Orens d'Auch

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Saint Orens d'Auch († vers 440), en latin sanctus Or(i)entius, a été selon la tradition évêque d'Auch. Fête le 1er mai.

Sources[modifier | modifier le code]

Il existe trois Vies qui assimilent « Or(i)entius », l'un des premiers évêques d'Auch, avec Orientius, un poète chrétien de langue latine dont est principalement conservée une sorte de long sermon en distiques élégiaques intitulé par Sigebert de Gembloux (Viri illustres, § 34) Commonitorium fidelium. Ce poème, divisé en deux livres et comptant en tout 1 036 vers, met l'homme en garde contre les obstacles à son salut : la femme (« La femme est la première cause du mal sur la terre »), la jalousie, la cupidité, la guerre, l'ivrognerie, les honneurs. Le texte est largement un tissu de citations de poètes païens et chrétiens. L'auteur précise qu'il est Gaulois (III, 184), et que la Gaule est à son époque la proie des barbares.

Le Commonitorium est conservé dans un seul manuscrit médiéval (le BnF lat. 457, provenant de Tours). Un manuscrit de l'abbaye d'Anchin, aujourd'hui perdu, contenait le livre I (texte imprimé par les soins de Martín Antonio Delrío à Anvers en 1600). Le texte entier a été publié par Edmond Martène à Rouen en 1700 (reproduit en PL, vol. LXI).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Urgel ou à Huesca[1],en (Espagne), d'un père gouverneur de la province romaine de Catalogne, il est issu d'une famille aux sentiments religieux très marqués.

Il reçoit une éducation morale et suit des enseignements dans des écoles prestigieuses de l'époque dans le midi et au nord de l'Espagne (Bordeaux, Toulouse et Tarragone).

Héritant dans un bref laps de temps, successivement de son père puis de son frère ainé, il se retrouve à devoir gérer la fortune de son père et à administrer la province.

Ressentant ensuite en lui comme un « personnage supérieur », il se démet de ses fonctions de gouverneur, distribue ses biens aux pauvres et se retire dans la solitude dans la vallée du Lavedan qui est maintenant appelée « Saint Orens » et où se situait un monastère au IXe siècle.

Il se construit un abri et un moulin sur les bords du torrent d'Isaby près d'Ortiac désormais Villelongue.

La légende veut que sa sainteté fut reconnue dans les alentours et qu'une foule sans cesse grandissante vînt le consulter. Fuyant cette foule, il se serait caché dans une grotte sur le territoire de la paroisse de Villelongue où il jeûna et vécut dans une grande rigueur, récitant des psaumes, les reins ceints d'une chaîne de fer.

Toujours selon la légende, au moment du décès de l'évêque d'Auch, les habitants se réunirent dans l'église pour demander à Dieu un pasteur. La voix répondit : « Saint Orens doit être évêque d'Auch ». Les habitants partirent le chercher en délégation et finirent par le faire céder à leurs insistances.

La légende veut qu'il réalisa un miracle avec le bâton qu'il tenait à la main qu'il planta en terre et qui se mit à verdoyer, à fleurir et à prendre les proportions d'un arbre, suite à ce miracle, il est censé avoir guéri de nombreux malades.

Il est aussi à l'origine de la destruction de certains lieux de cultes païens comme le temple sur le mont Nervava (aujourd'hui Saint-Cricq).

Il fut l'un des prélats que les Wisigoths envoyèrent en députation auprès des généraux romains Litorius et Aétius, et qui furent malmenés par eux. Il s'ensuivit une bataille qui se déroula sur le territoire du village de Saint-Orens et où les troupes romaines se perdirent dans un nuage de poussière et se jetèrent aux mains des Wisigoths.

Pour échapper à sa renommée, il préféra regagner son ermitage des Pyrénées malgré l'envoi d'une députation pour lui demander de reprendre sa cathédrale.

Selon la légende, Dieu lui apparut quelque temps avant sa mort afin de lui faire savoir que sa dernière heure approchait, il demanda à Dieu qu'après sa mort, ceux qui auraient recours à lui eussent leurs grâces exaucées. Deux ecclésiastiques entendirent la réponse donnée à Orens : « je t'accorde tout ce que tu me demandes ».

Orentius est mort un 1er mai, jour où l'Église célèbre sa fête. Il fut enseveli à Auch en l'église de l'Aubépine, qui plus tard prit le nom de Saint-Orens. Cette église devint vite trop petite et on construisit à sa place une basilique qui fut vendue à la Révolution française et démolie en 1800.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Saint-Orens, mon village par Guilhem Castagné, édition 1986.
  • Sous la direction de Georges Courtès, Le Gers. Dictionnaire biographique de l'Antiquité à nos jours, Société Archéologique et Historique du Gers, Auch, 1999 (ISBN 2-9505900-1-2)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Adolphe Laurent Joanne, Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la Méditerranée,Librairie de L. Hachette et Cie, 1858 - 683 pages, [1]