Ordre n° 227

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Timbre de poste soviétique sur lequel est inscrit la célèbre phrase « Pas un pas en arrière ! ».

L'Ordre no 227 du 28 juillet 1942 signé par Joseph Staline agissant en tant que Commissaire du Peuple à la Défense, visait à interdire toute retraite sur le champ de bataille.

Il est également connu par son slogan « Pas un pas en arrière ! » (Ни шагу назад!, Ni shagou nazad).

Contexte[modifier | modifier le code]

Il a été publié deux jours après l'annonce à la presse de la chute de Rostov et de Novotcherkassk, qui avait eu un fort retentissement dans l'opinion soviétique.

Teneur[modifier | modifier le code]

Les commandants militaires ne pouvaient effectuer de retraite sans ordre, sous peine d'être traduits en Cour martiale.

Cet ordre imposait également que chaque front crée de un à trois bataillons disciplinaires (штрафбат, штрафной батальон, chtrafbat, chtrafnoï batalion) composés de condamnés. Ces unités se voyaient assigner les tâches les plus dangereuses.

Il imposait également la création, au sein de chaque Armée de trois à cinq unités de barrage (заградотряд, заградительный отряд, zagradotriad, zagraditelny otriad) fortement armées, chargées de tirer sur les troupes qui reculeraient.

Le préambule de l'ordre indiquait que ces deux mesures avaient été utilisées avec succès par les Allemands pendant leur retraite l'hiver précédent.

Ces mesures n'étaient pas nouvelles dans l'armée soviétique : les bataillons disciplinaires existent depuis juillet 1941, les unités de barrage depuis septembre 1941[1], elles sont simplement systématisées, donnant notamment plus de pouvoir à l'encadrement militaire.

Près d'un tiers du texte est consacré à décrire l'état dans lequel l'invasion allemande a plongé le pays, tant au niveau militaire qu'au niveau économique. Staline dresse un tableau très noir, loin des clichés de la propagande, c'est là que réside la principale nouveauté de ce texte.

Le texte a été largement diffusé, il a été demandé à tous les officiers de certifier par écrit en avoir lu et compris le contenu, les commissaires politiques l'ont lu à toutes les troupes, des mesures ont été prises pour qu'il soit lu même dans les hôpitaux.

Si on fait abstraction de son aspect répressif et militaire, son contenu et sa large diffusion en font une sorte d'équivalent du discours « du sang et des larmes » de Winston Churchill[2].

Cet ordre n'était pas destiné à la publication, il n'a été rendu officiellement public qu'en 1988[3].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Lopez p. 133 le 5 septembre 1941 Chapochnikov autorise Eremenko à faire usage d'unités de barrage.
  2. Jean Lopez pp. 131-136
  3. Catherine Merridale

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Lopez, Stalingrad : la bataille au bord du gouffre, éditions Economica, coll. « Campagnes & stratégies »,‎ 1er octobre 2008, 1e éd., broché, 460 p. (ISBN 978-2717856385)
  • Catherine Merridale, Ivan's War: Life and Death in the Red Army, 1939-1945, Metropolitan Books, 2006, (ISBN 978-0805074550)