Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte

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38° 43′ 30″ N 8° 08′ 36″ O / 38.725, -8.14333 ()

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Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte
Image illustrative de l'article Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte
Drapeau de l'ordre.
Type Ordre souverain
Création v. 1099
Reconnaissance canonique Février 1113
par Pascal II[1]
Liste des ordres religieux

L’ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, souvent abrégé pour des besoins de communication, mais aussi quelques fois dans des actes légaux ou diplomatiques en ordre souverain militaire de Malte, ordre souverain de Malte (OSM) ou Sovrano Militare Ordine di Malta (SMOM), comme usité sur les timbres émis par l'ordre de Malte, ou plus couramment ordre de Malte[2] est un ordre religieux catholique doté d'une souveraineté fonctionnelle qui prend la suite de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et dont les statuts actuels datent de 1961. C'est aujourd'hui une organisation à vocation caritative, l'un des organismes humanitaires les plus actifs[3].

Aujourd’hui, le siège de l’Ordre de Malte, le Palais magistral, se trouve à Rome, via dei Condotti près de la place d’Espagne ; ce palais jouit d’un statut d’extraterritorialité.

Ses actions humanitaires actuelles restent principalement tournées vers la pauvreté. L’ordre est également très actif dans la lutte contre la lèpre et plus globalement les soins médicaux ; de plus, on peut noter l’existence de missions ponctuelles de secourisme d’urgence lors de catastrophes naturelles ou d’aide humanitaire envers les réfugiés lors de conflits armés, ce qui assure actuellement sa présence dans plus de 120 pays à travers le monde[4].

La devise officielle de l’ordre, en latin, est « Tuitio Fidei et Obsequium Pauperum » (Défense de la foi et assistance aux pauvres).

Historiographie[modifier | modifier le code]

Armoiries des Chevaliers de Malte sur la façade de l'église San Giovannino dei Cavalieri à Florence.

L'ordre de Malte est issu des Ospitalarii, les premiers moines hospitaliers servant à l'hospice Saint-Jean à Jérusalem. L'article 1 de la charte constitutionnelle de l'ordre souverain de Malte De l'origine et de la nature de l'ordre dispose dans son paragraphe 1 : « L’ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, dit de Rhodes, dit de Malte, issu des “Ospitalarii” de l’hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, appelé par les circonstances à ajouter à ses tâches primitives d’assistance une activité militaire pour la défense des pèlerins en Terre Sainte et de la civilisation chrétienne en Orient, successivement souverain des Iles de Rhodes et de Malte, est un ordre religieux laïque, traditionnellement militaire, chevaleresque et nobiliaire[5]. »

Il existe un désaccord entre historiens sur le point de savoir si l'ordre souverain de Malte « est » ou « n'est pas » l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, s'il en « prend » la suite ou en « reprend » sa tradition et son histoire. Certains historiens, comme le Français A. Blondy[6], pensent qu'il aurait éclaté en plusieurs ordres survivants, d'autres comme l'Anglais H. J. A. Sire [7] ou le Maltais V. Mallia-Milanes[8] prétendent qu'il aurait cessé d'exister en fondant cette affirmation sur des éléments factuels hors des conditions religieuses tels que la confiscation des biens en France par la Révolution française, l'expropriation de Malte de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem par Bonaparte en 1798, la confiscation des biens de certains des grands prieurés hors de France (le grand-prieuré de Bohème ayant conservé les siens), l'appropriation de l'ordre par Paul Ier de Russie, l'abdication du grand maître Ferdinand de Hompesch en 1799, le refus de reconnaître l'élection de Fra' Caracciolo par le pape Pie VII en 1809, la perte définitive de l'île de Malte par le traité de Paris en 1814 ou encore la multiplication d'ordres se réclamant de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à partir de la seconde moitié du XIXe siècle.

Le Saint-Siège, seul compétent en matière de reconnaissance ou de dissolution des ordres religieux, s'est prononcé par une sentence cardinalice le 24 janvier 1953 (155 ans après l'abdication de Hompesch) sur deux sujets en question : l'« ordre souverain militaire jérosolymitain de Malte » (nom alors de l'ordre souverain de Malte) est-il toujours un ordre religieux et est-il encore souverain ? Dans les deux cas les réponses sont plus que mitigées.

L'ordre religieux ne peut concerner que les chevaliers qui prennent les vœux traditionnels de tout ordre religieux. Mais l'organisation n'est pas ordre religieux dans son ensemble, les diverses organisations qui remplacent les langues, baillies, prieurés, associations nationales, etc. ne peuvent se prévaloir du statut de religio et ne peuvent donc par leur seule existence faire preuve de celle de l'ordre. Il est donc difficile de faire état d'une continuité de l'ordre à travers ces diverses institutions.

Le rétablissement des trois grands-prieurés italiens dès le début du XIXe siècle, la création, à partir de 1864, d’associations nationales ou de nouveaux prieurés, l'autorisation en 1879 par le pape Léon XIII de l'élection d'un nouveau grand maître, Jean-Baptiste Ceschi a Santa Croce et l'approbation en 1961, par le pape Jean XXIII de la charte constitutionnelle actuelle ont constitué les jalons de l'histoire moderne de l'ordre de Malte. La démarche moderne de l'ordre de Malte s'inscrit dans la tradition des actions menées par les Hospitaliers d'autrefois[9]. Par exemple en considérant comme un « retour à la maison », outre l'ambassade dont l'ordre disposait déjà à Malte dans un cavalier des fortifications de La Valette, la mise à disposition de l'ordre, pour une durée de 99 ans, du fort Saint-Ange par la République de Malte, dans le but que celui-ci le restaure.

Histoire moderne de l'ordre de Malte[modifier | modifier le code]

La période noire de l'ordre à Malte[modifier | modifier le code]

L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem est chassé de Malte par Bonaparte qui récupère la souveraineté de l'archipel. Le grand maître Ferdinand de Hompesch avait auparavant demandé à l'empereur de Russie Paul Ier de devenir le protecteur de l'ordre. Après l'abdication de Hompesch, les 249 chevaliers de l'ordre exilés en Russie au palais Vorontsov de Saint-Pétersbourg proclament, le 10 octobre 1798, Paul 1er « grand maître de l'ordre de Saint-Jean ». Mais l'élection de Paul Ier soulève de nombreuses objections. En effet, celui-ci est orthodoxe et marié. Cet évènement sans précédent dans l'histoire de l'ordre amène le Pape Pie VI à ne pas le reconnaître comme grand maître. L'empereur est aujourd'hui considéré par l'ordre comme un grand maître "de facto". C'est de l'abdication de Hompesch et de cette élection que certains historiens datent la fin de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Au décès de Paul Ier, en 1801, son fils Alexandre Ier de Russie, conscient de cette irrégularité, décide de rétablir les anciens us et coutumes de l'ordre catholique des Hospitaliers, par un édit du 16 mars 1801 par lequel il laisse les membres profès libres de choisir un nouveau chef. Néanmoins, étant donnée l'impossibilité de réunir l'ensemble des électeurs, le comte Nicholas Soltykoff assure l'intérim de la charge. Finalement, en 1803 pour tenter de sauver l'ordre, il est convenu que la nomination du grand maître incombera uniquement et exceptionnellement au Pape Pie VII. Le 9 février 1803, le pape choisit le candidat élu du Prieuré de Russie, le bailli Giovanni Battista Tommasi comme premier grand maître nommé et non élu par des Hospitaliers.

L'ordre cherche néanmoins à récupérer son territoire à Malte en vain (une des clauses du traité d'Amiens stipulait la restitution de Malte aux Chevaliers). Le grand maître Tommassi installe ce qui reste de l'ordre à Messine en Sicile, puis à Catane en Italie. À cet « État sans territoire », le pape Léon XII accorde un couvent et une église à Ferrare en Italie, en 1826. En 1834, l'ordre réduit à un état-major s'installe définitivement à Rome. Depuis 1805, à la mort de Giovanni Battista Tommasi, aucun grand maître n'est élu à la tête de l'ordre. L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem est alors gouverné par sept lieutenants qui se succèdent jusqu'en 1879. C'est sur ces ruines que va se reconstruire l'ordre de Malte avec l'élection d'un nouveau grand maître, Jean-Baptiste Ceschi a Santa Croce par le pape Léon XIII en 1879.

Histoire de l'ordre (1864-1951)[modifier | modifier le code]

Blason des activités

À partir de 1864, l'organisation internationale traditionnelle en « langues » de l'ordre ayant disparu de facto, il est alors créées des « associations nationales » ou des « Grand Prieurés ». En 1879, le pape Léon XIII rétablit la dignité de grand maître qui était vacante et le chapitre général de l'ordre élit Jean-Baptiste Ceschi a Santa Croce à cette charge. À partir de ce moment, l'ordre de Malte crée à travers l'Europe (et plus largement le monde) des fondations locales (compétences territoriales) :

La crise de 1951[modifier | modifier le code]

En 1951, le cardinal Nicola Canali, grand maître de l’ordre équestre du Saint-Sépulcre et grand prieur de l’ordre de Malte à Rome, essaye en vain de se faire élire grand maître de l’ordre de Malte [11],[12]; mais le cumul de ces fonctions avec celle du Saint-Sépulcre étant incompatible, on lui refuse donc la possibilité de se présenter. Non satisfait, le cardinal Canali cherche le soutien du Vatican afin de retirer à l'ordre de Malte son caractère souverain et le mettre sous l'unique tutelle du Saint-Siège. Ses desseins échouent, mais il en résulte une profonde crise.

Il faudra une décision cardinalice du 24 janvier 1953 pour mettre fin aux velléités des uns et des autres ; l'ordre souverain militaire jérosolymitain de Malte est un ordre religieux seulement par ses membres chevaliers qui ont fait leurs vœux mais pas ordre religieux dans son ensemble, les diverses organisations nationales charitables ne peuvent se prévaloir du statut de religio. Enfin la possibilité de légation, forme limitée de souveraineté, est reconnue à cette organisation.

Un premier projet de charte constitutionnelle est mis au point en 1956 et reconnue applicable par le pape pour une durée probatoire de trois ans.

La nouvelle constitution de 1961[modifier | modifier le code]

Au sortir de cette crise, une nouvelle charte constitutionnelle est promulguée pour un « ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte » et approuvée le 27 juin 1961 par le pape Jean XXIII[13] ce qui met un terme à dix ans de tumultes. Cette constitution a été modifié les 28-30 avril 1997.

Situation juridique[modifier | modifier le code]

Type de relations internationales de l'Ordre souverain de Malte
  •      relations bi-latérales
  •      autres relations (Associations, …)
Ambassade de l'Ordre de Malte à Budapest.

L'Ordre incardiné au Saint-Siège est maintenant reconnu par celui-ci, depuis 1953 sans discussion possible, comme un ordre religieux et souverain ; si ses actions ne sont plus militaires elles sont clairement hospitalières et plus généralement humanitaires.

L'ordre souverain de Malte se déclare sujet de droit international public[14] comme possédant une souveraineté fonctionnelle. L'ordre de malte est reconnu auprès des organisations internationales, en tant qu'ONG et non comme état souverain. Le Blue Book des Nations-Unis précise au sujet du titre d'ambassadeur de l'ordre souverain de Malte que « Le titre d'ambassadeur, lorsqu'il s'applique au représentant d'une entité autre qu'un état, ne doit pas s'entendre comme indiquant en soi le droit aux privilèges et immunités diplomatiques. » L'ordre dispose d'un siège d'observateur permanent auprès des Nations unies[15], et également auprès de la Commission européenne[15] et des principales organisations internationales[15].

Puisqu'il est reconnu à l'Ordre le droit à légation, celui-ci peut entretenir des relations bi-latérales avec tous les pays qui le souhaitent. Breycha-Vauthier précise « L'ordre ayant une personnalité en droit international particulier et non en droit international général, son droit de légation dépend de la reconnaissance individuelle de chaque État recevant. » C'est sur cette base que l'ordre peut déployer ses représentants dans plus de cent pays[15]. Le manque d'un territoire pose à l'ordre souverain de Malte un problème, il est impossible pour l'ordre de recevoir auprès de lui des ambassadeurs autres que ceux déjà habilités auprès du Saint Siège, n'ayant pas la possibilité d'assurer ce statut d'ambassadeur sur le territoire italien.

L'ordre aujourd'hui[modifier | modifier le code]

On dénombre environ 12 500 membres de l'ordre de Malte et 80 000 bénévoles réguliers à travers le monde qui font vivre les activités hospitalières. La fête de l'ordre se déroule le jour de la fête de saint Jean Baptiste, soit le 24 juin[16]. À cette occasion, en France, les membres de l'association française des membres de l'ordre souverain de Malte se réunissent au château de Versailles[16].

D'ordre religieux, régulier et militaire à ordre laïc, séculier et civil[modifier | modifier le code]

Depuis la seconde moitié du XIXe siècle et la création des associations nationales, la composition des membres de l'ordre souverain de Malte diffère de ce qu'elle pouvait être à l'époque de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. En effet, à cette époque, les chevaliers de l'ordre étaient :

  • tous des religieux ayant prononcé les trois vœux de chasteté, obéissance et pauvreté et un quatrième vœux de soin aux malades ;
  • vivaient de façon conventuelle lorsqu'ils se trouvaient à Jérusalem, puis à Rhodes, puis à Malte où le Couvent concernait toute l'île ;
  • étaient soumis à la Règle, d'inspiration augustinienne, initialisée par Raymond du Puy (vers 1130 et approuvé par le pape Calixte III en 1153).

Depuis au moins 1864, la plupart des chevaliers sont des laïcs, vivant dans le siècle, qui se sont engagés solennellement à consacrer une partie de leur temps au service des pauvres et des malades, mais n'ont pas prononcé de vœux religieux. Les rares chevaliers religieux vivent également dans le siècle mais se retrouvent régulièrement pour des retraites.

En 2011, on compte par exemple en France : 4 chevaliers profès (qui prononcent des vœux évangéliques: obéissance, chasteté et pauvreté) et 2 chevaliers à vœux simples sur 542 chevaliers laïcs dont 23 chevaliers en obédience (qui prononcent une promesse d'obédience)[réf. nécessaire].

Le Grand Maître doit toujours être un noble chevalier profès.

De la même manière, les chevaliers étaient aussi des militaires et combattaient fréquemment. Aujourd'hui, les chevaliers sont des civils qui n'exercent plus le métier des armes et les grades dans l'ordre ne correspondent plus à des fonctions militaires mais sont purement honorifiques.

De plus, tous les chevaliers exerçaient divers emplois de santé et soignaient eux-mêmes les malades. Aujourd'hui, les chevaliers participent de manière bénévole au soin des malades, des personnes vivant dans l'exclusion de la maladie, du handicap et de la pauvreté dans l'esprit de l'engagement qu'ils ont prononcé lors de leur admission. Les aspects purement médicaux sont traités par des professionnels de la santé financés par les œuvres caritatives de l'ordre.

Activités hospitalières nationales[modifier | modifier le code]

L'ordre a conservé sa mission hospitalière : « secourir et soigner ». Pour la mener à bien, il dispose d'un personnel en grande partie bénévole. Chaque association nationale organise elle-même ses propres œuvres, qu'elle gère selon les lois du pays où elle réside[17]. Ces associations financent elles-mêmes leurs activités médicales, hospitalières et humanitaires grâce à des cotisations, des dons lors de quêtes nationales ou encore grâce à de nombreux legs[17].

L'ordre est organisé aujourd'hui en grands-prieurés au nombre de 6: Rome, Lombardie-Vénétie, Naples et Sicile, Bohème, Autriche et Angleterre, et en associations nationales au nombre de 47 : Allemagne (1859/1867), Royaume-Uni (1875), Italie (1877), Espagne (1886), France (1891), Portugal (1899), Pays-Bas (1911), Pologne (1920), États-Unis (1926), Hongrie (1928), Belgique (1930), Irlande (1934), Argentine (1951), Pérou (1951), Canada (1952), Cuba (1952), Mexique (1952), etc.

Activités humanitaires internationales[modifier | modifier le code]

L'ordre de Malte est présent pour intervenir lors de catastrophes naturelles[17] ou lors de conflits armés comme en 1969 au Biafra, au Viêt Nam en 1974, en Ouganda en 1980 mais aussi, par exemple, en Yougoslavie dans les années 19951999[17].

Comité hospitalier international de l'ordre de Malte[modifier | modifier le code]

En 2005, est créé au sein de l'ordre de Malte le Comité hospitalier international de l'ordre de Malte, placé sous la direction du grand hospitalier de l'Ordre, et qui a pour mission de coordonner les efforts extra-nationaux humanitaires de chacune des associations de l'Ordre[17].

Malteser International[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Malteser International.

On assiste également en 2005[18] au remplacement de l'ECOM (les Corps d’urgence de l'ordre de Malte) par le Malteser International afin de constituer un nouveau corps de secours international pour l'aide médicale et humanitaire d’urgence. Cette nouvelle structure a son siège à Cologne en Allemagne[18] et regroupe Vingt-trois associations[18] dépendant de l'ordre de Malte-Monde, à savoir l'Autriche, la Belgique, la Bohême, le Canada, la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Irlande, l'Italie, la Hollande, la Pologne, le Portugal, la Suisse et les trois associations des États-Unis. Le Malteser International hérite de la longue expérience de l'ECOM qui avait été présent, par exemple, au Honduras après le passage de l'ouragan Mitch en 1998/99, au Kosovo en 1999–2000, au Pérou après le tremblement de terre de 2001, en Afghanistan en 2002–2005. D’autres opérations à caractère médical et d’assistance ont eu lieu au Zimbabwe et en Angola en 2002, en Iraq en 2002–2003. Le Malteser International est actuellement présent dans trente-cinq pays[18].

Comité international de l'ordre de Malte[modifier | modifier le code]

Le Comité international de l'ordre de Malte, également appelé CIOMAL, a été créé en 1958[18]. Il a pour mission de lutter contre la lèpre et de soigner plus globalement les malades. En 1999[18], cette mission a été étendue aux handicaps et aux maladies pouvant marginaliser comme le sida, par exemple.[réf. nécessaire]

Son siège est situé à Genève en Suisse[18].

Membres et hiérarchie[modifier | modifier le code]

Croix de chevalier d'honneur et de dévotion (en haut)
Croix de chevalier profès (en bas)

Les membres de l'ordre sont divisés en trois classes, suivant leur degré d'engagement religieux, elles-mêmes subdivisées en catégories, telles qu'avec ou sans preuves de noblesse ou encore clerc ou laïc[19].

Le prince et grand maître de l'ordre Frà Matthew Festing a été élu le .

Recrutement des membres[modifier | modifier le code]

L'ordre de Malte examine chaque année environ 300 demandes d'admission.[réf. nécessaire]

Il compte près de 13 000 membres et 80 000 volontaires.[réf. nécessaire]

Critiques[modifier | modifier le code]

Certaines critiques, aujourd'hui un peu surannées, notamment eu égard au fait que depuis cette époque les oeuvres se sont développées et que la moitié des membres ne sont plus issus de la noblesse (cf. notamment ceux du continent américain), ont été formulées dans les années 1960 par Philippe du Puy de Clinchamps (1913-1971) :

« L’ordre dit de Malte, hors quelques œuvres charitables (notamment dans la lutte contre la lèpre), dépense surtout ses forces pour des questions de préséances et dans des querelles intestines. L’ordre, comme bien d’autres, joue principalement, dans la réalité, le rôle d’un refuge pour une assez désuète vanité nobiliaire. On sait qu’après avoir exigé seize quartiers de noblesse, c’est-à-dire la noblesse des seize trisaïeuls du futur chevalier, l’ordre de Malte ramena cette exigence à huit quartiers, la noblesse des huit bisaïeuls. Mais il est des accommodements avec le ciel. Il reste permis de racheter un défaut de noblesse par quelque aumône ; et Malte accueille ainsi dans son sein des chevaliers aux quartiers quasi tous roturiers y compris le pourtant indispensable quartier noble paternel. Cependant comme aux yeux de la société, assez restreinte il est vrai, qui s’intéresse encore à cette sorte d’association sans être très au fait de leur état réel, ordre dit de Malte sous-entend noblesse, on y entre pour paraître noble sans l’être le moins du monde et ceci, en France tout particulièrement ; certains pays, et notamment ceux d’Europe centrale, sont restés relativement exigeants quant aux preuves de noblesse à fournir. Aussi quand le Saint-Siège, désireux de mettre un terme aux interminables chicaneries qui divisaient l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, songea à la suppression des anachroniques preuves, ou prétendues telles, de noblesse, entendit-on ce commentaire fait par un dignitaire de l’association : Dans ce cas, Malte n’aura plus de sens. Faut-il dire que tout cela est totalement étranger à ce qui fut la chevalerie médiévale ? Pourtant ces ordres internationaux de vanité plutôt que de chevalerie se parent de quelques apparences de cette dernière[20]. »

Les membres actuels de l'ordre sont majoritairement issus de vieilles familles nobles, « difficile de trouver des people parmi eux, sauf à s'appeler le roi d'Espagne, la plupart des souverains catholiques tels que le grand-duc de Luxembourg, le roi des Belges, le roi d'Espagne, le prince de Liechtenstein ou encore le prince de Monaco, ainsi que quelques personnalités comme Valéry Giscard d'Estaing qui, peu présent, s'enorgueillit tout de même dans le Who's Who d'être “bailli grand-croix d'honneur et de dévotion”. À l'ordre de Malte, bien que les membres viennent d'horizons divers, les vieilles familles sont plus représentées que les membres de l'industrie du spectacle.

Ordre pro merito Melitensi[modifier | modifier le code]

L'ordre de chevalerie pro merito Melitensi récompense les personnalités qui ont acquis des mérites particuliers envers l'ordre ou qui ont soutenu ou participé à ses œuvres hospitalières. Les décorés ne deviennent pas pour autant membres de l’ordre[21].

Article détaillé : Ordre pro merito Melitensi.

Émissions philatéliques[modifier | modifier le code]

L'ordre émet des timbres depuis 1966[22] à partir de son petit territoire de la Via dei Condotti à Rome. Ces timbres sont très exactement produits par la Poste magistrale de l'ordre souverain de Malte[22] et grâce à un accord signé le [22] avec l'Italie, elle est habilitée à acheminer du courrier avec ses propres timbres dans une cinquantaine de pays[22]. Le courrier affranchi avec des timbres de l’ordre peut uniquement être expédié depuis le siège de la Poste Magistrale à Rome[23].

L'émission de ces timbres procure à l'ordre des ressources non négligeables ; en particulier depuis qu'ils sont cotés par certains grands catalogues philatéliques italiens, comme le Sassonne ou l’Unificato. Néanmoins, en matière postale stricte, les timbres émis par l'ordre ne sont pas reconnus par l'Union postale universelle[23] (UPU).

Les timbres mettent en valeur les symboles de l'ordre ainsi que les périodes historiques marquantes de son histoire : on retrouve ainsi des bannières rouges à croix blanche, des portraits de grands maîtres, des scènes religieuses, les armoiries de l'ordre… Mais aussi depuis peu, des scènes représentant les actions actuelles des Œuvres hospitalières[22].

Les timbres émis portaient comme valeurs faciales la "monnaie" de l'ordre de Malte, exprimée en "grani", en "tari" et en "scudo". Depuis le 1er janvier 2005, les valeurs faciales sont exprimées en euro.

Émissions monétaires[modifier | modifier le code]

Depuis 1964, l'Hôtel de la Monnaie de l'ordre souverain et militaire de Malte, émet ses propres séries de pièces de monnaie. Ces pièces n'ont aucun cours légal en Italie, ni dans aucun autre pays et sont un moyen pour l'ordre de Malte d'affirmer une certaine souveraineté et de se procurer des ressources grâce à l'engouement des numismates.

La monnaie de l'ordre souverain et militaire de Malte est le scudo (l'écu). Celui-ci est divisé en 12 tari et en 240 grani. Selon l'ordre de Malte, un scudo équivaut à 0,25 euro.

Les pièces émises sont frappées en bronze, en argent et plus rarement en or. Il n'existe aucun billet de banque émis par l'Hôtel de la Monnaie. De nos jours, l'Hôtel de la Monnaie de l'ordre de Malte émet des pièces de 10 grani en bronze, de 9 tari, de 1 et 2 scudi en argent, et de 5 et 10 scudi en or.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Knights of Malta Catholic order celebrates 900 years », sur BBC News,‎ 9 février 2013 (consulté le 23 janvier 2014).
  2. Les noms de l'ordre site de l'ordre de Malte
  3. Grand Prix Humanitaire 2007 de l'Institut de France
  4. Présence dans le monde d'après le site de l'ordre
  5. Charte constitutionnelle de l'ordre de Malte (1961) p. 9.
  6. A. Blondy (2002) L'ordre de Malte au XVIIIe siècle, des dernières splendeurs à la ruine
  7. H. J. A. Sire (2005) The Knights of Malta
  8. V. Mallia-Milanes (1992) Hospitaller Malta, 1530-1798: Studies on Early Modern Malta and The Order of St John of Jerusalem
  9. B. Galimard Flavigny (2006) Histoire de l'ordre de Malte
  10. a, b, c, d, e, f, g, h et i Bertrand Galimard Flavigny, op. cit., p. 333.
  11. Bertrand Galimard Flavigny, op. cit., p. 265.
  12. Les menées du cardinal Canali sont le sujet du roman Chevaliers de Malte de Roger Peyrefitte paru en 1957.
  13. Des chevaliers de l'hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem à l'ordre de Malte par Philippe Conrad, historien.
  14. Jonathan Riley-Smith, The Atlas of the Crusades, « Facts on File », Oxford, 1991, p. 170.
  15. a, b, c et d Relations diplomatiques sur le site de l'ordre de Malte.
  16. a et b Fête nationale de l'ordre sur Lexilogos.com
  17. a, b, c, d et e Bertrand Galimard Flavigny, op. cit., pp. 269–274.
  18. a, b, c, d, e, f et g L'organisation internationale sur le site de l'ordre.
  19. Bertrand Galimard Flavigny, op. cit., p. 85.
  20. Philippe du Puy de Clinchamps, La Chevalerie, collection Que sais-je ?, no 972, Presses universitaires de France, 1966 (1re édition 1961), p. 23
  21. Page traitant de cet ordre pro merito Melitensi sur le site de l'ordre de Malte.
  22. a, b, c, d et e Bertrand Galimard Flavigny, op. cit., p. 292.
  23. a et b Timbres de l'ordre de Malte.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (fr) Bertrand Galimard Flavigny, Histoire de l’ordre de Malte (Perrin, Paris 2006 (ISBN 2-262-02115-5)) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Alain Blondy, Le Gallicanisme et l'Ordre de Saint Jean (L'Alliance française de Malte, 1992)
  • (fr) Claude Petiet, Ces messieurs de la religion. L'ordre de Malte au XVIIIe siècle ou le crépuscule d'une épopée, Éd. France Empire, Paris 1992.
  • (fr) Armel de Wismes, Les chevaliers de Malte, France Empire, 1998, (ISBN 2704808716), 234 pages
  • (fr) Francis Gutton, Sous l'emblème de la croix de Saint-Jean-de Jérusalem la chevalerie hospitalière et militaire de l'ordre de Malte, éditions Lethielleux, Paris, 1980 (ISBN 2249601453), 248p.
  • (fr) Gilles d'Aubigny et Bernard Capo, Les hospitaliers de Malte, neuf siècles au service des autres (Ordre de Malte-France, 1999)
  • (fr) Claire Éliane Engel, Histoire de l'ordre de Malte (Nagel, 1968)
  • (fr) Olivier Matthey-Doret, du moine hospitalier du XIe siècle au citoyen engagé au XXIe siècle (Académie des sciences arts et belles lettres de Dijon, commission Héraldique et Numismatique) ;
  • (en) Noonan, Jr, The Church Visible: The Ceremonial Life and Protocol of the Roman Catholic Church (publié en 1996, 196 pages, (ISBN 0-670-86745-4)) ;
  • (fr) René Borricand, Malte: Histoire de l'ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, de Rhodes, et de Malte, Aix-en-Provence, 1981, (ISBN 2853970078) 207 pages
  • (fr) Claude Petiet, Au temps des chevaliers de Rhodes Fernand Lanore -Sorlot, 2000, 336 pages, (ISBN 2851571923) comprenant l'étude de Pierre Varillon, l'Épopée des chevaliers de Malte, Consultable en ligne
  • (fr) Géraud Michel de Pierredon, Ordre souverain de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte (Atlantica, Biarritz, 1999, (ISBN 2-84394-178-4)) ;
  • (de) Robert Prantner, Malteserorden und Völkergemeinschaft (Duncker und Humblot, Berlin 1974, IS) ;
  • (fr) Géopolitique du Catholicisme, de Patrick Levaye (Éditions Ellipses, 2007, (ISBN 2729835237)) ;
  • (fr) Robert Serrou, L'ordre de Malte (Éditions Guy Victor, 1963) ;
  • (en) R.M.M. Wallace, International Law (1992, 76 pages)
  • (de) Adam Wienand (Hrsg.), Der Johanniter-Orden, der Malteser-Orden. Der ritterliche Orden des hl. Johannes vom Spital zu Jerusalem, seine Geschichte, seine Aufgaben (3. Auflage. Köln 1988, (ISBN 3-87909-163-3))
  • (fr) Les statuts de l'ordre de l'Hôpital (Bibliothèque de l'École de Chartres, Paris 1887)
  • (en) Paul Cassar, Médical History of Malta (Londres, 1964)

Annexes[modifier | modifier le code]

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