Orléans (AOC)

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Centre
Désignation(s) Centre
Appellation(s) principale(s) orléans[N 1]
Type d'appellation(s) AOC-AOP
Reconnue depuis 2006[1]
Pays Drapeau de la France France
Région parente vallée de la Loire
Sous-région(s) Orléanais
Localisation Loiret
Climat tempéré océanique dégradé
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 804 heures/an[2]
Sol argilo-siliceux et gravelo-siliceux
Superficie plantée 83 hectares en 2009[3]
Cépages dominants pinot noir N, pinot meunier N et chardonnay B[N 2]
Vins produits rouges, rosés et blancs
Production 2 105 hectolitres en 2009[3]
Pieds à l'hectare minimum 5 000 pieds par hectare[4]
Rendement moyen à l'hectare 50 à 55 hectolitres par hectare en rouge et en rosé, 55 à 60 hectolitres par hectare[4]

L’orléans[N 1] est un vin rouge, rosé ou blanc français d'appellation d'origine contrôlée (AOC) produit dans le département du Loiret (dans la région Centre).

L'appellation concerne le territoire de treize communes situées dans l'aire urbaine d'Orléans.

L'orléans, créée en 2006, est l'une des trois AOC viticoles du Loiret avec l'orléans-cléry (dont l'aire d'appellation est à l'intérieur de celle de l'orléans) et le coteaux-du-giennois.

Histoire[modifier | modifier le code]

Page de couverture de l'ouvrage du poète Simon du Rouzeau, 1605.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Il semble que les moines de l'abbaye Saint-Mesmin de Micy aient produit du vin dès le début du VIe siècle. À la même époque, Grégoire de Tours mentionne la présence de viticulture dans l'Orléanais[5].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Durant l'époque moderne et pour diverses raisons, le vignoble connait une importante extension, sous forme de quasi-monoculture de Châteauneuf-sur-Loire à l'est jusqu'à Beaugency à l'ouest. Il fait partie du domaine royal français, donc logiquement la Maison du roi et la ville de Paris s'y approvisionnent en vin. En effet, en 1577, le Parlement de Paris promulgue une loi interdisant aux Parisiens l'achat de vins produits à moins de 90 kilomètres de la capitale, la production orléanaise est alors augmentée pour satisfaire la demande. Le transport du vin vers la capitale en grande quantité est favorisé par la courte distance (133 kilomètres) sur terrain plat, le pavage de la route de bout en bout dès 1577 (tronçon de l'actuelle route nationale 20) et la construction du canal de Briare ouvert en 1642 (reliant la Loire à la Seine par la vallée du Loing). L'augmentation de la production s'effectue au détriment de la qualité[5].

Il semble que la table royale s'approvisionne en vins de la vallée de la Loire jusqu'au XVIe siècle. Pour tenter de limiter la consommation excessive qu'en fait Henri IV, roi de France de 1589 à 1610, son médecin et conseiller Joseph du Chesne écrit en 1606 dans son Pourtraict de la santé : « le vin de Coussy et d'Hay et semblables ont même été trouvés meilleurs que ceux d'Orléans qui sont fumeux et qui donnent à la tête. C'est pourquoi ont fait prêter serment à tous les maîtres d'hôtel du Roy à leur réception en telle charge de ne faire servir pour la bouche du Roy des vins d'Orléans, bien que d'ailleurs, ils sont mis au nombre des bons vins quant au goût »[6] La cour semble délaisser peu à peu le vin orléanais sous Louis XIII qui règne de 1610 à 1643[7]. L'avis du roi est suivi par l'aristocratie qui à son tour opte pour les vins de Champagne puis de Bourgogne, ce qui a pour effet de spécialiser l'Orléanais dans la production de vins médiocres et bon marché.

Au XVIIIe siècle, les vignes s'étendent principalement sur la rive droite, jusqu'aux pieds des murailles d'Orléans[8].

Dans les arts[modifier | modifier le code]

En 1605, le poète orléanais, Simon du Rouzeau (?-1627)[9] fait paraître L'Hercule Guespin ou l'himne du vin d'Orléans, texte qui vante la qualité du vin d'Orléans[10]. Le comédien Antoine Girard (v.1584-1633) dit Tabarin écrit en 1623 dans son adieu de Tabarin au peuple de Paris, où le vin d'Orléans était à l'époque très consommé : « ce vin d'Orléans, lequel bridant la raison, lasche les resnes à la folie, me fait devenir fol de regret »[11].

Page de couverture de l'ouvrage du chanoine Boullay, 1712.

Le premier quart du XVIIIe siècle est marqué par la publication de trois éditions[N 3] de l'ouvrage du chanoine orléanais Jacques Boullay de Saint-Pierre-Ampon intitulé Manière de bien cultiver la vigne dans le vignoble d'Orléans[12]. À cette époque, la qualité du vin orléanais continue de décliner, les classes bourgeoises, propriétaires des vignobles, n'accordent qu'une confiance limitée aux pratiques agricoles des vignerons qui exploitent leurs vignes. Jacques Boullay s'improvise donc professeur et médiateur, en dénonçant les « friponneries des mauvais vignerons ». Sa démarche sera très critiquée par les cultivateurs et sa personne s'en trouvera menacée[13]. En 1770, un autre chanoine orléanais, Jean-François Colas de la collégiale Saint-Aignan, publie à son tour un traité, Le manuel du cultivateur dans le vignoble d'Orléans, sur un ton plus neutre et moins accusateur[14],[15].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Dès le XVIIIe et jusqu'au milieu du XIXe siècle, Orléans devient un port fluvial de transit pour les vins d'autres régions, de l'amont comme de l'aval (Touraine, Anjou, puis Pays nantais) de la Loire, mais aussi de Bourgogne et du Haut-Beaujolais (les actuels crus du Beaujolais). Les vins ayant tourné étaient alors transformés en vinaigre (« vin aigre »), qui est depuis une des spécialités de la ville.

Article connexe : vinaigre d'Orléans.

Au tout début du XIXe siècle, l'œnologue français André Jullien dans son ouvrage Topographie de tous les vignobles connus paru en 1816 dresse un état des lieux du vignoble orléanais. La superficie des vignobles du département du Loiret est estimée à 33 000 hectares pour une récolte de 896 000 hectolitres dont 220 000 sont consommés par les autochtones, le reste étant exporté sous l'appellation « vin d'Orléans »[B 1]. Parmi les vins rouges dits de première classe, on trouve à l'ouest d'Orléans ceux du lieu-dit Guignes à Tavers, du clos Sainte-Marie à Saint-Jean-de-Braye, de La Chapelle, de Saint-Gy, de Saint-Ay, des Fourneaux, de Beaugency, de Baule, de Baulette et de Meung-sur-Loire[B 2]. À l'est d'Orléans, on trouve ceux de Saint-Denis-en-Val, Combleux et Sandillon[B 3]. Parmi les vins rouges de deuxième classe, on trouve à Orléans ceux de Saint-Marc, Saint-Marceau, Saint-Paterne, à l'ouest ceux de Saint-Privé, au nord ceux de Sarang, Gédy, Fleury et Semoy, à l'ouest celui d'Ingré, au sud celui d'Olivet et à l'est ceux de Saint-Jean-le-Blanc, Bou, Mardié, Saint-Denis-de-Jargeau et Jargeau[B 4]. Parmi les vins blancs, sont cités ceux produits à Marigny et Rebréchien. Celui de Loury, cité comme un vin de médiocre qualité, sert à la fabrication du vinaigre d'Orléans[B 5]. Les tonneaux utilisés pour stocker le vin d'Orléans sont nommés « pièce » ou « poinçon » et possèdent une contenance de 228 litres[B 6].

Le développement du réseau de chemins de fer au milieu du XIXe siècle porte un coup fatal à la viticulture de l'Orléanais, permettant l'importation à moindre coût des vins du Midi (produits dans le vignoble du Languedoc-Roussillon). Après les ravages causés par le phylloxéra, un puceron ravageur de la vigne, à la fin du XIXe, très peu de replantations sont faites autour d'Orléans. Les surfaces cultivées disparaissant presque totalement au cours du XXe siècle du fait d'une très forte concurrence pour ce type de vin courant.

Malgré tout, quelques producteurs poursuivent une petite production. En 1951 est créée l'appellation d'origine vin délimité de qualité supérieure (VDQS) « vins de l'Orléanais »[16], s'étendant sur 25 communes autour d'Orléans, soit sur la rive droite de la Loire les communes de Baule, Beaugency, Chaingy, Combleux, Fleury-les-Aubrais, Ingré, La Chapelle-Saint-Mesmin, Mardié, Messas, Meung-sur-Loire, Orléans, Saint-Denis-de-l'Hôtel, Bou, Saint-Jean-de-Braye, Saint-Jean-de-la-Ruelle, Saran, Semoy, Saint-Ay et Tavers ; et sur la rive gauche de la Loire les communes de Cléry-Saint-André, Mareau-aux-Prés, Mézières-lez-Cléry, Olivet, Saint-Hilaire et Saint-Mesmin. Les cépages autorisés étaient pour faire du vins rouge ou rosé le « gris meunier » (appelé aussi localement « auvernat gris », c'est le pinot meunier N[N 2]) et le « noir dur » (cabernet franc N), tandis que pour faire du vin blanc s'était l'« auvernat blanc » (chardonnay B) et l'« auvernat gris » (pinot gris G), le tout avec un rendement limité à 45 hectolitres par hectare. Le pinot noir N (appelé localement « auvernat noir ») est rajouté à l'encépagement autorisé en 1966[17].

En 2002, l'appellation VDQS « vins de l'Orléanais » est divisée en deux : le VDQS « orléans » et le VDQS « orléans-cléry », avec augmentation des rendements à 55 hectolitres par hectare, fixation de la densité à 5 000 pieds à l'hectare et réglementation des assemblages[18]. L'appellation orléans est désormais limité aux treize communes de l'aire d'appellation actuelle. En 2006, l'appellation orléans passe au statut d'appellation d'origine contrôlée (AOC), en même temps que l'orléans-cléry[1].

Le syndicat viticole de l’Orléanais, reconnu dès 1994[19] et basé à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin est, depuis 2007, chargé de la promotion de l'appellation, s'appuyant entre autres sur la confrérie vigneronne des chevaliers d'Orléans-Cléry créée à Cléry-Saint-André et hébergée à la mairie[20] dans le but d'améliorer la promotion des vins locaux.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de l'appellation est formé du nom de la commune d'Orléans, préfecture du département.

Le nom de la ville d'Orléans dérive probablement de la corruption de l'un de ses anciens noms, Aurelianum, qui pourrait être issu du nom des empereurs romains Marc Aurèle, qui aurait fait embellir la ville en 163, ou Aurélien qui la fit rebâtir en 273. Une autre hypothèse évoque la possibilité que la ville tienne son nom de la mère de Jules César, Aurelia Cotta[21]. Une étude de Jacques Soyer relègue néanmoins ces hypothèses au statut de légende, Aurelia descendant, d'après ses recherches, du nom de la gens Aurelia qui possédait des terres à Cenabum, ancienne cité celtique des Carnutes située à l'emplacement d'Orléans[22].

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Carte du vignoble de la vallée de la Loire. Les appellations orléans et orléans-cléry apparaissent en violet dans la région la plus septentrionale de la Loire.

L'orléans[N 1] est produit en France, dans la région Centre, plus précisément dans le département du Loiret, sur les communes de Baule, Beaugency, Chécy, Cléry-Saint-André, Mardié, Mareau-aux-Prés, Meung-sur-Loire, Mézières-lez-Cléry, Olivet, Orléans, Saint-Ay, Saint-Hilaire-Saint-Mesmin et Saint-Jean-de-Braye.

Géologie et orographie[modifier | modifier le code]

Les vignes sont plantées sur les alluvions qui recouvrent presque toutes les rives de la Loire.

Au bord du fleuve s'étalent d'abord les alluvions les plus récentes, délimitant le lit mineur mais aussi majeur (les zones inondables, protégées par les levées de la Loire). Ces alluvions sont de différentes tailles, du limon sableux le plus fin aux galets, majoritairement siliceux (sable de quartz et de feldspaths, galets de silex, de grès, de roches éruptives et de calcaire) provenant du Massif central.

Un peu au-dessus, à la limite basse des villages, affleure le calcaire de Beauce sous forme d'une étroite bande. Datant de l'Aquitanien, c'est un calcaire crayeux qui plonge immédiatement sous le placage des alluvions du haut du coteau. Plus haut, ce calcaire est couvert par des sables alluviaux éolisés (chariés à l'origine par le vent), du glacis d'Olivet à Mareau-aux-Prés, sur lesquels sont plantés vignes et vergers.

Enfin à partir de la limite des bois couvrant la Sologne commence la couche de six à sept mètres d'alluvions anciennes, formant la terrasse de Châteauneuf. Datant de la glaciation de Riss, ces alluvions vont de l'argile aux gros blocs, composées uniquement de silice sans le moindre calcaire[23],[24].

Article détaillé : échelle des temps géologiques.

Climatologie[modifier | modifier le code]

Article connexe : climat du Loiret.

Le climat est tempéré océanique à influence continentale.

La station météo de niveau 0[N 4] la plus proche du vignoble est celle du village de Bricy. Elle est située à 17 kilomètres au nord du centre de l'aire d'appellation[N 5].

Relevé météorologique d'Orléans-Bricy 1961-1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 0,3 0,8 2,2 4,3 7,8 10,7 12,6 12,3 10,3 7,3 3,3 1,1 6,1
Température moyenne (°C) 3,1 4,2 6,6 9,3 12,9 16,2 18,5 18,2 15,8 11,7 6,6 3,8 10,6
Température maximale moyenne (°C) 5,9 7,6 10,9 14,3 18,1 21,6 24,4 24 21,2 16,2 9,9 6,5 15,1
Ensoleillement (h) 58,5 85,2 134,7 176,6 206,7 230,4 252,2 225 180,3 129,5 74,6 50,7 1 804,5
Précipitations (mm) 55,2 49,7 51,8 47,9 65,8 47,5 52,4 45,3 49,3 57,9 60,1 54,3 637,2
Humidité relative (%) 89 85 79 74 76 74 72 72 77 84 89 90 80
Source : Infoclimat[2]
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
5,9
0,3
55,2
 
 
 
7,6
0,8
49,7
 
 
 
10,9
2,2
51,8
 
 
 
14,3
4,3
47,9
 
 
 
18,1
7,8
65,8
 
 
 
21,6
10,7
47,5
 
 
 
24,4
12,6
52,4
 
 
 
24
12,3
45,3
 
 
 
21,2
10,3
49,3
 
 
 
16,2
7,3
57,9
 
 
 
9,9
3,3
60,1
 
 
 
6,5
1,1
54,3
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Le tableau ci-dessous permet de comparer l'ensoleillement du vignoble orléanais à celui d'autres régions françaises :

Ville Ensoleillement
(h/an)
Pluie
(mm/an)
Moyenne nationale 1 973 770
Orléans 1804 637
Paris 1 630 642
Nice 2 668 767
Strasbourg 1 633 610
Brest 1 492 1 109

Les données relevées à la station de Bricy peuvent néanmoins présenter plusieurs biais potentiels par rapport aux véritables conditions rencontrées dans le vignoble. En effet, la station est située à 125 mètres d'altitude, au nord de la Loire et au sud de la région naturelle de Beauce alors que l'aire d'appellation d'orléans est localisée principalement entre 82 et 109 mètres d'altitude, dans le val de Loire, au contact du nord de la Sologne. Dès lors, les stations manuelles de niveau 4, situées à Baule, Orléans-la-Source et Saint-Hilaire-Saint-Mesmin[25] ainsi que la station du réseau des stations amateurs en ligne d'Infoclimat de Saint-Cyr-en-Val[26] peuvent également être informatives quant aux conditions météorologiques rencontrées sur le vignoble.

Altitudes (en mètres) rencontrées
dans les communes de l'aire d'appellation
Communes min. max.
Cléry-Saint-André[A 1] 84 107
Mareau-aux-Prés[A 2] 82 103
Mézières-lez-Cléry[A 3] 91 108
Olivet[A 4] 89 109
Saint-Hilaire-Saint-Mesmin[A 5] 87 105
min. : altitude minimum ; max. : altitude maximum
Caractéristiques des stations météorologiques
situées à proximité de l'aire d'appellation
Stations type alt. km
Baule 4  ? 11
Bricy 0 125 17
Orléans-la-Source 4  ? 9
Saint-Cyr-en-Val amateur 96 12
Saint-Hilaire-Saint-Mesmin 4  ? 3
alt. : altitude en mètres ; km : distance en kilomètres
par rapport au centre de l'aire d'appellation

Vignoble[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

L'aire de production représente en 2009 une superficie de 83 hectares[3]. La presque totalité des surface exploitée se situent sur les communes de Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, Mareau-aux-Prés, Mézières-lez-Cléry et Cléry-Saint-André, sur la rive gauche en aval d'Orléans.

Encépagement[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : chardonnay, pinot meunier et pinot noir.

L'encépagement des parcelles dépend de la couleur du vin que le producteur veut obtenir. Pour faire du vin blanc sont autorisés le chardonnay B[N 2] et accessoirement le pinot gris G, mais la proportion du chardonnay B doit être au minimum de 60 % des pieds. Pour faire du vin rouge sont autorisés le pinot meunier N et accessoirement le pinot noir N, mais la proportion de meunier N doit être entre 70 et 90 % du nombre de pieds dans la parcelle. Pour faire du vin rosé sont autorisés le pinot meunier N, complété accessoirement par le pinot gris G et le pinot noir N, mais la proportion du meunier N doit être au minimum de 60 % du nombre de pieds[4].

Si l'assemblage du pinot meunier N et du pinot noir N est obligatoire en rouge, le blanc est souvent fait en mono-cépage de chardonnay B.

Méthodes culturales[modifier | modifier le code]

Travail manuel[modifier | modifier le code]

Ce travail commence par la taille, qui peut se faire selon plusieurs techniques : courte à coursons (chaque courson ne devant pas porter plus de trois yeux francs), longue guyot simple (sur laquelle le long bois ne doit pas porter plus de huit yeux francs) ou en guyot double courte (avec 2 taquets à 4 yeux francs maximum) Le nombre d'yeux francs par pied ne doit pas dépasser onze[4].

Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations ou éventuellement des plantations de greffes. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[27]. Le « relevage » est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués.

Pour finir avec le travail manuel à la vigne, les vendanges peuvent se faire à la main.

Travail mécanique[modifier | modifier le code]

Les différents travaux se composent du broyage des sarments ; de trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants ; de labourage ou « griffage », réalisé dans le but d'aérer un peu les sols[27], mais en laissant le vignoble enherbé ; de plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (dues à des champignons : mildiou, oïdium et pourriture grise)[27] ; de plusieurs rognages consistant à « reciper » ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage ; des vendanges mécaniques peuvent se réaliser avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.

Maturité[modifier | modifier le code]

Les raisins sont considérés comme étant à bonne maturité à partir d'une richesse en sucre de 153 grammes par litre de moût pour les vins blancs et rosés, et de 162 grammes par litre de moût pour les rouges.

Le titre alcoométrique volumique naturel doit être au minimum de 9,5 % pour les blancs, rosés et rouges.

Rendements[modifier | modifier le code]

Les rendements sont limités à 50 hectolitres par hectare pour les vins rouges et rosés et à 55 hectolitres par hectare pour les blancs ; les rendements butoirs sont à 55 hectolitres par hectare en rouge et rosé et à 60 hectolitres par hectare en blanc ; les rendements maximums de production sont fixés à 65 hectolitres par hectare en rouge et rosé et à 70 hectolitres par hectare en blanc[4].

Le rendement réel est largement inférieur, le rendement moyen pour l'ensemble de l'appellation en 2009 était en effet de 25 hectolitres par hectare[3],[N 6].

Vins[modifier | modifier le code]

Vinification et élevage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : vinification du vin rouge.

La récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle ou mécanique. La vendange manuelle est parfois triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres[27]. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve.

Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments du raisin. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation. Plus couramment, l'extraction est conduite aussi par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin.

Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées, avec une moyenne générale de 28 à 35 °C au maximum de la fermentation. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température[27]. À la fin de la fermentation malolactique, la teneur en acide malique doit être inférieure ou égale à 0,3 gramme par litre. De plus, la teneur en sucres fermentescibles (glucose et fructose) doit être inférieure ou égale à 2 grammes par litre[4]. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant plusieurs mois, puis le vin est collé, filtré et mis en bouteilles[27].

En plus des treize communes de l'aire d'appellation, une aire de proximité immédiate où la vinification de l'orléans est également autorisée a été définie, elle couvre le territoire des communes suivantes : Ardon, Bou, Chaingy, Combleux, Dry, Huisseau-sur-Mauves, Jouy-le-Potier, Lailly-en-Val, Messas, Semoy, Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, Tavers et Villorceau[4].

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Les vins sont en général simples, francs et fruités. Ils sont à boire rapidement, dans les 2 à 5 ans suivant leur mise en bouteille.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Les vins de l'appellation ayant été primés au concours général agricole sont les suivants[28] :

  • Orléans rouge : médailles d'or, le clos Saint-Fiacre (2005, 2006, 2009, 2010), Valérie Deneufbourg (2007), le domaine Saint-Avit (2008) ; médailles d'argent, le vignoble du chant des oiseaux (2004, 2009), les vignerons de la Grand'maison (2006, 2007) ; médaille de bronze, les vignerons de la Grand'maison (2003) ;
  • Orléans blanc : médailles d'or, le domaine Saint-Avit (2004, 2008), les vignerons de la Grand'maison (2005, 2009), le clos Saint-Fiacre (2003), le vignoble du chant des oiseaux (2006) ; médailles d'argent, le clos Saint-Fiacre (2006, 2008), le vignoble du chant des oiseaux (2004), les vignerons de la Grand'maison (2010) ; médaille de bronze, le vignoble du chant des oiseaux (2003) ;
  • Orléans rosé : médailles d'or, le clos Saint-Fiacre (2006), le vignoble du chant des oiseaux (2007), le domaine Saint-Avit (2009) ; médailles d'argent, le vignoble du chant des oiseaux (2005), le domaine Saint-Avit (2007), le clos Saint-Fiacre (2009) ; médaille de bronze, les vignerons de la Grand'maison (2008).

Économie[modifier | modifier le code]

La cave coopérative à Mareau-aux-Prés portant la date de 1931 sur son fronton.

Structure des exploitations[modifier | modifier le code]

Une partie de la production est faite par des domaines de petites tailles. Ces domaines mettent tous leurs vins en bouteilles et les commercialisent.

Une cave coopérative de vinification (Les vignerons de la Grand'maison) regroupe quelques producteurs qui lui confient leurs récoltes, couvrant 112 hectares[29] sur plusieurs appellations AOC/AOP (orléans et orléans-cléry) et IGP (vin de pays des Jardins de la France et vin de pays du Loiret).

La plupart des producteurs maintiennent leur exploitation en polyculture, les vignes voisinant notamment avec des vergers de pommiers[30].

Commercialisation[modifier | modifier le code]

La commercialisation de l'appellation est très limitée, du fait de sa production très restreinte et de sa faible notoriété[31].

Les caveaux des viticulteurs et de la coopérative écoulent directement une partie de la production, complétée par les salons des vins (notamment celui des Vignerons indépendants de France), les foires, cafés, hôtels, restaurants et supermarchés locaux.

Liste de producteurs[modifier | modifier le code]

Les petites surfaces cultivées expliquent le petit nombre de producteurs[N 7] :

  • Vignoble du Chant d'Oiseaux (Édouard Montigny), à Mareau-aux-Prés[32] ;
  • Valérie Deneufbourg, à Cléry-Saint-André ;
  • Les vignerons de la Grand'maison (coopérative), à Mareau-aux-Prés ;
  • Domaine Pèlerin (David Parou), à Mareau-aux-Prés.
  • Domaine Saint-Avit (Pascal Javoy), à Mézières-lez-Cléry[33] ;
  • Clos Saint-Fiacre (famille Montigny-Piel), à Mareau-aux-Prés[34] ;

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  2. a, b et c Le code international d'écriture des cépages mentionne la couleur du raisin de la manière suivante : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
  3. La date de la première édition de l'ouvrage du chanoine orléanais Jacques Boullay Manière de bien cultiver la vigne dans le vignoble d'Orléans n'est pas précisément connue, les deux autres datent de 1712 et 1723.
  4. Météo France définit les stations météo selon six grands types, numérotés de 0 à 5 ; professionnelle avec observation humaine (0), non professionnelle avec observation humaine ou à distance (1), automatique en temps réel (2), station automatique temps différé (3), manuelle (4), poste à interrogation occasionnelle (5)
  5. Les distances sont mesurées grâce à l'outil Distance measure sur site wikimapia.org. Le centre de l'appellation est fixée à Mareau-aux-Prés.
  6. Le rendement réel est calculé en divisant le volume de la production par la surface exploitée, soit 2105 / 83 = 25,36 hectolitres par hectare.
  7. La liste de producteurs a été créée en mars 2011, à partir d'une recherche sur Google et dans le Guide Hachette des vins 2011 ; elle est à compléter.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Décret du 23 novembre 2006 relatif à l'appellation d'origine contrôlée "Orléans". « www.legifrance.gouv.fr », Secrétariat général du gouvernement français,‎ 2006 (consulté le 18 mars 2011)
  2. a et b « Relevés Orléans-Bricy 1961-1990 », sur www.infoclimat.fr, Association Infoclimat (consulté le 11 mars 2011)
  3. a, b, c et d Collectif, Le guide Hachette des vins 2011 : des vins pour tous les goût, à tous les prix, Paris, Hachette livre,‎ août 2010, 1402 p. (ISBN 978-2-01-237681-6, lien OCLC?), p. 1050
  4. a, b, c, d, e, f et g [PDF] « Cahier des charges de l'appellation », sur http://agriculture.gouv.fr/, homologué par le « décret no 2011-1376 du 25 octobre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Orléans » », JORF, no 0251,‎ 28 octobre 2011, p. 18198.
  5. a et b « Orléans-Cléry », sur www.inao.gouv.fr, Ministère de l'agriculture. Institut national de l'origine et de la qualité,‎ 10 mars 2011 (consulté le 17 mars 2011)
  6. Joseph Duchesne, Le pourtraict de la santé où est au vif représentée la règle universelle et particulière, de bien sainement et longuement vivre : enrichis de plusieurs préceptes, raisons et beaux exemples, tirés des médecins, philosophes et historiens, tant grecs que latins, les plus célèbres, Paris, chez Claude Morel,‎ 1606, 595 p. (lire en ligne), p. 221
  7. Octave Pradels, Le vin et la chanson, Paris, Flammarion,‎ 1913 (lire en ligne), p. 236
  8. Carte Cassini centrée sur Orléans sur Géoportail.
  9. Présenté dans Poètes du vin, poètes divins de Kilien Stengel, préface de Jean-Robert Pitte, Paris, collection Ecriture, Éditions de l'Archipel, 2012, 280 p.
  10. Simon du Rouzeau, L'Hercule Guepin : poème en l'honneur du vin d'Orléans : édition conforme à celle de 1605 accompagnée de notes et d'une notice bibliographique, Orléans, H. Herluison,‎ 1860, 56 p. (lire en ligne). Voir l'édition originale dans la bibliographie.
  11. Tabarin, Œuvres complètes de Tabarin : l'adieu de Tabarin au peuple de Paris avec les regrets des bons morceaux et du bon vin, adressé aux artisans de la gueule et aux suppost de Bacchus, 1623, édité Chez Pierre Rocolet, vol. 2, Paris, P. Jannet,‎ 1858, 504 p. (lire en ligne), p. 463
  12. Jacques Boullay, Manière de bien cultiver la vigne dans le vignoble d'Orléans : beaucoup plus amples et plus exacte que la précédente, Orléans, François Borde,‎ 1712, 2e éd., 206 p. (lire en ligne) ; Jacques Boullay, Manière de bien cultiver la vigne, de faire la vendange et le vin dans le vignoble d'Orléans : utile à tous les autres vignobles du royaume où l'on donne les moyens de prévenir et de découvrir les friponneries des mauvais vignerons, Orléans, J. Rouzeau,‎ 1723, 3e éd.
  13. André Bouvier, Mémoires de la société archéologique de l'Orléanais : un analyste orléanais peu connu, Jean-François Rozier fils (1762-1854) et les débuts de la Révolution à Orléans d'après des documents inédits, t. 36, Orléans, Société archéologique de l'Orléanais,‎ 1926, 372 p. (lire en ligne), p. 238
  14. Jean-François Colas, Le manuel du cultivateur dans le vignoble d'Orléans utile à tous les autres vignobles du royaume, Orléans, Chez Charles Jacob,‎ 1770, 207 p. (lire en ligne)
  15. André Corvol et Christine Bru-Malgras, Forêt et vigne, bois et vin : XVIe-XXe siècles. Le savoir-faire ecclésiastique et monastique en matière de vigne et forêt, Paris, L'Harmattan,‎ 2002, poche, 501 p. (ISBN 978-2-7475-2826-9, lien LCCN?, lire en ligne), p. 192-195
  16. Arrêté du 9 août 1951 relatif aux "vins de l'Orléanais", définition du droit à l'appellation en application de la loi du 6 mais 1919 relative aux appellations d'origine, publié au JORF du 23 août 1951, p. 8990.
  17. Arrêté du 4 mai 1966 portant modification de la liste des cépages produisant des vins rouges et rosés figurant à l'article 2 de l'arrêté du 9 août 1951 fixant les conditions d'attribution du label "vins délimités de qualité supérieure" aux vins bénéficiant de l'appellation d'origine "vins de l'Orléanais", publié au JORF du 25 mai 1966, p. 4213.
  18. Arrêté du 14 octobre 2002 relatif à l'appellation d'origine vin délimité de qualité supérieure « orléans ». « www.legifrance.gouv.fr », Secrétariat général du gouvernement français,‎ 2002 (consulté le 19 mars 2011)
  19. Arrêté du 10 août 1994 portant agrément des organismes professionnels chargés de la dégustation des vins de pays. JORF no 202 du 1er septembre 1994, page 12675. « www.legifrance.gouv.fr », Secrétariat général du gouvernement français,‎ 1994 (consulté le 17 mars 2011)
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  22. Jacques Soyer, « La légende de la fondation d'Orléans par l'empereur Aurélien », Mémoires de la société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans, vol. 73, no 73,‎ 1912, p. 130 (lire en ligne)
  23. Notices des cartes du BRGM [PDF]no 397 (Beaugency) et [PDF]no 363 (Orléans), disponibles sur le site infoterre.brgm.fr.
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  30. Laure Gasparotto, « Le vin d'Orléans reprend du galon », sur www.lepoint.fr, Le Point,‎ 26 octobre 2006 (consulté le 15 mars 2011)
  31. Charles Centofanti, « Vins d’Orléans : un business limité en quête de notoriété », sur www.tribune-orleans.fr, La Tribune d'Orléans,‎ 24 septembre 2009 (consulté le 15 mars 2011)
  32. « Vignoble du chant des oiseaux », sur www.vignobleduchantdoiseaux.com (consulté le 13 mars 2011)
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  34. « Clos Saint-Fiacre », sur www.clossaintfiacre.fr (consulté le 13 mars 2011)
  1. « Cléry-Saint-André » (consulté le 18 mars 2011)
  2. « Mareau-aux-Prés » (consulté le 18 mars 2011)
  3. « Mézières-lez-Cléry » (consulté le 18 mars 2011)
  4. « Olivet » (consulté le 18 mars 2011)
  5. « Saint-Hilaire-Saint-Mesmin » (consulté le 18 mars 2011)
  • André Jullien, Topographie de tous les vignobles connus contenant : leur position géographique, l'indication du genre et de la qualité des produits de chaque cru, les lieux où se font les chargements et le principal commerce de vin, le nom et la capacité des tonneaux et des mesures en usage, les moyens de transport ordinairement employés, suivie d'une classification générale de vins, Paris, L'Auteur, Madame Huzard, L. Colas,‎ 1816, 1e éd., 566 p. (lire en ligne), p. 80-85 :
  1. p. 80.
  2. p. 81-82.
  3. p. 82.
  4. p. 82-83.
  5. p. 84.
  6. p. 85.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Simon Rouzeau, L'Hercule guespin, ou l'hymne du vin d'Orléans : à monsieur d'Escures, conseiller du Roy, maréchal général des logis de ses armées, commissaire ordinaire des guerres et intendant des levées et turcies de Loyre et Cher, Orléans, Saturnin Hotot, imprimeur ordinaire du Roy,‎ 1605, 31 p. (lire en ligne)
  • André Linglois, « Le vin orléanais dans les textes littéraires, du haut Moyen Âge au XVIIIe siècle », Bulettin de la société historique et archéologique de l'Orléanais, vol. 15, no 123,‎ 1999, p. 43-68.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]