Osedax

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Osedax est un genre d'annélide nécrophage appartenant à la famille des Siboglinidae. Ils se nourrissent d'os de baleines. Le genre, créé en 2004, compte une quinzaine d'espèces.

Découverte[modifier | modifier le code]

Les premiers exemplaires ont été collectés en 1996[1]. D'autres ont été découverts en février 2002 par le sous-marin océanographique ROV Tiburon au large de la Californie, dans le Canyon de Monterey à une profondeur de 2 800 m.

Fin 2005, une expérience menée par des biologistes marins suédois a permis la découverte d'une nouvelle espèce dans la Mer du Nord, à l'ouest de la Suède. Les scientifiques ont immergé par 120 m de fond la carcasse d'une baleine de Minke échouée. Celle-ci a été surveillée pendant plusieurs mois. À une si faible profondeur, les biologistes ont été surpris de découvrir une nouvelle espèce, qu'ils ont nommée Osedax mucofloris.

Craig Smith, un chercheur de Hawaï, suggère qu'environ la moitié des espèces du genre Osedax ont pu disparaître lorsque les grandes chasses à la baleine de la fin du XIXe siècle ont éliminé 90 % de celles-ci[1].

Description[modifier | modifier le code]

Osedax signifie mangeur d'os en latin, une allusion à la façon dont ces vers creusent les os des carcasses de baleines grises pour atteindre les lipides dont ils se nourrissent. Manquant de bouche et d'estomac, ils digèrent ces graisses grâce à des bactéries symbiotes de l'ordre des Oceanospirillales, qui rejettent des nutriments qu'ils peuvent assimiler.

Les Osedax ont des « plumes » colorées qui leur servent de branchies et une structure inhabituelle ressemblant à une racine, qui absorbe les nutriments. Le dimorphisme sexuel est extrême : entre 50 et 100 mâles minuscules vivent à l'intérieur de chaque femelle ; ils ne dépassent jamais le stade larvaire.

Le rôle des Osedax dans la dégradation des vertébrés marins reste disputé. Certains spécialistes estiment que le genre est spécifique aux ossements des baleines, tandis que d'autres pensent qu'il est plus « généraliste ». Cette controverse est due à un paradoxe biogéographique : en dépit de la rareté et de l'irrégularité des morts de baleines en haute mer, Osedax possède une large répartition géographique et des espèces relativement diverses. Une des hypothèses avancées pour expliquer ce paradoxe est que celles-ci seraient capables de coloniser les restes d'autres vertébrés. Cette hypothèse est confortée par une expérience utilisant des os de bovidés suspendus au-dessus des fonds marins : plusieurs espèces d‘Osedax ont réussi à les occuper. Osedax a aussi été observé colonisant des ossements présents dans des déchets rejetés par des navires. D'autres scientifiques ont contredit cette hypothèse en faisant remarquer que l'expérience des os de bovidés ne correspond à aucune situation naturelle et que la probabilité que des ossements d'origine terrestre se retrouvent au fond de l'océan en quantité significative est infime. Ils font aussi remarquer que dans de nombreux cas, les ossements disparaissent trop vite pour qu'Osedax ait le temps de les coloniser.

Espèces[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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  • Rouse G.W., S.K. Goffredi & R.C. Vrijenhoek. 2004. Osedax: Bone-Eating Marine Worms with Dwarf Males. Science 305. No. 5684, p. 668-671 [1]