Organisation de l'unité africaine

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Organisation de l'unité africaine
Carte de l'organisation
Entrée chronologique des pays dans l'OUA.

Création
Dissolution
Type Organisation internationale
Siège Drapeau d’Éthiopie Addis-Abeba
Membre(s) 53 pays
Secrétaire général Kifle Wodajo (1963 - 1964)
Diallo Telli (1964 - 1972)
Nzo Ekangaki (1972 - 1974)
William Eteki Mboumouna (1974 - 1978)
Edem Kodjo (1978 - 1983)
Peter Onu (1983 - 1985)

L'organisation de l'unité africaine (OUA) est une organisation inter-étatique, précédant l'Union africaine. Elle est créée en 1963 et dissoute en 2002.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1963, 32 États créèrent l’Organisation de l'unité africaine à Addis-Abeba en Éthiopie. Parmi les chefs d'État fondateurs, les avis divergeaient sur sa nature. Les partisans du fédéralisme, menés par le président du Ghana Kwame Nkrumah, s’opposaient aux tenants d’une « Afrique des États » avec à leur tête le président sénégalais Léopold Sédar Senghor. Ces derniers imposèrent leur vision et l’organisation de l'unité africaine devint un outil de coopération, et non d’intégration, entre les États.

En mai 1963, la charte de l'organisation (qui fut rédigée notamment par le président malien Modibo Keïta et le président togolais Sylvanus Olympio quelque temps avant sa mort) fut signée par trente-deux États africains indépendants.

En 1984-1985, le Maroc se retire de l'Organisation de l'unité africaine, dont il était membre depuis 1963, suite à l'admission de la République arabe sahraouie démocratique.

En 2002, l'Union africaine remplace l’organisation de l'unité africaine. L'Union africaine ayant été créée en 2000 à Durban en Afrique du Sud.

Signature
Entrée en vigueur
Nom du traité
1961
1961
1963
1963
Charte de l'OUA
1991
N/A
Traité d'Abuja
1999
2002
Déclaration de Syrte
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  Organisation de l'unité africaine (OUA) Communauté économique africaine :
  Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD)
  Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA)
  Communauté d'Afrique de l'Est (EAC)
  Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC)
  Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO)
  Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD)
  Communauté de développement d’Afrique australe (SADC)
  Union du Maghreb arabe (UMA)
Groupe de Casablanca Union africaine (AU)
Groupe de Monrovia
     

Organisation[modifier | modifier le code]

Les quartiers généraux de l'organisation de l'unité africaine, se trouvaient à Addis-Abeba (c'est toujours le cas pour l'actuelle UA).

Les organes principaux de l'Organisation de l'unité africaine étaient :

  • La Conférence : Réunion des chefs d'État et de gouvernement une fois l'an. C'était l'organe décisionnel de l'Union.
  • Le secrétariat général de l’Union africaine

Si la Conférence a été gardée dans l'architecture institutionnelle de l'Union africaine, le secrétariat a été remplacé par la Commission. Celle-ci reste l'autorité exécutive mais dispose également d'un pouvoir d’initiative

Institutions spécialisées[modifier | modifier le code]

Les institutions spécialisées de l'OUA étaient les suivantes :

  • Union panafricaine des télécommunications (UPAT)
  • Union panafricaine des postes (UPAP)
  • Agence panafricaine de nouvelles (PANA)
  • Union des radiodiffusions et télévisions nationales d'Afrique (URTNA)
  • Union africaine des chemins de fer (UAC)
  • Organisation de l'unité syndicale africaine (OUSA)
  • Conseil supérieur du sport en Afrique (CSSA)
  • Bureau Africain des Sciences de l'Education (BASE)

Principes[modifier | modifier le code]

Les principes fondamentaux de l'Organisation de l'unité africaine sont le respect du tracé des frontières héritées de la période coloniale, le respect de la souveraineté et la non-ingérence dans les affaires intérieures[réf. nécessaire].

Critique[modifier | modifier le code]

Même si l'Organisation de l'unité africaine était souvent tournée en dérision et qualifiée de bureau de tractations commerciales sans réels pouvoirs, le secrétaire-général ghanéen de l'Organisation des Nations unies, Kofi Annan, en fit l'éloge pour sa capacité à rassembler les Africains. Au cours de la trente-neuvième année d'existence de l'organisation, les critiques (notamment les ONG) affirmaient avec toujours plus d'insistance que l'Organisation de l'unité africaine ne protégeait pas suffisamment les droits et les libertés des citoyens africains contre leurs propres dirigeants politiques. Son remplaçant, l'Union africaine semble après quelques années d'existence faire preuve de plus d'efficacité dans la prévention et la résolution des conflits, et dans l'ouverture démocratique.

Les deux thèmes fédérateurs au sein de l'OUA étaient la décolonisation et la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. L’aide envers les peuples encore colonisés restera son action la plus marquante. L’OUA utilise l'Organisation des Nations unies (ONU) comme une tribune pour plaider leur cause. Elle apporte son assistance politique et matérielle aux mouvements indépendantistes. L’organisation panafricaine sera peu efficace dans la lutte contre le régime de l’apartheid en Afrique du Sud, bien qu’elle le dénonce avec vigueur.

En ce qui concerne les réglements des conflits : comme en témoignent les principes de l'OUA, les États de l'organisation ont opté pour la non-ingérence. Ce qui lui a été reproché. l'OUA a néanmoins mené des médiations pour régler certains conflits. Elles s'avéreront peu probantes. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui regroupe 16 pays, se montre plus active sur ce point, comme au Libéria dans les années 1990.

L'OUA fut avant tout un forum de coopération entre Chefs d’États. La Conférence, qui est l’organe suprême réunissant les chefs d'État et de gouvernement, prenait toutes les décisions. Les États étaient souvent divisés sur les sujets, ce qui entraînait un certain immobilisme dans de nombreux domaines.

Au niveau économique : l’objectif d'intégration économique est caractérisé par une trop grande ambition des projets comparée aux faibles moyens alloués. En 1991, le Traité d’Abuja (Nigeria) prévoit l’instauration d’un marché commun continental à l’horizon 2025. Mais les avancées du projet laissent les observateurs sceptiques.

Sur la promotion des droits de l’homme et de la démocratie : l’OUA adopte en 1981 une Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, aujourd’hui ratifiée par la quasi-totalité des États. Son mécanisme de contrôle est resté très limité : la Commission qui s’en chargeait ne pouvait que rendre un rapport, souvent confidentiel, à la Conférence des chefs d’État et de gouvernement qui disposait du dernier mot.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « OAU After Twenty Years »; Pub. Praeger; ISBN 0030624738 (mai 1984)
  • « Africa's First Peacekeeping Operation: The OAU in Chad, 1981-1982 » by Terry M. Mays, Pub. Praeger; ISBN 0275976068 ()
  • « African Exodus: Refugee Crisis, Human Rights, & the 1969 OAU Convention » by Chaloka Beyani, Chris Stringer, Pub. Lawyers Committee for Human Rights; ISBN 0934143730 (juillet 1995)
  • Marie-Claude Smouts, Les Organisations Internationales, Paris : éditions Armand Colin, 1995.
  • Pierre Weiss, Les Organisations Internationales, Paris : éditions Nathan, 1998.
  • Organisations Internationales à vocation régionale, Paris, La Documentation française, 1995.

Articles connexes[modifier | modifier le code]