Oskar Freysinger

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Oskar Freysinger
Oskar Freysinger en 2007.
Oskar Freysinger en 2007.
Fonctions
Conseiller d'État (Valais)
En fonction depuis le 2013
Élection 17 mars 2013
Législature 2013 - 2017
Conseiller national
En fonction depuis le 1er décembre 2003[1]
Législature 47e (2003-2007)
48e (2007-2011)
49e (2011-2015)
Député au Grand Conseil du canton du Valais
mars 2001octobre 2003[1]
Conseiller communal de Savièse
1997 – 2001
Biographie
Date de naissance 12 juin 1960 (54 ans)[1]
Lieu de naissance Sierre (Suisse)
Parti politique Union démocratique du centre (UDC)
Profession enseignant dans une école de maturité[1]

Oskar Freysinger, né le 12 juin 1960, est une personnalité politique suisse, membre de l'Union démocratique du centre (UDC). Il est fondateur de l'UDC Valais en 1999 et conseiller d'État valaisan depuis 2013[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Oskar Freysinger est né à Sierre de père autrichien et de mère valaisanne.

Oskar Freysinger effectue sa formation à l'école allemande de Sion. Pendant son passage à l'école normale, il rencontre Arthur Fibicher qui lui donne le goût des lettres. Il entre à l'université de Fribourg, en classes de littérature, de philologie allemande et de littérature française, puis obtient un diplôme de maître de gymnase en 1985.

Il a publié plusieurs ouvrages et gagné le Prix Rilke, ex-aequo avec deux autres personnes, avec un poème soumis de manière anonyme. Voir aussi sa polémique avec la Société des autrices et auteurs suisses[3].

Sa mère est la nièce du fameux pilote des glaciers Hermann Geiger[4]. Son épouse Ghislaine, née Héritier, originaire de Savièse, est la mère de leurs trois enfants Fanny, Yoann et Laura[5].

Carrière[modifier | modifier le code]

Il est enseignant d'allemand au lycée-collège de la Planta depuis 1987. Entre 1998 et 2002, il est président du Groupement des professeurs d’allemand du canton du Valais (GPAVR). De 1997 à 2001, il est conseiller communal à Savièse pour le parti démocrate-chrétien avant de cofonder l’UDC Valais, un parti de droite, dont il est le président de 1999 à 2002. Il est élu député au Grand Conseil du canton du Valais de 2001 à 2003[6].

Au Conseil national[modifier | modifier le code]

Oskar Freysinger est conseiller national depuis octobre 2003.

Au Conseil d'État[modifier | modifier le code]

En 2013, Oskar Freysinger est élu au Conseil d'État du Canton du Valais. Il y dirige le Département de la formation et de la sécurité.

Sa gestion du Service de l'enseignement est critiqué, notamment pour la nomination de proches (son éditeur, Slobodan Despot, comme porte-parole), de membres de son parti (dont Kevin Pelluchoud et Ariane Doyen) et d'une personne ne scolarisant pas ses enfants dans les écoles publiques (Ariane Doyen, comme collaboratrice scientifique)[7].

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Unbalanced scales.svg Cette section ne respecte pas la neutralité de point de vue. Considérez son contenu avec précaution. Discutez-en en page de discussion.
Pour lancer la procédure de résolution du problème, remplacez ce bandeau par {{Désaccord de neutralité}}.

Il est l'un des parlementaires à l'origine, et le principal porte-parole[8] de l'Initiative populaire « Contre la construction de minarets »[9], adoptée par votation le 29 novembre 2009 à 57,5 %[10]. Il a également participé, le 18 décembre 2010, aux « Assises contre l'islamisation de l'Europe »[11],[12].

Dès 2001, il a été co-organisateur de la marche blanche à Sion. Il a déposé des interventions contre la pédocriminalité au Conseil national et s'est aussi engagé pour les deux initiatives de cette association[13],[14].

Il pense que les enseignants devraient dénoncer aux instances compétentes en la matière les enfants de sans-papiers, lorsque ceux-ci se retrouvent dans une de leur classe[15].

Par ailleurs, il s'oppose au droit à l'avortement, qui a donné lieu selon lui à un « génocide invisible »[16],[17].

Critiques et polémiques[modifier | modifier le code]

Après la publication de son recueil Brüchige Welten en 2004, Oskar Freysinger demande son adhésion à l'association des Autrices et auteurs de Suisse. Cette dernière lui refuse l'entrée, motivant sa décision par une incompatibilité entre les buts des Autrices et auteurs de Suisse et les prises de position publiques de l'intéressé. Cette affaire a été très médiatisée par les quotidiens suisses[18].

En 2007, à la suite des attaques contre l'UDC du rappeur Stress, Freysinger se confronte avec le chanteur sur les ondes de la Radio suisse romande. Par la suite, le politicien composera également la chanson Dé-stressez qui s'en prend au rappeur[19].

En 2009, lors d'un débat sur l'initiative contre les minarets dans l'émission Infrarouge de la TSR, Oskar Freysinger a un échange houleux avec Daniel Cohn-Bendit, député européen français écologiste[20]. Dans un entretien accordé au journaliste Alimuddin Usmani, Oskar Freysinger estime en 2013 que Daniel Cohn-Bendit s’ingère tout le temps dans les affaires intérieures de la Suisse et qu'il se comporte comme une autorité tutélaire, voire coloniale[21].

À la suite du succès de l'initiative contre les minarets, Freysinger a été invité à donner deux conférences à l'étranger qui ont fait polémique, en raison des positions jugées islamophobes de leurs organisateurs. En octobre 2010, les communes de Bruxelles et de Schaerbeek ont refusé la présence de l'orateur valaisan. La conférence qu'il devait donner sur le thème « l'islam, une menace ? » s'est finalement tenue au parlement flamand, à l'invitation du leader du Vlaams Belang, Filip Dewinter[22]. Le 18 décembre 2010, Freysinger participe aux « Assises internationales sur l'islamisation » à Paris. La presse de Suisse romande a souligné à cette occasion la présence, parmi les organisateurs de la manifestation, du Bloc identitaire, mouvement classé à l'extrême-droite[23],[24].

Oskar Freysinger a fréquemment été la cible d'attaques personnelles, qui ont pu donner lieu à des plaintes du politicien. En 2007, lors de la campagne pour les élections fédérales, le journal Le Confédéré, proche du parti radical valaisan, publie un encart réunissant les portraits de Freysinger et d'Adolf Hitler accompagnés du slogan « Autrichiens, on a déjà donné », en réponse à une affiche de l'UDC Valais jugée discriminatoire à l'égard des musulmans. Après une réaction de l'Ambassade d'Autriche[25] et une plainte déposée par Freysinger, le Tribunal fédéral condamne en 2011 l'ancien rédacteur en chef, Adolphe Ribordy, pour atteinte à l'honneur, confirmant une première décision de la Justice valaisanne. Dans un arrêt rendu à l'unanimité de la Cour de droit pénal, le TF a confirmé la condamnation avec sursis d'Adolphe Ribordy à 120 heures de travail d'intérêt général pour diffamation. Il a jugé que le photomontage procède d'un amalgame et jette clairement le soupçon qu'Oskar Freysinger, dont le père est un autrichien, sympathiserait avec l'idéologie nazie. «« On cherche ce qu'il y aurait d'amusant à laisser croire qu'une personne partage la vision d'un génocidaire » relève le Tribunal Fédéral[26].

En 2010, une caricature publiée par le journal satirique lausannois Vigousse est l'objet d'une plainte d'Oskar Freysinger. En réponse à une prise de position de l'UDC sur l'école primaire, le dessinateur Pitch figure un personnage, portant la queue de cheval emblématique de Freysinger et un brassard rouge, envoyant une file d'écoliers vers une usine à la cheminée fumante en s'écriant « Tous à la douche »[27]. En 2012, la Justice vaudoise rejette la plainte de Freysinger, estimant que la référence au nazisme était uniquement suggérée et que le caractère satirique de la publication rendait impossible une lecture du dessin au premier degré[28],[29].

Le 5 septembre 2011, à l'issue d'un débat avec Hani Ramadan à l'Uni Dufour (Genève), Freysinger se fait entarter par un étudiant ; le politicien réagit en soulignant que « la liberté de jeter des tartes fait partie de la démocratie[30]. »

Le 24 mars 2013, les images du magazine de la SRF Reporter[31] témoignent de la présence d'un drapeau militaire du IIe Reich décorant la cave d'Oskar Freysinger. Pavillon de guerre de l'armée allemande jusqu'à la Première Guerre mondiale, ce drapeau est aujourd'hui utilisé par les groupes nationalistes allemands. Interrogé sur sa signification, le politicien explique avoir acheté le drapeau lors d'une exposition sur un sous-marin à Lübeck et qu'il s'agit pour lui d'un simple objet décoratif, sans lien avec une idéologie[32]. Plusieurs intervenants dans les médias suisses ont toutefois souligné la légèreté de Freysinger, pourtant enseignant d'allemand[33],[34].

Publications[modifier | modifier le code]

Oskar Freysinger au Salon du Livre 2011 de Genève

Oskar Freysinger écrit en français et en allemand.

Il sort en octobre 2004 Brüchige Welten (en allemand), un recueil de nouvelles, paraboles et satires. Paru chez Rotten Verlag, Viège puis, le 13 septembre 2005, Outre-pensées (en français) aux éditions de la Matze. En mai 2006 sort son premier roman intitulé Schachspirale (en allemand) aux éditions de la Matze.

Le 13 octobre 2009, Oskar Freysinger a présenté son livre Le nez dans le soleil, une sorte de monologue qui met en scène un paysan et son petit-fils et montre l'attachement des Valaisans pour leur pays. L'ouvrage est préfacé par l'avocat genevois Marc Bonnant.

En janvier 2007, Oskar Freysinger est admis au sein de l'Association des écrivains serbes, sous la présidence de Marko Ruzicic[35].

Il obtient un prix de poésie du Festival Rilke de Sierre en 2009[36] et le prix culturel de Savièse, en 2010[37].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Brüchige Welten, Rotten Verlag, 2004.
  • Outre-pensées, éditions de la Matze, 2005.
  • Schachspirale, éditions de la Matze, 2006.
  • sous le pseudonyme de Janus : L'évasion de C.B., Éditions Xenia, 2008.
  • Le nez dans le soleil, éditions de la Matze, 2009.
  • sous le pseudonyme de Janus : Canines, Éditions Xenia, 2010 .
  • Antifa, éditions Tatamis, 2011.
  • I-mages, recueil de poèmes sur des photos de son ami Slobodan Despot, éditions Xenia, 2011.
  • Garce de vie, éditions Attinger, 2012.
  • Wabers Schwarm, éditions Weltbild, 2012.
  • Löwenzahn, éditions Weltbild, 2012.
  • Schöpfung, poèmes de Hans W. Kopp traduits en français par Oskar Freysinger, éd. Xénia, 2009
  • Sur Oskar Freysinger : « Oskar et les minarets » de Slobodan Despot, éditions Favre 2010.
  • De la frontière, éd. Xénia, 2013.

Cinq de ses ouvrages ont été traduits en serbe[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Biographie de Oskar Freysinger sur le site Web de l'Assemblée fédérale suisse.
  2. Curriculum vitæ d'Oskar Freysinger, www.vs.ch (page consultée le 18 juin 2014).
  3. http://www.infrarouge.ch/ir/89-apres-hirschhorn-freysinger-retour-censure
  4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hermann_Geiger
  5. http://www.mamuz.ch/ghis.html
  6. http://www.udc.ch/g3.cms/s_page/79460/s_name/directionparti
  7. Marie Parvex, « Le PS s'insurge contre les choix d'Oskar Freysinger », Le Temps, mercredi 18 juin 2014, page 8.
  8. France 24, « Oskar Freysinger, figure de proue des anti-minarets, a le triomphe modeste », France 24,‎ 2 décembre 2009 (consulté le 13 juin 2010).
  9. « Comité d'initiative contre la construction de minarets », www.minarets.ch (consulté le 13 juin 2010).
  10. ATS, « Votations fédérales: l'initiative anti-minarets acceptée à 57,5 % », Le Matin,‎ 29 novembre 2009 (consulté le 13 juin 2010).
  11. « Le Suisse Freysinger fait un tabac aux « Assises contre l'islamisation » », Le Nouvel Observateur, 18 décembre 2010.
  12. http://www.francisrichard.net/article-oskar-freysinger-a-paris-le-18-decembre-aux-assises-sur-l-islamisation-61806163.html
  13. http://journal.24heures.ch/actu/suisse/imprescriptibilite-fixee-12-ans-fait-debat-2011-06-22
  14. http://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/2e70ca6e-cc33-11e0-a9d0-f0fa8a8b5f39/A_c%C5%93ur_ouvert_contre_la_p%C3%A9dophilie
  15. http://www.20min.ch/ro/news/romandie/story/20210707
  16. http://www.dailymotion.com/video/xh1l0v_oskar-freysinger-a-propos-du-debat-sur-l-avortement_news
  17. Enquête & Débat, Oskar Freysinger : « L'absence de débat sur l'avortement démontre un manque de liberté d'expression », 15 février 2011.
  18. Francesco Biamonte, « À la Une : À propos de « l'affaire Freysinger » » (consulté le 5 mars 2013).
  19. Oskar Freysinger allume Stress dans une chanson de 5 minutes, 17 août 2007, 20 minutes (Suisse).
  20. http://www.20min.ch/ro/entertainment/television/story/Gros-clash-entre-Freysinger-et-Cohn-Bendit-sur-la-TSR-11286360
  21. « Entretien exclusif avec Oskar Freysinger », sur www.lesobservateurs.ch,‎ 24 décembre 2013.
  22. http://www.rts.ch/info/suisse/2565917-le-romand-freysinger-au-parlement-flamand.html
  23. http://www.letemps.ch/Page/Uuid/f39bf712-f292-11df-903d-be13e2434cbc%7C0#.UTXRVBknzwc
  24. http://www.lecourrier.ch/oskar_freysinger_coqueluche_des_identitaires_francais?page=3&engine=1
  25. http://www.cicad.ch/fr/affaire-ribordy-freysinger-lambassadeur-dautriche-intervient.html
  26. http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/Ribordy-perd-son-proces-contre-Freysinger-27877657
  27. http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/13221662
  28. http://www.rts.ch/info/suisse/4428683-une-plainte-d-oskar-freysinger-contre-une-caricature-dans-vigousse-rejetee.html
  29. http://1dex.ch/2012/11/13/oskar-et-vigousse-les-hors-la-loi-de-la-justice
  30. http://www.rts.ch/info/suisse/3377960-debat-a-geneve-freysinger-entarte-a-l-universite.html
  31. http://www.srf.ch/sendungen/reporter/oskar-der-rattenfaenger
  32. http://www.tagesanzeiger.ch/schweiz/standard/Freysingers-dekorative-Kriegsflagge/story/10226065
  33. Marie Parvex, « Le drapeau néonazi d’Oskar Freysinger », Le Temps, mardi 26 mars 2013.
  34. Aussi 24 heures : http://www.24heures.ch/suisse/Oskar-Freysinger-a-un-drapeau-du-IIe-Reich-dans-sa-cave-/story/26029113.
  35. Stéphane Kovacs, « Oskar Freysinger, le pourfendeur des minarets », Le Figaro,‎ 1er décembre 2009 (consulté le 13 juin 2010).
  36. Vincent Pellegrini, « Les lauriers d'Oskar », Le Nouvelliste,‎ 29 juillet 2009 (lire en ligne).
  37. article|titre=Prix culturel de la commune de Savièse pour Oskar Freysinger|périodique=Rhône FM|date=01 mai 2010|lire en ligne=http://www.rhonefm.ch/fr/informations/infos-a-chaud/prix-culturel-de-la-commune-de-saviese-pour-oskar-freysinger-313-26871

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :