Orgue de Barbarie

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Joueur d'orgue à Dinant (Belgique).
Joueur d'orgue de Barbarie en 1843.
Joueur d'orgue de Barbarie à Vienne (Autriche).
Rouleaux de musique (papier perforé)
Papier perforé
Tuyaux d'orgue en bois (les plus longs sont coudés pour s'adapter à la forme de l'orgue)

L'orgue de Barbarie est un instrument de musique mécanique à vent classé dans les orgues. Il fait partie des « automatophones », terme qui englobe tous les instruments destinés à produire de la musique par des procédés mécaniques.

Formes[modifier | modifier le code]

Il existe sous une grande variété de formes, des plus petits que l'on peut porter en bandoulière comme l'orgue de Barbarie portatif, attribut traditionnel des chanteurs de rue et de l'Armée du salut pour prêcher dans les rues au début du XXe siècle, aux plus grands appelés Limonaires qui sont fixes et affectés à des salles de bal, des cafés, mais parfois aussi des églises. Et une large gamme intermédiaire d'orgues mobiles, portés sur des charrettes ou attelés à des voitures, jusqu'aux orgues qui accompagnaient traditionnellement les manèges forains. Les qualités musicales, l'étendue des registres, sont naturellement très variables.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

L'appellation « orgue de Barbarie » viendrait de sa sonorité, moins noble que celle des orgues d'église, ou de l'origine exotique des joueurs de rue : les joueurs du XVIIe et XVIIIe siècles « baragouinaient un français approximatif[1]. »

D'autres hypothèses plus ou moins fantaisistes ont été avancées :

  • déformation d'« orgue de Barberi », du nom d'un fabricant italien de Modène, Giovanni Barberi[2] (début du XVIIIe siècle), explication répandue mais fausse[3] ;
  • Orgue de « John Burberry[4] », inventeur anglais imaginaire.

Le nom « orgue » est masculin au singulier, et au pluriel, lorsqu'il désigne plusieurs instruments distincts. Il peut être utilisé au féminin pluriel lorsqu'il s'agit d'un seul instrument. Exemple : « les grands orgues » de France (plusieurs instruments), « le grand orgue de Notre-Dame », ou « les grandes orgues de Notre-Dame » (un seul instrument).

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

L'orgue de Barbarie se compose, schématiquement, d'un système de soufflet, d'une « boîte à vent », d'un ensemble de mécanismes destinés à amener le « vent » jusqu'aux tuyaux qui produisent le son. Ces mécanismes sont commandés par un organe mobile, pouvant être changé à volonté, qui comporte la mélodie « programmée » : cylindre, disque, carton perforé, programme informatique, etc. Une manivelle actionnée par le « musicien » fait à la fois fonctionner le soufflet, la progression du « programme » et les mécanismes correspondants. Des mécanismes annexes peuvent actionner simultanément des percussions (tambours, tambourins) ou des personnages animés. Selon le principe de l'orgue, les sons sont produits par le passage du « vent » produit par le soufflet, dans des tuyaux correspondant chacun à une note. La différence vient du fait que ce ne sont pas les doigts du musicien qui actionnent les touches, mais un système mécanique, selon le programme préétabli. A priori, le « musicien » n'a pas besoin de talent particulier, puisqu'il lui suffit de tourner la manivelle qui actionne à la fois le soufflet et le mouvement qui actionne le jeu. Encore lui faut-il avoir le rythme nécessaire. Sur certains modèles qui possèdent différents « jeux » comme les orgues traditionnelles, il doit actionner ceux-ci au moment opportun.

Plusieurs systèmes ont été utilisés pour produire la musique mécanique, l'essentiel étant le support de la mélodie programmée. Pendant longtemps a prédominé le « cylindre »[5], garni de « picots » (« taquets », ou « chevilles ») en relief : chaque picot déclenche en temps voulu l'ouverture du tuyau correspondant. On a aussi utilisé le « disque à picots », fonctionnant sur le même principe. Le « disque perforé », où chaque perforation permet l'ouverture du mécanisme (et non, comme on peut être tenté de le croire, le passage direct de l'air). Le défaut des cylindres et des disques étant la limitation de durée des morceaux, on en est venu aux « cartons perforés », attachés les uns aux autres et se repliant en zig-zag, qui n'ont plus de limite de longueur. On trouve aussi du « papier perforé » sous forme de rouleaux, réservés à de petits modèles. Pour beaucoup d'orgues, et surtout les grands modèles de salon qui pouvaient jusqu'au début du XXe siècle remplacer un orchestre de bal, on a adopté un entraînement électrique. Actuellement, de rares spécialistes fabriquent encore les cartons perforés, activité qui demande une bonne connaissance de la musique d'une part, et d'autre part un travail manuel de longue haleine, bien que des outils dédiés existent. C'est pourquoi, de plus en plus, on a recours à des systèmes informatiques (programmation sur des disquettes) qui gèrent l'ouverture et la fermeture des notes, et qui n'ont donc aucune incidence directe sur la qualité sonore puisque c'est toujours l'air passant dans les tuyaux, éventuellement accompagné de percussions mécaniques, qui produit le son.

Les plus petits peuvent être portés en bandoulière, les plus gros atteignent la taille de camions et sont de véritables chefs-d'œuvre d'horlogerie. Ils comportent généralement des objets animés, comme des automates représentant des musiciens, qui bougent au rythme de la musique.

Cet instrument ne doit pas être confondu avec la vielle à roue.

La serinette est le plus petit des orgues de Barbarie, destiné à apprendre aux oiseaux (les serins venant principalement des « Isles de Canaries ») à siffler de courts airs à la mode.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Orgue de barbarie joué dans la rue à Paris.

L'utilisation d'orgues de barbarie est très fréquente en Écosse, notamment à Édimbourg (surtout pendant le grand festival au mois d'août) et dans certaines contrées d'Allemagne. En France, le renouveau de l'orgue de Barbarie est réel depuis une dizaine d'années. De nombreux festivals sont organisés dont les plus célèbres (Les Gets, Oingt, Plombières-les-Bains, Horgues, Chassiers, Bon-Encontre, Pavilly, Arpajon, etc...) regroupent des dizaines de « tourneurs » (joueurs d'orgue) venus de toute l'Europe.

Les bourses d'échange permettent de rencontrer les amateurs de musique mécanique (Mirecourt, Noisseville...). Les « tourneurs » utilisent les orgues récents (à flûtes : le son est émis par des flûtes en bois, ou à anches : le son est métallique).

Littérature[modifier | modifier le code]

  • L'Orgue de Barbarie, poème de Jacques Prévert
  • L'Orgue de Barbarie, bande dessinée réalisée par De Crécy Nicolas et Meltz Raphaël

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Baragouiner vient de bara et gwen qui signifient « pain » et « vin » en breton. L'expression est née au contact des Bretons venus à Paris et ne parlant pas français, qui demandaient dans les débits de boissons parisiens du pain et du vin.
  2. Histoire des orgues de Barbarie
  3. M. Barberi n'est pas l'inventeur de l'orgue de Barbarie
  4. Mais, où se trouve la Barbarie ?
  5. Le nom anglais de l'orgue de Barbarie, « barrel organ », vient de ce cylindre (« barrel »)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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