Orion (croiseur auxiliaire)

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Orion (HSK 1)
Autres noms Kurmark (précédemment), Hektor
Histoire
A servi dans Pavillon de la Kriegsmarine Kriegsmarine
Lancement 1930 (cargo)
Armé le 9 décembre 1939 (Kriegsmarine)
Caractéristiques techniques
Type Croiseur auxiliaire
Longueur 148 m
Maître-bau 18,6 m
Tirant d'eau 8,2 m
Déplacement 15 700 tonnes
Vitesse 14,8 nœuds
Caractéristiques militaires
Blindage
  • pont : 80 à 200 mm
  • ceinture : 220 à 360 mm
  • kiosque : 45 mm
  • tourelle : 130 à 260 mm
  • barbette : 220 à 280 mm
Armement
  • 6 canons de 150 provenant du cuirassé Schleswig-Holstein
  • 1 canon de 75 mm
  • 2 de 37 mm
  • 4 de 20 mm
  • 6 tubes lance-torpilles de 533 mm
  • 228 mines
Aéronefs 1 hydravion Arado Ar 196
Autres caractéristiques
Équipage 356 hommes
Chantier naval Blohm & Voss Hambourg
Coordonnées 53° 57′ N 14° 17′ E / 53.95, 14.2833333353° 57′ Nord 14° 17′ Est / 53.95, 14.28333333  


Orion (HSK-1) est un croiseur auxiliaire de la marine allemande utilisé comme navire corsaire au cours de Seconde Guerre mondiale. Construit sous le nom de Kurmark par Hambourg en 1930/31 en tant que cargo, il a été réquisitionné par la Kriegsmarine au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et transformé en croiseur auxiliaire sous le nom d'Orion ou de Schiff 36. Son nom de code à la Royal Navy était Raider A.

La construction et la conversion[modifier | modifier le code]

Le croiseur Orion a été, à l'origine, construit en 1930 par Blohm & Voss à Hambourg en tant que cargo de la compagnie HAPAG (Hamburg America Line). Par souci d'économie, les moteurs du paquebot New York ont été réutilisés. Cela s'est avéré une mauvaise décision, car l'Orion a souffert pendant toute sa carrière de problèmes de moteur.

Quand la guerre a éclaté, le commandement allemand des opérations navales était mal préparé pour des opérations de raiders. Les activités des croiseurs auxiliaires allemands de la Première Guerre mondiale telles que l’Emden étaient considérées comme de grand succès car ayant perturbé la marine marchande britannique à travers le monde.
Toutefois, l'effet global dans la guerre qui débutait était jugé mineur, et seul un petit programme de conversion de navires marchands en croiseurs auxiliaires fut lancé le 5 septembre 1939.

Les deux premiers navires réquisitionnés furent le Kurmark (reconverti en croiseur auxiliaire Orion) et le Neumark (reconverti en croiseur auxiliaire Widder).

Le raid[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Attaques allemandes sur Nauru .
Carte des mouvements et attaques perpétrés par les croiseurs auxiliaires allemands dans l'ouest de l'océan Pacifique.

L'Orion quitte l'Allemagne le 6 avril 1940, sous le commandement de capitaine de corvette (plus tard capitaine de frégate) Kurt Weyher. Il passe dans l'Atlantique par le nord des îles britanniques, déguisé en un navire neutre. Il attaque et coule le SS Saxby.

En mai 1940, l'Orion passe le cap Horn et entre dans le Pacifique en direction de la Nouvelle-Zélande. Il pose des mines à l'entrée du port d'Auckland dans la nuit du 13 au 14 juin 1940. L'une d'entre elles coule le paquebot de 13 000 tonnes RMS Niagara, cinq jours plus tard. Il transportait 5 millions de livres sterling en lingots d'or. Deux autres navires ont été coulés par les mines de l'Orion, en plus de deux chalutiers et un dragueur de mines auxiliaire.

L'Orion navigue ensuite dans le Pacifique et l'océan Indien. Il se fait ravitailler par le pétrolier allemand Winnetou. Il se déguise en navire japonais Maebasi Maru. Il attaque quatre autres navires. L'un d'eux est envoyé en France occupée en tant que prise de guerre, les trois autres ont été coulés.

Le 20 octobre 1940, il a rendez-vous avec le raider allemand Komet et le navire de ravitaillement Kulmerland. Ensemble, ils coulent 7 navires, dont le plus important est le paquebot armé de 16 000 tonnes MS Rangitane.

Dans la nuit du 7 au 8 décembre 1940, l'Orion, le Kulmerland et le Komet s'approchent de l'île de Nauru qui produit des phosphates. Ils coulent 4 navires de transport de phosphates, mais un typhon se déclenche et ils ne peuvent débarquer.

C'est le 17 décembre que les trois navires allemands abordent la petite île d'Emirau et libèrent 512 marins qu'ils avaient capturés sur les navires alliés. Ils s'installent dans un atoll voisin pour réviser leurs machines et attendre un pétrolier ravitailleur.

Le 5 février 1941, l'Orion appareille avec six mois de vivres. Le 25 mai, il se ravitaille auprès du cargo Alstertor et il échappe de peu au croiseur anglais Cornwall. En juillet, il coule le SS Chaucer. Le 14 août, il arrive en vue de l'Espagne. Escorté par deux sous-marins allemands, il rejoint Bordeaux en France occupée, le 23 août 1941.

En octobre, après quelques réparations, l'Orion appareille pour rentrer en Allemagne. Il arbore les couleurs anglaises pour traverser la Manche dans un convoi allié. Il essuie les tirs des batteries côtières allemandes puis anglaises mais finit par gagner le port de Stettin.

Après 510 jours et 127 337 milles marins, il a coulé 10 navires pour un tonnage total de 62 925 t, ainsi que deux autres (pour un total de 21 125 t), en coopération avec le Komet.

La fin[modifier | modifier le code]

Désarmé en tant que raider, le navire est rebaptisé Hektor en 1944 et utilisé comme navire d'artillerie d’entraînement. En janvier 1945, il est de nouveau baptisé Orion et utilisé pour évacuer les réfugiés des régions orientales de l'Allemagne en bordure de la mer Baltique vers le nord de l'Allemagne et le Danemark occupé. En route vers Copenhague le 4 mai 1945, il est touché par le bombardement d'avions soviétiques au large de Swinemünde et coule. Sur les 4 000 personnes à bord, seules 150 sont sauvées. L'épave a été ferraillée en 1952.

Liste des victimes du raider[modifier | modifier le code]

Coulés par l'Orion:

Coulés par les mines de l'Orion:

  • 19/06/1940 : Niagara 13 415 TJB
  • Juin 1940 : HMNZS Puriri 927 TJB
  • Juin 1940 : Port Bowen 8 276 TJB
  • Juin 1940 : Britannic 1 500 TJB (ce n'est pas le sister-ship du Titanic !)

Coulés en collaboration avec le Komet:

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • H. J. Ehrlich & K. Weyher : « Orion » navire corsaire insaisissable, 1954, Éditions Robert Laffont, 269 pages, (titre original : Vagabunden auf See)
  • Jean Watelet, « La tragique aventure des raiders allemands », Les dossiers Histoire de la mer, no 8,‎ septembre-octobre 1979

Lien interne[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]