Oriflamme

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Oriflamme tricolore moderne.

L’oriflamme (du latin aurea flamma, « flamme d'or »), est le nom attribué à l'étendard de Charlemagne dans les chansons de geste puis par confusion à l'étendard de Saint-Denis que les rois de France levaient avant de partir en guerre. L'oriflamme était hissée sur le champ de bataille pour signifier aux troupes françaises qu'il ne fallait pas donner de quartier aux ennemis, d'où son appellation d'« oriflamme de la mort » (oriflamme of death) en anglais. Ultérieurement et par extension, on a appelé oriflamme toute bannière d'apparat terminée en pointes.

L'oriflamme de Saint-Denis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Oriflamme de Saint-Denis.

C'était originairement la bannière de l'abbaye de Saint-Denis ; les comtes du Vexin la portaient à la guerre comme avoués de cette abbaye. Quand en 1077, Philippe Ier eut réuni le Vexin français au domaine royal, il hérita aussi du droit de porter l'oriflamme qui par la suite figura à côté de la propre bannière de France. Après avoir été chercher l'oriflamme à l'abbaye de Saint-Denis, Louis VI est le premier à la faire porter dans les armées royales en 1124[1].

Oriflamme était le nom attribué à l'étendard doré de Charlemagne, notamment dans la chanson de Roland. Étymologiquement, le mot oriflamme signifie flamme d'or. Le nom d'oriflamme apparaît en deux mots dans la chanson de Roland qui parle d'« orie flambe » pour qualifier l'étendard de Charlemagne. L'abbaye de Saint-Denis ayant cultivé ses liens avec Charlemagne, la bannière de l'abbaye fut confondue avec celle de Charlemagne. Le fait d'appeler oriflamme l'étendard de Saint-Denis s'explique donc par la confusion entre ce dernier et celui de Charlemagne.

Vers 1170, le mot oriflamme est utilisé pour qualifier l'étendard de Saint-Denis pour la première fois dans la chanson de geste Fierabras[2]. Vers 1200, Gervais de Canterbury, contant un événement de 1184, affirme : « Philippe (Auguste) emporta l'enseigne du roi Charles qui était en France l'enseigne de mort ou de victoire[3] ». Guillaume le Breton qualifie également ainsi l'étendard de Saint-Denis dans la Philippide écrite entre 1221 et 1224 et affirme que l'appellation « flamme dorée » est son nom vulgaire et le décrit comme intégralement rouge.

Cette confusion explique la contradiction entre le nom de l'étendard doré attribué à Charlemagne dans la Chanson de Roland et la réalité rouge de l'étendard de l'abbaye[4].

L’oriflamme est un étendard que l’on ne peut déployer que pour une cause sacrée. Par exemple, il est déployé par l’armée française lors de la bataille de Roosebeke, en 1382, une fois que l’on eu convenu que les Flamands, en tant qu'urbanistes, étaient des infidèles[5]. De même, « quand la funeste querelle entre les maisons d'Orléans et de Bourgogne eut dégénéré en guerre civile, et que le roi Charles VI, en 1412, eut pris l'oriflamme contre les Armagnacs, on ordonna à Paris, dès que le roi se trouva en territoire ennemi, des processions quotidiennes[6]».

En 1248, Louis IX, que l'on appellera par la suite Saint Louis, prend l'oriflamme de Saint-Denis peu avant de partir en Égypte pour la septième croisade.

Adoptée par les rois de France du XIIe siècle au XVe siècle, elle a été déployée pour la dernière fois par Louis XI en 1465. Au XIVe siècle, les écrits décrivent Clovis comme le premier destinataire de l'Oriflamme.

L'oriflamme de Saint-Denis était un petit étendard en tissu de soie de couleur rouge orangé, sans broderie ni figure, fendu par le bas de pointes, orné de houppes de soie verte, et suspendu au bout d'une lance en bois doré.

Époque actuelle[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, par extension, le terme « oriflamme » désigne un étendard qui n'a plus de caractéristique que la forme : base mince pour une pièce de tissu assez longue, deux ou trois pointes en flamme à l'extrémité distale.

Les oriflammes modernes sont de toutes couleurs : elles sont aux couleurs des entités qu'elles représentent le plus souvent nations ou régions.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Moreri, Le grand dictionaire historique ou le melange curieux de l'histoire sacrée et profane, Denys Mariette,‎ 1707 (lire en ligne), p. 104.
  2. Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve-XVIIIe siècles, P.S.R. éditions, 2004, p. 622.
  3. Gervais de Canterbury, Historical works, éd. W. Stubbs, Londres, 1897, t. 1, p. 309.
  4. Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve-XVIIIe siècles, P.S.R. éditions, 2004, p. 623.
  5. Voir : J. Huizinga, Le déclin du Moyen Âge, Paris, Payot, (1919) 1961, p. 23.
  6. Ibid, p. 12.

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