Ordre de l'Hermine (Bretagne)

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L'ordre de l’Hermine est un ordre de chevalerie fondé en 1381 par Jean IV, duc de Bretagne, à l'imitation de l'ordre de la Jarretière. En 1448, il est rattaché à l'ordre de l'Épi pour devenir l'ordre de l'Hermine et de l'Épi.

L'ordre de chevalerie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Lors de son dernier exil à la cour d'Angleterre (1377-1379), le duc de Bretagne Jean IV le Conquérant put observer les bénéfices de l'institution d'un ordre de chevalerie qui liait fortement un groupe de nobles fidèles à la personne du roi : l'ordre de la Jarretière. De retour en Bretagne en 1379, après avoir été lâché par une partie de la noblesse bretonne qui lui reprochait son anglophilie exagérée, Jean IV crée en 1381 son propre ordre : l'ordre de l'Hermine. Le peu que nous en savons nous a été transmis par Guillaume de St-André qui décrit l'ordre en 1381.

Une hypothèse de reconstitution du Collier de l'ordre de l'Hermine

L'ordre de l'Hermine fut l'un des premiers sinon le premier à accepter les femmes[réf. souhaitée].

L'ordre fut modifié en 1448 pour devenir l'ordre de l'Hermine et de l'Épi.

Le collier de l'ordre comprenait une banderole tourbillonnant autour d'une file d'hermines passantes (cette disposition se retrouve sur de nombreuses sablières, corniches, larmiers ou bandeaux courant autour des églises). À une couronne à hauts fleurons (dite alors « royalle ») était suspendue par une chaînette une autre hermine passante colletée, emblème personnel de Jean IV.

Une décoration homonyme a été créée en 1972 et distingue des personnalités qui œuvrent pour le rayonnement de la culture bretonne. Le collier, différent de celui du Moyen Âge, a été dessiné par Pierre Toulhoat.

L'hermine[modifier | modifier le code]

Selon une légende, la duchesse Anne de Bretagne, alors qu’elle se promenait dans son duché, assista à une scène de chasse dont la proie était une hermine blanche. Cerné près d'une mare, l'animal, plutôt que de se salir, choisit de faire face aux chasseurs, préférant la mort à la boue. Considérant la noblesse de cette attitude, Anne commanda qu'on laisse la vie à la bête et décida d'en faire son emblème. En référence à cette aventure, « Plutôt la mort que la souillure » (en breton : « Kentoc'h mervel eget bezañ saotret ») est la devise de la Bretagne (en latin : « Potius mori quam foedari »)[1]. Une autre version de la légende indique que le roi britto-romain du Ve siècle, Conan Meriadec, serait le héros de cette histoire. Sur les bords de l'Odet en aval de Quimper, un endroit s'appelle indifféremment le Saut de la Pucelle ou le Saut de l'Hermine. Il relate une même attitude suicidaire pour préserver sa pureté.

Dans le Barzaz Breiz[2], Théodore Hersart de La Villemarqué rapporte une chanson L’Hermine qui met en scène trois animaux : un loup nommé Guillaume qui représente Charles de Blois (Bleiz= loup= Blois) et le « parti français » ; le taureau Jean, c’est Jean de Montfort et le « parti anglais » ; Catherine l'hermine incarne le peuple breton. Le loup et le taureau se battent, l’hermine assiste au spectacle, souhaitant « qu’ils s’étranglassent l’un l’autre ».

En réalité, l’apparition de l’hermine dans les armes des ducs de Bretagne remonte à Pierre Mauclerc (1213-1237) qui appartenait à la maison de Dreux, issue de Robert Ier, fils du roi Louis VI. La maison de Dreux avait pour un blason échiqueté avec une bordure. En 1316, le duc Jean III de Bretagne dit Le Bon, change d'armoiries. Ne pouvant plus souffrir la seconde épouse de son père, Yolande de Dreux, il retire de ses armes l'échiqueté et la bordure appartenant aux Dreux. La brisure d'hermine devient les armes plaines du duc de Bretagne. Jean de Montfort et Charles de Blois, prétendants au trône de Bretagne, s'en emparent chacun de leur côté. L'hermine héraldique est plus rare en Bretagne que dans d'autres pays comme l'Angleterre où elle est courante.

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Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Gwenc'hlan Le Scouëzec, Le Guide de la Bretagne, page 40, Coop Breizh, Spézet, 1987, (ISBN 2-84346-026-3) ; Jacques Marseille (dir.), Le Journal de la Bretagne des origines à nos jours, page 106, éditions Larousse, Paris, 2001, (ISBN 2-03-575097-0).
  2. Théodore Hersart de La Villemarqué, Le Barzhaz Breiz, chanson L’Hermine p. 252, éditions Coop Breizh, Spézet, 1997, (ISBN 2-909924-85-8)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dom Lobineau, Histoire de Bretagne, Paris, 1707, tome II, p. 742
  • Michael Jones, Les signes du pouvoir. L'ordre de l'Hermine, les devises et les hérauts des ducs de Bretagne au XVe siècle, in MSHAB tome LXVIII, 1991, pp.141-173