Orthokératologie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'orthokérotologie est une méthode ophtalmologique non invasive (aucune incision, ni chirurgie) de correction de la myopie et de l'astigmatisme. Elle s'effectue en remodelant la surface de la cornée, de l'œil, à l'aide de lentilles de contact cornéennes portées uniquement la nuit. Le matin, après le retrait des lentilles, la vue est claire sans lunettes ni lentilles de contact, et cela pour toute la journée[1].

Explication[modifier | modifier le code]

L'orthokératologie a pour but de déplacer la première couche de cellule de cornée nommée « épithélium ». Il est constitué de 6/7 couches de cellule se renouvelant en une semaine. Les lentilles appliquent, par leur forme particulière, une légère pression, par l'intermédiaire des larmes, qui « sculptent » la cornée en déplaçant les cellules composant l'épithélium cornéen. Cette déformation obtenue en portant les lentilles la nuit permet alors de voir net la journée. La cornée peut revenir à son état initial une fois que l'on cesse l'application quotidienne de la lentille de contact. Cela est évidemment impossible lorsque la cornée a été traitée au laser. Cette méthode peut s'appliquer jusqu'à 4.00 ou 5.00 dioptries de myopie[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Robert Morrison, docteur en optométrie, a entamé des recherches à ce sujet durant les années 1950, mais les vrais débuts de cette méthode datent des années 1960. En 2009, c'est la 3e génération de lentilles de contact de ce type qui sont dites « à géométries inverses à 4 zones »[3].

Témoignage d'expérience orthokératologique[modifier | modifier le code]

Professeur à l’Institut Supérieur d'Optique, Madame Koch pratiquait –dans les années 1960-1970- l’orthokératologie dans son cabinet proche de la place de la Madeleine, à Paris. Mes premières lentilles orthokératologiques m’ont été posées par elle en 1966 (alors que j’avais 25 ans) et ont été remplacées gratuitement au fur et à mesure que Mme Koch (dont le bureau était orné d’un magnifique coq en fer forgé) constatait une amélioration stable de ma vue. Ces succès confirmaient en effet sa thèse, qu’elle ne pouvait cependant pas enseigner à l’ISOP, comme elle me l’avait confié.

Sa découverte –purement empirique- est venue d’une recherche statistique du ménisque (pastille de larme intermédiaire entre la lentille et la cornée) offrant le meilleur confort, sans considération de correction optique. Elle a donc posé, à titre expérimental, des lentilles dont la courbure permettait d’obtenir ce ménisque convexe (d'épaisseur égale à 1 mm dans l'axe) et s’est aperçue que, dans ces conditions de confort idéal et sans correction, l'œil modifiait sa courbure et retrouvait sa totale fonctionnalité. Ses lentilles devaient toujours être retirées pendant la nuit et ne pouvaient être indiquées qu’à des personnes dont l’œil avait une courbure minimale.

Ayant quitté Paris en 1970 et ayant appris par la suite le décès de Mme Koch, j’ai dû abandonner ses lentilles, faute de trouver des opticiens en mesure de reprendre ses travaux empiriques. D’après les seules données de mesure qui me restent, ma vue était de -2,25/-2,75 dioptries sphériques D/G en janvier 1961 et était restée identique –après cet épisode orthokératologique- en juin 1974, soit 13 ans après. Étant revenu aux lentilles dures de l’optique traditionnelle, ma vue a ensuite baissé régulièrement puisque 12 ans après, en mars 1986, elle n’était plus que de -3,31/-4,00.

Un article de quatre pages a paru en novembre 2013 dans la revue Nexus 89 (p. 64-67) sous le titre "Orthokératologie - Corriger sa myopie en dormant". Noter que la méthode de Mme Koch consistait à porter des lentilles semi-rigides pendant la journée et à les retirer pendant la nuit. Aucune correction optique n'était apportée par ses lentilles, qui ne faisaient que produire le ménisque idéal de 1 mm dans l'axe afin de stimuler l'adaptation spontanée de la cornée. Ses travaux ne semblent pas avoir été repris.

Qui adapte[modifier | modifier le code]

L'adaptation en orthokératologie est faiblement pratiquée en France. Deux professions la réalisent : les ophtalmologues spécialisés en contactologie et les optométristes ayant le matériel nécessaire. Cette technique est davantage pratiquée dans les pays anglo-saxons car l'exercice et les pratiques des optométristes y sont réglementés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]