Oreille en chou-fleur

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Le terme oreilles en choux-fleur désigne l'aspect provoqué par des hématomes du pavillon de l'oreille, ou othéatome, fréquemment rencontrés dans les sports de contact, au rugby à XIII et à XV, en boxe, en judo, en grappling, en lutte ou en combat libre.

Ce nom vient du fait que les oreilles, déformées par des traumatismes répétés, ressemblent à des choux-fleurs.

En effet, à la suite de traumatismes comme des coups violents ou répétés, des frottements ou des pressions, il peut y avoir apparition de déchirements et d'hématome (otohématome) au niveau des pavillons.

L'hématome est une accumulation de sang, entre le cartilage et la peau. Mal soigné, cet hématome peut entraîner des lésions inflammatoire du cartilage (chondrite). Le cartilage qui forme le lobe de l'oreille est alors progressivement détruit et l'oreille se déforme petit à petit, prenant un aspect typique en "chou-fleur"[1],[2],[3].

La prévention repose sur :

  • le port d'un serre-tête ou d'un casque pour éviter les frottements et atténuer les coups (le port est règlementaire dans les compétitions de lutte universitaire aux États-Unis),
  • la ponction rapide des hématomes afin d'éviter l'apparition d'une chondrite et donc la destruction du cartilage et la déformation de l'oreille.

Quelques citations[modifier | modifier le code]

  • Voici quelques phrases extraites de l'interview de Henri Refuto, Arlésien et ancien 3e ligne du Montpellier RC [4]:

"Il y a quelques années lorsque j’étais 3e ligne au Montpellier Rugby Club, je trouvais que les oreilles en choux étaient la preuve ultime du combat, c’était un gage de sérieux pour un avant car on témoignait par là de son implication dans les phases de contacts mais aussi dans son assiduité à la pratique de ce sport, cela représentait finalement des heures de présence sur un terrain et au cœur des temps forts de ce jeu.

En plus de cela j’avais toujours trouvé drôle le fait que cette caractéristique soit tant redoutée par les mères de familles qui n’imaginaient pas que leurs progénitures puissent être atteintes de cette déformation, que j’appelle plutôt adaptation, signe de reconnaissance voir d’appartenance."

"Les oreilles en choux sont la caractéristique des avants, des hommes de la mêlée permettant alors de les identifier sur un terrain mais aussi en dehors."

"D’autres ont évoqué des anecdotes sur ces fameux choux, symbole de désir, de convoitise pour certains avants non touchés : des séances où des joueurs se frappaient leurs oreilles contre des extincteurs, des murs voire demandaient à d’autres de leur donner des coups de poings pour enfin avoir l’oreille gonflée."

  • Ou encore un texte de Jean-Bernard Moles, «Le « corroborée » du rugby languedocien n’est plus que légende» [5]:

Pour les premières lignes aux oreilles en « chou-fleur », sceau indéfectible de leur appartenance à la tribu des piliers, celle des « tronchards », blessures guerrières qui valident leur courage et leur vaillance, la ritualité du combat s’ébauche dans le rite des premiers chocs tête contre tête quand l’arbitre ordonne le premier affrontement réglé (la mêlée fermée). Ce rite du « choc de crânes vaselineux » est partagé par chaque tribu, équipe. C’est l’instant de vérité, qui donne signification aux équipiers. Si dans ce premier affrontement, preuve est faite que reculer n’est pas jouer et avancer c’est gagner, alors la transcendance va gagner l’ensemble de l’équipe. Ce culte épicrânien des « tronchards », est une symbolique forte pour le moral d’une équipe. Et le bruit « sourd » du choc des crânes va déclencher un lien le plus souvent capital pour le prolongement du match entre ceux qui vont « à la mine », se ruent dans ce maelström d’hommes où se brisent les plus fortes convictions, et la « cavalerie légère », les demis et trois-quarts, dont la sensation appétitive résulte de l’émotion de ce premier affrontement.

La référence en matière d'oreille en choux fleur reste le livre Trop Chou, pour ceux qui s'y entendent en rugby, dans lequel 31 des plus célèbres rugbymen ont défini mêlée (catalyse de l'oreille en choux) et se sont confiés sur la caractéristique de l'avant de devoir l'oreille en choux ou otohématome.

  • Mais les oreilles en chou, ne viennent pas seulement au rugby, ils existent différents sports, comme par exemple la lutte ou le judo.

Dans la culture nippone (japonaise), porter des choux aux oreilles est une forme de respect qui indique la persévérance dans le travail de l'athlète.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Tête et cou - Medisite, l'internet au service de la santé
  2. pathospeci
  3. http://www.e-sante.be/msn/article.asp?IDA=1053_835
  4. Stade Montois Rugby - Trop Chou ...
  5. http://corpsetculture.revues.org/document591.html Jean-Bernard Moles, «Le « corroborée » du rugby languedocien n’est plus que légende», Corps et Culture [En ligne], Rites et mises en scène du corps.