en 2004 en Turquie, puisqu’il s’est apprécié à 3,5 millions de dollars. Il a été acquis par la Fondation Suna et Inan Kıraç pour le Musée Pera d’Istamboul[4]
  • Les trafiquants d'armes, 1907
  • Femmes dans la cour de la Mosquée de Şehzadebaşı, 1908
  • Grande porte de la Madrasa de Karaman
  • Le lecteur

Galerie[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en coll. avec Osgan Efendi) « Le tumulus de Nemroud-Dagh. Voyage, description, inscriptions », Istamboul 1883 (rééd. à Istamboul en 1987)
  • (en coll. avec Théodore Reinach) « Une nécropole royale à Sidon », Paris 1892 [1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sadan Gökovali: Commagene Nemrut. Milet Publishing Ltd 1999, ISBN 975-7199-11-7.
  2. F. R. Kraus: Die Istanbuler Tontafelsammlung. In: Journal of Cuneiform Studies 1, 1947.
  3. Osman Hamdi Bey, Vieil homme devant des tombeaux d'enfants, 1903, Musée d'Orsay, site www.musee-orsay.fr
  4. D'après Turkish Daily News du 15 décembre 2004

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edhem Eldem, Un Ottoman en Orient. Osman Hamdi Bey en Irak (18659-1871)". Actes Sud, Paris 2010
  • Edhem Eldem, Le voyage à Nemrud Dagi d'Osman Hamdi Bey et Osgan Efendi, IFEA-De Boccard 2010.
  • Mustafa Cezzar/Ferit Edgü: Osman Hamdi Bilinmeyen Resimleri. (ISBN 9-75438-036-1[à vérifier : ISBN invalide]) (en turc)
  • Osman Hamdi Bey & the Americans: archaeology, diplomacy, art (catalogue de l'exposition du 14 octobre 2011 à la fondation Suna & İnan Kıraç, Musée de Pera). Istamboul, Pera Müzesi 2011. (ISBN 9-75-912389-5[à vérifier : ISBN invalide])
  • Isabelle Laborie: "L’œuvre, reflet d’un milieu : correspondances, peintures et publications. Michel-Maximilien Leenhardt (1853-1941)" Thèse d'histoire de l'art, Université Toulouse 2, UMR 5136, soutenance prévue 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]

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