Osho

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

18° 32′ 15″ N 73° 53′ 13″ E / 18.5375, 73.8869 ()

Rajneesh Chandra Mohan Jain (रजनीश चन्द्र मोहन जैन) (11 décembre 1931 au Madhya Pradesh19 janvier 1990 à Pune, Maharashtra), plus connu dans les années 1960 sous le nom d'Acharya Rajneesh, puis dans les années 1970 et 1980 sous celui de Bhagwan Shree Rajneesh puis prenant enfin le nom d'Osho, a été qualifié de guru indien iconoclaste et très controversé. Il vécut d'abord en Inde puis dans d'autres pays dont, principalement, les États-Unis où il avait fondé un centre spirituel en Oregon. Il a inspiré le mouvement qui a pris son nom : « Osho ». Il est le créateur de ce qu'il a appelé la « méditation dynamique »[1]. Il fut également une des influences majeures du courant New Age[2]. Son attitude jugée particulièrement permissive à l'égard de la sexualité et les conseils qu'il donnait à ses adeptes à cet égard lui ont valu aux États-Unis le surnom de « sex guru »[3]. Plusieurs affaires ont contribué au déclin de ses communautés jusqu'à leur disparition. Il reste cependant aujourd'hui un auteur (note : il n'a jamais écrit des livres, ces discours spontanés devant ses audiences ont été transcrit ensuite) très populaire[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

L'entrée du centre Osho à Pune

Né en 1931 à Jabalpur en Inde, ainé de onze enfants dans une famille jaïna[5], Rajneesh Chandra Mohan fait des études universitaires (Il obtient l'agrégation de philosophie en 1953) et devient en 1957 professeur dans deux universités[6].

Il commence à donner des conférences en 1966. Mais c'est à partir de 1974, après avoir quitté Bombay où il avait développé de l'asthme, du diabète et de nombreuses allergies[7], qu'il commença à recevoir un nombre grandissant d'occidentaux dans son ashram de Pune en Inde (qui est encore aujourd'hui le lieu du vaste Osho International Meditation Resort).

Après deux ans et demi durant lesquels il observe un vœu de silence, il arrive aux États-Unis en 1981, en partie pour recevoir des soins médicaux. Ses disciples achètent ( Ma Anand Sheela, son assistante à l'époque) un ranch dans l'Oregon, le « Big Muddy Ranch » qui sera transformé pour devenir « Rajneeshpuram »[8].

Au milieu des années 1980, il reçoit environ 30 000 visiteurs par an[9] et met au point une variété de méditations dynamiques, à visée cathartiques afin, selon lui, de libérer le corps et l'esprit. Ses méthodes sont inspirées de traditions tantriques et seront enseignées dans les centres ou « universités Osho » dans le monde.

Des psychologues et psychothérapeutes, principalement issus du mouvement du potentiel humain, ainsi que des médecins sont venus s'initier à ses pratiques[10].

La communauté de « Rajneeshpuram » s'effondre après de longues luttes hostiles avec les voisins de la propriété[11],[12] et les habitants de la région.

Il est décédé en Inde en 1990 après avoir résidé quelques années dans son âshram des États-Unis et être retourné vivre en Inde en 1987.

Doctrine[modifier | modifier le code]

Dès ses premières conférences publiques, Osho prend pour thème principal la critique virulente des leaders religieux hindous et la morale de la société indienne. Ses discours sur la sexualité font rapidement de lui une figure radicale et polémique de la spiritualité indienne puis occidentale (au point de susciter une tentative d'assassinat en 1980 de la part d'un fondamentaliste hindou). Son arrivée en plein essor de la contre-culture aux États-Unis lui fournit son succès[13].

En 1970, il invente la « méditation dynamique », une pratique d'une heure qui devient sa marque de fabrique. Elle est conçue à l'opposé de la compréhension plus traditionnelle de la méditation[13], et consiste en des exercices successifs de respiration accélérée, des sessions cathartiques, de répétitions de mantra, de danse. L'objectif aurait été de libérer les individus de tout ce qu'ils répriment en eux[13].

Officiellement, son enseignement cherche à promouvoir une certaine « célébration de la vie » plutôt que le « renoncement au monde » préconisée dans les grands courants spirituels. Bien que très influencé par la pensée de Gurdjieff, Osho entretenait des liens plus proches avec ses disciples au point de créer une sorte de « famille spirituelle » qui, contrairement aux objectifs affichés, a fini par se « couper du monde »[13].

Mais l'aspect le plus crucial de son enseignement est sa personnalité charismatique. Perçu comme un excellent orateur, sa présence est recherchée par ses disciples dont certains ont parlé comme d'une drogue[13].

Controverses[modifier | modifier le code]

Osho roule en Rolls Royce devant ses disciples portant la robe orange des « néo-sannyasins » à « Rajneeshpuram » en Oregon

La personne d'Osho et son mouvement, autant en Inde qu'aux États-Unis, ont été l'objet de nombreuses critiques, rumeurs ainsi que d'accusations plus graves. Le Centre Osho français a été cité dans le rapport parlementaire rédigé en 1995 par la commission d'enquête sur les sectes.

Selon un de ses premiers disciples, Osho fut arrêté en 1985, alors qu'il tentait de quitter la Caroline du Nord pour les Bermudes en possession de 55 000 dollars, d'un pistolet et de bijoux d'une valeur totale de plusieurs millions de dollars[14].

Lors d'élections locales en 1984 dans le comté de Wasco, en Oregon, quelques proches disciples d'Osho ont, apparemment à l'insu de leur gourou[15], tenté d'empoisonner à la salmonelle des habitants de la ville de The Dalles afin de faire pencher les votes en leur faveur. 750 personnes furent ainsi intoxiquées. Osho révéla lui-même cet attentat de ses proches, l'affaire fit grand bruit et fut à l'origine de l'effondrement de la communauté. Osho fut rapidement ensuite arrêté pour violation de lois sur l'immigration et renvoyé en Inde[11].

Osho était connu pour son goût de la provocation, n'hésitant pas à utiliser les jurons interdits en public aux États-Unis[16]. Il prétendait ainsi sortir ses interlocuteurs de leur « mode de pensée conventionnel »[8]. Mais un tel langage dans l’Amérique des années 1980 était mal reçu.

Selon la Néerlandaise Maroesja Perizonius, réalisatrice du documentaire La mère, l'enfant et le gourou (De droom van mijn moeder, 2006)[17], qui a suivi sa mère durant sept ans, certains des membres de la communauté d'Osho auraient eu des relations sexuelles avec des enfants de 13 ans[18].

Plusieurs disciples fortunés ou groupes de disciples ont offert des Rolls Royce ce qui a permis de constituer une collection record de 91 véhicules, fortement médiatisée[8]. La fortune d'Osho à sa mort avait été estimée à un milliard de dollars (Le Monde, 21-22 janvier 1990).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Par ordre alphabétique de titres :

  • Aimer vivre par Osho, Éditions Almasta, 2003, ISBN 2-940095-06-X
  • Au fil du Tao, Almasta
  • Compassion, Almasta
  • Créativité, Almasta
  • Du sexe à la conscience divine, Le Voyage Intérieur
  • Etre en pleine conscience : Une présence à la vie, de Osho, Jouvence, 2005, ISBN 2-88353-443-8
  • Expérience mystique, Du Gange
  • Intuition Osho ISBN 978-2-940095-22-3 Éditions Almasta, 2010
  • Intimité Osho ISBN 978-2-940095-24-7 Éditions Almasta, 2011
  • Je suis la porte - EPI/D.D.B
  • Jeu de cartes du tarot d’Osho, Éditions Almasta, ISBN 3-89338-129-5
  • Juste comme ça, Almasta
  • L’évangile de Thomas – Vol. 1 Le Grain de sénévé, Du Relié
  • L’évangile de Thomas – Vol. 2 La Résurrection et la vie, Du Relié
  • L'éveil à la conscience cosmique, Dangles
  • L'harmonie invisible - Les fragments d'Héraclite, Du Gange
  • La femme l'amour et la liberté, Altess
  • La liberté – Le courage d'être soi-même, Jouvence
  • La méditation dynamique, Dangles
  • La méditation pas à pas : La plénitude de la vie, Osho Accarias, 2006, ISBN 2-86316-126-1
  • La mort, l'ultime illusion, Le Voyage Intérieur
  • La Promenade de Kaveen, Éditions Almasta
  • La Vague et l'Océan d’Osho, Éditions Almasta
  • La Vie, l'amour, le rire par Bhagwan, Shree, et Osho, Mortagne, 1999 ISBN 2-89074-852-9
  • La Voie de l'amour, Du Relié
  • Le courage : La joie de vivre dangereusement par Osho et Kreis, Danielle Uttama, Jouvence, 2004, ISBN 2-88353-348-2
  • Le livre des secrets Vol.1, de Osho Bhagwam Shree Rajneesh, Poche et Albin Michel, ISBN 2-226-03299-1
  • Le livre des secrets Vol.2, de Osho Bhagwam Shree Rajneesh, Éditions du Voyage Intérieur
  • Le livre du rien – Quintessence du Zen d’Osho, Éditions Almasta
  • Le Livre Orange, Ronan Denniel
  • Le sutra du diamant - commentaires sur Bouddha, Le Voyage Intérieur
  • Le Tarot de Rajneesh, autre traduction du livre Perles de Sagesse par Anand Raji, Le Voyage Intérieur
  • Les fleurs de l’âge : Un ciel sans limite d’Osho, Éditions Almasta
  • Les Mots du silence, Le Voyage Intérieur
  • Les secrets de Shiva, Le Voyage Intérieur
  • Lettres à l'Être – Correspondance inédite d’Osho, Éditions Almasta
  • Maturité, Almasta
  • Médecine et Méditation : Du soin du corps à celui de l'esprit par Osho et Uttama, Éditions Almasta, 2004, ISBN 2-940095-07-8
  • Meditation, la connaissance de soi, Le Voyage Intérieur
  • Méditation : La porte vers l’intériorité d’Osho, Éditions Almasta
  • Méditation, une porte vers l'intériorité, Osho Tantra éd.
  • Mojud : L'homme à la vie inexplicable d’Osho, Collection Tantra, Éditions Almasta
  • Mon chemin, le chemin des nuages blancs, Le Voyage Intérieur
  • Mourir et renaître - la voie soufie, Le Voyage Intérieur
  • Perles de sagesse, Texte du tarot d’Osho, traduit par Ma Devika Elisabeth, Éditions Almasta, 1993
  • Pluie sans nuages d’Osho, Éditions Almasta
  • Prêtres et politiciens, Altess
  • Qu'est-ce que la méditation ? par Osho, Elisabeth Devika, et Uttama, Accarias, 2005, ISBN 2-86316-120-2
  • Tantra, le chant royal de Sahara, vol.1, Le Voyage Intérieur
  • Tantra, le chant royal de Sahara, vol.2, Le Voyage Intérieur
  • Tantra, spiritualité et sexe d’Osho, Éditions Almasta, ISBN 2-940095-05-1
  • Tantra suprême sagesse, Ronan Denniel
  • Tarot zen (texte du jeu de cartes), Du Gange
  • Techniques de Meditation, guide pratique, Le Voyage Intérieur
  • Techniques Esotériques secrètes, Le Voyage Intérieur
  • Traces sur l’eau d’Osho, commentaires de haïkus japonais, Almasta Éditions Almasta
  • Un art de mourir pour l’occident, Du Relié
  • Une quête et des rencontres, de Devika Elisabeth Berthout, Éditions Almasta
  • Une tasse de thé, Le Voyage Intérieur
  • Viens, suis-moi, Entretiens sur Jésus, Tome 1, Le Voyage Intérieur, ISBN 2-91109600-2
  • Viens, suis-moi, Entretiens sur Jésus, Tome 2, Le Voyage Intérieur, ISBN 2-91109601-0
  • Yoga Alpha et Omega, Éditions du Voyage Intérieur
  • Zen retour à la source, Éditions du Voyage Intérieur

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Méditation dynamique sur le site Osho.com
  2. Heelas, Paul (1996), The New Age Movement: Religion, Culture and Society in the Age of Postmodernity, Oxford: Wiley-Blackwel
  3. Joshi, Vasant (1982), The Awakened One, San Francisco, CA: Harper and Row
  4. Forsthoefel, Thomas A.; Humes, Cynthia Ann (eds.) (2005), Gurus in America, Albany, NY: State University of New York Press
  5. Gordon, James S. (1987), The Golden Guru, Lexington, MA: The Stephen Greene Press
  6. Sur le site de l'université de Sagar
  7. Frances FitzGerald (22 septembre 1986), "Rajneeshpuram", The New Yorker
  8. a, b et c (en) George D. Chryssides, Exploring New Religions, Londres, Continuum International Publishing Group,‎ 2001, poche (ISBN 978-0-8264-5959-6, LCCN 99030475, lire en ligne), p. 211
  9. itra, S., Draper, R., and Chengappa, R.: Rajneesh: Paradise lost, dans : India Today, 15 décembre 1985
  10. Joshi, Vasant (1982), The Awakened One, San Francisco, CA: Harper and Row
  11. a et b Staff. "Wasco County History". Oregon Historical County Records Guide (Oregon State Archives) [1]
  12. Staff (1990). "Bhagwan Shree Rajneesh". Newsmakers 1990 (Gale Research): pp. Issue 2
  13. a, b, c, d et e P T Mistlberger, The Three Dangerous Magi: Osho, Gurdjieff, Crowley, John Hunt Publishing,‎ 2010 (présentation en ligne), p. 81
  14. Témoignage de Calder
  15. Aveling, Harry (ed.) (1999), Osho Rajneesh and His Disciples: Some Western Perceptions, Delhi: Motilal Banarsidass
  16. Une de ses conférences tournait autour des usages et variations possibles du mot Fuck Vidéo de Osho International « Si Dieu est mort, vous perdez un des mots les plus importants de la langue anglaise, il va vous falloir un substitut.Dieu était à un extrême, et quand un extrême disparaît, il est inévitable que vous tombiez à l'autre extrême. Pour remplacer Dieu, Fuck (baiser) est devenu le mot le plus important »
  17. La mère, l'enfant et le gourou présenté sur le site d'Arte
  18. Monique Ayoun, « Les enfants perdus », Télécinéobs,‎ 14 juillet 2007 (consulté le 9 janvier 2008)

Liens externes[modifier | modifier le code]