Orphée et Eurydice

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'Orfeo ed Euridice'

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Orfeo ed Euridice
Orphée et Eurydice
Image décrite ci-après
Illustration de couverture
pour la première édition imprimée (Paris, 1764)
de la version originelle de Orfeo ed Euridice

Genre Azione teatrale/Tragédie opéra
Nbre d'actes 3
Musique Christoph Willibald Gluck
Livret Ranieri de’ Calzabigi

(livret italien en ligne)

Langue
originale
Italien
Dates de
composition
1762
Partition
autographe
partition originelle en ligne
Création 5 octobre 1762
Burgtheater, Vienne
Versions successives

Acte d'Orfeo, 24 août 1769 :
Teatrino di corte de Parme, deuxième version en italien, pour soprano castrat, donnée comme troisième acte du spectacle coupé Le feste d'Apollo (it) de Gluck
(livret originel en ligne).
Orphée et Eurydice, 2 août 1774 :
Théâtre du Palais-Royal de Paris, (Académie Royale de Musique), version en français sur en livret traduit et augmenté par Pierre-Louis Moline
(livret français et partition en ligne).
Orphée et Eurydice, 19 novembre 1859 :
Théâtre-Lyrique de Paris, version remaniée par Hector Berlioz[1], en quatre actes, avec le rôle-titre masculin ré-transposé pour une mezzo-soprano en travesti.

Personnages
Airs
  • "Che farò senza Euridice? "/J’ai perdu mon Eurydice – Acte III (lamento d'Orphée)

Orphée et Eurydice (titre original en italien Orfeo ed Euridice) est le trentième et plus célèbre opéra de Christoph Willibald Gluck. Il raconte le mythe grec d'Orphée et Eurydice.

Versions[modifier | modifier le code]

Il en existe au moins quatre versions différentes[3] :

  • la version originelle viennoise, en italien, où le rôle-titre masculin est confié à un contralto castrat ;
  • la version de Parme, encore en italien, réorganisée en un seul acte (une sorte d’acte de ballet à la française), où le rôle-titre est transposé par Gluck lui-même pour le soprano castrat, Vito Giuseppe Millico (it)[4] ;
  • la version de Paris, en français, modifiée et élargie par Gluck lui-même, où le rôle-titre est chanté par une haute-contre ;
  • la version arrangée par Berlioz au XIXe siècle, où le rôle-titre est confié à une mezzo-soprano.

Version italienne de Vienne, 1762[modifier | modifier le code]

L'œuvre originale fut créée à Vienne le 5 octobre 1762 au Burgtheater en présence de l'impératrice Marie-Thérèse. Le livret en italien est de Ranieri de’ Calzabigi ; la chorégraphie du ballet était réglée par Gasparo Angiolini ; le rôle titre était tenu par le castrat Gaetano Guadagni.

Numéros musicaux[modifier | modifier le code]

  • Ouverture . (Orchestre)

Acte I

  • Chœur. Ah, se intorno a quest'urna funesta (Chœur, Orfeo)
  • Récitatif. Basta, basta, o compagni ! (Orfeo)
  • Ballet : (Larghetto) . (Orchestre)
  • Chœur. Ah, se intorno a quest'urna funesta (Chœur)
  • Air. Chiamo il mio ben cosi (Orfeo)
  • Récitatif. T'assite Amore (Amore, Orfeo)
  • Air. Gli sguardi trattieni (Amore)
  • Récitatif. Che disse ? che ascoltai ? (Orfeo, Amore)

Acte II

  • Ballet : (Maestoso) - Chœur. Chi mai dell'Erebo (Chœur)
  • Scène. Deh ! placatevi con me (Orfeo, Chœur)
  • Chœur. Misero giovane (Chœur)
  • Ballet : (Andante) . (Orchestre)
  • Arioso - Chœur. Che puro ciel, che chiaro sol (Orfeo, Chœur)
  • Chœur. Vieni a' regni del riposo (Chœur)
  • Ballet : (Andante) . (Orchestre)
  • Récitatif. Anime avventurose (Orfeo)

Acte III

Fichier audio
Che farò senza Euridice (info)
Che farò senza Euridice (en allemand) interprété par Ernestine Schumann-Heink

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  • Récitatif. Vieni, segui i miei passi (Orfeo, Euridice)
  • Duo. Vieni, appaga il tuo consorte ! (Orfeo, Euridice)
  • Récitatif. Qual vita è questa mai (Euridice)
  • Air. Che fiero momento (Euridice)
  • Récitatif. Ecco un nuovo tormento (Orfeo, Euridice)
  • Air. Che faro senza Euridice ? (Orfeo)
  • Récitatif. A finisca e per sempre (Orfeo)
  • Maestoso : Ballet : (Grazioso - Allegro- Andante - Allegro) . (Orchestre)
  • Chœur. Trionfi Amore ! (Orfeo, Amore, Euridice, Chœur)

Instrumentation[modifier | modifier le code]

Orchestre en fosse de Orfeo ed Euridice
Cordes
Premiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses,
Bois
2 flûtes traversières,

2 hautbois,

1 chalumeau,

2 bassons,

Cuivres
2 cors,

2 Cornets à bouquin,

2 trompettes,

3 trombones,

Percussions
Timbales,
Autre
Harpe, Clavecin.

Version française de Paris, 1774[modifier | modifier le code]

Lors de son séjour en France, invité par la jeune dauphine Marie-Antoinette d'Autriche, le compositeur dut adapter son opéra selon le goût français en confiant le rôle principal à une voix de haute-contre (ténor à la tessiture élevée) sur un livret traduit par Pierre-Louis Moline et sous le titre Orphée et Eurydice[5]. Le 2 août 1774, au Théâtre du Palais-Royal à Paris, il remporta un triomphe, avec Joseph Legros dans le rôle d'Orphée et Sophie Arnould dans celui d'Eurydice.

Instrumentation[modifier | modifier le code]

Orchestre en fosse de Orphée et Eurydice
Cordes
Premiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses,
Bois
2 flûtes traversières,

2 hautbois,

2 clarinettes,

2 bassons,

Cuivres
2 cors,

2 trompettes,

3 trombones (Sacqueboute),

Percussions
Timbales,
Autre
Harpe

Version française révisée par Berlioz[modifier | modifier le code]

Hector Berlioz dut procéder à un remaniement[6] pour permettre à la mezzo-soprano Pauline Viardot de chanter Orphée. La première eut lieu le 19 novembre 1859 au Théâtre-Lyrique, à Paris. À partir de la version de Berlioz et pendant plus d'un siècle, beaucoup d’autres versions de moins en moins fidèles aux volontés du compositeur ont été créées par la suite et chantées, très souvent en italien, par d’innombrables contraltos et mezzo-sopranos, ce qui a par ailleurs contribué à maintenir ce chef-d'œuvre constamment au répertoire.

Postérité[modifier | modifier le code]

Ces dernières décennies, on a assisté au retour à une des deux versions originelles principales, le plus souvent la version de Vienne. La version de Berlioz conserve ses défenseurs. Aucun intérêt n'a été montré pour la version de Parme peut-être par crainte d'une trop grande homogénéité de timbre (il n'y aurait que des sopranos dans la distribution). Il existe aussi des versions transposées pour baryton, qui ont été interprétées entre autres par Dietrich Fischer-Dieskau et Hermann Prey. On doit également à la directrice musicale et organiste Nariné Simonian une transposition pour orgue, flûte et harpe de la version 1774, dont la première mondiale a été donnée à Paris le 14 mai 2011.

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

rôle registre vocal distribution
de la première mondiale
Vienne, 5 octobre 1762
distribution
de la première italienne
(version révisée)
Parme, 24 août 1769
distribution
de la nouvelle version française
Paris, 2 août 1774
distribution
de l'édition Berlioz
Paris, 19 novembre 1859
Orfeo /Orphée contralto castrat (1762)
soprano castrat (1769)
haute-contre (1774)
mezzo-soprano (1859)
Gaetano Guadagni Giuseppe Millico (it) Joseph Legros Pauline Viardot
Euridice /Eurydice soprano Marianna Bianchi Tozzi Maria Antonia Girelli-Aguilar Sophie Arnould Marie Constance Sass
Amore /Amour soprano Lucia Clavereau Felicita Suardi Rosalie Levasseur Marie Marimon
ombre hereuse soprano (rôle non prévu) (rôle non prévu) [2] M.lle Moreau[7]

Argument[modifier | modifier le code]

Orphée et Eurydice comporte trois actes.

Après une ouverture enlevée et joyeuse, le rideau se lève à l'acte I sur une scène de déploration. Orphée et le chœur se lamentent près du tombeau d'Eurydice. Orphée, resté seul, prend la résolution de mettre fin à ses jours lorsqu'il apprend de l'Amour qu'il pourra récupérer Eurydice s'il parvient à convaincre l'Enfer, à la seule et unique condition qu'il ne regarde pas son épouse lors du trajet de retour à travers les enfers.

À l'acte II, un très impressionnant chœur infernal tente de barrer la route à Orphée mais, par son chant, ce dernier parvient à émouvoir les esprits qui lui cèdent le passage. Un ciel serein succède aux sombres bords du Cocyte, prétexte dans la version parisienne à un ravissant ballet des Ombres heureuses. Eurydice paraît et retrouve Orphée.

À l'acte III, les deux époux remontent vers la terre mais Eurydice s'inquiète de l'indifférence d'Orphée qui ne peut la regarder avant de retrouver le monde des vivants. À l'écoute de ses reproches, il ne peut s'empêcher de se retourner et elle expire dans ses bras. Orphée se lamente dans le célèbre Che farò senza Euridice (dans la version française : J'ai perdu mon Eurydice). L'Amour surgit pour l'empêcher de se suicider et lui rend Eurydice, l'œuvre s'achevant dans la version parisienne par un long ballet.

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Les enregistrements sont fort nombreux. Voici un choix parmi les plus notables :

Version de Vienne en italien (1762)[modifier | modifier le code]

Version de Paris en français (1774)[modifier | modifier le code]

Version révisée par Hector Berlioz en français (1859)[modifier | modifier le code]

D’autres versions mélangées[modifier | modifier le code]

Anecdote[modifier | modifier le code]

Jacques Offenbach s'est inspiré du thème pour écrire Orphée aux Enfers.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Partiellement réorchestrée par Camille Saint-Saëns.
  2. a et b Dans l’édition parisienne de 1774 Gluck ajuta un nouvel air au deuxième acte, chanté par une ombre hereuse (soprano); en fait, à partir de la même première, cet air a été chanté très souvent par Eurydice ou, de toute façon, par la chanteuse jouant le rôle d'Eurydice.
  3. Source : (en) Patricia Howard (éd.), C.W. von Gluck: Orfeo, Cambridge/New York/Melbourne, Cambridge University Press, 1981 (édition consultée: collection Cambridge Opera Handbooks, paperback, 2010, ISBN 0-521-29664-1)
  4. L’opéra fut inséré comme troisième acte dans un spectacle de fragments (ou spectacle coupé) sur le modèle alors très à la mode en France, Le feste d'Apollo (it), qui fut donné à Parme en 1769 à l'occasion du mariage du duc Ferdinand de Bourbon et de l'archiduchesse d'Autriche Marie-Amélie de Habsbourg-Lorraine.
  5. Partition consultable sur le site Gallica.fr de la BnF.
  6. Notamment : réorganisation de l’action en quatre actes, suppression du trio et des danses à la fin du dernier acte, substitués par le chœur « Le Dieu de Paphos », tiré d’un autre opéra de Gluck, Écho et Narcisse.
  7. Le nom de Mlle Moreau (probablement Marie Moreau-Sainti) est rapporté directement par Berlioz: À travers chants, Études musicales, adorations, boutades et critiques, Parigi, Michel Lévy Frères, 1862, p. 116 (accessible gratuitement en ligne en books.google).
  8. Cf. par exemple : (it) Elvio Giudici, L'opera in CD e video - Guida all'ascolto, Milano, Il Saggiatore, 1995, p. 254.