Osliabia

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Osliabia (Ослябя)
Image illustrative de l'article Osliabia
Le cuirassé Osliabia

Histoire
A servi dans Pavillon de la marine impériale russe Marine impériale de Russie, 2e escadron du Pacifique
Quille posée 1er janvier 1898
Lancement 27 octobre 1898
Armé 1902
Statut coulé le 27 mai 1905 à la bataille de Tsushima
Caractéristiques techniques
Type Cuirassé
Longueur 132,4 mètres
Maître-bau 21,8 m
Tirant d'eau 8 m
Déplacement 13 500 tonnes (standard) 13 717 tonnes (max)
Propulsion 3 moteurs à vapeur à triple expansion verticale (TEV), 30 chaudières à charbon de type Belleville, 4 hélices
Puissance 15 051 ch
Vitesse 18,33 nœuds (33,95 km/h)
Caractéristiques militaires
Blindage ceinture en acier 178 à 229 mm

Ponts : 64 mm Tourelles : 229 mm, barbettes 200 mm, casemates : 130 mm Aéronefs :

Armement 4 × 254 mm, 11 × 152 mm, 20 × 75 mm, 20 × 47 mm, 6 × 37 mm, 5 tubes lance-torpilles (381 mm)
Rayon d'action 10 400 kilomètres
Autres caractéristiques
Équipage 778
Chantier naval Nouvelle Amirauté de Saint-Pétersbourg
Port d'attache Port-Arthur

L’Osliabia (en russe: Ослябя), est un cuirassé de la classe Perevest construit pour la Marine impériale de Russie. Il doit son nom à Rodion Osliabia, moine du XIVe siècle ayant vécu à la laure de la Trinité-Saint-Serge et héros de la bataille de Koulikovo (8 septembre 1380). Au 2e escadron du Pacifique, l’Osliabia prit part à la Guerre russo-japonaise (1904-1905). Il fut le premier navire de la flotte impériale de Russie coulé le 27 mai 1905 à la bataille de Tsushima.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 25 juillet 1903, accompagné du croiseur Bayan, l’Osliabia quitta le chantier naval de la Nouvelle Amirauté, puis chacun des navires prit une route différente. La coque du cuirassé toucha le fond marin dans la nuit du 8 août au 9 août 1903, au détroit de Gibraltar. À son arrivée en Algérie des plongeurs inspectèrent le navire et découvrirent des défauts sur la coque. Les réparations des faisceaux et de la fausse quille furent effectuées à La Spezia du 12 octobre à début décembre 1903. Après réparation, une fuite d'eau fut découverte, l'eau filtrait au travers de la paroi interne par les rivets et les soudures du navire. Les travaux de réparations majeures furent reportés.

L’Osliabia fut placé sous le commandement du contre-amiral Andreï Andreïevitch Virenius. Le 23 novembre 1903, le contre-amiral attira l'attention de l'inspecteur en mécanique sur l'énorme quantité de charbon brûlé par le cuirassé, en effet l’Osliabia consommait chaque jour à l'arrêt vingt-six tonnes de charbon et en navigation jusqu'à cent quatorze tonnes, le Tsarévitch consommant respectivement huit et soixante-seize tonnes de charbon.

Le 31 janvier 1904, l'escadron jeta l'ancre à Djibouti. C'est dans ce port que le contre-amiral Virenius apprit la déclaration de guerre du Japon à la Russie. Le contre-amiral reçut l'ordre de retourner en mer Baltique et le navire subit les réparations nécessaires en avril 1904 dans le port de Kronstadt. En plus des travaux prévus, le système de ventilation fut amélioré.

Guerre russo-japonaise[modifier | modifier le code]

Après l'achèvement des travaux, l’Osliabia fut affecté au 2e escadron du Pacifique en qualité de navire amiral du 2e détachement blindé. Ce détachement fut placé sous le commandement du contre-amiral Dmitri Gustavovitch von Fölkersahm (1846-1905), outre l’Osliabia, le détachement était composé du Grand Sissoï, du Navarin et du croiseur Amiral Nakhimov.

Le 2 octobre 1904, le 2e escadron du Pacifique placé sous le commandement de l'amiral Rojestvenski quitta Libava et jeta l'ancre à Tanger, les navires composant l'escadron accostèrent séparément. L'essentiel des bâtiments de guerre se dirigea vers la Méditerranée ; ils pénétrèrent dans l'Océan Indien par le canal de Suez. L’Osliabia rejoignit le 1er groupe de combat au large de Madagascar. Une nouvelle fois, le cuirassé hissa le pavillon du contre-amiral von Fölkersahm.

Après avoir jeté l'ancre près des côtes malgaches, le 2e escadron traversa l'océan Indien et, après quelques jours de navigation au large des côtes indochinoises françaises, il se joignit au 3e escadron placé sous le commandement du contre-amiral Nebogatov. Au cours du voyage, le contre-amiral von Fölkersahm tomba malade et décéda le 10 mai 1904. Sa mort fut tenue secrète, seuls les officiers du navire-amiral en ayant connaissance. L’Osliabia continua donc à battre le pavillon du contre-amiral. Ce fut le capitaine 1er rang (grade correspondant à celui de colonel dans l'infanterie ou l'armée de l'air) Vladimir Iossifovitch Rem (1853-1905) qui prit le commandement du 2e détachement blindé du 2e escadron du Pacifique.

Bataille de Tsushima[modifier | modifier le code]

Le 27 mai 1905, débuta la bataille de Tsushima. À 13 heures 49, l’Osliabia et le navire amiral Amiral Souvorov ouvrirent le feu. À 13 heures 52, à son tour, le cuirassé japonais Mikasa ouvrit le feu sur le Prince Souvorov, devenu une cible de choix pour les artilleurs japonais. L'évolution du 2e escadron russe en une seule ligne aggrava la situation, la vitesse des navires russes fut ralentie, l’Osliabia presque à l'arrêt devint une cible facile pour les Japonais. Cinq croiseurs de la flotte japonaise concentrèrent leurs tirs sur le navire amiral. Lorsque le cuirassé reprit de la vitesse, quelques obus l'avaient déjà atteint. La tourelle de proue fut ravagée par trois incendies. L'ensemble de l'artillerie située à l'avant du navire fut détruite, le pont avant fut ravagé par les flammes. Des brèches situées au-dessus de la ligne de flottaison permirent à l'eau de pénétrer dans le premier et le second compartiments, la proue s'enfonça, la poupe se leva.

Après quinze minutes de combat, l’Osliabia perdit son grand mât. Lentement le navire prit de la gîte à bâbord, puis l'eau s'engouffra à tribord.

À 12 h 40, l’Osliabia s'inclina à 12° bâbord, le rostre fut ravagé par le feu, à bâbord l'eau atteignit les hublots. Le lieutenant Mikhaïl Pavlovitch Sabline, convaincu de l'incapacité à stopper la propagation de l'eau (qui avait atteint la passerelle), rédigea un rapport sur l'inéluctabilité de la fin du navire. Le commandant de l’Osliabia, le capitaine de 1er rang Vladimir Iossifovitch Rem, blessé dès le début des combats, ordonna aux membres d'équipage de sauver leurs vies. Rem refusa de quitter le cuirassé. Vers 14 h 40, l’Osliabia coula emportant avec lui 515 personnes et le contre-amiral Rem décédé depuis le 10 mai 1904. 250 personnes furent sauvées, mais 27 d'entre elles ne survécurent pas à leurs blessures.

Listes des marins décédés dans le naufrage de l’Osliabia[modifier | modifier le code]

  • Lieutenant : Fedor Mikhaïlovitch Kossinski (officier supérieur d'état-major)
  • Capitaine 2e rang : David Pokhvisnev
  • Capitaine 1er rang : Vladimir Iossifovitch Rem
  • Capitaine 2e rang : (officier d'artillerie) Sergueï Genk
  • Lieutenant d'artillerie : Konstantin Karlovitch Tundermann
  • Lieutenant de navigation : Ivan Diatchenko
  • Adjudant de navigation : Viatcheslav Petrovitch Paletsky
  • Lieutenant : Vladimir von Niedermiller
  • Adjudant-chef : Vladimir Truveller
  • Officier de quart : Adjudant Vassili Petrovitch Chipovalov
  • Officier de quart : Adjudant Valéry Valerianovitch Maïkov
  • Officier de quart : Adjudant Frederick N. Schierkenhefer
  • Officier de quart : Adjudant Ivan Boldyrev
  • Ingénieur principal : Nikolaï Andreïevitch Tikhany
  • Mécanicien : Pierre Flaviantovitch
  • Mécanicien adjoint : Gregory G. Danilenko
  • Mécanicien adjoint : Alexeï A. Bykov
  • Mécanicien adjoint : Anatoly G. Chevelev
  • Semion Artiemievitch Maïstruk
  • Basile Medvedtchouk
  • Conseiller auprès du médecin de bord : Gregory S. Vassiliev
  • Médecin adjoint : George Rolandovitch Bunting
  • Constantin Antonovitch Zmatchinsky
  • Aumônier du navire : le Père Victor Nicolas.

Commandants[modifier | modifier le code]

  • Dmitry Gustavovitch von Fölkersahm
  • Vladimir Iossifovitch Rem

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) C.В. Farmer, S. Molodtsov, Battleships type «Peresvet» ( «maritime Collection» № 1 pour 1998)
  • (en) Busch, Noel F.,The Emperor's Sword: la Russie contre le Japon à la bataille de Tsushima
  • (en) Tony Gibbons, The Complete Encyclopedia of Battleships and Battlecruisers
  • en) V.M. Tomitch, Les Navires de guerre de la Marine Impériale de Russie (1968), Volume 1, Battleships

Liens externes[modifier | modifier le code]

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